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Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…


Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

Pendant la Guerre froide, l’islam conservateur était l’allié des États-Unis. Il permettait à ces derniers de contenir l’expansion du communisme et l’influence soviétique dans le monde arabe. Une révolution éclata le 27 avril 1978 en Afghanistan, avec pour résultat l’arrivée au pouvoir du Parti populaire démocratique d’Afghanistan. La proclamation de la République démocratique d’Afghanistan lui fut concomitante. Les tentatives faites par les dirigeants du pays de mettre en œuvre de nouvelles réformes qui auraient permis de surmonter le retard structurel du pays se heurtèrent rapidement à une résistance acharnée de la part de l’opposition islamique. Une guerre civile éclata. Fin 1979, l’armée soviétique intervint pour soutenir le régime progressiste en place. La CIA s’appuya alors sur les groupes islamistes, utilisant l’islam radical pour unir les musulmans contre les Soviétiques. On estime que 3,5 milliards de dollars ont été investis sous l’administration Reagan pendant la guerre d’Afghanistan. Après le retrait russe en 1989, les États-Unis ont cessé de fournir des armes sans toutefois rompre les liens avec les moudjahidines afghans. Ils ont ainsi maintenu entre 1994 et 1996 des relations avec les talibans, leur fournissant cette fois-ci un soutien politique par le biais de l’Arabie Saoudite et du Pakistan. L’administration Clinton espérait secrètement pouvoir créer un front anti-iranien et anti-chiite pour restreindre l’influence de l’Iran dans la région. Al-Qaïda est né dans ce contexte. En 1993, le quotidien britannique The Independent publiait un entretien avec Oussama Ben Laden, lequel était censé mettre son armée sur la route de la paix (sic).

Cette stratégie a d’ailleurs été également utilisée sous la présidence Clinton dans les années quatre-vingt-dix, lorsque la KFOR, cette force multinationale mise en œuvre par l’OTAN, intervint aux côtés des narcotrafiquants de l’UCK pour instaurer la domination de l’alliance atlantique sur les Balkans et installer une base militaire étasunienne au Kosovo. Mais un changement radical s’opère sous l’ère Bush : complices dans les attentats du World Trade Center, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. La menace d’un ennemi extérieur, forcément musulman, est alors savamment entretenue par de nombreux médias et par la propagande étasunienne. La menace terroriste constitue concomitamment la pierre angulaire de la doctrine militaire des États-Unis et de l’OTAN. Bien qu’il n’y ait aucune preuve que l’Irak soit de quelque manière que ce soit derrière les attentats du 11 Septembre, les soi-disant « armes de destruction massive » censées être présentes dans le pays tiendront lieu de prétexte pour obtenir une résolution au conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Ironie de l’histoire, l’Irak baathiste et laïc allait ainsi être balayé au nom de la lutte contre l’islamisme.

La stratégie opère un nouveau virage avec Obama. Les États-Unis doivent intervenir pour défendre le Printemps arabe et les luttes menées contre les « dictateurs » (lire les chefs d’État non adoubés par Washington). Ben Laden, maintenu en vie sous l’ère Bush, disparaît en un clin d’œil, comme pour éviter qu’il n’ait à rendre compte de ses liens passés avec ses anciens bailleurs de fond. Les islamistes, y compris les pires intégristes du Front al-Nosra, redeviennent subitement dans les médias de gentils étudiants en proie à la violence des dictatures qu’ils combattent. Cet argument servira à Obama pour armer des milices en Libye et déposer Kadhafi. Et peu importe que ce pays soit aujourd’hui un enfer à ciel ouvert en proie aux extrémistes de tous poils du moment que les Américains en exploitent le pétrole. La Syrie a failli connaître le même sort. Les Occidentaux y ont sous-traité le conflit à leurs amis, les pays du Golfe et à l’Arabie Saoudite en particulier, pensant que cela accélèrerait la chute du président Assad. Et c’est ainsi qu’ont été constitués aux portes de l’Europe des groupes islamistes… avec deux fois plus de combattants qu’il n’y en avait en Afghanistan.

