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Nelson Mandela s’est éteint


Le héros de la lutte contre l’apartheid est mort jeudi soir à l’âge de 95 ans. Il laisse une démocratie multi-raciale installée, où les revendications sociales demeurent fortes.

L’ancien président Nelson Mandela est décédé à 95 ans. - Reuters

Nelson Mandela, ancien président de l’Afrique du Sud et héros de la lutte contre l’apartheid, s’est éteint à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé jeudi soir le président sud-africain Jacob Zuma, en direct à la télévision publique. Il « aura des funérailles d’Etat », a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu’aux obsèques.

« Madiba », comme le surnomment affectueusement les Sud-Africains, était un véritable héros national. Arrêté le 5 août 1962, à quarante-quatre ans, il fut condamné le 12 juin 1964 à la prison à vie pour actes de sabotage et interné comme terroriste à Robben Island, au large du Cap, d’où il continuera sa lutte. Sa libération, poussée par les milieux économiques, interviendra quelque 10.000 jours plus tard, le 11 février 1990. Couronné Nobel de la paix (conjointement avec Frederick de Klerk) en 1993, il devient en mai 1994 le premier président noir d’Afrique du Sud, à l’issue des premières élections libres et multiraciales du pays.

Une nouvelle étape

Nelson Mandela avait beau s’être retiré de la vie publique depuis une dizaine d’années, sa disparition sonne comme une nouvelle étape dans l’évolution du pays. La même en importance sans doute que celle qu’a déjà connue l’Afrique du Sud en 1994, lors des premières élections multiraciales. Depuis cette date, et alors que beaucoup redoutaient un éclatement du pays après les années d’apartheid, l’Afrique du Sud s’est métamorphosée.

Dans un pays de 53 millions d’habitants, dont 79 % de la population est noire, l’économie a crû de 83 %, tandis que le revenu par habitant, corrigé de l’inflation, a progressé de 40 %. La classe dite aisée compte à présent 16 millions de personnes contre 2,5 millions à la fin de la ségrégation entre noirs et blancs. Tout n’est pas parfait, tant s’en faut. Et les revendications sociales demeurent particulièrement fortes. En outre, la situation dans les townships demeure souvent explosive. De 10 manifestations violentes recensées en 1994, on en a dénombré pas moins de 173 l’an dernier. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on sait qu’environ 10 millions de personnes n’ont pas encore de logement décent tandis que 2,3 millions de ménages ne sont pas équipés de toilettes. Quant aux enfants, la moitié de ceux qui sont scolarisés abandonnent le système avant leurs 12 ans.

Malgré les inégalités, les craintes d’un éclatement du pays ne sont plus à l’ordre du jour. Apaisé, le pays ne va pas être traversé par une nouvelle vague de violences. Au contraire, « le deuil collectif va renforcer la cohésion raciale. Tout le monde va aller se recueillir sur la tombe de Nelson Mandela », estime Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’IFRI. Nelson Mandela a réussi à instaurer une démocratie multi-raciale avec des relations pacifiques et pacifiées entre communautés. Cette situation va lui survivre.

SOURCE: LesEchos.fr

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