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Archives mensuelles de “septembre, 2013”

Un souhait de « courage » à Laurent Lamothe pour réclamer à l’ONU justice et réparations pour les victimes


New-York, le 26 septembre 2013

MONSIEUR LAURENT LAMOTHE
PREMIER MINISTRE
RÉPUBLIQUE D’HAÏTI
PORT-AU-PRINCE
HAÏTI

Monsieur le Premier Ministre,

Plus de 8 300 citoyens haïtiens sont morts du choléra importé des casques bleus onusiens sur le territoire haïtien. 700 000 mille autres de nos compatriotes ont été infectés. Des milliers de familles endeuillées et des centaines de milliers d’autres marquées dans leur chair et dans leur âme n’ont pas suffi à pousser le gouvernement haïtien jusqu’à aujourd’hui à rechercher le responsable, sinon le coupable, de l’introduction du choléra en Haïti.

Le déni de responsabilité de l’ONU défendu devant la chambre des députés par votre ministre des Affaires étrangères, Pierre-Richard Casimir, le 18 octobre 2012 ; la banalisation de la tragédie du choléra dans les différentes déclarations des membres de l’Exécutif haïtien ; l’insolente indifférence des deux plus hauts dirigeants du pays comme réponse aux victimes du choléra ; l’absence de courage du gouvernement haïtien dans la gestion du choléra n’ont pas réussi à enfermer les victimes dans le silence d’impunité-immunité exigé par l’ONU.

Le 13 septembre dernier, vous avez pour la première fois évoqué la « responsabilité morale » de l’ONU dans l’épidémie du choléra en Haïti sans pour autant préciser les obligations découlant de cette responsabilité ou faute morale. Pas de faute sans châtiments ! Dans le cas du choléra en Haïti cette faute appelle des réparations.

Être responsable signifie « être la cause de ». En mettant l’accent simplement sur l’aspect moral de cette responsabilité, vous voudriez sans doute souligner les contradictions patentes de l’ONU par rapport à ses valeurs d’égalité de tous les êtres humains, de justice sans discrimination de race ou de classe. Toutefois, Monsieur le Premier Ministre, il ne peut s’agir uniquement d’une responsabilité morale de l’ONU dans l’introduction du choléra en Haïti, l’ONU doit en assumer une TOTALE RESPONSABILITÉ.

Nous souhaitons entendre ce 26 septembre à la tribune de l’Assemblée générale le Premier Ministre d’Haïti, mais non pas un envoyé spécial de l’ONU en Haïti débitant un discours, un rapport qui paraît si éloigné des réalités haïtiennes que l’on peine à identifier ce pays imaginaire qui n’est pas le nôtre. Le pays ne va pas bien ou plutôt, rien ne va car tous les jours des Haïtiens meurent du choléra dans tous les coins du pays. Depuis le 1er septembre 2013, selon les données du ministère haïtien de la santé, Haïti enregistre une flambée de l’épidémie du choléra qui tue 2 citoyens haïtiens en moyenne par jour dans cinq départements, soit une moyenne de 10 personnes tuées par jour, 70 personnes par semaine et à ce rythme 280 personnes par mois sur une partie du territoire. Nous souhaitons voir le Premier Ministre d’Haïti armer de courage, de détermination et de conviction afin qu’il ose se tenir debout face à l’ONU pour réclamer justice et réparations pour les victimes du choléra de son pays. Nous les Haïtiens nous savons nous tenir debout pour défendre nos droits.

Nous souhaitons vous faire comprendre, Monsieur le Premier Ministre, que vous êtes aussi un Haïtien malgré tout ; et qu’il n’y a pas de différence de classe ou de couleur qui devrait exister entre les Haïtiens. Quand un Haïtien est victime, tout Haïtien est concerné. La mort d’un Haïtien est la mort de tout Haïtien.

Nous souhaitons, Monsieur le Premier Ministre, vous voir poser des actions concrètes aujourd’hui à New-York en vue de responsabiliser l’ONU envers Haïti, notamment de reconnaître sa TOTALE RESPONSABILITÉ dans la tragédie du choléra qui assèche notre pays de ses fils et filles.

La responsabilité de l’ONU dans l’introduction du choléra en Haïti est légalement établie par l’Université Yale : « En provoquant l’épidémie, puis en refusant de fournir des réparations aux personnes affectées, l’ONU a violé ses engagements envers le gouvernement d’Haïti, ainsi que ses obligations au regard du droit international et des principes humanitaires ». Cette responsabilité se révèle également contractuelle. Dans l’accord signé le 9 juillet 2004 entre l’Organisation des Nations Unies et le gouvernement haïtien concernant le statut de la MINUSTAH il est clairement établi le mécanisme adéquat pour recevoir les plaintes des victimes : « une commission permanente des réclamations créée à cet effet statue sur tout différend ou toute réclamation relevant du droit privé, qui ne se rapporte pas à des dommages imputables aux impératifs opérationnels de la MINUSTAH, auquel la MINUSTAH ou l’un de ses membres est partie et à l’égard duquel les tribunaux d’Haïti n’ont pas compétence en raison d’une disposition du présent Accord. » Le refus de l’Onu de créer une commission d’indemnisation pour les victimes de l’épidémie du choléra viole son obligation contractuelle en Haïti, en vertu du droit international.