Une aubaine pour la plupart des djihadistes qui allaient se regrouper sous la bannière de l’organisation « État islamique ». Sunnite d’obédience fondamentaliste, cette dernière a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires syrien et irakien qu’elle contrôle. L’intervention militaire étasunienne en Irak et le renversement en 2003 du président Saddam Hussein ont dynamité l’équilibre interne fragile entre la majorité chiite et la minorité sunnite d’un des rares États laïcs arabes. Dans l’anarchie et le chaos qui ont suivi, l’islam politique a d’autant plus réussi à recueillir un large consensus au sein de la minorité ethnique sunnite qu’un million d’anciens membres de l’appareil de sécurité, de l’armée et du parti Baas, charpente du régime de Saddam Hussein, pour la plupart sunnites, sont mis au ban de la société par les Américains. « Dans la mouvance salafiste-djihadiste, la mise à l’écart de ces sunnites propulse les chiites, nouveaux maîtres du pays, en ennemis numéro un », explique Romain Caillet.

Les États-Unis ont alors cru pouvoir mettre en place un gouvernement fantoche qui se prêterait aux intérêts économiques et politiques de l’Occident. Mais ce projet a fait long feu. Le Premier ministre chiite Maliki s’est révélé être un chef de file difficilement manipulable et surtout peu enclin à se soumettre aux ordres des occupants. Crime de lèse-majesté, il s’est insurgé contre les compagnies pétrolières occidentales qui cherchaient à tirer un profit considérable des vastes réserves d’énergie de l’Irak. En 2012, ExxonMobil avait ainsi signé un accord d’exploitation pétrolière avec la région kurde semi-autonome située au nord de l’Irak. Maliki avait logiquement rejeté cet accord, faisant remarquer que tout contrat sur le pétrole devait être négocié avec le gouvernement central de Bagdad et non avec le gouvernement régional du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani. Ce dernier, c’est un secret de polichinelle, appelle sans relâche à la création d’un État kurde. Or, le Kurdistan représente une base avancée pour le déploiement de la puissance militaire américaine en Irak. Sa situation permet de surcroît de lorgner sur l’Iran. Enfin, le niveau de coopération entre Israël et les Kurdes a augmenté de façon significative après la chute de Saddam Hussein. Les partisans du rapprochement avec l’entité sioniste, nombreux au Kurdistan, pensent qu’ils ont quelque chose à offrir à l’État juif. Ce partenariat, affirment certains, pourrait créer un nouvel équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, et cette évolution serait très bénéfique pour Israël. Dans ce contexte, il est intéressant de se pencher également sur la question du Kurdistan syrien où l’Occident aurait tout intérêt à voir se mettre en place une région autonome. Les bases d’un État kurde viennent ainsi d’être insidieusement posées… à condition, cela va de soi, que le nouveau-né s’intègre à la sphère d’influence israélo-américaine dans la région. L’indépendance a un prix…

Après avoir armé l’État islamique en Syrie, les États-Unis voient aujourd’hui débouler les hordes barbares djihadistes sur l’Irak. La déstabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n’ont cure de la confusion générée par cette situation, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers… et qu’Israël survive en tant qu’État juif.

De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d’années aura ainsi été nécessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c’est la stratégie du chaos, fait de désinformation systématique diffusée par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d’occupations armées et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunités. La doctrine, c’est la préemption militaire où faire fi des lois et de l’éthique est légitimé et où les justifications et les preuves sont délibérément manipulées pour fonder le massacre des néo-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l’axe du mal. Au terrorisme tout court, les États-Unis répliquent par le terrorisme d’État. Le général Giap, qui a combattu la France avant d’affronter les États-Unis, disait des colonialistes qu’ils étaient de mauvais élèves. Il ne reste plus à ces derniers qu’à passer à l’addition… forcément salée.

Capitaine Martin

SOURCE: Réseau International

La cote de popularité d’Obama à son plus bas niveau


La cote de popularité d'Obama à son plus bas niveau
© Photo: East News/AP Photo/Charles Dharapak
Par La Voix de la Russie | La cote de popularité de Barack Obama a chuté aux Etats-Unis à son plus bas niveau. Selon les résultats du sondage d’opinion réalisé par le journal Washington Post et la chaîne de télévision ABC News, seuls 41 % des Américains soutiennent les activités de M. Obama au poste de président.

