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Archives mensuelles de “octobre, 2013”

Il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte (2e partie)


Dans l’histoire de la petite nation haïtienne, le mois d’octobre est vraiment riche en évènements politiques, les uns plus célèbres que les autres, selon l’importance qu’on y attache. Alors, pour la quasi-totalité du peuple haïtien, il ne fait aucun doute que le 17 octobre – date éminemment noire ayant marqué l’assassinat crapuleux du pater patriae Jean-Jacques Dessalines au Pont Rouge – remporte la palme. Cependant, nous ne devons pas perdre de vue que Charlemagne Péralte, qui mérite bien d’être placé sur le même piédestal que Jean-Jacques Dessalines, fut né le 10 octobre 1885 et assassiné dans la nuit du 31 octobre au 1e novembre 1919. Façon de signaler que, vu cette double importance qu’il représente dans la vie de ce grand héros haïtien, le mois d’octobre devrait être baptisé « mois de Charlemagne Péralte ».

 Le cheminement d’un véritable soldat

De retour à Hinche, Charlemagne Péralte devint fermier, guildivier, distilleur et éleveur ; et peu de temps lui suffisait pour s’y faire un nom. Cependant, ce fier héros, piqué par le devoir de servir son pays, s’intéressait aussi à la chose publique. Ainsi donc, il fut nommé Vice-consul d’Haïti à Elias Piña en République Dominicaine, élu maire de Hinche en 1909, nommé Juge de Paix à Mirebalais en 1911. Et après avoir pris part aux côtés de son frère Saül en 1914 aux soulèvements contre le Président Michel Oreste et qui allaient porter à la Première Magistrature le citoyen Oreste Zamor, lui aussi originaire du Plateau Central, comme récompense, Charlemagne, à 28 ans, fut nommé Commandant de l’Arrondissement de Port-de-Paix et avait sous ses ordres le 9e Régiment d’Infanterie de ligne, anciennement appelée 9e Demi-brigade commandée par le grand et inoubliable Capois-la-Mort.

Si à ce stade nous ne pouvons oser dire que Charlemagne était un militaire doué, puisque ne s’étant pas encore véritablement distingué sur le champ de bataille, soit, cela n’avait pas empêché qu’il gravît tous les échelons de la hiérarchie militaire selon les caprices du Président de la République. Néanmoins, partout où il fut placé, il était aimé et respecté tant par ses subalternes que par les populations locales.

Lorsque le Président Oreste Zamor fut renversé par Davilmar Théodore, Charlemagne fut démis de ses fonctions et n’avait pas tardé à passer à l’opposition. En 1915, avec son cousin Dupéra Péralte, il prit les armes contre le nouveau président sous la bannière de Vilbrun Guillaume Sam. Alors que lui avec ses troupes et celles de son cousin occupaient les trois forts de Lascahobas, sous les assauts des forces gouvernementales, son cousin fut tué, mais lui Charlemagne s’y tira sain et sauf.

Davilmar Théodore vaincu, Vilbrun Guillaume Sam devint président. Il nomma Charlemagne Péralte Commandant de l’Arrondissement à Léogâne et Saül, le grand-frère de celui-ci, Commandant de l’Arrondissement à Saint-Marc.

C’est à Léogâne que la vie de Charlemagne allait prendre une autre tournure, lorsque le 27 juillet 1915, sur ordre du général Charles Oscar, plus de 300 prisonniers furent massacrés au Pénitencier National, dont un parent de Charlemagne Péralte, le Général Gaspard Péralte. Et selon Alain Turnier, « Charles Oscar, pris d’une fureur homicide, fit arrêter le train allant à Bizoton, obligea les passagers à descendre et en fusilla une quinzaine… » Toujours selon Alain Turnier, « Dans la matinée du 27 juillet la résistance des défenseurs du Palais National vite écrasée, le Président Vilbrun Guillaume, blessé d’une balle à la jambe, se réfugia à la légation de France. Les parents et amis des prisonniers se précipitèrent à la prison où les cadavres gisaient encore dans leur sang, poitrines labourées, cervelles éparpillées. Mis en rage par l’orgie de sang ils se ruèrent vers la légation dominicaine où s’était réfugié Charles Oscar. Il en fut arraché, abattu à la porte même de l’immeuble de trois balles par Edmond Polynice dont trois fils avaient péri dans le carnage à la prison. Le commandant de l’Arrondissement fut traîné jusqu’à sa maison à la rue des Miracles. Sur ces restes sanglants, la populace exerça sa haine vengeresse, puis rasa la maison.

« Dans l’après-midi, des cacos pénétrèrent dans la cour de la légation de France, réclamant avec insistance Vilbrun Guillaume. Ils ne se retirèrent que sur l’intervention du général Charles de Delva et après une harangue de Charles Zamor. »

Ces troubles allaient donner un faux prétexte aux États-Unis d’Amérique, qui brûlaient longtemps le désir d’occuper le pays de Charlemagne Péralte, de mettre finalement leur plan impérialiste et raciste à exécution. Alors le 28 juillet 1915, les soldats de l’Aigle foulèrent le sol haïtien en passant par Bizoton.