Nous, du Collectif Solidarité avec les victimes du choléra, avec toutes les victimes du choléra, tous les autres groupes de défense des droits des victimes du choléra en Haïti, nous demandons au Président Michel Martelly, au Premier Ministre : • d’exiger que l’ONU reconnaisse officiellement être à l’origine de la tragédie du choléra introduit en Haïti par un contingent de casques bleus népalais de la MINUSTAH d’une part, et, d’autre part, qu’elle présente ses excuses à la nation haïtienne pour tous les torts, souffrances morales et physiques causées par cette bactérie

• d’exiger l’application de l’Accord entre l’Organisation des Nations Unies et le gouvernement haïtien concernant le statut de l’opération des Nations Unies en Haïti, par la création de la commission permanente des réclamations chargée de recevoir, traiter et d’agréer les plaintes des victimes du choléra • de rencontrer les victimes et les représentants des victimes afin de comprendre leur grande détresse et d’y apporter des solutions respectueuses • d’assister par tous les moyens les victimes du choléra et de les accompagner efficacement dans leur quête de justice et de réparations • de consentir tous les efforts nécessaires et de trouver les moyens d’investir dans les centres de santé, -surtout en dehors de Port-au-Prince et des centres urbains, dans nos mornes-, les infrastructures sanitaires, d’assainissement et de traitement et de distribution d’eau potable à travers le pays. Le choléra doit demeurer un « problème de sécurité nationale » jusqu’à son éradication complète de notre territoire. La vie et la santé de la population haïtienne doit constituer la première priorité des dirigeants haïtiens. Nous invitons le Premier Ministre, M. Laurent Lamothe, à choisir le juste camp, celui de la population haïtienne, celui des victimes du choléra.

Le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra vous prie d’accepter, Monsieur le Premier Ministre, les assurances de ses meilleurs sentiments.

Pour le Collectif Solidarité avec les victimes du choléra :

Me Olicier Pieriche (Fort-Lauderdale)
Mme Yveline Dalmacy (New-York)
Dr Seymour Coffy (Connecticut)
M. Quener Joseph (Pensylvanie)
Dr Jean Ford Figaro (Boston)
M. Kerlens Tilus (Ottawa)
Mme Marlène Jean-Noël (New-York)
M. Jose Davilmar (Miami)
M. Jimy Mertune (Orlando)
M. Ilio Durandis (Boston)
Mme Junia Barreau (Montréal)

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Les armes chimiques et les donneurs de leçons : Petite pédagogie de l’horreur


Chems Eddine CHITOUR

«  Je ne comprends pas ces réticences à l’emploi du gaz. Je suis fortement en faveur de l’utilisation du gaz toxique contre les tribus barbares… L’effet moral sera bon. On diffusera une terreur vivace… » Sir Winston Churchill à propos des rebelles kurdes.
Le mérite de Winston Churchill c’est d’avoir été franc. Il n’a aucun état d’âme à gazer des populations, et il s’insurge contre ceux qui sont contre.

Il leur explique qu’il n’y a pas de quoi puisque ce sont des tribus barbares que l’on doit démoraliser par la terreur. Au passage, Winston Churchill sans état d’âme sait qu’il parle de la terreur mais malgré cela il persiste et il signe. Dans cette contribution pour décrire les faits, nous allons parler des justiciers actuels imposant une doxa occidentale qui repose comme au bon vieux temps sur le fait du prince – des princes pourrait-on dire – et la lettre de cachet pour les manants version actuelle de l’expédition punitive qu’affectionnent particulièrement les socialistes au point d’en user et d’en abuser. Ceci, depuis une certaine France de Guy Mollet partie guerroyer avec son complice de toujours, la perfide Albion et avec l’incontournable Israël, quand il s’agit de mettre au pas les Arabes, jusqu’à la « punition » promise à la Syrie par Hollande, le chevalier sans peur et sans reproche, frustré de ne pas en découdre sans la protection du parapluie américain.

L’histoire de l’utilisation des armes chimiques

Nous avons dans une contribution précédente décrit l’histoire de l’utilisation des armes chimiques en consommant par les feux grégeois qu’un certain Calllinicus avait mis au point. Le feu grégeois était basé sur l’association d’un comburant, le salpêtre, avec les substances combustibles, comme le goudron. Bien plus tard, c’est l’Allemagne qui utilisa la première les armes chimiques en 1915-17 : chlore liquide et phosgène, puis gaz vésicatoire et asphyxiant moutarde (ou ypérite). En riposte, la Grande-Bretagne et la France produisirent elles aussi ce gaz létal. Le gaz nervin Tabun, qui provoque la mort par asphyxie, fut découvert en 1936 par des chercheurs de la société allemande I.G. Farben En 1930, l’Italie utilisa des armes chimiques en Libye et en Éthiopie en 1936.