C’est le sondage le plus mauvais pour M. Obama depuis les cinq ans de sa présidence. En prévision des législatives de novembre prochain, un tel résultat constitue un signal alarmant pour les démocrates.
Parmi les insuccès de la politique extérieure des Etats-Unis, des experts mentionnent l’échec de la diplomatie américaine en Syrie, l’ingérence dans la crise en Ukraine et la récente infructueuse tournée de M. Obama dans les pays d’Asie.
Les républicains qualifient la politique étrangère actuelle des Etats-Unis de la pire de toute l’histoire du pays.

SOURCE: french.ruvr.ru

Haïti-Politique : Elections en 2014 et reprise du dialogue, prône une délégation du Club de Madrid


A la tête d’une délégation de l’alliance internationale baptisée Club de Madrid, réunissant des anciens chefs d’État et de gouvernement du monde, l’ancien président chilien Ricardo Lagos parle de l’organisation d’élections dans le pays, en cette année 2014, comme la garantie d’une meilleure gouvernance à l’avenir, tout en invitant les différents protagonistes politiques à continuer le processus de dialogue.

« Le problème immédiat, c’est d’aller vers les élections », insiste Lagos, lors d’un point de presse le 19 avril, marquant la fin de la visite, de 72 heures, de la délégation du Club de Madrid dans le pays.

Ne pas organiser des élections dans le pays d’ici la fin de l’année, ne peut être que « grave ! très grave », poursuit Lagos.

La tenue des élections, cette année, est « indispensable » à la « la stabilité et la gouvernance future d’Haïti », a-t-il affirmé.

Par le biais de Ricardo Lagos, le Club de Madrid invite les principaux protagonistes, actuellement concernés par la crise (électorale) du pays, en particulier le pouvoir exécutif, les parlementaires et les partis politiques, à « avancer sur la voie du dialogue ».

Il souhaite la tenue d’une deuxième phase de dialogue inter-haïtien, cette fois-ci avec beaucoup plus de protagonistes.

Des échanges, qui devraient permettre d’aborder les questions structurelles, notamment le « type de société rêvée » et le « pays dans les 20 prochaines années ».

Tout cela devrait être résumé dans « un pacte politique national », d’après la délégation du Club de Madrid.

Optimisme prudent de Ricardo Lagos

Quand au dénouement immédiat de la crise, l’ancien dirigeant chilien dit avoir « un optimisme prudent ».

La distance entre les différents protagonistes est actuellement « réduite », ce qui laisse présager la possibilité d’un accord pour le moment, estime-t-il.

Le panorama se dessine avec une présidence qui menace d’appliquer l’article 12 de l’accord d’El Rancho du 14 mars 2014, lequel donne un pouvoir discrétionnaire au conseil électoral provisoire en ce qui concerne la loi électorale, au cas où le parlement ne l’aurait pas amendée.

Le sénat demande l’instauration d’un conseil électoral provisoire, suivant les prescrits constitutionnels et non selon l’accord du 14 mars 2014, lequel suggère simplement un replâtrage de l’actuelle structure électorale.

De leur côté, les partis politiques, notamment ceux de l’opposition, exigent la démission de l’actuelle équipe gouvernementale, y compris de la présidence, peu fiable, à leur avis, pour organiser des élections honnêtes, libres et transparentes.

« À chaque fois que je visite Haïti, j’ai une sensation du déjà vu », déclare l’ancien président chilien.

La délégation du Club de Madrid reste toutefois confiante qu’avec la mise sur pied d’un « conseil électoral institué, le parlement votera l’amendement de la loi électorale ».

Il s’agirait, alors, d’un service électoral public, financé par l’État et qui gère la liste électorale.

Cette structure devrait également se charger de la représentation équitable des partis politiques dans les centres de vote, lors des élections.

