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Archives mensuelles de “décembre, 2013”

« Presque orwellien » : un juge étasunien condamne l’espionnage de la NSA


Par Bill Van Auken
21 décembre 2013

Un verdict rendu par un juge du tribunal de district à Washington lundi dernier a qualifié de «presque orwelliennes» les opérations massives d’espionnages dans lesquelles l’Agence de sécurité nationale (NSA) collecte et emmagasine les données de pratiquement tous les appels téléphoniques aux États-Unis, locaux ou internationaux.

Même si la décision du juge Richard Leon ne fait rien pour empêcher l’espionnage illégal et anticonstitutionnel de la NSA, cette description remarquable est néanmoins l’admission que le gouvernement américain est coupable de méthodes associées à un État policier.

Edward Snowden, le contractuel de la NSA qui a exposé les opérations d’espionnage à grande échelle, a, avec raison, présenté la décision comme une confirmation de sa décision d’exposer les opérations secrètes au public américain et mondial.

«J’ai agi avec la conviction que les programmes de surveillance de masse de la NSA ne passeraient pas le test de la constitution et que le public américain mérite l’opportunité de voir ces questions décidées en audiences publiques», a déclaré Snowden. «Aujourd’hui, il a été établi qu’un programme secret autorisé par une cour secrète, après avoir été dévoilé au grand jour, violait les droits des Américains.»

Dans son verdict, le juge Leon, qui a été nommé par l’ancien président George W. Bush, a discuté du programme de surveillance des «métadonnées» de la NSA: «Je ne peux imaginer une invasion plus « arbitraire » que cette collecte hautement sophistiquée de données personnelles sur pratiquement tous les citoyens dans le but de les consulter et de les analyser sans mandat des tribunaux.»

Il a tourné en ridicule l’affirmation du gouvernement selon laquelle une décision de la Cour suprême américaine en 1979 qui avait autorisé la police à avoir accès, pendant deux jours, aux appels téléphoniques d’une personne suspectée de vol pourrait servir à légaliser l’espionnage à grande échelle du peuple américain plus de trois décennies plus tard.

De manière encore plus significative, le juge a rejeté le prétexte clé invoqué par l’administration Obama, et l’administration Bush avant elle, afin de justifier non seulement l’espionnage sans restriction du pays, mais toutes les autres attaques contre les droits démocratiques au pays ainsi que tous les gestes d’agression militaire à l’étranger: la guerre contre le terrorisme.

Leon a fait remarquer avec insistance que le gouvernement n’a pas cité «un seul cas où l’analyse de toutes les métadonnées recueillies par la NSA aurait vraiment permis de contrecarrer une attaque terroriste imminente». Il a basé cette décision en partie sur «le manque total de preuve qu’une attaque terroriste a été empêchée» en «cherchant la base de données de la NSA».

Le verdict stipule que les pratiques de la NSA violent avec une quasi-certitude les droits démocratiques fondamentaux garantis par le quatrième amendement de la constitution des États-Unis, qui déclare: «Le droit des citoyens d’être garantis dans leurs personnes, domiciles, papiers et effets, contre les perquisitions et saisies non motivées».

Même si la décision concerne seulement deux plaignants qui ont porté l’affaire devant les tribunaux, le juge a stipulé que, sans le secours d’une injection, non seulement ces personnes vont souffrir d’un tort irréparable, mais le public dans son ensemble est en danger, étant donné «l’étendue sans précédent» des opérations d’espionnage de la NSA.

Cependant, malgré toutes ces conclusions, le juge Leon, «étant donné les intérêts importants de sécurité nationale en jeu dans ce cas», a accepté de suspendre l’ordonnance d’injonction contre les opérations d’espionnage de la NSA en attendant l’appel du gouvernement (un processus qui pourrait prendre plus de six mois et peut-être même des années avant de se retrouver en Cour suprême).

Conséquemment, le verdict constitue, au bout du compte, un lâche reflet de la propagande provenant de l’establishment politique américain: les droits démocratiques doivent être abrogés pour servir les intérêts de la «sécurité nationale».

L’administration Obama, qui a été portée au pouvoir avec des promesses de «transparence» et de «changement», est totalement indifférente à l’assaut historiquement sans précédent contre les droits constitutionnels que représente l’espionnage de la NSA. Sa réaction constitue une défense des méthodes d’État policier de l’agence et une attaque en règle contre Snowden pour les avoir dévoilées au grand public.

Personne dans l’establishment politique ne suggère que les responsables du gouvernement, incluant le président lui-même, devraient être tenues responsables pour ces opérations criminelles. Dans la mesure où il y a eu une réponse, c’est pour tenter de redorer l’image des opérations de la NSA afin qu’elle puisse poursuivre ses activités d’espionnage. Cela est exprimé le plus clairement par le Comité consultatif présidentiel d’Obama. Ce comité prépare des recommandations destinées à affirmer et à institutionnaliser tous les programmes d’espionnage de l’agence, tout en essayant de détourner la colère populaire en parlant, de manière creuse, de «retenue» et de «réforme».

D’autres plaidoyers devraient être entendus en cour, incluant ceux de l’Union américaine pour les libertés civiles et de l’Electronic Frontier Foundation, basés sur les mêmes révélations faites par Snowden il y a six mois. Étant donné l’attitude des tribunaux devant cette question, incluant la Cour suprême, il est très probable que chacun de ces cas serve à exprimer une fois de plus le respect de la «guerre contre le terrorisme», de la «sécurité nationale» et des secrets d’État.

Dans son émouvante «Lettre ouverte au peuple du Brésil», publiée dans le quotidien Folha de São Paulo mardi dernier, Snowden rejette ces prétextes en écrivant que «ces programmes de surveillance de masse, qui mettent des populations entières sous un œil qui voit tout et qui enregistre pour toujours… n’ont jamais rien eu à voir avec le terrorisme: c’est une question d’espionnage économique, de contrôle social et de manipulation diplomatique. C’est une question de pouvoir.»

Snowden en vient à cette conclusion: «Lorsque nous nous unissons contre l’injustice et pour la défense de la vie privée et des droits de l’homme fondamentaux, nous pouvons nous défendre contre les plus puissants des systèmes.»

Les questions clés soulevées par ces observations fondamentalement correctes sont: 1) Pourquoi le gouvernement américain continue-t-il de mentir et de comploter contre le peuple américain et, en fait, contre la population de toute la planète? 2) Comment une défense efficace de ces droits démocratiques élémentaires peut-elle être organisée?

Le gouvernement à Washington fonctionne comme une conspiration permanente parce qu’il représente des intérêts sociaux qui sont diamétralement opposés à ceux de la classe ouvrière, la vaste majorité de la population. Ce gouvernement (l’administration Obama, le Congrès, les cours et le vaste complexe militaro-industriel) est l’instrument politique de l’oligarchie financière qui s’est grandement enrichie en utilisant des moyens criminels et parasitaires. Cette oligarchie a volé la richesse sociale produite par la classe ouvrière, tout en réduisant les conditions de vie de la population en entier.

Dans cette couche sociale et parmi ceux qui représentent ses intérêts, il n’y a pas de place pour la démocratie, qui est incompatible avec des inégalités sociales sans précédent. Elle voit les masses de travailleurs comme un ennemi et une menace qu’il faut contrer par la répression, incluant la surveillance anticonstitutionnelle, mais aussi par les exécutions extrajudiciaires, qui sont réalisées sous Obama par des frappes de missiles par drone.

Cependant, dans la classe ouvrière, il existe des traditions démocratiques puissantes: l’héritage historique des droits sociaux qui ont été gagnés par des luttes sociales de masse.

Ni les tribunaux, ni aucune section des partis de la grande entreprise n’offrent de moyens pour défendre les droits démocratiques de centaines de millions de personnes, incluant la vie et la liberté d’Edward Snowden, contre un gouvernement de l’élite patronale et financière. La lutte pour ces droits n’est possible que par le développement d’un mouvement politique indépendant de la classe ouvrière américaine et internationale, guidé par un programme socialiste et dirigé contre le système capitaliste, qui est la source de l’émergence de l’État policier.

(Article original paru le 18 décembre 2013)

SOURCE: wsws.org/fr

Lèt tou louvri pou Berthony Dupont ak Kim Ives, Direktè ak Administratè jounal Haïti Liberté


Mesye,

Depi yon bon bout tan mwen t ap karese lide pou voye lèt sa-a bannou, men m te prefere kenbe silans pito paske m pa t vle mete dlo nan moulen fòs anti chanjman yo. Sepandan, dapre enfòmasyon mwen genyen nan bon ti mamit, nou deside sal pèsonalite-m sou FACEBOOK atravè kèk endividi ki, gen nan yo, pa menm konnen-m ni an pent ni an penti ; moun sa yo ki kache dèyè alyas nan òganizasyon bidon ki fòme nan jounal la menm pou swadizan sipòte jounal la  e n ap mennen kanpay bòykotay blòg moycorner m ap dirije. Ak pwòch mwen pale de sa, yo ankouraje-m enstamman pou m fè limyè sou kesyon sa-a san pèdi tan pou moun sa yo ki pa konnen sakrifis mwen konsanti nan travay nan de (2) jounal sa yo ki se Haïti Progrès nan yon premye tan e Haïti Liberté pandan prèske twa zan. Et puis, il y va aussi de ma personnalité.

Vérité oblige, fòk mwen fè yon ti rapèl pou moun n ap sèvi ak yo kont mwen an de pasay mwen nan Haïti Progrès rive nan jounal n ap dirije depi 2007 la, kidonk Haïti Liberté.