Les pays occidentaux qui poussent des cris d’orfraie, doivent se souvenir que ce sont eux les inventeurs et les vendeurs de ces armes de la mort tragique. Camus écrit à ce propos dans Agoravox : « (…) Pour ce qui est de la tragédie du gazage du village Kurde d’Halabja en 1988, sans doute conviendrait-il de faire remonter à la surface de l’oubli ce qu’écrivait Barry Lando, ancien de la chaîne américaine CBS, dans Le Monde du 17 octobre 2005 à savoir qu’il eut fallu se souvenir « que les armes chimiques irakiennes étaient fournies principalement par des sociétés françaises, belges et allemandes, dont les ingénieurs et chimistes savaient exactement ce que Saddam préparait. Ni que les États-Unis avaient précédemment fourni à Saddam des images satellite lui permettant d’attaquer les troupes iraniennes avec des armes chimiques ». (1)

Quand Winston Churchill approuvait les gaz de combat

Avant de devenir l’icône de la résistance au nazisme, lit-on sur une contribution parue dans le Guardian, Winston Churchill a d’abord été un fervent défenseur de l’Empire britannique et un antibolchevique convaincu. Au point de préconiser le recours aux gaz qui avaient été la terreur des tranchées. (…) Winston Churchill, alors secrétaire d’Etat à la Guerre, balaie leurs scrupules d’un revers de la main. Depuis longtemps partisan de la guerre chimique, il est décidé à s’en servir contre les bolcheviques en Russie. Durant l’été 1919, quatre-vingt-quatorze ans avant l’attaque dévastatrice en Syrie, Churchill prépare et fait lancer une attaque chimique d’envergure. Ce n’est pas la première fois que les Britanniques ont recours aux gaz de combat. Au cours de la troisième bataille de Gaza [contre les Ottomans] en 1917, le général Edmund Allenby a fait tirer 10.000 obus à gaz asphyxiants sur les positions ennemies. Cependant, la mise au point de l’’engin M’, un gaz extrêmement toxique, le diphénylaminechloroarsine décrit comme « l’arme chimique la plus efficace jamais conçue. » (2)

En 1919 Winston Churchill alors Secrétaire d’État à la Guerre décide d’utiliser les grands moyens Nous lisons sous la plume de Camus : « Un programme exécuté à la lettre par le lieutenant-colonel Arthur Harris qui lui s’en vantait en ces termes : « Les Arabes et les Kurdes savent maintenant ce que signifie un véritable bombardement… En 45 minutes nous sommes capables de raser un village et de tuer ou blesser un tiers de sa population. » Vingt-cinq ans plus tard, Winston Churchill, fidèle à lui-même, professait des idées à peu près identiques à propos du Reich national-socialiste (…) Ajoutons par honnêteté que l’usage britannique des attaques aériennes au gaz moutarde – Ypérite – notamment au Kurdistan à Souleimaniyé sur la frontière irano-irakienne en 1925 – un an après la signature du Protocole de Genève prohibant « l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques » – n’a pas été une pratique totalement isolée, les Espagnols dans le Rif marocain [1921-1927], les Japonais en Chine ne s’étant pas privés d’y recourir. » (1)

La France et « son savoir-faire » dans les armes chimiques

La France comme toutes les nations occidentales a développé d’une façon intensive les gaz de combat, notamment dès la Première Guerre mondiale. Son savoir-faire a été exporté dans plusieurs pays. Malgré toutes les conventions signées, elle a gardé en Algérie une base d’expérimentation. Fabrice Nicolino écrit à ce sujet : « La France gaulliste a oublié les armes chimiques de B2 Namous. La France socialo a oublié les 5000 morts d’Halabja. Le 16 mars 1988, des Mirage made in France larguent sur la ville kurde – irakienne – d’Halabja des roquettes pleines d’un cocktail de gaz sarin, tabun et moutarde. 5000 morts. (…) L’urgence est de soutenir Saddam Hussein, raïs d’Irak, contre les mollahs de Téhéran. Et que l’on sache, pas un mot de Hollande, en ce temps l’un des experts du Parti Socialiste. Il est vrai que ce n’est pas demain la veille qu’ils devront s’expliquer sur la base secrète B2 Namous. ancienne base d’expérimentation d’armes chimiques & bactériologiques (…) De Gaulle a l’obsession qu’on sait : la grandeur, par la puissance. La première bombe atomique de chez nous explose le 13 février 1960 dans la région de Reggane, au coeur d’un Sahara alors français. Ce qu’on sait moins, c’est que le pouvoir gaulliste deale ensuite avec l’Algérie d’Ahmed Ben Bella pour conserver au Sahara des bases militaires secrètes. Les essais nucléaires français, devenus souterrains, continuèrent dans le Hoggar, près d’In Ecker, jusqu’en 1966. La France a signé en 1925 une convention internationale interdisant l’utilisation d’armes chimiques, mais que valent les chiffons de papier ? Entre 1921 et 1927, l’armée espagnole mène une guerre d’épouvante chimique contre les insurgés marocains du Rif. Et l’on sait maintenant que la France vertueuse avait formé les « techniciens » et vendu phosgène et ypérite à Madrid ».(3)