L’institution d’un conseil électoral, l’amendement de la loi électorale et l’organisation des élections : telle est la formule proposée par la délégation du Club de Madrid qui a effectué une mission au pays, du dimanche 27 au mardi 29 avril 2014.

Cette démarche du Club de Madrid viserait un renforcement de la démocratie dans le pays, selon la délégation qui a visité Haïti.

SOURCE: AlterPresse

En voulant isoler le Venezuela, Obama s’isole en Amérique latine. (Boston Globe)


Mark WEISBROT, Oliver STONE

Le Gouvernement de Bush eut l’intention politique d’essayer d’isoler le Venezuela de ses voisins, mais, au lieu de cela, sa stratégie eut pour résultat d’isoler Washington. Le Président Obama, lors de sa première rencontre avec les leaders du continent, à Trinidad en 2009, promit un renouveau dans les relations. Pourtant aujourd’hui, son gouvernement se retrouve encore plus isolé que celui de son prédécesseur, et en grande partie pour les mêmes raisons.

Un exemple qui démontre clairement cela, fut le vote très peu équilibré qui eut lieu à l’Organisation des Etats Américains (OEA) au sujet du Venezuela le 7 Mars dernier. Vingt neuf des trente deux pays non seulement rejetèrent l’intention de Washington de faire intervenir l’OEA au Venezuela, mais en plus, approuvèrent une résolution dans laquelle ils exprimaient leur solidarité avec le Gouvernement de Nicolas Maduro. Difficile de concevoir une déroute plus absolue que celle-ci, pour une institution en laquelle le gouvernement des Etats-Unis a encore un niveau d’influence élevé et disproportionné.

De façon tout à fait surréaliste, le Gouvernement d’Obama semble ne pas s’apercevoir que ce continent est très différent à ce qu’il était il y a 15 ans. Les gouvernements qui représentent la majorité de l’Amérique Latine, dont le Brésil, l’Argentine, l’Equateur, la Bolivie, l’Uruguay et le Venezuela en Amérique du Sud, et le Salvador et le Nicaragua en Amérique Centrale, sont de gauche. Ces gouvernements rejettent avec force la représentation faite par Washington des récents événements qui ont lieu au Venezuela comme si le gouvernement voulait « réprimer des manifestants pacifiques ». Si nous considérons les déclarations de ces gouvernements et des Institutions du bloc commercial Sud-Américain (Mercosur), et de l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur), elles partagent le point de vue de Maduro sur ces manifestations. Elles les voient comme un essai de destituer un Gouvernement élu démocratiquement. Même la Présidente du Chili, pourtant peu encline à critiquer Washington, a utilisé, comme beaucoup d’autre, le mot « déstabilisation » pour décrire ces manifestations. Ces Gouvernements voient, de plus, que Washington utilise son pouvoir pour appuyer cet essai de déstabilisation.

C’est un scénario qu’ils ont déjà vu auparavant. En 2002, le Gouvernement de Bush a « procuré un entrainement, un développement institutionnel et d’autres sortes d’aides à des individus et des organisations qui ont été mêlées de façon active au coup d’état militaire » qui destitua brièvement le Président d’alors, Hugo Chavez, selon le Département d’Etat. Après l’échec de ce coup d’état, Washington augmenta le niveau de financement des groupes d’opposition, ce qui a continué jusqu’à aujourd’hui.

Ces leaders respectent Maduro, et ont toutes les raisons de le croire quand il dit qu’il tente par tous les moyens de faire cesser la violence. Le Gouvernement a arrêté à ce jour, 21 agents de la sécurité. Malgré les délits commis individuellement par des agents des forces de l’ordre, il n’y a aucune preuve que le Gouvernement de Maduro ait voulu recourir à la violence pour réprimer la dissidence. Depuis le début des manifestations la majorité des morts ont été causées par les manifestants et non par les forces de l’ordre.