Charlemagne Péralte ne pouvait pas digérer cet affront. Pour lui, c’est un coup de massue sur sa tête de nationaliste, c’est une piqûre empoisonnée injectée dans son âme haïtienne. Alors, en tant que soldat nationaliste, défenseur de la souveraineté nationale, il ne se fit pas prier pour passer tout de suite à l’action tout en ressassant les vers on ne peut plus stimulants du poète capois : « Si un jour sur tes rives / Reparaissent nos tyrans / Que leurs hordes fugitives / Servent d’engrais à nos champs. »

Morisseau Lazarre

Le Ministre de l’Intérieur pourrait bientôt être convoqué: le directeur d’un service déconcentré de son Ministère aurait été intercepté à Surinam en possession de 3 millions de dollars US



Claude Raymond Junior

(AHP) – Le ministre de l’Intérieur David Bazile bientôt  convoqué ou interpellé au Sénat de la République suite aux informations faisant état de l’interception à Surinam du directeur général  d’un service déconcentré  du Ministère, en possession de 3 millions de dollars US.

Il s’agirait du directeur des services de l’immigration et d’émigration, Claude Raymond Junior, qui aurait été intercepté à Surinam transportant la bagatelle de 3 millions de dollars US.

Le président de la commission Intérieur et collectivité du Sénat, François Annick Joseph, qui a annoncé la convocation ou l’interpellation prochaine du ministre de l’intérieur David Bazile, fait remarquer que ce n’est pas la première fois que des informations font état de trafic d’argent impliquant des membres de l’équipe au pouvoir.

François Annick Joseph informe que pour l’instant ses collègues discutent de la forme à donner à la correspondance qui sera adressée au ministre David Bazile pour lui demander des explications car, le fonctionnaire en question est placé sous la direction du MICT.

SOURCE: Agence Haïtienne de Presse

Communiqué du Ministère des Affaires Etrangères de Guyana autour de la sentence de la Cour Constitutionnelle dominicaine


Rencontre avec le ministre haïtien des Affaires étrangères

Le mardi 15 octobre 2013, Carolyn Rodrigues-Birkett, ministre des affaires étrangères de Guyana s’est entretenue à Takuba Lodge avec son homologue Pierre-Richard Casimir, de la République d’Haïti autour de la récente décision de la Cour constitutionnelle de la République Dominicaine et de ses conséquences pour les citoyens dominicains d’ascendance haïtienne.

Le ministre Casimir était accompagné de l’Ambassadeur Guy Alexandre, consultant et ancien ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine, de Monsieur Jean Claude Cénatus, membre du Cabinet du ministre des affaires étrangères et de Mme Marie Hélene Sandra Tybule.

Le ministère des affaires étrangères souhaite exprimer sa profonde inquiétude sur la décision aveugle stipulant que les enfants nés en République dominicaine de migrants sans papiers, qui ont vécu dans ce pays et ont été enregistrés comme citoyens de la République Dominicaine aussi loin qu’en 1929, ne peuvent jouir de la nationalité dominicaine car leurs parents seraient considérés comme « des personnes en transit ».

Cette décision pourrait entraîner la perte de la nationalité d’environ 210 000 citoyens de la République Dominicaine d’origine haïtienne. Il s’agit d’une violation des droits humains et politiques de ces citoyens et l’impact de la mise en œuvre de cette décision pourrait s’avérer catastrophique. Le gouvernement de Guyana encourage la République Dominicaine à prendre sérieusement en considération ce qui a trait à l’application de cette décision compte tenu de la précieuse contribution apportée par ces personnes au développement de la République Dominicaine et plus encore en ce qui concerne la sauvegarde de leurs droits.

Le gouvernement de Guyana exhorte les autorités compétentes de la République Dominicaine à respecter le droit à la nationalité et les principes internationaux relatifs aux droits de l’homme.

La Guyana est solidaire avec sa nation sœur d’Haïti, Etat-membre de la CARICOM , pour soutenir ses efforts visant à construire un consensus international contre cette décision inhumaine.

SOURCE: GARR

Le Brésil écrit l’histoire à l’Assemblée Générale des Nations Unies (dewereldmorgen.be)


Lode VANOOST

L’Assemblée Générale de l’ONU n’a pas vraiment attiré l’attention sur elle. Cependant, des choses y ont été dites qui mériteraient d’être analysées. Entre autres, la présidente du Brésil et le président des États-Unis y ont prononcé des paroles plus que dignes d’intérêt.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff avait clairement fait savoir durant les semaines précédant l’AG que certains événements s’étaient déroulés qu’elle condamne avec sévérité. Il ressortait ainsi des révélations d’Edward Snowden que la NSA avait espionné pour ainsi dire toutes les communications de la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras, alors que quelque jours plus tard, il semblait que le service de renseignements britannique GCHQ avait fait de même.

Petrobras n’est pas vraiment une organisation terroriste. Mais bien un concurrent sérieux aux entreprises pétrolières américaines et britanniques. En d’autres termes, la NSA s’est livrée en l’occurrence à de l’espionnage économique. Et comme si ce n’était pas assez grave en soi, la NSA aurait également espionné, depuis des années, les courriels internes entre la présidente et son équipe.

Rousseff a annulé une visite officielle prévue aux États-Unis. Une série d’accords commerciaux importants, dont l’achat de matériel militaire, qui devaient être paraphés durant cette visite, ne sont désormais plus à l’ordre du jour. Même après une conversation en tête à tête avec le président Obama, Rousseff n’est pas revenue sur sa décision.

Dilma Rousseff ne cède pas

Quiconque pensait qu’elle s’exprimerait à demi-mots durant l’Assemblée Générale s’est bien trompé. Roussef n’y a pas été par quatre chemins pendant son discours. Vous le retrouverez en intégralité dans cette vidéo.