Fabrice Nicolino nous parle ensuite des accords d’Evian qui permettent à la France de garder des bases militaires qu’ils ont restituées dans leur état naturel « Outre Reggane et In Ecker, B2 Namous, un polygone de 60 kilomètres par 10 au sud de Béni Ounif, non loin de la frontière marocaine. Dans une note de l’état-major français, on peut lire : « Les installations de B2-Namous ont été réalisées dans le but d’effectuer des tirs réels d’obus d’artillerie ou d’armes de saturation avec toxiques chimiques persistants ; des essais de bombes d’aviation et d’épandages d’agressifs chimiques et des essais biologiques. » En 1997, le ministre de la Défense Alain Richard déclare : « L’installation de B2 Namous a été détruite en 1978 et rendue à l’état naturel ». En février 2013, le journaliste de Marianne Jean-Dominique Merchet révèle qu’un accord secret a été conclu entre la France et l’Algérie. Il porte sur la dépollution de B2 Namous, « rendue à l’état naturel » trente ans plus tôt ».(3)

L’utilisation des armes chimiques par les Etats-Unis

Il est impossible dé décrire les nombreuses circonstances dans lesquelles les armes chimiques ont été utilisées. Qu’il nous suffise de rapporter la philosophie du plus grand chantre de l’utilisation de ces armes de l’horreur. « Décidément, lit-on sur Agoravox sous la plume de Camus, comme s’il fallait établir des distinguos abscons entre morts déchiquetés sous des bombes conventionnelles ou asphyxiés au gaz innervant. Et puis les Anglo-Américains devraient commencer par balayer devant leurs malpropres portes au lieu de jouer aux offusqués et aux saints innocents. (…) N’est-ce pas en effet Washington qui a livré une impitoyable guerre chimique au Vietnam entre 1961 et 1971 avec des épandages massifs – 80 millions de litres – d’Agent Orange, un défoliant comportant de la dioxine ? Ce sont de 2,1 à 4,8 millions de Vietnamiens qui ont été touchés par ce composé hautement mutagène dont les effets se font sentir encore aujourd’hui. » (1)

Massimo Fini s’interroge à son tour,sur l’autorité morale des Etats -Unis : « (…) Mais ce que j’aimerais comprendre, c’est d’où vient exactement cette autorité morale des États-Unis qui se permettent de tracer des « lignes rouges » sur l’utilisation d’armes chimiques. Ce sont pourtant eux qui, en 1985, en fournirent à Saddam alors au pouvoir dans sa lutte contre les Iraniens, et par la suite contre les Kurdes. (…) Lors de la guerre contre la Serbie, les USA utilisèrent des bombes à l’uranium appauvri. (…) On imagine facilement l’effet de cet « uranium appauvri » sur les civils serbes et surtout sur les enfants qui évoluent à 1 m du sol et sont habitués à toucher à tout. En 2001, pour capturer Ben Laden, les Américains noyèrent les montagnes d’Afghanistan sous les bombes à l’uranium et le ministre de la Défense Donald Rumsfeld avait déclaré que « pour chasser les terroristes, nous utiliserons aussi des gaz toxiques et des armes chimiques ». On en voit les résultats aujourd’hui. Un paysan afghan, dénommé Sadizay, raconte : « Un raid de l’Otan a détruit ma maison, tué ma femme et trois de mes fils. Mais quand j’ai vu naitre mon neveu sans bras et sans jambes, alors j’ai compris que les Américains nous avaient volé jusqu’à notre futur. » (4)

Le secret des gaz israéliens

« Ce sont, écrit Thierry Meyssan, les recherches israéliennes sur les armes chimiques et biologiques qui ont poussé historiquement la Syrie à rejeter la Convention interdisant les armes chimiques. C’est pourquoi la signature par Damas de ce document risque de mettre en lumière l’existence, et éventuellement la poursuite, de recherches sur des armes sélectives destinées à tuer les seules populations arabes. (…) Un document de la CIA récemment découvert révèle qu’Israël a mis aussi en place son propre arsenal d’armes chimiques. Des responsables du renseignement à Washington estiment que l’Etat hébreu a secrètement fabriqué et stocké des armes chimiques et biologiques depuis des décennies pour compléter son arsenal nucléaire présumé. Dans un rapport secret de la CIA en 1983. Des satellites espions américains ont repéré en 1982 « une usine de production de gaz chimique et une unité de stockage dans le désert du Néguev ». (5)

Pour Jean Shaoul, la condamnation par les États-Unis de l’usage des armes chimiques ne s’applique pas à Israël. Il écrit : « (…) Aucune obligation morale de cette sorte n’est cependant invoquée à l’égard d’Israël, pays qui détient le plus important stock d’armes chimiques biologiques et nucléaires au Moyen-Orient, et qui est le seul Etat à ne pas avoir signé le traité de non-prolifération nucléaire. Comme l’a relevé le site Web Foreign Policy le lundi 9 septembre, non seulement les États-Unis connaissent depuis des dizaines d’années l’existence des armes chimiques israéliennes, mais ils ont maintenu le silence à leur propos. Ce n’est pas simplement qu’Israël possède un important arsenal d’armes chimiques. Il s’en est servi contre les Palestiniens en Cisjordanie et à Ghaza, contre le Liban et Ghaza durant les assauts militaires de 2006, et durant l’opération Plomb durci à Gaza en 2008-2009. (…) Un protocole de la convention de 1980 sur les armes conventionnelles interdit l’usage du phosphore blanc en tant qu’arme incendiaire (…) Le rapport d’enquête de l’ONU, le rapport Goldstone, a réaffirmé les conclusions de nombreuses enquêtes internationales respectées, confirmant l’usage disproportionné par Israël de la force contre les Palestiniens, et les accusations de crime de guerre contre Israël et le Hamas ainsi que de « probables crimes contre l’humanité » comprenant l’usage du phosphore blanc par Israël. Il y est dit que les forces israéliennes se sont comportées de façon « systématiquement irresponsable » dans leur usage de phosphore blanc dans les zones construites, citant l’attaque israélienne contre le bâtiment de l’Agence de soins et de travaux de l’ONU dans la ville de Ghaza, l’attaque de l’hôpital Al Quds et celle de l’hôpital Al Wafa. (6)