En 1986, kolaborasyon-m te koumanse ak Haïti Progrès, kote m te koumanse pibliye powèm. Yon lane apre, Jeanie Loubet, ki te redaktris an chèf jounal la, te rele-m nan telefòn pou solisite konkou-m  pou pran an chaj seksyon kreyòl jounal la. Ce que j’avais fait de gaieté de cœur pendant trois ans jiskaske m te kite Nouyòk pou Florid. Pa menm yon santim mwen pa t touche pou sa e pa yon jou mwen te janm reklame yon santim kwiv nonplis malgre tout gwo pwoblèm ekonomik mwen te genyen lè sa-a. Kim Ives, if I’m lying, go ahead, just shut me up ! Wi, si se manti m ap fè, annouwè, demanti-m ! Dayè se oumenm ki te toujou okipe zafè finans jounal la ; se ou ki te toujou ap koupe rache. Epitou se oumenm osnon manman-w ki te konn mennen-m lakay mwen chak madi swa byen ta lè m te konn fin travay nan jounal la e lòt jou yo se nan pòch mwen lajan pou pran transpòtasyon te konn soti.

Antouka, nan koumansman lane1991, ou te ankouraje-m tounen Nouyòk pou m te vin ranplase defen Georges Honorat nan plas manadjè sikilasyon jounal la ki, limenm, te tounen ann Ayiti pou yon lòt pòs. E mwenmenm ki te fèk fonde yon fwaye, te tounen efektivman Nouyòk pou pran pòs la pou $230 pa semèn sèlman.

Nan pòs sa-a, mwen te rete ladan-l pandan de (2) zan, lè m te koumanse gen pwoblèm pou touche ti monnen an. Yon lòt fwa ankò, mwen mete-w an defi, Kim Ives, pou di se te pou malvèsasyon, pou detounman lajan jounal la mwen te kite. Dayè, lè m te koumanse ap pale de demisyon-m nan jounal la kòm manadjè sikilasyon, ou pa t dakò jiskaske ou te menm ofwi-m ogmantasyon salè – ou te mande-m konbyen m te vle touche – e mwen te reponn ou : si $230 m paka touche, kouman ou pral fè peye-m plis ke sa ? E fwa sa-a m pa t ka travay gratis nèt ankò paske n ap viv nan yon sistèm kapitalis chen anraje, gen bil pou m peye ak fanmi pou m okipe.

Lè sikonstans familyal yo te fòse-m tounen an Florid ankò (sikonstans mwen gade-m pou pa bay detay sou yo, men oumenm ak kòkòday ou Dupont konnen dayè, piske nou te alèz yonn ak lòt), se mwenmenm ki te vin korespondan jounal la pou Florid, e m te fè 8 tan nan pozisyon an san touche yon dola byenke ou te konnen pwoblèm mwen t ap konfwonte. Again, shut me up if I’m lying – yon lòt fwa, menm jan m te fè nan dènye rankont mwenmenm avè-w, Kim Ives, te genyen lakay mwen kèk mwa pase, m ap mande-w pou demanti-m si w kapab. Menm materyèl travay mwen te bezwen, se nan pòch mwen  lajan pou achte yo te konn soti, alòske lè sa-a se dlo m t ap bat pouf è bè pou okipe madanm ak 2 pitit mwen. Alòske lè sa-a, dapre Berthony Dupont di-m, ou te konn ap flannen, moute desann chak jou nan avyon prive ak konkibin ou. Ondire se mwenmenm ki fèt pou travay gratis ti cheri. Wi, travay pour le drapeau, pour la patrie pandan zòt menm ap travay pour la gloire, pour leurs poches. Se pa vre mesye ? Se domaj, anpil demagòg ki reklame yo de lagoch pwogresis pa fè pi byen ke ladwat reyaksyonè, e anpil fwa yo fè pimal ! Se sa k fè depi Djab te kaporal peyi a twouve-l nan salopritid sa a e li poko prèt pou soti ladan-l ak mantalite mechan, egoyis e ipokrit sa a nou kiltive a.

Nan lane 2007, Apre Mouche Ben Dupuis te fin mete zòt deyò nan jounal la akòz konplo ki t ap marinen kont li pou pran jounal la nan men-l, dapre sa oumenm Berthony Dupont te di-m, mwen te resevwa apèl ou, oumenm Berthony, pou mande-m kolabore ak nou nan nouvo jounal nou ta pral fonde ki se Haïti Liberté. Lè sa-a, se pa de devèse ou te devèse ban mwen. Ke l te rele Maude, defen Honorat, zanmi-w Harry, Ben, Guy Roumer, Kim, tout moun sa yo te pase pou salababitch nan bouch Toto ; oumenm sèl ki te pwòp e ki toujou pi pwòp pase tout moun ; oumenm ki pi revolisyonè pwogresis pase tout moun sa yo. Wè papa ! Si ou pèsiste nan sal non-m, mwen pa p manke mete anpil kakachat deyò, kidonk, tousa w te konn di-m yo sou tout moun sa yo pa menm filyè ou pase-a, kidonk FACEBOOK. Ou pote lamayòl nan ipokrizi !Ou fò nan divize pou reye ! Ou pa gen parèy nan bay kout kouto nan do, nan do menm moun ki fè-w wa!

Lè m te deside tounen Nouyòk nan lane 2008, lè m te mande-w kouman sa ap ye pou sa ki regade salè-m, ou te reponn mwen e m ap site: « Nou pa Haïti Progrès. » Eske se pa vre ? Konmsi ou pa t nan Haïti Progrè ! Konmsi ou pa t direktè Haïti Progrès ! Konmsi se pa Kim ki soufri maladi « faiseur de rois » ki te kontwole kesyon finans jounal Haïti Progrès ! Pou kisa lè sa m pa t panse ak retorik sa ou te lanse a, m pa gen repons. E se domaj pou mwen !

Antouka, lè m te rive Nouyòk kote m te koumanse travay touswit nan jounal la, se te men je-m, men je-w. Sa vle di yon lòt fwa ankò, nou pa t ban-m 5 kòb e m pa t mande 5 kòb penich tou. Men chans pou mwen, m te gen yon lòt travay a plen tan ki te peye-m rezonabman. E kòm toujou, nou te jwe sou bòn volonte patriyotik mwen ak dezenteresman-m pou sa ki regade lajan pou nou te itilize-m. Mwen te fè pliske 8 mwa konsa ap bay tan-m nan jounal Haïti Liberté, jounal w ap dirije a. kantite nwit mwen te konn pèdi nan ede pou fè jounal la soti chak semenn ! Lè yonn nan nou pa la, se tout madi lajounen ak aswè m te konn pase nan biwo jounal la pou ede nan preparasyon nouvo nimewo ki pral soti  a. Tout pwòch mwen te panse m t ap touche kòmsadwa tèlman m te bay tout mwenmenm a jounal la. Poutan se lè m te vin pèdi travay mwen kèk semenn apre, finalman oumenm Berthony te rele-m pou mande-m yon reyinyon  kote lè sa-a Kim te pèmèt li ofwi-m 50 dola pa semenn ak yon 30% vityèl sou chak reklam mwen ta jwenn. Men sa te chanje menm kote a e nou te dakò pou ban mwen 200 dola san zafè komisyon pa t ladan. Yon 200 dola m pa t jwenn plis ke 3 fwa. Se sa k fè m t oblje al chache yon lòt travay byen vit. Poutan, m te kontinye pote kontribisyon-m nan jounal la nòmalman, san grate tèt pandan nou te vin ban-m plis travay pou fè, tankou mete sou entènèt plizyè atik jounal la, sa ki te konn konsome nenpòt 3 a 4 trèdtan-m anplis. E oumenm ankò Berthony te di-m webmaster a te mande anpil lajan pou mete paj milye jounal la sou entènèt — paske l tèlman difisil e konsome tan — nou pa t ka peye-l. Tandiske mwenmenm, m te fè-l gratis. E fò m di tou anpasan, mwen te manke pèdi travay sa m te vin jwen lan paske m pa t vle asepte orè ki ta fè-m obligasyon pou m travay jou madi ki se jou final pou preparasyon jounal la. Donk, se mwenmenm sa jounen jodi a n ap chache sal repitasyon-m pou 400 dola m te pran nan men nou pou m te peye kay mwen! Tankou yo di nan lang panyòl : ¡enhorabuenas ! ki vle di : konpliman ! Se bon pou mwen ! (yon milyon fwa). 

( Fòk mwen di 50 dola sa-a, se sa nou ofwi prèske tout moun k ap travay nan jounal la, esepte ti zanmi nou, konkibin nou. E gen kolaboratè nou ki di-m plizyè fwa kouman li pase plizyè mwa san l pa wè limyè yon penich 50 dola sa-a. Nou konnen fen e byen de kilès m ap pale. Gen lòt ki rete byen lwen e ki t ap travay ak nou, nou pa janm ofwi 5 santim menm yon sèl fwa, lè yo bouke kite nou abize yo, yo blije kite sa. Pa gen sinik tankou nou. Pa gen engra tankou nou. Pa gen sansi tankou nou. Ki diferans ki gen antre nou e sansi SONAPI yo, mesye ? Ki diferans ki genyen ant noumenm ak gwo kapitalis yo ? Nou pa kwè nou pi mal ? Omwen yomenm, yo pran nan men travayè sa Marx rele « la plus-value » a e yo ba yo kanmenm yon ti kichòy ; men noumenm, nou pran tout. (Petèt sa on tijan chanje depi m te koumanse pale ak kèk konpatriyòt sou kesyon an). Gen yon konpatriyòt ki te pale ak mwen kèk mwa de sa ki di-m apre 7 mwa kolaborasyon-l nan jounal la, lè finalman li mande touche, li soti ak yon gwo chèk 50 dola, lèfini ou ba-l lennmi e mete sou sa oumenm Berthony lage patizan-w nan wèl li pou manke-l dega. Wè papa ! Bravo engelis-maksis-lelinis-gevaris-kastris-chavis-desalinyen-peraltyen ! Bravo !