Extraits :

« Ce dont il s’agit ici constitue un cas grave de violation des droits de l’homme et du citoyen, un cas d’invasion et de vol d’informations confidentielles et secrètes concernant des activités commerciales. Et il s’agit surtout d’un cas de mépris de la souveraineté nationale de mon pays. Nous avons protesté auprès du gouvernement américain et exigeons des explications, des excuses et des garanties que de tels agissements ou procédures ne se reproduiront plus. Des gouvernements amis et des sociétés qui veulent mettre sur pied des partenariats stratégiques sincères, comme dans notre situation, ne peuvent en aucun cas admettre de telles actions illégales comme si elles étaient de bonne guerre en affaires. Ces actions sont totalement inacceptables. »

Plus tard dans son allocution, elle a évoqué une proposition de régulation d’Internet au niveau international selon cinq principes :

« Le Brésil va déposer un certain nombre de propositions sur la table pour créer un cadre civil multilatéral de gouvernance et d’utilisation d’Internet, ainsi que des structures régulatrices garantissant une protection effective des données et de l’information qui circulent sur Internet. Nous devons mettre en place des mécanismes multilatéraux pour le World Wide Web, des mécanismes à même de concrétiser un certain nombre de principes.

  1. Le premier principe est celui de la liberté d’expression, du respect de la vie privée des personnes et des droits de l’homme.
  2. Le deuxième principe est une gouvernance démocratique, multilatérale et transparente, exercée dans un esprit d’ouverture, qui stimule à la fois la créativité collective et la participation de la société, des autorités et du secteur privé.
  3. En troisième lieu, le principe d’universalité garantissant tant le développement social que le développement humain, ainsi que la création de sociétés inclusives et non-discriminantes.
  4. Le quatrième principe est celui de la diversité culturelle, sans aucune imposition compulsive de croyances, de coutumes ou de valeurs.
  5. Le principe numéro cinq est celui de la neutralité d’Internet à travers des accords sur des critères techniques et ethniques, qui rendent inacceptable le fait que des arguments politiques, commerciaux ou religieux y posent quelque limitation que ce soit. »

Précédent historique

La présidente d’une des plus importantes économies émergentes du monde déclare ainsi ouvertement à l’Assemblée Générale de l’ONU que les États-Unis portent atteinte à la souveraineté d’autres pays – la souveraineté nationale est un des principes de base de la charte de l’ONU. En outre, il s’agit de la présidente du pays le plus puissant d’Amérique latine, traditionnel pré-carré des États-Unis. C’est, en d’autres mots, du jamais vu dans l’histoire de l’ONU.

Coïncidence ou non, après son allocution suivit celle du président Obama. Celui-ci n’a pas consacré un seul mot aux accusations de sa collègue brésilienne. Ce qu’il a dit n’en fut pas moins déconcertant. L’allocution complète n’est pas encore disponible.

Extraits :

« Les États-Unis d’Amérique sont prêts à mettre en œuvre toutes les composantes de leur puissance, en ce comprise la composante militaire, pour sécuriser nos intérêts dans la région. Nous répondrons aux agressions externes contre nos alliés et partenaires comme nous l’avons fait pendant la guerre du Golfe. Nous garantirons l’accès libre du monde aux ressources énergétiques de la région. »

En résumé, il a déclaré que les États-Unis agiront en considérant les ressources naturelles partout dans le monde comme leur propriété. Le fait que l’armée US agit à sa guise a été confirmé par les dernières attaques de drones au Yémen et au Pakistan, qui continuent sans relâche.

Il confirme ainsi ce qui fut à l’époque dénoncé par ses opposants mais qui fut toujours nié par les États-Unis, à savoir que la guerre du Golfe fut menée au nom du pétrole. Quant au plus important scandale d’espionnage de ces cinquante dernières années, il n’en dit mot. Il n’a même pas pris la peine de réfuter les accusations de la présidente brésilienne.

Menaces avec la violence comme seule option

La politique extérieure de ses prédécesseurs diffère à peine de la sienne, mais aucun d’entre eux n’avait jamais exprimé aussi ouvertement que ce président étasunien-ci que les États-Unis s’accordent le droit d’imposer par la force et unilatéralement leur volonté où que ce soit dans le monde.

C’est d’une part fort inquiétant, et d’autre part cela signifie que les États-Unis ne parviennent plus à imposer leur volonté au monde d’une manière qui évite des déclarations comme celle du Brésil. Le temps où les États-Unis menaient le monde à la baguette à coups de dollars, de chantage ou de menaces militaires est révolu.

L’allocution de la présidente brésilienne fut à peine évoquée dans les médias occidentaux. Dans le reste du monde ce ne fut pas le cas. Cet exemple pourrait en inspirer d’autres.

Un ordre mondial économique multipolaire s’annonce. La question principale est de savoir comment les États-Unis y réagiront. Les États-Unis ont beau avoir perdu leur suprématie politique et économique, ils demeurent la nation possédant l’armée la plus puissante du monde. Celle-ci peut encore provoquer bien des dégâts, d’autant plus s’ils se sentent acculés dans un coin.

L’allocution de la présidente brésilienne fut à peine évoquée dans les médias de masse occidentaux. Dans le reste du monde ce ne fut pas le cas. Cet exemple pourrait en inspirer d’autres.

L’allocution de Barack Obama, président des États-Unis, n’est pas encore disponible (extraits ici).

Lode Vanoost

Traduction pour Investig’Action : Thomas Halter

Source originale : dewereldmorgen.be

* michelcollon.info

L’instrumentalisation de Chavez par l’extrême droite


Bernard TORNARE

Depuis quelques années une partie importante de l’extrême droite des pays francophones s’est lancée sur une nouvelle voie stratégique et électorale : réunir dans un seul courant les branches traditionnelles de la « droite des valeurs » (catholiques ultraconservateurs, nostalgiques royalistes, antisémites de tout bord, etc.) avec les secteurs de la gauche révolutionnaire (les déçus de la gauche traditionnelle, PS, PCF et dans une certaine mesure, le F de G.