L’Equateur et la Bolivie ont eux aussi été confrontés à des manifestations violentes quand des forces de droite similaires à celles qui sont à la tête de l’opposition vénézuélienne ont tenté de destituer leurs gouvernements en 2008 et 2010 respectivement. L’Amérique du sud conduite par le Brésil se mobilisa en leur faveur en ces occasions. Et ce fut le cas également au Venezuela en avril 2013, quand plusieurs personnes furent assassinées (cette fois toutes étaient Chavistes) lors de manifestations contre la victoire électorale de Maduro. Cette fois encore on put voir que Washington était du mauvais coté, jetant de l’huile sur le feu en refusant de reconnaitre les résultats d’élections démocratiques qui étaient absolument sûrs. La Présidente du Brésil Dilma Roussef et son prédécesseur, le toujours très aimé Lula da Silva, dénoncèrent l’ « interférence Etasunienne ».

Le fait que les Etats-Unis aient utilisé la OEA lors du coup d’état au Honduras en 2009, pour légitimer la dictature, a conduit le reste de la région a former une nouvelle organisation continentale, la Communauté des Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes (CELAC),sans la participation des Etats-Unis et du Canada. Comme c’était prévisible, seuls les Etats-Unis et le Canada, auxquels se joignit le Gouvernement très à droite de Panama, s’opposèrent à la résolution du 7 mars.

Le reste du continent s’opposera à toute tentative des Etats-Unis de mettre au même niveau un nombre relativement bas de manifestants conduits par des politiciens d’extrême- droite et un gouvernement démocratiquement élu ; comme le fit Washington en organisant la « médiation »entre la dictature du Honduras et le gouvernement élu démocratiquement qui fut renversé en 2009.La région voit bien que Washington veut enlever toute légitimité au Gouvernement du Venezuela, fomentant dans ce but la violence et la déstabilisation.

Si le Gouvernement d’Obama désire améliorer ses relations avec la région, il pourrait commencer par s’unir au reste du continent en reconnaissant les résultats des élections démocratiques.

Oliver Stone et Mark Weisbrot

Article publié dans le Boston Globe (22/3/14). http://www.bostonglobe.com/opinion/2014/03/21/obama-wrong-isolate-vene…

Oliver Stone est réalisateur, scénariste et producteur de cinéma. Il a gagné plusieurs prix pour son travail dans des films cultes comme : Platoon, Wall Street, JFK, Né le 4 Juillet, Tueurs nés, et Nixon.

Mark Weisbrot est co-directeur du Centre d’Investigation en économie et en politique (center for economic and policy research) et a coécrit le documentaire d’Oliver Stone : South of the Border (Au sud de la frontière).

Traduit de l’espagnol par irisinda La Jornada http://www.jornada.unam.mx/2014/03/28/index.php?section=opinion&ar…

SOURCE: Le Grand Soir

Thousands march against gov’t in Haiti


PORT-AU-PRINCE, Haiti (AP) — Several thousand people demonstrated in Haiti’s capital on Saturday to call for the resignation of President Michel Martelly.

The protesters, aligned with opposition parties, said Martelly hasn’t done enough to alleviate hunger in the impoverished Caribbean nation since he was sworn in as president in May 2011.

The demonstrators, carrying banners and chanting songs in the biggest anti-government protest of the year so far, also complained that legislative and local elections are more than two years overdue. Under pressure from the United Nations, United States and others, Martelly has said he wants to hold the vote this year but no date has been set.

The election would fill 20 of the 30 Senate seats, all the seats in the 99-member Chamber of Deputies and 140 posts at the local level.

The delayed vote was raised Friday in a meeting between Martelly and a visiting U.S. congressional delegation that consisted of Florida Reps. Ileana Ros-Lehtinen, Mario Diaz-Balart and Frederica Wilson.

Comment la plupart des journalistes occidentaux ont cessé d’appuyer la démocratie en Amérique Latine.