On parle souvent de la « Pax Americana » pour dénommer l’ordre résultant de l’hégémonie des Etats-Unis. Cette position de force n’est pas un gage d’équilibre et de paix à l’échelle mondiale. C’est ainsi que les États-Unis interviennent de façon chronique pour leurs intérêts stratégiques. Pour l’histoire, cela a commencé en 1846 : Guerre américano-mexicaine, les États-Unis d’Amérique annexent La Californie. Ce fut aussi, sans être exhaustif, la Guerre de Corée (1950-1953), du Viêt Nam (1968-1975). Cela a continué pour la période récente avec la guerre du Vietnam où des centaines de tonnes d’agents chimiques orange ont été déversées créant la mort et la désolation pour des dizaines d’années, ce sera ensuite le ou la Guerre en Irak (2003), le feuilleton irakien de la démocratie aéroportée à raison de dizaines de morts tous les jours ne s’est pas clôturé avec la pendaison inhumaine de Saddam Hussein.
En 2011 ce fut la mise à sac de la Libye et le lynchage abjecte de Kadhafi. Au total soixante-six interventions extérieures pour la plupart sanglantes »

Charles de Gaulle écrivait en son temps, que « les armes ont torturé mais aussi façonné le monde. Elles ont accompli le meilleur et le pire, enfanté l’infâme aussi bien que le plus grand, tour à tour rampé dans l’horreur ou rayonné dans la gloire. Honteuse et magnifique, leur histoire est celle des hommes ». La guerre de tous conte tous n’est jamais propre, c’est de fait l’échec de la parole désarmée qui est l’empathie envers la détresse des faibles. Assurément, l’humanité court à sa perte.

Chems Eddine CHITOUR

1. Camus mardi 17 septembre 2013
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/guerres-chimiques-pages-d…

2. http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/13/quand-winston-… The Guardian 13 09 2013

3. Fabrice Nicolino http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1608

4. Massimo Fini, http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/veto-sur-les-a… 4 mai 2013

5. Thierry Meyssan http://www.voltairenet.org/article180223.html 15 09 2013

6. Jean Shaoul http://www.mondialisation.ca/la-condamnation-par-les-etats-unis-de-lus…

Tiré de: Le Grand Soir

Le Président Michel Martelly et le comble de l’absurde


Le Chef de l’Etat haïtien n’en finit pas de nous surprendre. Le premier citoyen de la souffrante Haïti, celui qui se croit le premier et le dernier arbre debout dans la forêt, le fomentateur de toutes les crises vient de pondre un œuf. C’est un antidote aux préoccupations de la population face à l’incertitude accentuée qu’engendre la crise socio-politique créée par le Président lui-même refusant de contrôler ses pulsions dictatoriales et cupides qui portent atteinte au fondement même de la nation.  

On en veut pour preuve sa toute dernière dérive, à savoir sa décision de mettre en disponibilité, le commissaire du gouvernement des Cayes, Me Jean Marie Salomon, pourtant un supporteur du Président, qui a eu le courage d’arrêter l’homme d’affaires Evinx Daniel pour trafic de drogue présumé. Notons que ce dernier a été relâché 48 heures après parce qu’il est, lui, l’ami intime de Michel Martelly.

Le Président a fait d’Haïti un narco-état, mais il ne veut pas qu’on en parle. Il manifeste clairement la volonté d’établir un système d’absolutisme à la Duvalier dans le pays, mais il ne veut pas qu’on en parle. Il ne veut pas que la population ait vent de ses menées immorales et antinationales. Il pense que ce sont les journalistes et ses adversaires politiques qui intoxiquent et indisposent la population avec des mauvaises nouvelles toute la sainte journée. Il prend des airs de sainte-nitouche devant la population, comme quoi il n’y est pour rien dans la situation tendue, honteuse et dégradante dans laquelle est plongé le pays. Alors créatif comme pas un, il a sorti une solution des plus absurdes de son imagination pour guérir la population de son stress causé par la « perfidie » des adversaires du Président « papa bon kè » : la population aura droit à des festivités rara chaque semaine que les mairies vont organiser. Courtoisie de Machiavel ! Un conseiller du Président peut bien avoir lu les « Protocols of the Wise Men of Zion – Protocoles des Hommes Sages de Zion » !