Avec aussi, même si cela peut sembler paradoxal, celui de l’immigration. On peut ajouter à cela une politique très audacieuse de dénonciation des actions néo-coloniales en Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, etc. et du comportement de l’ État d’Israel dans les territoires occupés de la Palestine.

On ne peut pas nier, si l’on fait abstraction de l’origine idéologique de ces dénonciations, qu’ils ne se trompent pas quand ils s’attaquent à montrer les énormes contradictions dans les discours d’une gauche qui a perdu la boussole à propos des principes et valeurs du communisme, de la solidarité du prolétariat international et qui se rallie, sans complexes, aux intérêts des États-Unis et de ses affidés dans chaque cas concret où elle intervient.

Cette situation est très dangereuse, justement parce que ces nouveaux théoriciens d’extrême-droite sont forts quand il s’agît de reprendre les drapeaux du socialisme que d’autres ont laissé tomber et traîner dans la boue.

En ce qui concerne le lien avec l’Amérique latine et le Venezuela en particulier, la nouvelle stratégie de l’extrême droite se tient. Ils essayent de récupérer deux grands sujets du chavisme et de la révolution bolivarienne : le patriotisme ou nationalisme et la foi religieuse. Ils essayent de transposer de façon quasi automatique la réalité vénézuélienne à la réalité française sans aucune analyse. Là est le point faible de cette idéologie qui prend de l’envol. Etant donné les différences qui existent entre les deux réalités, cette assimilation est naturellement absurde.

En réalité il existe deux sortes de nationalisme et « d’amour à la patrie ». Au Venezuela, comme dans les autres républiques latino-américaines – toutes des nations en construction, avec d’énormes problèmes d’identité et soumises historiquement à la volonté des puissances impérialistes – l’idée de Nation souveraine et de patriotisme est évidement une idée révolutionnaire qui ne peut conduire qu’à l’émancipation des peuples et à la révolution sociale contre la domination des oligarchies soutenues par l’impérialisme etatsunien.

Pour cela, Chávez à consolidé un mouvement de récupération de la mémoire historique autour de l’indépendance du Venezuela comme nation et autour de Simon Bolívar, comme un symbole de cette lutte pour la liberté et l’auto-détermination.

Par contre, le nationalisme en France, ne peut avoir qu’un sens tout à fait différent. Comme puissance politique le nationalisme, dans le pays développés et anciennes métropoles impériales, ne peut signifier que la nostalgie pour la suprématie perdue, la résistance à une décadence peut-être inévitable et une rentrée en force dans les enjeux de pouvoirs internationaux, tout en évoquant un passé magnifique.

Mussolini évoquait le grand Empire Romain, Hitler le Saint-Empire romain germanique, les Américains d’aujourd’hui, plus à court en mémoire historique, la libération européenne après la 2ème guerre mondiale. Dans tous les cas, le « nationalisme » prendra un sens réactionnaire comme véhicule de conduite politique. Voilà pourquoi le nationalisme et l’amour à la patrie qu’évoque la révolution bolivarienne n’est pas transmissible dans nos contrées.

L’autre point c’est le rôle de la religion en politique. Et là, Mélenchon du Front de Gauche, se trompe lourdement quand il nie ce rôle. Lénine avait donné une réponse très intelligente, dans un interview, à la question « Qu’est-ce que vous pensez de quelqu’un qui croit que le socialisme est une religion ? » et lui répondit : « Je pense que s’il s’agit d’un intellectuel de classe moyenne, il est en train de s’éloigner du socialisme pour se rapprocher de la religion ; mais s’il s’agit d’un ouvrier, il s’éloigne de la religion pour se rapprocher du socialisme. » Ceci éclaire bien le rôle de la religion en politique.

Evidemment, ce rôle prend des sens très différents selon les conditions de vie et la situation socio-culturelle des peuples concernées. Au Venezuela, comme dans la plupart des nations latino américaines, la foi religieuse catholique et dernièrement chrétienne, ont une très grande influence parmi les masses populaires et les prêtres exercent un pouvoir important comme « guides » de l’opinion pour beaucoup de monde. Aussi il existe un clivage souvent très fort entre les hiérarchies de l’Église et les prêtres en contact avec les besoins des couches défavorisées.

Ce n’est pas par hasard si c’est en Amérique Latine qu’a pris naissance la Théologie de la Libération ou l’Église du Tiers Monde, parfaitement compatibles avec les objectifs du socialisme et la révolution.

Chavez avait appris de l’expérience de Peron en Argentine dans les années 40 et sans doute aussi de l’importance de la religion dans les révolutions dans le monde musulman pendant ces trois dernières décennies. La conduite politique ne peut pas, au Venezuela tout au moins, négliger les ressources qu’offre la foi religieuse pour réussir une véritable unité nationale. De là les constantes invocations au Christ pour consolider et unir un rapport très solide, en coeur et en esprit, avec les masses populaires.

Mais en France, par exemple, ce « christianisme » ne peut que prendre un sens réactionnaire, voire anti-Islam et/ou antisémite. Dans les nations développées et puissances mondiales, pendant cette nouvelle expansion néo-coloniale, l’adhésion au catholicisme coïncide assez bien avec le « Choc de civilisations »* de Samuel Huntinton. Étant donnée la présence massive de population musulmane dans des nations comme la France, la religion comme véhicule politique d’unité nationale – à la différence du Venezuela – ne peut que conduire à des politiques discriminatoires et à des situations de confrontation.

Voilà pourquoi ces mouvements ne devraient pas être surpris d’être considérés comme fascistes, même s’ils remplissent leurs discours de principes et de slogans qui sont révolutionnaires sous d’autres latitudes.

