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Un autre krach de l’économie mondiale est en préparation


Par Nick Beams

Près de six ans après l’éruption de la crise financière mondiale, il est clair, même pour ceux qui ont l’habitude de vanter les merveilles du «libre marché», qu’il y a quelque chose qui ne tourne vraiment pas rond avec le fonctionnement de l’économie capitaliste.
Un article récent du Wall Street Journal, intitulé «La faible reprise économique s’avère résiliente», est typique du genre de commentaires de plus en plus fréquents sur l’économie américaine dans la presse financière.
Il commence en indiquant que: «La sortie de récession a été dure et longue. Cette reprise est aussi en train d’émerger comme l’une des plus durables.»
Selon le Bureau national sur les recherches économiques, qui établit le début et la fin des récessions aux États-Unis, l’économie américaine a repris son expansion en juin 2009, après le krach financier de septembre 2008. Cela veut dire que la «reprise», qui dure depuis déjà 58 mois, devrait dépasser la durée moyenne des phases d’expansion dans la période d’après-guerre.
Cependant, comme l’article le montre, cette «reprise» ressemble très peu aux phases précédentes. «[A]près plus de 5 ans, la reprise s’avère être l’une des plus mornes de l’époque moderne. Le taux de chômage au pays, qui est de 6,7 pour cent, est le plus haut pourcentage à ce stade comparé aux phases d’expansion précédentes. Le produit intérieur brut a crû de 1,8 pour cent par année en moyenne depuis la récession, soit la moitié des trois phases d’expansion précédentes.»
Après avoir enquêté pour trouver des causes possibles à cette situation—des effets immédiats de la crise financière jusqu’à l’émergence de «stagnation séculaire»—tout ce que l’auteur est capable de conclure est que, peu importe la raison, la situation économique actuelle est loin d’être une «récession typique».
Il n’est pas le seul à ne pas être capable d’apporter une explication à ce qui est clairement une dépression économique plutôt qu’un flux conjoncturel. Aucun chercheur économique ou commentateur financier bourgeois n’a pu faire mieux.
Pour expliquer la situation économique actuelle, certains invoquent la cupidité des spéculateurs financiers et leurs actions, d’autres blâment le manque de régulation. D’autres encore, comme le commentateur libéral du New York Times, Thomas Friedman, déplorent les politiques incorrectes du gouvernement et des autorités financières.
Ce que ces approches ont en commun est qu’elles cherchent les causes dans des facteurs externes au fonctionnement de l’économie capitaliste. En d’autres termes, la crise n’est pas générée par le capitalisme lui-même. Plutôt, elle serait quelque chose dont le capitalisme est victime. Dans une récession «typique», le capitalisme attrape la grippe et, dans une situation plus grave comme la situation actuelle, il attrape le cancer.
Cette approche n’est pas le fruit de manquements individuels et intellectuels, mais provient d’une orientation de classe et perspective historique bien définies. Ces tendances ont un fondement commun, peu importe qu’elles proviennent de la «droite», qui prétend que la crise est le résultat d’une politique monétaire incorrecte et qu’une purge de l’économie est nécessaire pour établir une nouvelle base, ou de la «gauche», qui prétend que l’abandon des politiques keynésiennes de croissance basées sur l’intervention du gouvernement est le principal facteur de la crise.
Ils soutiennent que le capitalisme n’est pas un mode de production qui s’est développé historiquement, mais plutôt la seule forme viable d’organisation socioéconomique. Dans la mesure où ils considèrent l’histoire, c’est seulement pour prouver les limites des anciennes formes de production économique. Leur conclusion est que le capitalisme est l’ordre économique auquel a toujours aspiré l’humanité, vu les caractéristiques inhérentes de l’homme qui ne peuvent s’exprimer qu’à travers le libre marché.
Par conséquent, les crises ne sont pas l’expression du caractère historiquement limité du capitalisme – le signe le plus sûr permettant de conclure qu’il doit être renversé et remplacé par une forme plus avancée d’organisation socioéconomique – mais la conséquence de «facteurs» externes et de politiques erronées. Un remède doit être trouvé afin de s’assurer que, à nouveau, tout soit pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Le marxisme a une perspective fondamentalement opposée. Il se base sur la compréhension qu’une crise ou un effondrement économique ne se développe pas en dehors du système capitaliste, mais trouve sa source dans les contradictions essentielles du capitalisme.
Les apologistes et les défenseurs du capitalisme nient l’existence de ces contradictions fondamentales. Mais, comme Marx l’a expliqué: «Les crises existent parce que ces contradictions existent… Le désir de se convaincre de l’inexistence de ces contradictions est en même temps l’expression d’un vœux pieux que ces contradictions, qui sont vraiment présentes, ne devraient pas exister.»
Les contradictions du capitalisme, qui révèlent son caractère historiquement limité, prennent deux formes principales: la contradiction entre le caractère mondial de la production et le système des États-nations qui divise le monde; et celle entre le développement de la productivité du travail, basé sur la production socialisée, et la propriété privée des moyens de production qui forme la base de l’appropriation de la richesse via le système de profit.