Kanta oumenm , Berthony, pa gen ase kalifikatif nan tout leksik reyini sou latè modi pou dekri pèsonaj ou ye a. Vous n’êtes pas du tout prudent voire intelligent. M pa ka kwè se oumenm jounen jodi a ki kache dèyè mask ak alyas, sèvi ak endividi san fwa ni lwa — sètènman plizyè nan yo inyore kantite sakrifis mwen te konsanti depi jou nesans  HAITI LIBERTE, pou ede-l rive kote li ye jounen jodi a – pou sal repitasyon-m nan Nouyòk ak sou fesbouk. Yon lòt fwa, se bon pou mwen (yon milyon fwa). Fòk mwen asepte menmsi w pa briyan nan tout lòt bagay, men kanta sinik, esplwatè, parazit, ipokrit, e latriye, ou pote lamayòl. E ou tèlman pote lamayòl, m ap konfese pou ou.

Se vre, mwen s on malonèt. Paske si m pa t malonèt, mwen te dwe rete kite nou kontinye esplwate-m pou vitam aeternam apre oumenm ankò te fin di-m konpayèl ou Kim gen chèk li ($3000 chak mwa) nan men moun  nou konnen an k ap finanse jounal la (ou pa t janm di-m konbyen ou touche tou oumenm ). E konbyen milye grinbak oumenm ak li separe antre nou nan gwo mago nou jwenn nan men gouvènman etranje sou kouvèti fonnrezin ki òganize plizyè fwa nan anbasad peyi sa yo pou jounal la, kidonk pou nou de a ? Se bon pou mwen !

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Se vre, mwen se yon vòlè. Paske si m pa t vòlè, lè m te bezwen lajan pou te peye kay mwen, m te dwe mande omwen 104 (semenn) X $200, men pa $400 (sèlman mande konpayèl ou rezoud ti ekwasyon sa a pou ou, epi apre w ap wè kilès ki volè, esplwatè, piyajè : (104 X 200) – (400). E menmsi se 50 dola nou te peye-m, (kòm se sa Kim te wè m merite) si-w ta miltipliye-l pa 104 semenn epi retire 400 dola ladan-l, ou ta wè konbyen nou dwe-m noumenm. Se bon pou mwen !

 SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Se vre, mwen se yon vòlè. Paske si m pa t vòlè, lè w te fè plizyè semenn kouche sou kabann lopital, kote lè sa a anpil responsablite jounal la te vin tonbe sou do-m, mwen te dwe mande touche kòrèkteman. Poutan pa menm on santim Kim pa t ban mwen e ni m pa t mande on dola tou. Vòlè te debake sou nou, nan jounal la, yo te rantre nan biwo-m, rale zam sou mwen, pran telefòn mwen e yo te fè apèl pou plis pase 360 dola e mwen te blije peye tout lajan sa a nan pòch mwen. Se bon pou mwen !  

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Se vre, mwen se yon ipokrit. Paske si m pa t ipokrit, mwen te dwe di kanmarad ou Kim, Fanfan, Elie, Rateau, Pierre-Louis, distribitè jounal la tousa ou di-m sou yo (m ap tann repons ou anvan m mete kakachat sa yo deyò). Se bon pou mwen !

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Se vre, mwen se yon vakabon. Paske si m pa t vakabon, mwen pa t janm dwe sakrifye enterè-m ak pitit mwen nan travay san touche pandan plis pase dezan pou fè esplwatè-parazit-engra-ipokrit-kolowòch tankou-w plezi ; si m pa t vakabon, mwen pa t dwe ap travay di pandan zòt menm ap achte gwo kay ak bèl vwati sou do-m ak sou do Ayiti. Se bon pou mwen !

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Se vre, mwen se nèg sòt. Paske si m pa t sòt, mwen pa t dwe konn pèdi tan-m ak somèy mwen nan ekri editoryal pou ou, akote lòt atik m konn fin ekri, pandan oumenm ou konn fè tout jounen ap grate-santi. Se bon pou mwen !

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Se vre, mwen se yon estipid. Paske si m pa t estipid, mwen pa t dwe kite nou itilize-m pou fè-m ekri atik sou plizyè kolaboratè-w, men espesyalman ansyen kolaboratè-w Dahoud André, sou pretèks pwoblèm politik nou gen ak li, e ou pa t pè pou w vin di-m apre atik la fin soti se pwoblèm fanm Kim te gen ak konpatriyòt la ki vrè rezon atik la. Men vagabonday ou ak ipokrizi-w ! E sa se yon ti gout nan lanmè koze ou di-m sou sila a kifè-w wa. Se fout bon pou mwen ! Mwen mande konpatriyòt Dahoud padon.

Men si m pa bon konsa, pou kisa nan dènye rankont mwen te gen ak Kim lakay mwen kèk mwa pase, li t ap plede ensiste pou m tounen nan jounal la ? Se mwenmenm ki te di-l nan twounen-l mwen pa p kolabore ak ipokrit ankò. Anfèt, m rete kwè se te yon pyèj, men m pa t tonbe ladan-l e m pa t ap janm tonbe ladan-l.

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Pou moun sa yo ki kite ou itilize yo pou jete vèni sou mwen e mennen kanpay kont blòg mwen an moycorner, m ap di yo : fèt atansyon ! menmjan oumenm ak Kim trete lòt kolaboratè, enkli mwenmenm, yo ka pase nan menm paswa a tou ! Epi m ap mande yomenm ak ou pou li La Besace de Jean de La Fontaine (menmsi m konnen ou pa renmen li, petèt yomenm a esplike-w sa fabilis la vle di nan tèks sa a).

M espere nou konprann demach mwen an, mesye. Se pa paske m vle rantre nan konfwontasyon ak nou, mais je ne puis m’étendre de tout mon long et vous laisser me marcher dessus (sou ti lestonmak tou chèch mwen an). Li fasil pou kache dèyè lòt moun osnon yon mask pou detwi ansyen kòkòday nou, moun ki te kwè nan nou, ki t ap goumen kòtakòt ak nou de fason dezenterese, men mwenmenm, m ap demaske nou e defann tèt mwen jiskobou menmsi m konnen nou ka etenn souf mwen. Kisa nou pa p fè-m ankò, si nou ka rive si lwen nan sal non-m sou rezo sosyal e bòykote travay patriyotik m ap fè? Menm konpatriyòt ki pèdi kat marenn li fè-m on konpliman paske yo apresye travay m ap fè a, chyen ki kite nou sèvi ak yo jwenn mwayen joure konpatriyòt sa yo de moun sòt osnon mesaj negatif al jwenn moun sa yo sou mwen. Vakabon sa ki di se Kanada l ap viv la, nan madigridji li ekri dapre sa yo lage nan tèt li, ta menm pretann  nan reyinyon m te gen lakay ak Kim, mwen trayi Ayisyen parèy mwen opwofi Blan. Quelle stupidité ! Quelle absurdité ! Si nèg sa a te konnen Morisseau Lazarre… Fòmasyon entelektyèl e politik mwen penmèt mwen depase zafè koulè pou ti krik ti krak. Mwen pa avèg tankou konpatriyòt sa a.

Janm m te konn jwenn konpliman nan men oumenm Berthony apre m te konn fin pèdi nwit ansanm avè-w depi nan madi apremidi pou leve mèkredi maten pou fè jounal la soti ! E se menm bagay pou Kim tou anvè mwenmenm. Honte à vous, messieurs ! Shame on you, guys ! Nou fè wont, mesye ! Se endividi tankou nou kifè anpil moun dekouraje nan lit ki ta dwa ap mennen pou chanje peyi a toutbon. Epi nou di nou vle chanje peyi ! Wè papa ! Pandan chak semenn n ap kritike politisyen k ap vann peyi, fè abi, detwi lavi sou tout fòm, esplwate klas travayè, eks. Ki ekzanp konkrè nou bay noumenm?

Pou fini, m ap di apa de brakay ki te fèt sou mwen nan jounal la kote m te ka pèdi lavi-m, 2 fwa m te pran maladi dyare ak fwomisman (nan lang angle yo rele sa food poisoning) nan achte manje nan restoran pandan m ap travay nan jounal la, paske chak madi sitou, se annik sot travay tou fatige epi pran transpòtasyon pou al bay konkou-m nan jounal la san pase lakay mwen apre 8 tè d tan m fin pase nan vann kouray mwen. Alòs se mwenmenm sa jounen jodi a nou chwazi pou fè mechanste sa a ! Konpliman, mesye pwogresis-revolisyonè desalinye peraltyen ! Bravo, mesye pwogresis-revolisyonè maksis-leninis-kastris-gevaris-tchavis ! Nou merite meday tou menmjan nou te fè demagoji nan simaye meday bay kèk konpatriyòt n ap esplwate (paske m te koumanse mete kèk kakachat deyò) ak politisyen k ap kite nou sèvi ak yo pou fè lajan. Wi, mesye, kontinye fè sa n ap fè a, sa vle di detwi moun nou fin sèvi ak yo, kache dèyè mask moun debyen pou pete lasosyete, denonse esplwatè ladwat nan diskou flanm pandan noumenm n ap rale trip lòt moun tankou chirijyen pou asire byennèt nou. Yon lòt fwa ankò: BRAVO!   