Les frontières idéologiques deviennent floues et délibérément confuses lorsqu’elle sont pratiquées avec des stratégies politiques et électorales tels que décrites ici. Nous ne devons pas céder au « chant des sirènes » d’une droite en quête de popularité, chant qui peut être fascinant comme dans l’Odyssée d’Ulysse, mais qui nous mènera rapidement aux pires catastrophes.

Hugo Chavez avait dit un jour : « La conscience est le résultat de la connaissance. Pour cela il faut étudier, lire et beaucoup analyser »,

Aujourd’hui c’est plus nécessaire que jamais.

Bernard Tornare

Avec mes remerciements à Alberto Ruano, analyste et écrivain international, pour son aide précieuse à la préparation de ce billet.

* Huntington nous dit qu’il faut désormais penser les conflits en termes non plus idéologiques mais culturels :  » Dans ce monde nouveau, la source fondamentale et première de conflit ne sera ni idéologique ni économique. Les grandes divisions au sein de l’humanité et la source principale de conflit sont culturelles. Les États-nations resteront les acteurs les plus puissants sur la scène internationale, mais les conflits centraux de la politique globale opposeront des nations et des groupes relevant de civilisations différentes. Le choc des civilisations dominera la politique à l’échelle planétaire. Les lignes de fracture entre civilisations seront les lignes de front des batailles du futur.  » (Wikipedia)

SOURCE: Le Grand Soir

Il s’appelait François Borgia Charlemagne Péralte (1ère partie)


 Naissance d’un héro

François Borgia Charlemagne Péralte prit naissance le 10 octobre 1885 à Hinche, Plateau Central. Il fut le fruit légitime de l’union du Général Rémi Masséna Péralte, âgé de 45, avec une couturière, Marie-Claire Emmanuel, elle, agée de 22 ans. (Qu’il ne soit pas futile de noter pour nos lecteurs que Charlemagne est un nom dérivé du latin Carolus Magnus qui peut avoir plusieurs traductions, telles Charles est grand, le Grand Charles, Charles-le-Grand, Charles Grand, ou bien Grand Charles).

Le petit Charlemagne fut bien vite baptisé après seulement huit jours de sa naissannce, soit le 18 octobre 1885 en l’église de sa ville natale. M. Noël Jean-Jacques et Mme Nord Charles avait eu l’ultime honneur d’être respectivement le parrain et la marraine de celui qui allait devenir incontestablement le plus grand héros haïtien du 20ème siècle ; celui qui allait faire son pain de Vie ces vers du grand poète capois Antoine Dupré :

Haïti, mère chérie / Reçois mes derniers adieux /Que l’amour de la Patrie / Enflamme tous nos neveux / Si quelques jours sur tes rives / Reparaissent nos tyrans / Que leurs hordes fugitives / Serves d’engrais à nos champs.

Si Charlemagne fut le fils unique de sa maman, cependant du côté paternel il avait quatre frères, desquels il était le benjamin. Ses frères étaient Saül, Nestor, Aurèle et Saint-Rémy nés de Marie-Claire Novembre, la première femme du Général Rémi Masséna Péralte.

Après s’être seulement dégrossi en classes préparatoires à Hinche, le petit Charlemagne dut quitter papa et maman et fut placé en pension à la capitale chez un ancien séminariste du nom de Paul Benoit qui dirigeait une petite école dans le quartier de Tête-Bœuf.

Ayant quitté ce petit établissement de M. Benoit en 1900, il alla continuer à se nourrir du pain de l’instruction à l’Institution Saint-Louis de Gonzague, en avril de la même année. Et il y resta jusqu’en 1903, après avoir bouclé seulement le premier semestre du 4ème secondaire, à cause de la mort soudaine de son père le Général Rémi Masséna Péralte. Et Charlemagne avait 19 ans.

Après son départ malgré lui de l’Institution Saint-Louis de Gonzague, François Borgia Charlemagne, conscient des tâches qui l’attendaient déjà à mi-chemin dans sa vie, s’était armé d’une profession en décrochant un diplôme  d’arpenteur-topographe, et retourna dans sa ville natale pour travailler et aider les siens.

Morisseau Lazarre

Coopération ? L’exemple vient de Cuba et du Venezuela


José FORT

Deux informations donnent à réfléchir sur ce que devrait être une véritable coopération internationale. La première vient de La Havane. Dix mille médecins obtiendront cette année leur diplôme dans la Grande Ile. 5.683 Cubains, 4.843 étrangers, la Bolivie arrivant en tête avec 855 médecins diplômés.

Suivent l’Équateur (718), le Mexique (444), l’Argentine (387), le Salvador (386), la Guyana (280), Timor-Leste (194), l’Angola (118) et la Chine (101). Des milliers de médecins cubains travaillent actuellement dans plusieurs pays d’Amérique du Sud et dans les Caraïbes notamment en Haïti.

La deuxième information arrive de Port au Prince grâce à Radio France Internationale (RFI). Un accord vient d’être signé entre le Venezuela et Haïti portant sur un échange de nourriture contre du pétrole. Depuis 2008, Haïti achète à crédit le pétrole du Venezuela au travers du programme Petrocaribe, entraînant une dette qui s’élève aujourd’hui à un milliard de dollars, indique Amélie Baron de RFI. Elle poursuit en précisant que Caracas a décidé de ne pas réclamer cette somme. En échange, Haïti va lui vendre à tarif préférentiel des denrées alimentaires. Un soutien inespéré à l’agriculture haïtienne selon le Premier ministre Laurent Lamothe qui veut rompre avec le libéralisme de ses prédécesseurs. « Les gouvernements précédents ont appliqué une politique ultra-libérale, estime Laurent Lamothe. Ils ont cassé toutes les taxes, les tarifs douaniers et tous les produits ont envahi notre pays. Notre production nationale est tombée à zéro. » Pour le Premier ministre haïtien, la dette contractée auprès du Venezuela n’est pas un handicap mais une aubaine. Pour lui, la logique de Caracas est simple : « Ne payez pas cash, mais envoyez nous plutôt de la nourriture. » Cet accord, conclut Amélie Baron, permettrait à Haïti de relancer son agriculture et de sortir de la misère.