La première contradiction se manifeste dans les conflits entre les États-nations et les grandes puissances rivales pour la domination de l’économie mondiale, ce qui mène en fin de compte à la guerre; la deuxième dans l’effondrement économique, caractérisé avant tout par le développement du chômage et de la misère sociale au beau milieu de la production d’une vaste richesse.
Pendant longtemps – du moins si on prend la durée de vie d’une personne comme point de référence – il peut sembler que ces contradictions peuvent être étouffées ou même résolues. Cependant, la situation économique mondiale et géopolitique montre clairement qu’elles sont en train de refaire surface, comme elles l’ont fait dans la première moitié du dernier siècle, avec pour conséquence la dépression, le fascisme et la guerre.
La situation en Ukraine, attisée par les États-Unis et les autres puissances impérialistes dans leur tentative de démembrer la Russie, ainsi que les tensions en Orient, générées par le «tournant» anti-Chine du gouvernement Obama en Asie, témoignent du danger toujours plus grave de la guerre.
Une série de processus économiques indique que, loin d’avoir été résolue, la crise qui a débuté avec la débâcle financière mondiale de 2008, s’intensifie.
La politique centrale de la Réserve fédérale américaine (Fed), la plus importante banque centrale dans le monde, est de garder les taux d’intérêt à zéro ou quasi zéro, tout en offrant aux banques et aux institutions financières des centaines de milliards de dollars de crédit à très bon marché.
Cela a mené à une situation où les marchés boursiers ont atteint des records. Dans ce qui était considéré comme des conditions «normales», une telle expansion de la bourse indiquerait une expansion économique prospère. Mais, la politique de taux d’intérêt de la Fed et son programme d’ «assouplissements quantitatifs» sont des symptômes de la crise.
De plus, la forte expansion de la bourse arrive au même moment où le développement de l’économie réelle est de plus en plus difficile. Celle-ci est caractérisée par un chômage élevé, des niveaux historiquement bas d’investissements et l’apparition d’une spirale déflationniste.
La semaine dernière, la Suède est devenue le premier pays du nord de l’Europe à glisser dans la déflation. Les prix ont diminué de 0,4 pour cent en mars comparé à l’année précédente. Il y a maintenant huit pays de l’Union européenne qui font face à une déflation sérieuse et d’autres suivront. Les Pays-Bas, un pays qui est souvent présenté comme l’un des plus riches de l’Union européenne, ont un taux d’inflation de seulement 0,1 pour cent. Cela menace de déclencher une série de problèmes financiers dans des conditions où, particulièrement dans le marché de l’immobilier, les niveaux d’endettement des ménages néerlandais avoisinent les 250 pour cent du revenu disponible.
Aux États-Unis, où le commerce est de plus en plus dépendant de fonds empruntés, il y a de plus en plus de signes d’un autre krach boursier. Ce krach pourrait avoir des conséquences encore plus graves qu’en 2008.
En avril, il a été révélé que les comptes sur marge, fournis par les firmes de courtage à leurs clients pour faire des transactions sur les marchés, ont grimpé près du niveau atteint en 1999-2000, tout juste avant l’éclatement de la bulle technologique, et de celui atteint en 2007, à la veille de la crise financière mondiale. La dépendance accrue envers les comptes sur marge peut déclencher une spirale vers le bas si les marchés commencent à dégringoler. Les créanciers doivent rappeler leurs «marges» sur leurs prêts si la valeur des actions en bourse baisse de manière importante et cela force les créanciers à trouver des liquidités. S’ils ne l’ont pas, ils doivent vendre les actions qu’ils ont achetées et cela peut potentiellement causer une autre dégringolade du marché et de nouveaux rappels de marges.
Les conditions sont en train d’être créées pour qu’une telle situation se produise. Comme le chroniqueur du Financial Times, James Mackintosh, l’a noté récemment, «une quantité non négligeable d’actions du S&P 500 ont des valeurs qui reposent sur la croyance dans un conte de fées financier».
Dans un article intitulé «Le glas sonne pour une catastrophe dans les comptes sur marge», le correspondant nord-américain du site web australien Business Spectator, a noté récemment qu’il n’y pas eu de «moment dans l’histoire où les marchés ont atteint des sommets tandis que les banques centrales agissaient comme si une crise majeure était à nos portes».
«Avant la crise financière de 2008, un taux des fonds fédéraux de 0-0,25 était inconnu», a-t-il noté. «Penser que les États-Unis sont encore là après cinq ans tandis que le S&P 500 et le Dow atteignent de nouveaux sommets et que les niveaux d’endettement des entreprises et des comptes sur marge bondissent vers de nouveaux pics, c’est hallucinant.»
La poussée vers la guerre, accompagnée des conditions pour un autre krach économique – les deux ayant des conséquences incalculables pour la classe ouvrière internationale – montrent la crise historique du système capitaliste et la nécessité de son renversement.
Le grand rassemblement international en ligne organisé par le Comité international de la Quatrième internationale le 4 mai a fourni une occasion unique aux travailleurs et aux jeunes de partout dans le monde d’élaborer activement cette perspective.