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

SI BOUZEN TE TANPE, ANPIL MOUN T AP VIV NAN KACHE

Resevwa salitasyon-m,

Morisseau Lazarre

Esther Madudu, sage-femme ougandaise en lice pour le Nobel


Esther Madudu

Soucieuse de mobiliser la communauté internationale autour de l’objectif n°5 du Millénaire pour le développement, « Améliorer la santé maternelle », l’Association pour la médecine et la recherche en Afrique (Amref) a décidé de présenter une sage-femme ougandaise, Esther Madudu, au prix Nobel de la paix 2015.

« Avant, personne ne portait attention aux sages-femmes en Afrique. Avec moi, les gens ont pris conscience de notre importance ». Les quelques bâillements qu’Esther Madudu laisse s’envoler sont les seules marques d’un Paris-Kampala effectué quelques heures plus tôt. Il en faut plus pour lasser l’infatigable l’ambassadrice des sages-femmes africaines, qui vient de s’embarquer dans une nouvelle aventure.

Car sa candidature au prix Nobel de la paix n’est pas, pour elle, un geste symbolique. C’est une mission qu’elle est persuadée de pouvoir remplir : « Je ne suis pas encore très connue, mais il me reste deux ans pour le devenir. Et la vedette, sourit-elle, ce ne sera pas moi, Esther, mais toutes les femmes du continent ». Pour convaincre le public de la soutenir, cette mère de trente-trois ans mise sur l’échange tranquille plutôt que sur les grands discours : « En Europe, les gens ne connaissent pas nos conditions de travail, ni l’environnement dans lequel on pratique. Tous ceux à qui je raconte mon histoire sont touchés par notre cause. Il faut donc que je parle, encore et encore ! », s’amuse la jeune femme.

L’histoire d’Esther commence le jour où sa grand-mère, accoucheuse traditionnelle, l’autorise à venir voir ce qui se passe derrière la porte de la maison, que franchissent des femmes au ventre rond : « J’avais dix ans, c’était la première fois que j’assistais à un accouchement, raconte Esther. C’est à ce moment que j’ai voulu devenir infirmière. Lorsque j’en ai parlé à ma grand-mère, elle m’a répondu : « tu iras à l’école pour apprendre ce que je ne sais pas ». La fillette déménage alors chez son oncle, le seul de la famille qui dispose des ressources suffisantes pour lui payer une scolarité.

Un manque cruel de sages-femmes

Douze ans aujourd’hui qu’elle a obtenu son diplôme de sage-femme. Douze ans qu’elle exerce dans sa région rurale natale, à plus de six heures de route de Kampala. Là où les accouchements se font parfois à la lueur du téléphone portable et où la main qui palpe les ventres remplace le scanner. « C’est sûr, on manque d’équipement, lance Esther. Mais ce qui manque surtout, ce sont des sages-femmes. Nous savons comment arrêter des hémorragies ou prendre en charge des femmes enceintes qui sont atteintes du sida. Ce sont des gestes de base, mais qui sauvent des vies ».

L’appel d’Esther Madudu : Formons plus de sages-femmes africaines (2012).

D’ici 2015, l’Amref a pour objectif de former 15 000 sages-femmes sur le continent pour réduire la mortalité maternelle, mais aussi infantile. « Lorsque la mère arrive à pied à l’hôpital, épuisée, le bébé naît fatigué et peine à respirer, explique Esther. L’Amref nous forme à ce genre d’accouchements difficiles, à agir vite avec un masque à oxygène par exemple ».

Selon les estimations de l’organisation, Esther aurait déjà sauvé plus de mille vies au cours de sa carrière. La sage-femme se contente d’hausser les épaules : « Voir une mère et son enfant en bonne santé après l’accouchement, c’est ce qui me rend heureuse chaque jour. Je crois que j’ai ça dans le sang ». Un  don, dirait peut-être sa grand-mère.

SOURCE: Jeune Afrique

Discours historique de Nelson Mandela, le 26 juillet 1991


Nelson Mandela

En 1991, Nelson Mandela, qui venait de passer 27 ans en prison au nom d’un combat pour la liberté de son peuple, a pris l’avion et a choisi d’atterrir, non pas dans la « plus grande démocratie du monde (USA), non pas dans « la patrie des Droits de l’Homme » (France), non pas dans « la seule démocratie du Moyen-orient » (Israël, complice jusqu’au bout de l’apartheid), mais à Cuba.
Et il y a prononcé, le 26 juillet 1991 le mémorable discours que voici où il explique comment et pourquoi la lutte doit se poursuivre dans son pays et ce qu’il doit au peuple cubain.

Le Grand Soir rappelle ce voyage et donne à lire ce discours de peur que les médias oublient de le faire. LGS

Premier secrétaire du Parti communiste, président du Conseil d’Etat et du gouvernement de Cuba, Président de la République socialiste de Cuba, commandant en chef, le camarade Fidel Castro ;

Internationalistes cubains, qui ont tant fait pour libérer notre continent ;

Peuple cubain, camarades et amis :

C’est un grand plaisir et un honneur d’être présent ici aujourd’hui, surtout pour un si grand jour dans l’histoire révolutionnaire du peuple cubain. Aujourd’hui Cuba commémore le trente-huitième anniversaire de la prise de la Moncada. Sans Moncada, l’expédition du Granma, la lutte dans la Sierra Maestra, la victoire extraordinaire du 1er Janvier 1959, n’auraient jamais eu lieu.

Aujourd’hui, voici la Cuba révolutionnaire, la Cuba internationaliste, le pays qui a tant fait pour les peuples d’Afrique.

Nous avons longtemps rêvé de visiter votre pays et d’exprimer les nombreux sentiments que nous éprouvons pour la révolution cubaine, sur le rôle de Cuba en Afrique, en Afrique australe et dans le monde.

Le peuple cubain occupent une place particulière dans le cœur des peuples d’Afrique. Les internationalistes cubains ont apporté une contribution à l’indépendance, la liberté et la justice en Afrique sans précédent de par ses principes et son caractère désintéressé.

Dès les premiers jours la Révolution cubaine a elle-même été une source d’inspiration pour tous les peuples épris de liberté. Nous admirons les sacrifices du peuple cubain pour préserver leur indépendance et souveraineté face à une campagne impérialiste féroce orchestrée pour détruire les avancées impressionnantes réalisées par la Révolution cubaine.

Nous aussi nous voulons contrôler notre propre destin. Nous sommes convaincus que le peuple d’Afrique du Sud construira son avenir et qu’il continuera d’exercer ses pleins droits démocratiques après la libération de l’apartheid. Nous ne voulons pas que la participation populaire cesse avec la disparition de l’apartheid. Nous voulons que la libération ouvre la voie à une démocratie toujours plus profonde.

Nous admirons les acquis de la révolution cubaine dans le domaine de la protection sociale. Nous apprécions la transformation d’un pays d’une arriération imposée à l’alphabétisation universelle. Nous reconnaissons vos progrès dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la science.

Il ya beaucoup de choses que nous apprenons de votre expérience. En particulier, nous sommes émus par votre affirmation du lien historique avec le continent et les peuples de l’Afrique.

Votre engagement constant à l’éradication systématique du racisme est incomparable.

Mais la leçon la plus importante que vous avez à nous offrir, c’est que peu importe les défis, peu importe les difficultés rencontrées dans la lutte, il ne peut être question d’abandonner ! Il s’agit de choisir entre la liberté ou la mort !

Je sais que votre pays connaît de nombreuses difficultés aujourd’hui, mais nous avons confiance que le peuple résistant de Cuba les surmontera car il a aidé d’autres pays à surmonter les leurs.

Nous savons que l’esprit révolutionnaire d’aujourd’hui est né il y a bien longtemps et que cet esprit fut entretenu par de nombreux combattants de la première heure pour la liberté cubaine, et aussi pour la liberté de tous ceux qui souffrent sous la domination impérialiste.

Nous aussi, nous sommes inspirés par la vie et l’exemple de José Marti, qui est non seulement un héros cubain et latino-américain, mais qui est également honoré à juste titre par tous ceux qui luttent pour leur liberté.

Nous honorons également le grand Che Guevara, dont les exploits révolutionnaires, y compris sur notre propre continent, étaient trop puissants pour pouvoir nous être cachés par les censeurs de la prison. La vie du Che est une inspiration pour tous les êtres humains qui chérissent la liberté. Nous allons toujours honorer sa mémoire.

Nous sommes venus ici avec beaucoup d’humilité. Nous sommes venus ici avec beaucoup d’émotion. Nous sommes venus ici avec le sentiment d’une grande dette envers le peuple cubain. Quel autre pays peut se prévaloir de plus d’altruisme que celui dont Cuba a fait preuve dans ses relations avec l’Afrique ?

Combien de pays dans le monde bénéficient des travailleurs de la santé ou des éducateurs cubains ? Combien d’entre eux se trouvent en Afrique ?

Quel est le pays qui a sollicité une aide à Cuba et se l’est vu refuser ?

Combien de pays sous la menace de l’impérialisme ou en lutte pour leur libération nationale ont pu compter sur le soutien de Cuba ?

J’étais en prison lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de l’aide massive que les forces internationalistes cubaines fournissaient à la population de l’Angola, une aide d’une telle ampleur qu’elle était difficile à croire, lorsque les Angolais ont été soumis en 1975 à une attaque coordonnée de troupes d’Afrique du Sud, du FNLA financé par la CIA, de mercenaires, de l’UNITA, et de troupes zaïroises.