Thierry DERONNE

Le 7 mars 2014, la nouvelle présidente du Chili Michelle Bachelet a été on ne peut plus claire : “nous n’appuierons jamais un mouvement qui refuse le résultat des élections et cherche à renverser par la violence un gouvernement élu librement et démocratiquement”. La présidente argentine Cristina Fernandez rappelait le 1er mars qu’”indépendamment des idées, nous devons défendre la démocratie et condamner la tentative de coup d’État contre la République Bolivarienne”. C’est un fait : alors que la plupart des présidents et des mouvements sociaux d’Amérique Latine rejettent l’insurrection de l’extrême droite au Venezuela, les journalistes occidentaux sont passés en quarante ans de la dénonciation du coup d’État contre Salvador Allende à la justification – active ou conformiste – du plan qui visait à renverser un gouvernement qui a « organisé 19 scrutins en 14 ans » (Dilma Roussef, Bruxelles, 24/2/2014). Serait-ce parce que l’irruption du suffrage universel dans les sociétés latino-américaines porte au pouvoir des politiques qui s’émancipent du dogme du libre marché ? Ou l’inculture historique et le formatage qui règnent dans les écoles de journalisme ? Quarante ans de concentration privée des médias et d’involution idéologique font que la majorité des journalistes occidentaux sont devenus capables d’oublier les décisions des électeurs, de faire des paramilitaires ou des militants d’extrême droite des “combattants de la liberté”, et d’un État qui ose défendre les institutions démocratiques un “État répressif

Au Venezuela, les membres d’ONGs indépendantes des droits humains dénoncent les mensonges quotidiens des médias internationaux qui reproduisent la version de la droite, de ses médias privés et de ce fait encouragent la poursuite des violences (1). Nicolas Maduro (dont l’image a été travaillée dès son élection pour en faire, comme on l’a fait de Hugo Chavez, un personnage autoritaire, populiste, futur dictateur, etc..) est comme vient de le le rappeller le président Correa “un humaniste, qui ne réprimerait jamais son peuple”. La quinzaine de policiers qui ont désobéi aux ordres de ne pas user d’armes à feu ont été aussitôt arrêtés. Cette mesure est significative d’une volonté politique de mettre fin à l’impunité au Venezuela. imagesLe hasard des dates a fait qu’au moment où des groupuscules paramilitaires déclenchaient les premières violences à la frontière avec la Colombie (2), le gouvernement Maduro faisait ce qu’aucun de ses prédécésseurs n’avait voulu faire : rendre justice et indemniser 112 familles des victimes du “Caracazo”, massacre de deux à trois mille personnes par l’armée, ordonné par le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez pour écraser la rébellion populaire anti-FMI du 27 février 1989. Les militaires vénézuéliens, à l’époque, étaient formés aux États-Unis par la School of Americas, pourvoyeuse de bourreaux à tout le Cône Sud.

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27 février 2014, Caracas. Le gouvernement indemnise 112 familles de victimes du « Caracazo » de 1989.
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Le massacre de deux à trois mille personnes par l’armée fut ordonné par le président social-démocrate Carlos Andrés Pérez pour écraser la rébellion populaire anti-FMI du 27 février 1989.

Cette triste époque prit fin avec la décision de Chavez de rompre les accords avec le Pentagone et d’humaniser l’armée, notamment en l’impliquant dans les missions sociales. Il reste cependant des nostalgiques de cette nuit de terreur et d’apartheid social, notamment parmi les étudiants des quartiers riches qui jouent aujourd’hui pour les caméras leur “révolution” sans peuple (3). En assassinant sélectivement des militaires et des policiers, l’extrême droite paramilitarisée de Leopoldo Lopez et de Maria Corina Machado recycle une technique conseillée par la CIA pour déstabiliser Salvador Allende en 1973. Le gouvernement bolivarien a évité de tomber dans la provocation et le président Maduro a multiplié les initiatives de dialogue, allant jusqu’à proposer, le 15 mars, aux dirigeants de la droite universitaire une rencontre retransmise en direct à la télévision pour “dire tout ce qu’ils veulent dire”.

La tentative de coup d’État a échoué mais il est clair que toute mesure prise par le gouvernement pour défendre les institutions démocratiques sera aussitôt transformée par le Département d’État ou par les médias internationaux en “durcissement-de-la- répression-au-Venezuela”.

L’Amérique Latine est aujourd’hui assez forte et solidaire pour faire échec aux putschismes new look (comme au Salvador où l’extrême droite vient d’appeler au soulèvement, refusant de reconnaître la victoire du président de gauche élu le 9 mars) et pour défendre son droit à élire qui elle veut quand elle veut (4). En revanche la régression journalistique n’augure rien de bon pour la démocratie occidentale.