SOURCE:  http://www.wsws.org

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Importante manifestation prévue à Port-au-Prince à l’occasion du 1er mai pour dénoncer le salaire minimum à 225 gourdes pour les ouvriers de la sous-traitance


(AHP) – Plusieurs organisations syndicales projettent d’organiser une marche pacifique à Port-au-Prince ce jeudi 1er mai à l’occasion de la fête du travail, pour dénoncer la décision du gouvernement de fixer à 225 gourdes le salaire minimum dans les industries de sous-traitance.

Elles affirment  vouloir aussi dénncer le plan de hauts autorités de l’Etat de s’accaparer des portions de terre des paysans pour l’implémentation de projets dits de développement touristique et pour la création de zones franches.

Selon Pierre Télémarque,  coordonnateur général du syndicat des ouvriers du textile (Sota-Bo), les manifestants du 1er mai vont exiger la refonte du code du travail afin que les ouvriers puissent être mieux protégés.

 » Lamarche pacifique sera également l’occasion d’appuyer le mouvement des employés de l’ONA qui réclament depuis plus d’un mois, la mise à pied du directeur général de la boite, Bernard Desgraff », a-t-il fait savoir,  précisant  que la marche débutera devant les locaux de la SONAPI sur la route de l’aéroport pour prendre fin au champ-de-mars avec plusieurs escales notamment devant le ministère des affaires sociales et du travail.

Pierre Télémarque a indiqué que  1er est placé sous le signe de la résistance.

Le directeur exécutif de la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Camille Charlmers, dit appuyer l’ensemble des mobilisations visant à forcer le gouvernement à réviser à la hausse le salaire des enseignants qui réclament 50.000 gourdes le mois et   des ouvriers de la sous-traitance qui réclament 500 gourdes pour une journée de travail. (45 gourdes pour 1 dollar) .

L’arrêté du 16 avril fixant à 225 gourdes le plus bas salaire dans les industries du textile ne tient aucunement compte, a-t-il dit, des dispositions de la loi sur le salaire minimum qui accordait un salaire de base de 300 gourdes aux ouvriers du secteurs depuis octobre 2012.

« Le coût de la vie ne cesse d’augmenter et  l’insécurité alimentaire qui sévit dans plusieurs régions est plus qu’inquiétante ».

C’est pourquoi, Camille Charlmers  affirme soutenir toute organisation qui projette de manifester leur colère et leur frustration face aux difficiles conditions de vie ds citoyens,  à l’occasion de la célébration de la fête de l’agriculture et du travail.

Le sénateur Steven Benoit, considéré comme le père de la loi sur le salaire minimum, a lui aussi dénoncé la décision du gouvernement de fixer le plus bas salaire dans les industries de sous-traitance à 225 gourdes par jour.

Il s’agit-là, selon lui, d’une nouvelle violation flagrante de la constitution et du code du travail qui, en ses articles  136 et 137, stipule que les salaires minimales sont fixés par la loi sur proposition du CSS (Conseil Supérieur des Salaires).

Selon lui, les propositions du CSS n’ont pas été soumises au parlement mais prises en compte uniquement dans un arrêté présidentiel fixant les salaires de base pour les différents secteurs d’activité.

Il a souligné que  l’arrêté du 16 avril ne saurait remplacer la loi sur le salaire minimum. Et d’informer  que le premier ministre Laurent Lamothe et  le ministre des affaires sociales, Charles Jean-Jacques, seront sous peu invités au Sénat autour de cette question.