En Afrique, nous sommes habitués à être victimes de pays qui veulent dépecer notre territoire ou saper notre souveraineté. Il n’y a pas de précédent dans l’histoire de l’Afrique d’un autre peuple qui se lève pour défendre l’un d’entre nous.

Nous savons également qu’il s’agissait d’une action populaire à Cuba. Nous sommes conscients que ceux qui ont combattu et qui sont morts en Angola ne constituaient qu’une faible proportion de tous ceux qui s’étaient portés volontaires. Pour le peuple cubain, l’internationalisme n’est pas un mot creux, mais quelque chose que nous avons vu mettre en pratique en faveur de larges secteurs de l’humanité.

Nous savons que les forces cubaines étaient prêtes à se retirer peu après avoir repoussé l’invasion de 1975, mais l’agression continue de Pretoria a rendue la chose impossible.

Votre présence et le renforcement de vos forces lors de la bataille de Cuito Cuanavale fut d’une importance véritablement historique.

La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale fut une victoire pour toute l’Afrique !

L’écrasante défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a offert la possibilité pour l’Angola de connaître la paix et de consolider sa souveraineté !

La défaite de l’armée raciste a permis au peuple en lutte de Namibie de finalement gagner son indépendance !

La défaite décisive des agresseurs de l’apartheid brisa le mythe de l’invincibilité des oppresseurs blancs !

La défaite de l’armée de l’apartheid fut une inspiration pour tous ceux qui luttaient à l’intérieur de l’Afrique du Sud !

Sans la défaite de Cuito Cuanavale nos organisations n’auraient jamais été légalisées !

La défaite de l’armée raciste à Cuito Cuanavale a rendu possible ma présence ici aujourd’hui !

Cuito Cuanavale fut un jalon dans l’histoire de la lutte pour la libération de l’Afrique du Sud !

Cuito Cuanavale fut le point tournant dans la lutte pour libérer le continent et notre pays du fléau de l’apartheid !

L’Apartheid n’est pas quelque chose qui a commencé hier. Les origines de la domination raciste blanche remontent à 350 ans, au moment où les premiers colons blancs ont entamé un processus de déstabilisation et ensuite de conquête des Khoi, San, et d’autres peuples africains – les premiers habitants de notre pays.

Le processus de conquête a dès le début suscité une série de guerres de résistance, qui à leur tour ont donné lieu à notre lutte de libération nationale. Dans un rapport de forces extrêmement défavorable, les peuples africains ont essayé de s’accrocher à leurs terres. Mais les conditions matérielles et la puissance de feu conséquente des agresseurs coloniaux ont condamné les chefferies et royaumes tribaux, divisés, à la défaite.

Cette tradition de résistance vit encore et est une source d’inspiration pour notre lutte actuelle. Nous honorons toujours les noms du grand prophète et guerrier Makana, qui est mort alors qu’il tentait de s’échapper de la prison de Robben Island en 1819, Hintsa, Sekhukhune, Dingane, Moshoeshoe, Bambatha, et autres héros de la première résistance à la conquête coloniale.

Ce fut dans le contexte de cette saisie de terres et de conquête que l’Union de l’Afrique du Sud fut créée en 1910. A l’extérieur, l’Afrique du Sud est devenue un état indépendant, mais en réalité le pouvoir avait été remis entre les mains des conquérants britanniques blancs qui s’étaient installés dans le pays. Dans la nouvelle Union d’Afrique du Sud, ils ont pu officialiser l’oppression raciale et l’exploitation économique des Noirs.

Suite à la création de l’Union, l’adoption de la Loi sur les terres, qui prétendait légaliser les saisies de terres du XIXe siècle, a donné une impulsion au processus menant à la formation du Congrès National Africain (African National Congress – ANC, NdT), le 8 Janvier 1912.

Je ne vais pas vous raconter toute l’histoire de l’ANC. Qu’il suffise de dire que les quatre-vingts dernières années de notre existence a vu l’évolution de l’ANC depuis ses débuts visant à unir les peuples africains, pour devenir une force de premier plan dans la lutte des masses opprimées pour mettre fin au racisme et à la création d’un état non-sexiste, non-racial et démocratique.

Sa composition s’est transformée depuis ses débuts lorsqu’il était un petit groupe de professionnels et de chefs, etc, en une véritable organisation de masse.

Ses objectifs ont changé, de la recherche de l’amélioration du sort des Africains à la recherche d’une transformation fondamentale de toute l’Afrique du Sud en un état démocratique pour tous.

Ses méthodes employées pour réaliser ces objectifs de plus grande envergure ont au fil des décennies pris de plus en plus un caractère de masse, ce qui reflète l’engagement croissant des masses au sein de l’ANC et dans les campagnes menées par l’ANC.

Parfois, les gens se réfèrent aux objectifs initiaux de l’ANC et de sa composition initiale pour laisser entendre qu’il s’agissait d’une organisation réformiste. La vérité est que la naissance de l’ANC a dés le début eu des implications profondément révolutionnaires.

La formation de l’ANC a été la première étape vers la création d’une nouvelle nation sud-africaine. Cette conception a été développée au fil du temps, trouvant son expression claire il y a trente-six ans dans la déclaration de la Charte de la Liberté (Freedom Charter) selon laquelle « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, noir et blanc. » Il s’agissait d’un rejet sans équivoque de l’état raciste qui avait existé et une affirmation de la seule alternative que nous trouvions acceptable, celle où le racisme et ses structures seraient définitivement éradiqués.

Il est bien connu que la réponse de l’État à nos exigences démocratiques légitimes était, entre autres, d’accuser nos dirigeants de trahison et, au début des années 1960, de recourir à des massacres aveugles. C’est ainsi que l’interdiction de nos organisations ne nous a pas laissé d’autre choix que de faire ce que toutes les personnes qui se respectent, y compris les Cubains, ont fait, c’est-à-dire prendre les armes pour arracher notre pays des mains des racistes.

Je dois dire que lorsque nous avons voulu prendre les armes nous avons contacté de nombreux gouvernements occidentaux pour demander de l’aide et que nous n’avons jamais été en mesure de rencontrer plus que des subalternes. Lorsque nous avons visité Cuba, nous avons été reçus par les plus hauts responsables qui nous ont immédiatement proposé tout ce que nous voulions et avions besoin. Ce fut notre première expérience avec l’internationalisme cubain.

Même si nous avons pris les armes, ce n’était pas notre préférence. C’est le régime de l’apartheid qui nous a forcés à prendre les armes. Notre préférence a toujours été pour une résolution pacifique du conflit de l’apartheid.

La combinaison de la lutte de notre peuple à l’intérieur du pays avec la lutte croissante au niveau international contre l’apartheid dans les années 1980, ont crée les conditions d’un règlement négocié du conflit de l’apartheid. La défaite décisive de Cuito Cuanavale a modifié l’équilibre des forces dans la région et sensiblement réduit la capacité du régime de Pretoria à déstabiliser ses voisins. Ceci, en combinaison avec les luttes de notre peuple à l’intérieur du pays, a été crucial pour que Pretoria réalise qu’il devait engager la discussion.

C’est l’ANC qui a initié le processus de paix actuel qui nous espérons aboutira à un transfert négocié de pouvoir au peuple. Nous n’avons pas entamé ce processus pour d’autres objectifs que ceux que nous avions pendant la lutte armée. Nos objectifs sont toujours d’aboutir aux exigences énoncées dans la Charte de la liberté, et nous n’accepterons rien de moins.

Aucun processus de négociation ne pourra aboutir tant que le régime de l’apartheid ne comprendra pas qu’il n’y aura pas de paix s’il n’y a pas de liberté et que nous n’allons pas négocier l’abandon de nos justes revendications. Ils doivent comprendre que nous allons rejeter tout régime constitutionnel qui vise à préserver les privilèges des blancs.

Il y a des raisons de croire que nous n’avons pas encore réussi à le faire comprendre au gouvernement, et nous les avertissons que s’ils n’écoutent pas, nous devrons utiliser notre pouvoir pour les convaincre.

Ce pouvoir, c’est le pouvoir du peuple, et, au final, nous savons que les masses non seulement exigeront, mais obtiendront leurs pleins droits dans une Afrique du Sud non raciale, non sexiste et démocratique.

Mais nous ne sommes pas simplement à la recherche d’un objectif précis. Nous proposons également un chemin précis pour l’atteindre, et c’est un chemin qui tout au long implique le peuple. Nous ne voulons pas d’un processus où un accord serait conclu par-dessus la tête des gens dont le rôle se résumerait à applaudir. Le gouvernement résiste à tout prix parce que la question de comment une constitution est bâtie, comment des négociations se déroulent, est indissociable à une issue démocratique ou pas.

Le gouvernement actuel veut rester au pouvoir pendant tout le processus de transition. Notre point de vue est qu’une telle situation est inacceptable. Ce gouvernement a des objectifs de négociation précis. Il ne peut être autorisé à utiliser ses pouvoirs en tant que gouvernement pour servir sa propre cause et celle de ses alliés et d’utiliser ces mêmes pouvoirs pour affaiblir l’ANC.

Et c’est exactement ce qu’ils font. Ils ont levé l’interdiction de l’ANC, mais nous fonctionnions dans des conditions sensiblement différentes de celles d’autres organisations. Nous n’avons pas la même liberté de nous organiser comme le fait l’Inkatha et d’autres organisations alliées au régime de l’apartheid. Nos membres sont harcelés et même tués. Nous sommes souvent interdits de tenir des réunions et des manifestations.

Nous croyons que le processus de transition doit être contrôlé par un gouvernement qui est non seulement capable et désireux de créer et maintenir les conditions de la liberté politique, mais qui doit aussi agir en vue de s’assurer que la transition s’effectue vers la création d’une véritable démocratie et rien d’autre.