Ces deux exemples sont à l’opposé de la prétendue « coopération internationale » menée par les grandes puissances capitalistes, les Etats-Unis et l’Union Européenne très particulièrement. En Egypte, les Etats-Unis coopèrent avec l’armée en distribuant chaque année des sommes folles mais pas un dollar ne va au développement du pays. Au Mali, les pays dits « donateurs » ont signé un gros chèque. Une partie de l’argent a été détournée, le solde servant à régler les notes des entreprises et des importations étrangères. Rien pour le coton, les infrastructures, l’électricité ou l’eau. La « coopération internationale », la véritable, celle qui va aux populations est menée par des ONG, comme le Secours populaire Français. Pas par les Etats et encore moins par la Banque mondiale et le FMI.

José Fort

SOURCE: l’Humanité.fr

Les USA, une hyperpuissance en déclin. Analyse de R. Labévière


Françoise Compoint

Le complexe de supériorité intrinsèque à tous les agissements des USA est parfois à tel point baroque et grotesque qu’il prête à rire. Pourtant, comment pourrions-nous rire quand des nations entières sont annihilées par les foudres hégémoniques d’une Amérique qui ne puit se défaire de son passé colonial, achetant tout ce qu’elle peut acheter en échange d’une verdure sans équivalent et d’un relent de propagande impérialiste sentant la putréfaction ?

Au mieux pourrait-on dire, nuançant la réalité, que les Américains se pavanent de leur élitisme. Or, reprenant la définition de Jean-Marc Tonizzo qu’il appliquait plutôt au domaine social, « l’ élitisme est une pathologie que l’humanité n’a pas encore décrété comme telle ». Cet état d’esprit cherche « à s’affirmer aux dépens d’autrui (des autres nations, en l’occurrence) pour thésauriser les privilèges ».
Selon Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, ce type de complexe dissimule un complexe d’infériorité sous-jacent. « Par manque de sentiment de communauté le sujet cherche la compensation de son sentiment d’infériorité en développant son agression pour dominer les autres ».
Cette observation, bien qu’extraite du grimoire psychothérapique de M. Adler, n’en est pas moins représentative de la mentalité des élites politiques américaines, masquant misère culturelle et immaturité profonde.

Les racines de cet état jusqu’à présent incurable remonte à bien loin. Voici ce qu’en pense M. Richard Labévière, géopolitologue de renom, rédacteur en chef de La Défense, revue de l’IHEDN.

La VdlR : Le complexe de supériorité US est constamment réaffirmé par leurs dirigeants, notamment après la tragédie du 9/11. On en voit les résultats directs à travers les dégâts flagrants qui ont frappé les pays du Moyen-Orient, de l’Irak à la Syrie en particulier. A quoi tiendrait, selon vous, ce complexe ? Ne reflète-t-il pas en somme, selon les dires de certains experts assez condescendants, une mentalité mal défrichée et profondément immature sur le plan étatique ?

Richard Labévière : Je pense qu’il faut remonter au commencement même de l’histoire des USA avec les premiers voyageurs du Mayflower qui sont des réfugiés protestants et qui étaient persuadés de s’inscrire dans une voie de prédestination et dont la recherche, sinon l’affirmation du bien puisqu’ils ont survécu à la traversée de l’Atlantique, a détermine leur vison de l’Histoire. La guerre qu’ils ont menée contre la tutelle coloniale britannique fait que l’histoire des USA dès son commencement est pétrie d’une espèce de parousie, de fantasme de la prédestination cultivée par les grandes lignes de l’idéologie protestante.
Je vous renvoie à Max Weber sur l’esprit du protestantisme et l’esprit du capitalisme, considérant que dans ce pays du Nouveau Monde qui va très vite exploser économiquement, cette explosion sera le signe d’une prédestination et d’une faveur de Dieu.
Il s’agit d’un fondement idéologique qu’il faut toujours garder à l’esprit, qui est très important et qui ne va être conforté que par toute l’histoire du développement politique et économique des USA … leur première constitution, Jefferson… bref, tout un système de pensée positiviste et qui fait que les USA dans leurs premières guerres régionales contre l’Espagne et contre le Mexique n’auront de cesse que d’affirmer cette supériorité, sinon cette arrogance européenne nouvellement implantée dans le Nouveau Monde.
Je crois que plus récemment, il est clair que cette confirmation va se faire d’abord durant la I Guerre Mondiale puisqu’en 1916 les USA vont venir prêter main forte à la France et à la Grande-Bretagne contre les forces de l’Empire austro-hongrois. Ensuite, deuxième pallier, c’est bien évidemment le choix de Roosevelt qui a été de déclencher la guerre contre le Japon, même si l’attaque de Pearl Harbor a précipité les choses.
Cela dit, au sortir de la 2ème Guerre Mondiale, il est sûr que les USA vont apparaître comme la grande puissance victorieuse du III Reich et se rendront à Yalta où ils vont, en février 45, se partager le monde avec Staline.
En tout cas, dans toutes les anciennes zones des empires coloniaux français et britanniques, les USA vont supplanter les vieux empires et donc, il est certain que le troisième et dernier pilier de l’affirmation de cette supériorité est ce que l’ancien Premier Ministre des Affaires étrangères, Hubert Védrine, a taxé d’hyperpuissance qui elle va ressortir dans tout son éclat à la fin de la confrontation est-ouest, c’est-à-dire, de la guerre froide à la fin des années 80.
Et c’est là que, avec beaucoup d’irresponsabilité, les élites américaines vont se considérer comme les grands vainqueurs d’une guerre froide qui de la fin de la 2ème Guerre Mondiale jusqu’à la fin des années 80 aurait confronté deux systèmes : le système de l’ouest, dit le monde libre, à celui de l’est, autrement, du monde soviétique.
C’est à ce stade que, sans grande réflexion, les élites politiques américaines ont rangé les dividendes de cette victoire entre guillemets et sur le plan économique, et sur le plan militaire, et sur le plan culturel.