Bravo Président ! Qui ose dire que vous n’êtes pas un « bon » Prince, vous qui faites d’Haïti la terre de l’absurde grâce à ces grenouilles qui peuplent le marécage politique du pays ? Oui, ces grenouilles qui coassent du matin au soir pour le plaisir de coasser tout en se donnant des airs de gauche. Ces grenouilles qui préfèrent pactiser avec le diable afin de satisfaire leurs intérêts égoïstes au détriment de la nation. Ces grenouilles qui sont pour la plupart vos alliées en catimini, d’où leur réticence à dénoncer de façon conséquente et cohérente vos dérives les unes plus révoltantes que les autres. Ce qui ne doit surprendre personne parce que yomenm avè-w se kabarit Tomazo, menm plim, menm plimay, menm poutchis yo, menm tchoul Blan yo.

En tout cas, il semble que vous vivez sur une autre planète, monsieur le trublion, monsieur je-suis-la-loi. Car cet opium votre rara que vous allez servir la population chaque semaine ne saura en aucun cas lui faire fermer les yeux sur vos dérives et vos crimes contre la nation.   

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

Affaire Evinx Daniel: le Ministère de la Justice sursoit à la mise en disponibilité du commissaire des Cayes; formation d’une commission pour faire la lumière sur le dossier


(AHP) – Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP) se serait finalement rétracté devant la vague de protestations enregistrées suite à sa décision de mettre en disponibilité le commissaire du gouvernement des Cayes Jean Marie Salomon.

Jean Marie Salomon avait été sanctionné pour avoir ordonné l’arrestation, pour  trafic de drogue, de l`homme d’affaire Evinx Daniel, propriétaire de Dan`s Creek Hôtel à Port-Salut et réputé proche du président Martelly.

M. Daniel avait expliqué avoir récupéré, alors qu’il revenait de Dame-Marie,  des paquets qui flottaient  sur la mer, à quelques mètres de son hotel de plage, avant d’apeler les forces de l’ordre.  « Je voulais seulement rendre service », a-t-il indiqué . Des eplications rejetées par le commissaire du gouvernement ,Jean Marie Salomon.

De fait,  il a fait arrêter  M. Daniel  qui allait recouvrer sa liberté environ 24 heures après son arrestation. Et le commisaire a ete acusé d’abus de pouvoir. Et la police a aussitôt décline toute responsabilite dans l’arrestation de l’homme d’affaires.

Mais la lettre de mise en disponibilité initialement adressée au commissaire n’a finalement pas quitté les bureaux du MJSP. Et le hef du Parquet est present à son bureau tous les jours.

Les organisations de droits humains dans le sud du pays, dntle Réseau Sud pour la Défense des Droits Humains, et la comission justice du Sénat, ont appelé le ministre de la justice à surseoir à sa decision.
 
Une commission a été mise sur pied au Ministère pour faire la lumière sur le dossier Jean-Marie Salomon/Evinx Daniel, apprend-on de sources généralement bien informée.

Mais on aprend que le comissaire ferait actuellement l’objet de menaces. Les organisations de droits humains des Cayes demandent aux autorités compétentes d’assurer la protection de Jean Marie Salomon.

Source: Agence Haïtienne de Presse

Levée de boucliers contre une sommation jugée attentatoire à la liberté de la presse, du doyen du tribunal civil de Port-au-Prince contre Radio Télé Kiskeya


(AHP) – Radio Télé Kiskeya a interjeté appel de la sommation qu’elle juge arbitraire et injustifiée, du doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, Me Raymond Jean-Michel, lui demandant de communiquer, par voie certifiée, l’information relayée autour d’une mesure disciplinaire du barreau de Port-au-Prince contre le juge d’instruction Lamarre Bélizaire.
 
Ce dernier aurait été sanctionné pour son mauvais comportement dans le dossier André Michel, l’avocat qui accuse la famille présidentielle de corruption mais qui fait l’objet d’une mesure d’interdiction de départ et d’un mandat d’amener du juge instructeur.
 
Selon l’un des avocats de Radio Télé Kiskeya, Me Samuel Madistin, la sommation de Me Raymond est illégale, arbitraire et attentatoire à la liberté de la presse.
 
Cette attaque ne vise pas uniquement Radio Télé Kiskeya mais la presse dans son ensemble, a fait savoir Me Madistin soulignant que l’équipe de Radio Télé Kiskeya ne va pas se laisser intimider.

La plupart des médias de la capitale avaient relayé l’information. Et à ce compte, ils sont tous concernés par la sommation de Me raymond, ce doyen qui est accusé d’avoir conduit le juge Jean Serge Joseph , ce magistrat aujourd’hui décédé qui instruisait le dossier de la famille présidentielle, à une rencontre le 11 juilet dernier  avec le   président Michel Martelly et le premier ministre Laurent Lamothe

 
Le sénateur Francisco De La Cruz dénonce lui aussi, la sommation du doyen du tribunal civil de Port-au-Prince contre Radio Kiskeya.
 
Pour le parlementaire, il s’agit d’une mesure qui porte clairement atteinte à la liberté de la presse et qui traduit une velléité dictatoriale de l’actuelle équipe au pouvoir. Francisco De La Cruz se dit contre toute menace contre la liberté d’expression.
 
Plusieurs associations de médias et de journalistes dont l’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH), l’Association des médias independants d’Haïti (AMIH), l’Association des Journalistes Haïtien (AJH) ainsi que le groupe Média Alternatif et la Société d’Animation et de Communication Sociale (SACS) ont manifesté leur solidarité avec Radio Kiskeya.
 