Le gouvernement actuel s’est montré tout à fait réticent ou incapable de créer un climat propice à des négociations. Il renie des accords pour libérer les prisonniers politiques et permettre le retour des exilés. Ces derniers temps, il a permis la création d’une situation où règnent la terreur et le déchaînement de violence contre les communautés africaines et l’ANC en tant qu’organisation.

Nous avons eu dix mille personnes assassinées dans cette violence depuis 1984 et deux mille rien que cette année. Nous avons toujours dit que ce gouvernement qui se vante de sa force de police professionnelle est parfaitement capable de mettre fin à cette violence et de poursuivre les auteurs. Non seulement ils sont réticents, mais nous avons désormais des preuves concluantes, publiées dans des journaux indépendants, de leur complicité dans cette violence.

La violence a été utilisée dans une tentative systématique pour favoriser l’Inkatha en tant qu’allié potentiel du Parti national. Il y a maintenant des preuves concluantes de fonds fournis par le gouvernement – c’est-à-dire l’argent des contribuables – à l’Inkatha.

Tout cela indique la nécessité de créer un gouvernement intérimaire d’unité nationale pour superviser la transition. Il nous faut un gouvernement jouissant de la confiance de larges couches de la population pour diriger cette période délicate, et veiller à ce que les contre-révolutionnaires ne soient pas autorisés à perturber le processus et veiller à ce que la refonte de la Constitution se déroule dans un climat exempt de répression, d’intimidation ou de peur.

Nous croyons que la Constitution elle-même doit être rédigée de la manière la plus démocratique possible. Pour nous, ceci ne peut être réalisée que par l’élection de représentants à une Assemblée constituante ayant pour mandat la rédaction de la constitution. Il y a des organisations qui remettent en question l’affirmation de l’ANC d’être l’organisation la plus représentative du pays. Si c’est vrai, qu’ils le démontrent par les urnes.

Afin de s’assurer que les gens ordinaires soient inclus dans ce processus, nous faisons circuler et discuter nos propres propositions constitutionnelles et le projet de Déclaration des droits (Bill of Rights). Nous voulons que ceux-ci soient discutés dans toutes les structures de notre alliance, à savoir l’ANC, le Parti communiste sud-africain, et le Congrès des syndicats sud-africains, et parmi le peuple en général. De cette façon, lorsque les gens voteront pour l’ANC pour les représenter à une assemblée constituante, ils sauront non seulement ce que représente l’ANC en général, mais aussi quelle constitution nous voulons.

Naturellement, ces propositions constitutionnelles sont soumises à révision sur la base de nos consultations auprès de nos membres, de nos alliés, et le public en général. Nous voulons créer une constitution qui bénéficie d’un large soutien, de loyauté et de respect. Cela ne peut être réalisé que si nous allons vraiment vers les gens.

Afin d’éviter ces justes revendications, diverses tentatives ont été faites pour affaiblir et déstabiliser l’ANC. La violence est le plus grave, mais il existe d’autres méthodes plus insidieuses. À l’heure actuelle, il y a une obsession dans la presse, parmi nos adversaires politiques, et de nombreux gouvernements occidentaux sur notre alliance avec le Parti communiste sud-africain (SACP). Les journaux ne cessent de spéculer sur le nombre de communistes au sein de notre exécutif national et prétendent que nous sommes dirigés par le Parti communiste.

L’ANC n’est pas un parti communiste mais un large mouvement de libération, qui comprend aussi bien des communistes que des non-communistes. Toute personne qui est un membre loyal de l’ANC, toute personne qui respecte la discipline et les principes de l’organisation, a le droit d’appartenir à l’organisation.

Notre relation avec le SACP en tant qu’organisation est fondée sur le respect mutuel. Nous sommes unis avec le SACP sur des objectifs communs, mais nous respectons l’indépendance de l’autre et nos identités distinctes. Il n’y a eu aucune tentative de la part du Parti Communiste sud-africain de subvertir l’ANC. Au contraire, nous tirons une force de cette alliance.

Nous n’avons aucunement l’intention de suivre les conseils de ceux qui suggèrent que nous devrions rompre cette alliance. Qui offre ces conseils que nous n’avons pas demandés ? Pour l’essentiel, ce sont ceux qui ne nous ont jamais fourni la moindre aide. Aucun de ces donneurs de conseils n’a fait les sacrifices pour notre lutte que celles faites par les communistes. Nous sommes fortifiés par cette alliance. Nous allons la rendre encore plus forte.

Nous sommes dans une étape de notre lutte où la victoire est à portée de main. Mais nous devons nous assurer que cette victoire ne nous soit pas arrachée des mains. Nous devons nous assurer que le régime raciste sente un maximum de pression jusqu’à la fin et qu’il comprenne qu’il doit céder la place, que la marche vers la paix, la liberté et la démocratie est irrésistible.

C’est pourquoi les sanctions doivent être maintenues. Ce n’est pas le moment de récompenser le régime d’apartheid. Pourquoi devraient-ils être récompensés pour l’abrogation de lois qui constituent ce qui est reconnu comme un crime international ? L’apartheid est toujours en place. Il faut obliger le régime à le démanteler, et ce n’est que lorsque ce processus deviendra irréversible que nous pourrons envisager la levée de la pression,

Nous sommes très préoccupés par l’attitude adoptée par l’administration Bush à ce sujet. Il était l’un des rares gouvernements à être en contact régulier avec nous sur la question de sanctions, et nous a clairement indiqué que la levée des sanctions était prématurée. Cependant, sans nous consulter, l’administration nous a simplement annoncé que les sanctions américaines allaient être levées. Pour nous, c’est totalement inacceptable.

C’est dans ce contexte que nous apprécions tout particulièrement notre amitié avec Cuba. Lorsque vous, camarade Fidel, avez déclaré hier que notre cause est la vôtre, je sais que cela venait du fond de votre cœur et que c’est le sentiment de tout le peuple de Cuba révolutionnaire.

Vous êtes à nos côtés car nos deux organisations, le Parti communiste de Cuba et l’ANC, se battent pour les masses opprimées, pour veiller à ce que les richesses profitent à ceux qui les produisent. Votre grand apôtre José Marti a déclaré : « Je veux unir mon destin aux pauvres de la terre ».

Nous, à l’ANC, serons toujours aux côtés des pauvres et des sans-droits. Non seulement nous sommes à leurs côté, mais nous ferons en sorte que tôt ou tard ils gouvernent le pays où ils sont nés, et que selon les termes de la Charte de la Liberté : « C’est le peuple qui gouverne ». Et lorsque ce moment arrivera, il aura été rendu possible non seulement grâce à nos efforts, mais aussi grâce à la solidarité, le soutien et l’encouragement du grand peuple cubain.

Je dois conclure mon intervention sur un événement dont vous avez tous été témoins. Le camarade Fidel Castro m’a honoré de la plus haute distinction que ce pays peut accorder. C’est avec beaucoup d’humilité que je la reçois car je ne pense pas la mériter. C’est une récompense qui devrait être accordée à tous ceux qui ont déjà conquis l’indépendance de leurs peuples. Mais cette reconnaissance que le peuple d’Afrique du Sud est debout et lutte pour sa liberté constitue une source de force et d’espoir. Nous espérons sincèrement que dans les temps à venir nous nous montrerons dignes de la confiance que cette récompense exprime.

Vive la révolution cubaine !

Vive le camarade Fidel Castro !

Nelson Mandela

à Cuba, le 26 Juillet 1991

SOURCE: Le Grand Soir

Il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte (7e partie)


Conclusion

Après le départ des Duvalier en février 1986, à la faveur de l’euphorie patriotique qui gagnait le pays, des politiciens qui se réclamaient de la gauche ainsi que ceux de la droite modéré avaient accaparé le symbole péraltien pour le besoin de leur cause. Mais au fur et à mesure que l’eau continue à couler sous les ponts et que les masques ont commencé à tomber, le nom de Charlemagne Péralte devient anathème pour ces opportunistes, car leur maitre yankee qui est retourné sur les lieux du crime et qui contrôle leur destin veut que le nom du héros soit effacé de la mémoire et banni sur toutes les lèvres.

Même sous des gouvernements soi-disant progressistes, on n’osera pas donner à Charlemagne ce qui est à Charlemagne, excepté des billets monétaires qui sont frappées à l’effigie du héros et quelques petites places qu’on fait porter son nom. Or, un patriote de cette envergure, ne mérite-t-il pas plus que ça ? Pourquoi a-t-on choisi de ne pas célébrer le jour de sa naissance qui est le 10 octobre ? Et pourquoi ne commémore-t-on pas la date de son assassinat crapuleux, qui pourrait bien être 31 octobre ou 1e novembre, selon qu’aurait établi une loi émanant du Parlement ou un décret du Président de la République ? Ce refus d’honorer pleinement Charlemagne Péralte, c’est réduire les angles de son sacrifice, donc ce refus est peint de toutes les couleurs de la trahison.

Aujourd’hui, nous constatons avec un sentiment de dégoût et de révolte que ceux qui hier dénonçaient avec véhémence l’assujettissement du pays par l’impérialisme américain, sont maintenant les grands chantres de l’occupation du pays. Et il y en a d’autres qui ont choisi, par fainéantise, de se tenir cois face à l’humiliation que connait le pays. N’est-ce pas une forme de trahison et de crucifixion de Charlemagne Péralte, par lequel ils juraient il fut un temps ?