Thierry Deronne,

Caracas, 16 mars 2014.

SOURCE: Le Grand Soir

Qu’en est-il de l’affaire Clifford Brandt ?


Le gouvernement Martelly/Lamothe fait face à un grand dilemme en ce qui concerne l’affaire Clifford Brandt. Ce n’est pas sans raison que Michel Martelly, bénéficiant de la complicité d’une bonne partie de la presse invertébrée et prostituée, garde un silence de cimetière qui en dit long sur l’arrestation et l’embastillement de son bienfaiteur et conseiller Clifford Brandt.  Ce scandale qui, dès son éclatement, a failli tailler en pièces la présidence de Martelly, reste et demeure une épée de Damoclès suspendue  à un crin au-dessus de la tête de la famille présidentielle même. Car, selon l’hebdomadaire Haïti Observateur et le sénateur du Nord qui n’a pas froid aux yeux, le président Martelly lui-même et son fils Olivier Martelly sont trempés jusqu’au cou dans ce scandale de kidnapping qui a déjà fait couler beaucoup d’encre et de salive. D’ailleurs, toujours d’après Haïti Observateur, Clifford Brandt aurait déclaré qu’Olivier Martelly est le numéro 6 du réseau criminel qu’il dirige.

Donc, quoique  hautain comme le diable et bavard comme un pie, le président haïtien, pour sa survie et celle de son fils, n’a d’autre choix que de faire le mort sur l’affaire Brandt. Mais nous savons qu’il est entrain, parallèlement, de remuer ciel et terre en catimini pour faire taire la justice et s’assurer que Brandt, menaçant de vider le sac à secrets au moment opportun, soit relâché, à l’instar du criminel Calixte Valentin, un autre conseiller du président.

En effet, il s’ébruite que Brandt aurait déjà recouvré sa liberté. Nous en doutons fort. Bien que ce ne soit pas impossible, puisque ces sous-hommes au pouvoir, qui défient toutes les lois de la morale, ont fait de la minuscule et malchanceuse Haïti la terre d’un stupide amalgame que nous pouvons métaphoriquement appeler «impossible-possible». D’ailleurs, l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier, ne vient-il pas de recevoir son passeport diplomatique, pour pouvoir circuler librement, façon de l’absoudre de tous ses crimes commis contre le peuple haïtien ? Si, en outre, la rumeur se serait révélée fondée et Martelly aurait réussi son méchant pari, à savoir faire libérer Clifford Brandt, ce serait, bien sûr, avec la complicité du gouvernement étasunien dans la mesure où c’est le service secret de l’Oncle Sam qui a la garde du dossier de l’affaire Brandt.

En ce sens, le peuple haïtien a du pain sur la planche. Comme il ne peut pas compter sur ses soi-disant représentants au parlement, qui sont des corrompus impénitents eux-mêmes, à part quelques rares exceptions, il ne peut pas se permettre d’être passif. Ce serait donner un chèque en blanc à Michel Martelly pour continuer à se livrer comme bon lui semble à ses pulsions des plus immorales et méchantes au détriment de la nation à laquelle il a déjà causé des torts irréparables. On n’est pas sans savoir cependant qu’il est ce que nous sommes, c’est-à-dire qu’il est humain, qu’il a ses faiblesses et qu’il a droit à des erreurs. Mais, en tant que premier citoyen du pays, il doit avoir un minimum de bon sens et de décence : il ne peut se complaire dans des actes qui ne font pas honneur à la nation et qui auront des conséquences catastrophiques pour les générations à venir. Par conséquent, le peuple se doit de surveiller de près le président Michel Martelly dans tous ses actes et plus particulièrement dans l’affaire Brandt, qui risque de ternir beaucoup plus l’image du pays, et l’empêcher de gré ou de force, de prendre en otage la justice du pays afin de protéger sa personne et les malfrats de son entourage. Clifford Brandt et ses complices doivent répondre à la justice et payer pour leurs forfaits. Il y va de la survie et de l’honneur de la Nation.

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

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