Je reviens à cette notion d’hyperpuissance développée par Hubert Védrine qui effectivement s’explique par le fait que là se trouvent accumulés et additionnés ce qu’on appelle le hard power, c’est-à-dire la supériorité économique et militaire, le soft power ensuite qui est la supériorité sinon l’hégémonie culturelle, voire le smart power qui est un pouvoir de séduction par la culture et par les nouvelles technologies, le progrès scientifique etc.
L’ensemble de ces facteurs nous donne la configuration d’un pays qui a toujours oscillé entre sa responsabilité soi-disant universelle et son retrait isolationniste. Je vous renvoie au livre du politologue américain Paul Kennedy qui représente une bonne étude de cette alternance régulière entre l’impérialisme à vocation universelle et le repli sur les problèmes nationaux.
Dans cette alternance, cet aller-retour entre l’impérialisme et le retrait, il st certain que les USA conservent toujours une supériorité économique qui est lié au dollar, la monnaie-monde dont Nixon a aboli la conversion en or en août 71, cela de manière arbitraire et unilatérale, ce qui a déclenché des crises économiques structurelles successives à travers le premier choc pétrolier de 73, ce qui par la suite a déclenché l’inflation, ce qui a mis fin au système monétaire international et s’est traduit en Europe par des vagues de chômage récurrents.

Ces différents éléments montrent comment les USA demeurent dans l’évolution même de l’économie mondialisée, dans un capitalisme libéral et néolibéral qui s’est déterritorialisé, c’est-à-dire qui s’est redéployé d’une manière globale, sinon planétaire, à travers des sociétés dont la plupart garde leur siège social dans des pays anglo-saxons, en des endroits comme la City de Londres ou Wall Street et donc, à travers ce redéploiement économique et financier, les USA ont réussi à imposer une norme économique au monde qui est devenue la norme financière et ont réussi à financiariser les économies réelles, donc, à affirmer une forme d’hégémonie très destructrice et très barbare sur l’ensemble de la planète mais toujours avec cette bonne conscience de créer de la richesse, par conséquent, de faire le bien et de le faire non seulement pour les citoyens américains mais pour l’ensemble de l’humanité.

La VdlR : N’avez-vous pas l’impression que ce sentiment d’exclusivité jusque là cultivé par les USA est en passe de reculer si on en juge par les tergiversations d’Obama par rapport à la résolution du dossier syrien et leur reconnaissance de la victoire diplomatique de la Russie dans cette affaire ?

Richard Labévière : Vous avez raison … Je pense que cette arrogance est sur le déclin. Je pense que l’hyperpuissance américaine est sur le déclin pour différentes raisons.
D’une part, parce que sur le plan de son hard power, à travers son économie, les USA connaissent passablement des problèmes intérieurs et extérieurs dans leurs échanges commerciaux, même s’ils se targuent de pouvoir bénéficier d’une autonomie énergétique avec les gaz de schiste. En tout cas, le modèle américain, sa monnaie, son endettement font que le pays est en déclin.
Sur le plan militaire et international, les USA ont subi, bien avant Obama, du temps des deux administrations de Bush, des revers et des chutes bien sévères qui ont commencé de manière significative sur le plan militaire en 2003 avec la deuxième guerre d’Irak menée par la Grande-Bretagne et les USA.

Plus récemment, il est certain que le cinglant revers que l’administration Obama et l’Occident sous l’égide de la France et la Grande-Bretagne ont reçu sur la crise syrienne indique une perte d’influence et d’hégémonie flagrante. Si on prend la seule région du Proche et du Moyen-Orient élargie, en 2014 vous verrez le retrait de l’OTAN et des troupes américaines d’Afghanistan qui constateront sans doute sinon le retour au pouvoir, du moins le regain d’influence des Talibans sur toute la zone afghano-pakistanaise qui sert de profondeur stratégique aux katibas d’Al-Qaïda et qui sont conjointement engagés en Irak, en Syrie et dans le Kurdistan d’Irak, on l’a vu dernièrement.
Il est donc question d’un cinglant revers pour la diplomatie et la présence militaire américaine qui en plus s’est doublé d’un échec fracassant des Frères Musulmans en Égypte avec le départ de Morsi, avec les difficultés récurrentes de ces mêmes Frères en Tunisie et avec l’implosion de la Libye. Il faut rappeler que les USA ont toujours favorisé les Frères Musulmans depuis Nasser, c’est-à-dire le milieu des années 50, considérant qu’avec les Frères Musulmans au pouvoir il n’y aurait pas de parti communiste, pas de parti nationaliste et il y aurait une économie libérale.