A 33 ans, donc très jeune encore, Charlemagne Péralte paya le tribut à la nature en défendant l’honneur de sa patrie qu’il portait jalousement dans son cœur. Il aurait pu bien choisir de prendre la fuite, comme l’avaient fait beaucoup de ses frères d’armes, à la nouvelle du débarquement des Marines le 28 juillet 1915 ; ou bien il aurait pu choisir d’acquiescer aux ordres du commandant américain qui, le 17août 1915, lui avait demandé de lui livrer la ville de Léogâne qui était sous son commandement. Mais non, le devoir patriotique avait interpellé sa conscience pour laver cette souillure que vient d’être victime son pays, et il obéit sans rechigner. Il aurait pu bien aussi opter pour continuer à mener sa vie de petit-bourgeois à Hinche, en s’occupant de ses affaires qui marchaient d’ailleurs très bien. Il aurait pu adopter une attitude je-m’en-fichiste face à l’affront infligé au pays, à l’instar de beaucoup de petits-bourgeois depuis 2004. Il aurait pu se laisser corrompre par l’ennemi et trahir son pays, à l’instar des Conze d’aujourd’hui pour qui le mot patrie n’a d’autre signification que « dollar, visa, pouvoir ». Mais il ne l’avait pas fait parce qu’il aimait sa patrie plus que sa petite personne et chérissait la liberté plus que tout l’or du monde. Vivre en homme libre dans un pays libre, c’était son idéal. Il ne supportait pas l’oppression du plus fort sur le plus faible, surtout quand ce « plus faible » s’appelle Haïti.

La promesse qu’il avait faite au général Edmond Polynice après sa révocation par le président collabo Philippe Sudre Dartiguenave, pour avoir refusé de livrer Léogâne à l’occupant, n’était pas un bruit sorti d’un tonneau vide. En effet, le héros tint parole. Il prit les armes et, à la tête des cacos, en fit voir de toutes les couleurs au puissant Oncle Sam. Conséquemment, il mourut debout, la tête altière dans l’accomplissement de son devoir, de son rêve le plus cher : dégager son pays des chaines de l’occupant.

Ah, quel bel exemple de devoir patriotique pour les générations présentes et futures du pays !

Quel bel exemple de devoir patriotique pour les radoteurs impénitents, les révolutionnaires de salon sans conviction, les guzanos haïtiens ! les cochons de Satan haïtiens qui composent avec l’ennemi en catimini pour humilier la Nation !

Jeunesse haïtienne, inspirez-vous de l’exemple patriotique du citoyen, du général, du révolutionnaire François Borgia Charlemagne Péralte

Comme on est si reconnaissant à l’endroit de Dessalines, on doit aussi rendre à Charlemagne Péralte ce qui est dû à Charlemagne Péralte qui voulait lui conserver jalousement jusqu’à l’ultime sacrifice le trésor que nous a légué le père fondateur de la nation. Autant que Dessalines le plus grand héros haïtien du 20e siècle est vénérable. Et il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte.

VIVE CHARLEMAGNE PÉRALTE !

VIVE L’IDÉAL PÉRALTIEN !

FIN

Morisseau Lazarre

Il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte (6e partie)


Le traitement des restes de Charlemagne Péralte

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Charlemagne Péralte Crucifié

Après avoir mis en déroute les cacos qui étaient avec le général en chef Charlemagne Péralte à Nan-Glissé dans la nuit fatidique du 30 octobre au 1e novembre 1919, le capitaine Hermann H. Hanneken fit charger le cadavre du fameux guérillero sur une mule pour le transporter à la Grande-Rivière du Nord.

Entre temps, les pseudo-cacos que dirigeait Jean-Baptiste Conzé exécutèrent leur plan d’attaque contre la Grande-Rivière du Nord comme il avait été cuisiné par le cynique capitaine Hanneken, et les cacos livrés à eux-mêmes, furent massacrés sans merci par les Marines. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, dit l’autre. Ensuite Conzé alla à la rencontre de Hanneken en route avec son précieux et ultra lourd trophée.

Le 1e novembre, à neuf heures du matin, la Grande-Rivière du Nord accueillit le cadavre mutilé de Charlemagne au Parc communal. Il fut ensuite transporté à la gare pour être embarqué sur un train à marchandises.

Arrivé au Cap, à midi, le cadavre fut exposé à l’Arsenal du Cap au Carénage pour identification. C’était l’euphorie chez l’occupant qui allait passer tout de suite à la crucifixion de Charlemagne sur une porte dans la cour de l’Arsenal. Au-dessus de sa tête fut placé le symbole péraltien composé du drapeau national et d’un crucifix. Car, de son vivant, le grand héros haïtien était très religieux. Tous les bourgeois de la ville du Cap, incluant le Père Pocro qui fut le mentor, le père spirituel de Charlemagne lorsqu’il était enfant de cœur à l’église de Hinche et qui plus tard allait devenir son ami et son confesseur à la prison du Cap, vinrent voir le cadavre du grand révolutionnaire haïtien.

Devenus enfin trop encombrants pour l’occupant, les restes de Charlemagne allaient être embaumés et remis par le colonel yankee Russell à la famille Péralte. Mais celle-ci n’en voulaient pas. Alors, l’occupant opta pour l’inhumation de Charlemagne au camp Chabert, près du Trou-du-Nord, dans la nuit du 3 novembre. Comme le dernier des indigents, notre héros n’eut pas droit à un cercueil. Il fut mis dans un sac drapé de notre bicolore  pour être enseveli à même le sol. Et Suzy Castor cite J.Verschueren qui dit : « (…) L’occupant ordonna qu’il reçoive une sépulture secrète, tentant d’entant d’empêcher les manifestations du sentiment populaire. La vénération qu’on avait pour lui était si grande jugèrent nécessaire de lui donner une sépulture simulée dans cinq endroits différents, pour empêcher que son tombeau ne devint un lieu de pèlerinage pour de futurs cacos. »

Suite à la mort de Charlemagne Péralte, les vestiges de la résistance sous le leadership de Benoît Batraville et d’autres chefs ne firent pas long feu. Batraville fut trahi aussi et assassiné le 19 mai 1920 et le dernier chef caco, Achille Jean, se rendit à l’ennemi le 8 octobre 1921.

Mais juste avant, soit le 16 novembre 1919, en guise de remercîments, les militaires yankees qui avaient participé au lâche assassinat du héros haïtien furent décorés de la Médaille militaire par l’odieux et apatride président Sudre Dartiguenave.    

Après le départ des Marines en 1934, plus précisément le 19 août 1934, Mme Masséna Péralte, la mère de Charlemagne Péralte, collecta les ossements de son fils sacrifié et crucifié, pour les placer le 14 octobre 1934 dans la petite église des Cœurs Unis des Artisans, au Cap, où ils avaient été gardés nuit et jour par une multitude de personnes jusqu’au 25 novembre 1934. De là, ils furent transférés à la cathédrale de la métropole du Nord.

Le lendemain 26 novembre, à huit heures du matin, la ville du Cap-Haïtien s’était mise en branle pour accueillir des visiteurs venus d’un peu partout en vue de rendre les hommages dus à l’une des plus grandes âmes qui aient jamais sorties des entrailles du pays dessalinien.. En sus de Madame Masséna Péralte, du Président de la République, Sténio Vincent, du sénateur Seymour Pradel, de Mme veuve Anténor Firmin et une kyrielle d’autres personnalités qui avaient pris place à la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption du Cap, parents, amis, sympathisants et admirateurs brillaient également par leur présence dans la célébration des funérailles du grand Charlemagne ou Charles-le-Grand, comme ce nom signifie en latin.

Après les cérémonies à la cathédrale, le cortège, s’ébranlait sous la pluie en direction du cimetière de la ville, où les restes combien précieux du plus grand héros haïtien du 20e siècle allaient être reposés ad vitam aeternam avec et dans l’honneur cette fois-ci. Oui, le grand Charlemagne Péralte avait eu droit à des   funérailles nationales. Justice ou revanche de l’histoire, cela revient au même

Que l’âme des Hanneken, des Conzé, des Jean-François et toutes les autres âmes viles qui avaient fait couler le sang de Charlemagne Péralte et qui ont avili la Nation, continuent d’être tourmentées dans la géhenne de l’Histoire ad vitam aeternam.

Morisseau Lazarre

Nelson Mandela s’est éteint


Le héros de la lutte contre l’apartheid est mort jeudi soir à l’âge de 95 ans. Il laisse une démocratie multi-raciale installée, où les revendications sociales demeurent fortes.

L’ancien président Nelson Mandela est décédé à 95 ans. - Reuters

Nelson Mandela, ancien président de l’Afrique du Sud et héros de la lutte contre l’apartheid, s’est éteint à l’âge de 95 ans à son domicile de Johannesburg, a annoncé jeudi soir le président sud-africain Jacob Zuma, en direct à la télévision publique. Il « aura des funérailles d’Etat », a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu’aux obsèques.

« Madiba », comme le surnomment affectueusement les Sud-Africains, était un véritable héros national. Arrêté le 5 août 1962, à quarante-quatre ans, il fut condamné le 12 juin 1964 à la prison à vie pour actes de sabotage et interné comme terroriste à Robben Island, au large du Cap, d’où il continuera sa lutte. Sa libération, poussée par les milieux économiques, interviendra quelque 10.000 jours plus tard, le 11 février 1990. Couronné Nobel de la paix (conjointement avec Frederick de Klerk) en 1993, il devient en mai 1994 le premier président noir d’Afrique du Sud, à l’issue des premières élections libres et multiraciales du pays.

