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Il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte (4e partie)


Charlemagne, le chef incontesté des valeureux cacos, s’impose

Avec l’élimination de certaines têtes de l’état-major de Charlemagne Péralte et le massacre orchestré sur ses proches, l’occupant pensait faire d’une pierre deux coups : mettre un frein à l’indomptabilité du valeureux chef en s’assurant sa reddition et affaiblir sinon en finir  avec la résistance des cacos. Pourtant, c’est alors que Charlemagne et son armée allaient se montrer  de plus en plus hardis en harcelant partout et sur tous les fronts les nouveaux colons américains, leur infligeant des coups osés et terribles à travers leurs tactiques de guérilla savamment planifiées. Tactiques qui, plus tard, vont être servies de références à d’autres peuples, tels que les Vietnamiens, les Cubains, les Nicaraguayens, les Afghans, ect. pour se débarrasser du joug colonial.

C’est ainsi qu’en février 1918, Hinche , Mirebalais, Cerca-la-Source, Maïssade, Dessalines, Lascahobas, Ranquitte furent tour à tour attaqués par les cacos sous la direction de Charlemagne Péralte. Le 21 mars 1918, au cours d’une attaque surprise à Dufailly, le lieutenant américain Nicolas B. Moscoff fut éliminé sans coup férir. Deux semaines plus tard, soit le 4 avril, au cours des affrontements près de Hinche, un major yankee répondant au nom de John L. Mayer fut envoyé ad patres par les révolutionnaires haïtiens, appelés bandits par les ennemis de la liberté.

Le  17 octobre 1919, jour de l’anniversaire de la mort de Dessalines, à quatre heures du matin, Port-au-Prince fut pris d’assaut en partie par les cacos et Charlemagne établit son quartier général à Saint-Marc, à quelques kilomètres de la capitale. Ce qui allait semer l’émoi chez le gouvernement collabo de Dartiguenave et de ses maitres. De son quartier général, le chef des cacos avait pris soin de communiquer au Chargé d’Affaires Britanique son intention de prendre la capitale tout en lui demandant, d’après ce qu’a rapporté James H. Mc Crocklin, de convoquer le corps diplomatique, afin d’obtenir la capitulation de la ville pour éviter que le sang coulât. Mais l’occupant qui était supérieur en hommes et en armes, à travers des attaques musclées, parvint à déloger Charlemagne et ses troupes, dont 30% seulement étaient armées de fusils.

Après cette action combien hardie de Charlemagne et de ses troupes qui enlevait le sommeil aux salisseurs de la nation dessalinienne, un changement de tactique avait pris corps dans le camp ennemi qui allait utiliser l’arme de la trahison par la corruption pour  venir à bout de la résistance des combattants pour la libération nationale. D’autant plus que l’ennemi avait tout essayé mais sans effet d’acheter la conscience de Charlemagne Péralte. Il s’était même servi, selon Suzy Castor, du Monseigneur Conan, archevêque de Port-au-Prince pour obtenir la collaboration de Charlemagne au moyen d’offres attrayantes ; mais, le leader ne se prêta à aucun compromis. Alors, son élimination physique par le juste et l’injuste était devenue une nécessité sine qua non pour l’ennemi.

Morisseau Lazarre 

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