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« Bush et Cheney étaient au courant du 11 septembre, des mois avant que cela arrive »


« Bush et Cheney étaient au courant du 11 septembre, des mois avant que cela arrive » selon Susan Lindauer, lanceur d’alerte accusée sous le Patriot Act

En dehors des lanceurs d’alerte célèbres, comme Bradley Manning et Edward Snowden, la présentatrice de Russia Today évoque le nom « d’autres lanceurs d’alerte plus ou moins connus qui ont aussi exposé des aspects inquiétants de l’Etat de surveillance, parmi lesquels Susan Lindauer, ex-agent de la CIA et auteur du livre Extrême Préjudice, l’histoire terrifiante du Patriot Act et des dissimulations du 11 septembre et de l’Irak ».

Susan Lindauer vient parler de son expérience en tant que lanceur d’alerte, des pressions qu’elle a elle-même subies de la part du gouvernement américain quand elle a voulu dénoncer la dissimulation d’informations sur les attentats du 11 septembre, alors qu’elle voulait témoigner via des voies légales et appropriées devant le Congrès américain, et elle vient donner son avis sur l’affaire Snowden et les menaces réelles auxquelles font face tous les autres lanceurs d’alerte qui veulent révéler des faits impliquant le gouvernement américain.

« Mon histoire est une mise en garde à l’ère d’Edward Snowden et Julian Assange. Ces deux hommes ont vraiment raison d’avoir peur des cours de justice américaines. Il y a des considérations spéciales que la Russie et l’Equateur doivent prendre en compte en considérant de leur accorder ou pas l’asile politique, ou bien s’il faut les renvoyer aux Etats-Unis. Et mon cas l’illustre. J’étais l’agent en chef de la CIA couvrant l’Irak et la Libye aux Nations-Unies de 1995 à 2003. J’ai donné des avertissements à l’avance au sujet du 11 septembre, et il y avait une option de paix avec l’Irak, sur la table, que les Etats-Unis voulaient supprimer. 30 jours après que j’aie voulu témoigner au Capitol Hill [Congrès américain] – je suis allée au Congrès et ai demandé à témoigner via des voies légales et appropriées -, j’ai vu le FBI frapper à ma porte avec un landat d’arrêt sous le Patriot Act. » A ce moment-là, Susan Lindauer est accusée d’être un espion au service de l’Irak et des services secrets irakiens: « C’était une information incorrecte, il n’y avait aucune preuve pour appuyer cela. Après que le gouvernement américain a lancé l’accusation, ils ont invoqué le Patriot Act pour me priver du droit à un procès. Ils ont même refusé ma demande pour une audition, j’ai fait face à des accusations secrètes, des preuves secrètes, un témoignage secret du grand jury. Je n’ai jamais été autorisée à savoir qui m’a accusée de quel crime; le gouvernement n’avait aucune obligation à apporter aucune preuve démontrant que le crime soit jamais arrivé. »

Susan Lindauer revient sur les informations dissimulées par le gouvernement américain au sujet du 11 septembre: « J’étais une couverture-arrière secrète à l’ambassade d’Irak, et mon supérieur à la CIA, Dr. Richard Fuisz, m’a instruit de passer un message, en avril 2001, aux diplomates irakiens et aux ambassadeurs irakiens, que les Etats-Unis cherchaient toute menace de renseignement, concernant le détournement d’avions et une frappe connue sur le World Trade Center, et que les Etats-Unis menaçaient d’une guerre avec l’Irak, au plus niveau du gouvernement, en citant ‘au-dessus du Secrétaire d’Etat et au-dessus du directeur de la CIA’. Maintenant, il n’y a que 3 personnes à ce niveau: le Président des Etats-Unis, le Vice-Président et le Ministre de la Défense. Cela signifie que tous ces 3 individus étaient déjà au courant du 11 septembre en avril 2001. »

Concernant les révélations sur la NSA et réagissant à l’affirmation de Daniel Ellsberg, selon lequel les informations publiées par Edward Snowden sont les plus importantes de l’histoire américaine, Susan Lindauer précise néanmoins que « beaucoup de tout ce qu’il a révélé est déjà connu de tous ceux qui sont à l’intérieur de la communauté du renseignement, mais ce n’est pas connu du grand public, et il a imposé ce sujet dans le domaine public où les Américains ordinaires confrontent maintenant l’extrême surveillance qui a lieu. » Quand la présentatrice de Russia Today lui demande pourquoi elle n’est pas traitée de la même manière que tous ces célèbres lanceurs d’alerte que sont Edward Snowden, John Kiriakou, Bradley Manning, qui ont subi de vraies punitions du gouvernement américain, Susan répond avec un sourire: « J’ai été détenue en prison à la base Carswell Air Force pendant un an, j’ai été retenue sous accusation pendant cinq ans sans procès, j’ai été forcée d’aller à la cour sans la présence d’un avocat, de lutter contre la révocation de caution qui n’avait pas de justification. J’ai dit ‘si vous avez une preuve, accusez-moi; vous pensez que vous avez une preuve? je demande à être présentée à un jury de mes pairs’. Ils ont dit ‘c’est hors de question’, parce qu’ils n’y avait aucune preuve. Il n’y avait rien. Je n’ai jamais pris d’argent des Irakiens. »

Concernant l’avenir de la liberté d’expression aux Etats-Unis et le sort des lanceurs d’alerte, les craintes de Susan Lindauer reposent surtout dans le fait que le Patriot Act puisse être appliqué à beaucoup d’autres personnes et à beaucoup d’autres situations, y compris « pour des cas que nous n’avons jamais imaginés », autrement dit pour des personnes n’étant pas forcément des lanceurs d’alerte, des espions, etc. « Mais une fois que le gouvernement s’accorde le pouvoir, il ne révoque jamais son pouvoir », conclut Susan Lindauer, ce qui ne présage donc pas d’un changement radical face aux lois de surveillance aux Etats-Unis.

SOURCE: Wikileaks Actu Francophone

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