Le fait d’avoir cru que les Frères Musulmans géreraient les mal-nommées révolutions arabes a été une erreur terrible qui fait qu’aujourd’hui, dans tout le monde arabo-musulman du Maroc jusqu’au Pakistan, les choix des partenaires américains, y compris des monarchies pétrolières wahhabites (Arabie Saoudite, les Émirats, le Koweït etc.) sont confrontés à des difficultés croissantes face à la fitna, c’est-à-dire la confrontation entre les mondes sunnite et chiite.
De ce point de vue-là, les choix américains se sont avérés absolument désastreux et très contreproductifs pour l’influence et les intérêts américains.
Alors maintenant, M. Obama nous dit que de toute façon comme avec le gaz de schiste les USA sont autonomes sur le plan énergétique, le Proche-Orient l’intéresse moins et il veut investir ses efforts du côté de l’axe Asie-Pacifique … On verra la suite.

Ceci dit, ce qu’il faut noter, c’est que, heureusement, la diplomatie de Serguei Lavrov a été tout à fait ingénieuse et a remporté une très grande victoire sur la crise syrienne qui fait que cette hégémonie américaine s’en trouve durablement atteinte et qu’on peut parler à travers la gestion de la crise syrienne d’un nouveau Yalta, d’un rééquilibrage entre la Russie et les USA marquant la fin de l’unilatéralité comme ce fut le cas, par exemple, en Libye avec la résolution de 1973 qui a permis aux Occidentaux de reconfigurer le monde selon leurs intérêts.
Justement, parlant de Libye, cette dernière est à l’heure actuelle entre les mains de mafias et de factions islamistes.

Ainsi donc, cette réaffirmation de la puissance russe sur une région vitale de la mer Noire à la Méditerranée, sur l’ensemble irano-syrien est le signe d’un rééquilibrage devant mener à terme à la construction d’un monde multipolaire. C’est également cette réaffirmation de puissance de la Russie dans l’Arctique de Mourmansk à la mer de Béring sur le plan géopolitique qui montrera aux USA qu’ils ne sont plus la seule hyperpuissance mondiale qui puisse décider de l’avenir de l’humanité.

Françoise Compoint

* http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/217362642/245001459/
SOURCE: Le Grand Soir

Les organisateurs de la manifestation pacifique du 30 septembre satisfaits de la journée et annonce une autre journee de moblisaton pour le 17 octobre: le president Michel Martelley qualifie de jaloux et d’incapables ceux qui le pressent au départ


(AHP) – Les organisations populaires pro-Lavalas qui avaient lancé la grande manifestation déroulée à Port-au-Prince lundi se déclarent satisfaites de la participation de la population à ce vaste mouvement de protestation.

Des dizaines de milliers de personnes ont en effet pris part lundi à cette manifestation organisée dans le but principal de commémorer le 22e anniversaire du premier coup d’État contre l’ancien président Jean-Bertrand Aristide et contre la démocratie dans la nuit du 29 au 30 septembre 1991.

Les manifestants ont également critiqué la gestion qu’ils jugent mauvaise de l’équipe au pouvoir et ont réclamé le départ du gouvernement.

Fadot André, porte-parole du mouvement national de l’opposition populaire (Monop) s’est réjoui de la réussite de la manifestation , en depit de l’utilisation par la plice de gaz lacrymogènes pour disperser une marche pacifique.

Il a annoncé du coup une nouvelle manifestation  à Port-au-Prince le 17 octobre, pour commémorer la mort de Dessalines.

Le président Michel Martelly qualifie, de son côté, de jaloux tous ceux qui appellent le peuple à se soulever contre lui.

Selon le chef de l’État, qui se dit très confortable, les leaders de l’opposition n’ont aucun plan de développement pour le pays et si elle en  a un, a-t-il dit, c’est celui offert le 30 septembre, a savoir, selon lui, les violences, les casses de pare-brises de véhicules.

Toutefois, aucune violence n’a été constatée ni rapportée dans les reportages des différents médias.

Michel Martelly a renouvelé son engagement à travailler en faveur de l’amélioration des conditions de vie des citoyens et dit rêver du jour où l’opposition ne pourra plus profiter de la vulnérabilité des jeunes pour les entrainer dans des manifestations contre lui.

SOURCE: Agence Haïtienne de Presse

La Gambie se retire du Commonwealth


https://i0.wp.com/www.jeuneafrique.com/photos/AFP/ff88a61913f6270fdeeec6116cabb22572e05e0f.jpgLa Gambie, ex-colonie britannique, a annoncé mercredi soir son retrait « avec effet immédiat » du Commonwealth, organisation anglophone, sans fournir d’explication.

« L’opinion publique est informée que le gouvernement de Gambie a quitté les Nations du Commonwealth avec effet immédiat », a affirmé Banjul dans un communiqué.

« Le gouvernement se retire du Commonwealth en tant que membre et décide que la Gambie ne sera jamais membre d’une institution néo-coloniale, et ne fera jamais partie d’une institution qui représente un prolongement du colonialisme », a-t-il conclu, sans plus de détails.

Aucun membre du gouvernement n’avait pu être joint mercredi soir pour avoir une explication à cette décision.

Mais un responsable au ministère gambien des Affaires étrangères interrogé par l’AFP sur le sujet a indiqué que cette décision suivait la lancée du gouvernement qui, en avril 2012, a rejeté un accord proposé par le Commonwealth pour la création à Banjul de commissions pour les droits de l’Homme, les médias et la lutte contre la corruption.

Il s’exprimait sous couvert d’anonymat.

En avril 2012, le secrétaire général du Commonwealth s’était rendu en visite à Banjul, où il avait rencontré le président gambien Yahya Jammeh et d’autres responsables gouvernementaux.

SOURCE: Jeune Afrique

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