Ils ont dénoncé une atteinte à la responsabilité professionnelle des journalistes et des médias de préserver leurs sources d’information. Une attitude de non-respect du droit à l’information des journalistes et des médias affichée par les autorités.
 
La Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) proteste contre la décision du doyen du tribunal civil de Port-au-Prince demandant à Radio Kiskeya de révéler ses sources.
 
Son secrétaire exécutif, Anthonal Mortimé, rappelle que la décision du barreau de Port-au-Prince d’exclure pour une période de 10 ans au terme de sa fonction de magistrat, le juge Lamarre Bélizaire également sous enquête au CSJP, a été entérinée par la fédération nationale des barreaux d’Haïti.
 
Il demande à la population d’être vigilante.

Source: Agence Haïtienne de Presse

Syrie : accord sur les armes chimiques – Les Etats-Unis reportent la guerre mais ne l’annulent pas


Bill VAN AUKEN

Il ne fait aucun doute que, suite à l’accord sur l’élimination de l’arsenal d’armes chimiques du gouvernement syrien conclu à Genève entre le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, il y a un sentiment de soulagement parmi tous ceux qui sont opposés à une nouvelle guerre d’agression au Moyen-Orient.

L’amère vérité est cependant que la guerre n’a été que reportée. Ceux qui pensent que le gouvernement Obama est en faveur de la paix ne comprennent pas les intérêts objectifs sociaux, économiques et géopolitiques qui motivent le militarisme américain. En dépit de l’accord avec la Russie, le gouvernement n’a opéré rien d’autre qu’une retraite tactique. Il reste engagé en faveur d’un changement de régime en Syrie, que l’impérialisme américain considère comme étant une part essentielle de ses préparatifs pour une confrontation militaire avec l’Iran.

Concrètement, le président Obama a déclaré dans une interview lors de l’émission « This Week with George Stephanopoulos » diffusée sur ABC dimanche que l’Iran « ne devrait pas tirer une leçon de ce que nous n’avons pas frappé [la Syrie] pour penser que nous ne frapperons pas l’Iran. »

En l’espace d’à peine une semaine, le gouvernement Obama, après avoir été sur le point de lancer un bombardement brutal contre la Syrie est passé à la négociation d’un accord avec la Russie. Derrière ce revirement rapide de la politique américaine se trouve une profonde opposition populaire à la guerre qui s’est d’abord exprimée dans le vote du 29 août au parlement britannique contre une résolution de soutien à une action militaire.

Incapable d’obtenir un cautionnement légal au moyen d’une résolution des Nations unies, à la laquelle la Russie et la Chine s’opposent, et privé du soutien même de son allié le plus proche, le gouvernement Obama s’est tourné vers le Congrès américain dans un effort pour faire adopter une résolution autorisant le recours à la force militaire. Il considérait l’approbation d’une telle mesure comme un moyen de revendiquer une fausse légitimité et une apparence de soutien populaire pour ce qui serait un acte d’agression international illégal et unilatéral.

Là aussi, le gouvernement a échoué. Les membres du Congrès ayant été bombardés de messages de leurs électeurs qui étaient à plus de neuf contre un contre la guerre, il est apparu clairement qu’Obama perdrait le vote de la Chambre des représentants qui est dominée par les républicains et probablement aussi du sénat qui est dominé par les démocrates. Ceci aurait été la première fois dans l’histoire des Etats-Unis qu’un président sollicitant l’autorisation d’une action militaire aurait reçu un tel camouflet. Et cela aurait irrémédiablement miné la présidence d’Obama.

C’est dans ces conditions que la Maison Blanche a fini par accepter la proposition de la Russie concernant un accord sur le désarmement chimique de la Syrie. Les allégations non fondées selon lesquelles le régime d’Assad porte la responsabilité de l’attaque chimique du 21 août dans les banlieues de Damas lui avaient servi de prétexte à la guerre. L’action militaire américaine, affirmait la Maison Blanche, servirait à « dissuader et à dégrader » les capacités d’armes chimiques de la Syrie.

Moscou lui a damé le pion en rebondissant sur une remarque apparemment spontanée de Kerry disant que le gouvernement syrien du président Bachar al-Assad ne pourrait éviter une attaque militaire américaine qu’en détruisant totalement son arsenal d’armes chimiques. Moscou a obtenu l’accord d’Assad de faire précisément cela et le gouvernement Obama s’est retrouvé dans la situation intenable de promouvoir une guerre extrêmement impopulaire, dont les objectifs avoués pouvaient être atteints sans qu’un seul missile Tomahawk soit tiré.