 » Je ne reconnait pas l’arrêté du 16 avril, »a lancé le sénateur Benoit qui  demande à la population de l’ignorer, « parce que  inconstitutionnel  et n’ayant pas été sanctionné par le parlement ».

Le sénateur afirme  ainsi appuyer les manifestations pacifiques prévues en protestation contre l’arrêté du 16 avril et appelle les autorités concernées a écouter les griefs des ouvriers de la sous-traitance qui évoluent dans des  conditions  exécrables de travail, a- t-il dit.

L
’un des représentants du secteur patronal au Conseil supérieur des salaires  (CSS), Jean-Dany Pierre François, , affirmait récemment  que si le salaire minimum n’a pas été ajusté à la hauteur des espérances des ouvriers, ce n’est pas par mauvaise foi, mais par souci de conserver la compétitivité des entreprises du secteur.

« Je peux comprendre les ouvriers qui réclament plus que ce qui leur est proposé, mais nous devons agir dans le but de conserver les emplois et de continuer à attirer d’autres investisseurs, avait-il dit, ajoutant que des pays de la région appliquent un salaire minimum inférieur au nôtre.

Il avait également dit souhaiter que l’Etat prenne des mesures d’accompagnement en faveur de la classe ouvrière qui  se trouve réellement coincée avec un salaire journalier de 225 gourdes.

Daniel Altiné, représentant du secteur étatique eu CSS assurait, lui, que les discussions sont toujours en cours avec le patronat et les ouvriers autour du quota de production.

Il s’était lui aussi montré satisfait du travail qui a été réalisé, permettant au gouvernement d’ajuster le salaire minimum par secteur d’activité sur la base des recommandations du CSS.

SOURCE: Agence Haïtienne de Presse

La classe moyenne américaine décroche


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C’était déjà un des thèmes principaux de la campagne présidentielle de 2012, Barack Obama y fait souvent référence dans ses discours, et une nouvelle étude publiée par le « New York Times » va contribuer à faire monter le sujet dans le débat politique américain : la progression des inégalités de revenus, illustrée par le fait que les 5 % d’Américains les plus riches ont vu leur revenu augmenter de 40.000 à près de 60.000 dollars entre 1980 et 2010, quand les 5 % les plus pauvres ont vu leur revenu reculer et tomber sous la barre des 5.000 dollars durant la même période.

L’écart avec certains pays européens se réduit

S’y ajoute désormais un sentiment de déclassement mondial. Selon le quotidien américain, qui s’appuie sur les données disponibles depuis 35 ans dans plusieurs grands pays industrialisés et compilés par le Luxembourg Income Studies, « la classe moyenne américaine n’est plus la plus riche du monde ». Un titre qui sonne comme une défaite. Les revenus après impôts de la classe moyenne du Canada voisin sont maintenant supérieurs à ceux des Américains « moyens ». En Europe occidentale, les revenus médians restent souvent inférieurs au niveau américain, mais l’écart s’est grandement réduit avec un certain nombre de pays, notamment la Grande-Bretagne, les Pays-Bas et la Suède.

Ce qui est en cause, ce n’est pas la croissance de l’économie américaine, qui est certes atone depuis la crise de 2008, pour cause de faible consommation des ménages, mais supérieure à la croissance européenne. La progression du PIB « ne reflète toutefois pas la distribution des revenus, rappelle le NYT. Avec une proportion croissante de la création de richesse récente réservée à une frange étroite de foyers à hauts revenus, la plupart des Américains perdent du terrain par rapport à leurs pairs ailleurs dans le monde ». Le revenu médian par tête était en 2010 (dernière année prise en considération dans l’étude) de 18.700 dollars, quasiment le même niveau qu’en 2000, une fois prise en compte l’inflation. Le revenu médian réel a augmenté de 20 % au Royaume-Uni et de 14 % aux Pays-Bas au cours de cette même décennie.

Mécanismes de re’distribution plus puissants

Les auteurs de l’étude expliquent ce déclassement relatif notamment par le fait que les pays d’Europe occidentale et le Canada ont des mécanismes de redistribution beaucoup plus puissants qu’aux Etats-Unis.

L’étude du « NYT », qui fait beaucoup de bruit, survient un mois après la sortie aux Etats-Unis du livre de l’économiste français Thomas Piketty, « Le Capital au XXIe siècle », qui démontre l’extrême concentration des richesses. L’ouvrage est en tête des ventes sur le site d’Amazon. Du grain à moudre pour la campagne des élections de mi-mandat, dans six mois.

Tiré de: LesEchos.fr

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