Une nouvelle étape

Nelson Mandela avait beau s’être retiré de la vie publique depuis une dizaine d’années, sa disparition sonne comme une nouvelle étape dans l’évolution du pays. La même en importance sans doute que celle qu’a déjà connue l’Afrique du Sud en 1994, lors des premières élections multiraciales. Depuis cette date, et alors que beaucoup redoutaient un éclatement du pays après les années d’apartheid, l’Afrique du Sud s’est métamorphosée.

Dans un pays de 53 millions d’habitants, dont 79 % de la population est noire, l’économie a crû de 83 %, tandis que le revenu par habitant, corrigé de l’inflation, a progressé de 40 %. La classe dite aisée compte à présent 16 millions de personnes contre 2,5 millions à la fin de la ségrégation entre noirs et blancs. Tout n’est pas parfait, tant s’en faut. Et les revendications sociales demeurent particulièrement fortes. En outre, la situation dans les townships demeure souvent explosive. De 10 manifestations violentes recensées en 1994, on en a dénombré pas moins de 173 l’an dernier. Rien d’étonnant à cela lorsque l’on sait qu’environ 10 millions de personnes n’ont pas encore de logement décent tandis que 2,3 millions de ménages ne sont pas équipés de toilettes. Quant aux enfants, la moitié de ceux qui sont scolarisés abandonnent le système avant leurs 12 ans.

Malgré les inégalités, les craintes d’un éclatement du pays ne sont plus à l’ordre du jour. Apaisé, le pays ne va pas être traversé par une nouvelle vague de violences. Au contraire, « le deuil collectif va renforcer la cohésion raciale. Tout le monde va aller se recueillir sur la tombe de Nelson Mandela », estime Thierry Vircoulon, chercheur associé à l’IFRI. Nelson Mandela a réussi à instaurer une démocratie multi-raciale avec des relations pacifiques et pacifiées entre communautés. Cette situation va lui survivre.

SOURCE: LesEchos.fr

Il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte (5e partie)


 

Charlemagne trahi et assassiné

En août 1919, un bourgeois du nom de Jean-Baptiste Conzé, originaire de la Grande-rivière du Nord infiltra les rangs des cacos sous l’insistance du capitaine yankee Hermann H. Hanneken. Cet infâme capitaine commandait la Grande-Rivière du Nord était en parfaite connaissance de l’aversion des bourgeois de la zone à l’égard des cacos. Conséquemment, il allait en profiter pour machiner un plan des plus audacieux, approuvé par ses supérieurs, pour la capture du fameux guérillero, mort ou vif.

Il fit chercher Conzé avec qui il maintenait des relations amicales et lui proposa de se joindre aux cacos. Conzé se sentait indigné et cria sans conviction aucune : « Moi, un bourgeois honnête de bonne famille, vous voulez que je me fasse caco ? – Bien sûr que oui, rétorqua le capitaine. Ne vous faites pas du souci. C’est pour la frime. Il vous sera donné tout ce dont vous avez besoin pour l’entreprise, et vous serez récompensé de 2.000 dollars pour vos services. Nous devons éliminer le chef des brigands et mettre un frein au vagabondage des cacos. » Et Suzy Castor nous rapporte que la délibération dura tard dans la nuit, et à la fin Conzé finit par adhérer au projet.

L’architraître s’était vite mis en besogne aux côtés du capitaine Hermann Hanneken. Il recruta un bon ami à lui, Edmond Jean-François, qui l’aida dans la mise sur pied d’une bande de pseudo-cacos. Cependant la tâche titanesque de cette entreprise combien macabre, c’était de convaincre Charlemagne Péralte afin d’accepter les services de Conzé. Eh bien, après plusieurs tentatives avec force artifices du camp Hanneken, le chef indomptable des cacos fut convaincu  et invita Conzé à son quartier général et le nomma Général. En revanche, pour témoigner son amitié et sa loyauté envers son nouvel « ami », Conzé donna en cadeau à Charlemagne un revolver à crosse de nacre. Tout cela faisait partie du plan du capitaine yankee.

J. Verschueren raconte : «Pendant ce temps, le gendarme, ami de Conzé (Edmond Jean-François), s’était joint  aux troupes de Charlemagne. Il sut si bien gagner la confiance du Commandant en Chef, que celui-ci le nomma son secrétaire particulier. Dans cette nouvelle fonction, il déploya tant d’habileté qu’il réussit à faire connaitre plusieurs fois à l’officier américain, l’état et les plans de l’armée des cacos »

Après avoir réussi cette partie qui s’avérait extrêmement difficile, le capitaine Hanneken se lançait dans une véritable course contre la montre, car il ne voulait pas laisser de temps au rusé Charlemagne de dépister ce qui se tramait contre lui. Donc, il lui fallait vite passer à l’action.

J. Verschueren poursuit : « Conzé et Charlemagne étaient occupés, en effet, à correspondre ensemble sur l’exécuction d’une attaque générale de la Grande-Rivière. Le capitaine Hanneken, qui avait inspiré cette idée, savait bien qu’il jouait gros jeu. En effet, si l’attaque tournait mal et que la ville fut prise, rien n’empêcherait les cacos de marcher sur le Cap, la deuxième ville de la république et la clef du nord du pays. Ensuite l’officier américain pouvait-il vraiment compter sur la fidélité de ses aides noirs ? »

En fait, oui. Car ces aides noirs du capitaine Hanneken avaient accompli impeccablement leur sale boulot.

Charlemagne Péralte, accompagné de son état-major, dont Ectravil, Papillon, Adhémar Francisma, ses frères Saint-Rémy et Saül, etc. établit son campement au Fort Capois avec ses troupes le 26 octobre 1919, en préparation de l’attaque contre la Grande-Rivière du Nord en tandem avec l’architraître Conzé dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre. Alerté par ce dernier, le capitaine Hanneken donna l’ordre à la Gendarmerie  d’investir toutes les routes conduisant au Plateau Central. Pendant ce temps, le capitaine américain s’était secrètement positionné au gué de Mazaire, à quelques kilomètres au sud de la Grande-Rivière du Nord. C’était là qu’il espérait abattre son « précieux gibier ». Cependant, Charlemagne, rusé comme il était, changea d’avis et ne descendit pas à Mazaire. Il s’arrêta de préférence à Nan-Glissé entre Fort-Capois et le gué ; ainsi, brouilla le plan de l’ennemi.

Une fois de plus, Conzé informa tout de suite le capitaine de la situation. Alors celui-ci quitta sa cachette à Mazaire et résolut d’aller à la rencontre de l’irréductible et l’incorruptible guérillero à Nan-Glissé.

Guidé par Edmond Jean-François, l’alter ego de Conzé, le capitaine américain était accompagné de son fidèle adjoint le lieutenant William R. Button et d’une vingtaine de gendarmes allant vers le territoire de Charlemagne Péralte. Il était déguisé en paysan et s’était noirci le visage et les bras pour dissimuler son identité. Ses sbires, les Haïtiens exceptés, en firent idem. Ils prétendaient être des messagers de Jean-Baptiste Conzé venant annoncer à Charlemagne la « victoire» de Conzé sur les forces du très haï capitaine Hanneken à Grande-Rivière du Nord.

Le lâche capitaine Hanneken était armé d’un colt automatique et d’un revolver colt 38, son adjoint le lieutenant William R. Button avec une mitraillette et les gendarmes et policiers, eux, portaient d’autres armes.

Après plusieurs heures de marche et après avoir franchi plusieurs barrages de sécurité gardés par des hommes armés seulement de machettes, Hanneken et ses hommes finirent par atteindre le camp du grand chef caco.

Voici un extrait du récit de l’un des participants – F. M Wise, pseudonyme du capitaine Hermann H. Hanneken, chef de la gendarmerie – dans le lâche assassinat de Charlemagne Péralte, tel que rapporté par Suzy Castor : « (…) Nous passâmes le troisième et le quatrième poste sans difficulté. Un bandit m’adressa la parole et un gendarme, comprenant le sérieux de la situation, répondit immédiatement. Au cinquième poste, il semblait à un certain moment que nous allions livrer bataille. Le chef du groupe avait un revolver dans la main et lorsque nous passâmes devant lui, il le pointa sur le lieutenant  Button. Il le prit par l’arme det dit : « Où as-tu trouvé ce beau fusil ? » en se référant à la mitraillette. Un soldat répondit alors : « Laisse-nous aller, ne vois-tu pas que mon détachement est déjà parti ? » En même temps, Button le poussa et suivit le groupe  jusqu’au sixième poste qui était celui qui gardait Charlemagne. Il se trouvait à trente pas du lieu où campait Péralte. Le  gendarme nous dit alors : « Cachez-vous ». Le lieutenant et moi avançâmes à quelque 50 pieds de Charlemagne qui était assise près du feu et qui parlait avec sa femme, deux hommes nous arrêtèrent  et armèrent la détente de leurs fusils; Charlemagne tenta de se retirer, il était évident qu’ils soupçonnaient déjà quelque chose et ils commencèrent à préparer leurs armes. Je dis à Button : « All right » et nous fîmes feu. »

Oui, le lâche et maudit capitaine américain et ses chiens n’avaient pas le courage d’affronter Charlemagne Péralte sur le champ de bataille. Malgré tous les moyens logistiques qu’ils avaient à leur disposition, ils doutaient fort qu’ils  pussent venir à bout de la résistance haïtienne sous le leadership du plus grand héros haïtien du 20e siècle.

Après avoir lâchement exécuté le chef des combattants de la liberté dans cette nuit macabre du 31 octobre au 1e novembre, Hanneken procéda à un véritable carnage avec la mitrailleuse qu’il avait fait garder discrètement dans une macoute. Seuls furent épargnés les cacos qui avaient pris leurs jambes à leur cou.

Morisseau Lazarre

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