Après avoir adopté la soi-disant « voie diplomatique », Obama et ses collaborateurs se sont efforcés d’expliquer que la guerre restait fermement à l’ordre du jour. Obama lui-même a souligné que l’accord conclu à Genève n’avait été possible que grâce à une « menace crédible de la force américaine, » en déclarant « Si la diplomatie échoue, les Etats-Unis sont prêts à agir. »

Quant à Kerry, il a clairement fait comprendre que les Etats-Unis jugeraient eux-mêmes si le régime d’Assad se conformait ou non à l’accord sur les armes chimiques et décideraient d’une action militaire en conséquence. En l’absence d’une sanction de l’ONU, les frappes militaires seraient « décidées par le président des Etats-Unis et les alliés qui partagent les mêmes idées, s’ils étaient d’avis que c’était la voie à suivre. »

Il est également évident que la Maison Blanche ne fera probablement pas deux fois la même erreur de s’adresser au Congrès en vue d’une approbation. Steny Hoyer du Maryland, le second dans l’ordre hiérarchique des démocrates à la Chambre des représentants a dit ce week-end à Bloomberg Television que ni lui, ni la dirigeante de la minorité démocrate de la Chambre des représentants ne « croient que dans ce cas le président a besoin de s’adresser au congrès et [donc qu’il] pourrait agir tout seul. »

Hoyer a toutefois ajouté que l’accord avec la Russie pourrait être utilisé pour aider à vendre une guerre au Congrès. « Les gens diraient, ‘bon, il a fait un effort supplémentaire, il a cherché à consulter les gens, il a pris la voie diplomatique comme les gens le lui avaient demandé – mais cela n’a pas marché,’ » a dit Hoyer. « Et donc dans ces circonstances l’unique option, qui se présente à nous pour exclure un nouveau recours aux armes chimiques et pour tenter de dissuader la Syrie et de dégrader sa capacité de les utiliser, est d’agir. »

Tels sont, à n’en pas douter, les calculs politiques qui sont faits aussi par le gouvernement Obama. L’histoire ne présage rien de bon pour la Syrie. Deux autres dirigeants du Moyen-Orient avaient accepté de détruire leurs arsenaux d’armes chimiques, Saddam Hussein d’Irak et Mouammar Kadhafi de Libye. Leur pays ont dû subir les guerres des Etats-Unis en vue d’un changement de régime et ni l’un ni l’autre n’est en vie aujourd’hui.

L’accord américano-russe impose une série d’exigences à la Syrie qui sont, selon les experts en armes chimiques, littéralement impossibles à satisfaire. Alors que le traité sur les armes chimiques accorde aux nations 60 jours, après la signature de l’accord, pour rendre compte de toutes les munitions en leur possession, l’accord conclu à Genève donne à Damas une semaine. Et, alors que les Etats-Unis ont passé ces 18 dernières années à se débarrasser de leurs propres arsenaux d’armes chimiques, et planifient dix ans de plus pour y parvenir, la Syrie est supposée accomplir la même tâche en neuf mois.

Si l’échec à surmonter ces obstacles ne réussit pas à servir de prétexte à la guerre, il restera toujours la possibilité d’une nouvelle provocation à l’arme chimique, mise en scène par les « rebelles » menés par al Qaïda, pour accuser le régime d’Assad.

Les armes chimiques n’ont jamais été le motif d’une intervention militaire américaine directe, mais seulement le prétexte. L’histoire, promue par des médias à la botte du patronat et engagés dans la propagande de guerre, selon laquelle Washington n’était qu’un témoin horrifié de la guerre civile en Syrie et uniquement préoccupé par le bien-être des civils sans défense, est un mensonge pur et simple. L’impérialisme américain est le principal instigateur de cette guerre, ayant octroyé l’équivalent d’environ un quart de milliard de dollars d’aide dans l’insurrection et coordonné des sommes encore plus considérables de fonds et d’armes en provenance des monarchies sunnites réactionnaires d’Arabie saoudite et du Qatar, leurs principaux alliés dans le monde arabe.

A présent, la CIA a commencé à former et à armer directement les « rebelles », un assortiment d’islamistes, de criminels et de mercenaires qui ont ravagé le pays. C’est la série de défaites militaires subies par les forces interposées de Washington, à commencer par la perte en juin dernier de la ville d’al-Qusayr qui ont fourni le réflexe immédiat pour l’invocation par les Etats-Unis de la « ligne rouge » des armes chimiques et la course à la guerre. Après avoir récolté l’inimitié de vastes sections de la population syrienne en raison de leur effusion de sang et de leur idéologie islamiste rétrograde, les forces soutenues par la CIA étaient sur le point de subir une défaite.

Plus fondamentalement, la guerre orchestrée en vue d’un changement de régime en Syrie fait partie d’une stratégie de Washington d’asseoir son hégémonie sur le Moyen-Orient riche en pétrole et, de manière plus générale, sur le crucial continent de l’Eurasie. Le gouvernement Obama est en train de poursuivre les mêmes objectifs prédateurs que ses prédécesseurs en Afghanistan et en Irak en cherchant à utiliser la supériorité militaire de l’impérialisme américain comme moyen de contrer son déclin économique. L’intervention en Syrie vise non seulement le régime de Damas, mais aussi à briser dans la région le pouvoir et l’influence de l’Iran, tout comme celui de la Russie et de la Chine.

Une force de frappe navale américaine et une flotte russe sans cesse grandissante continuent de se livrer à un face à face en Méditerranée orientale.

L’accord américano-russe sur les armes chimiques syriennes n’annonce nullement une nouvelle ère de paix. Il ne s’agit que d’un nouvel épisode dans l’escalade de provocations militaires et de menaces de guerre semblables à celles qui avaient précédé la Première et la Seconde Guerres mondiales.

Le risque d’une extension régionale de la guerre et d’une nouvelle conflagration mondiale ne peut être écarté que par la classe ouvrière internationale mobilisant sa force indépendante dans une lutte unie contre le capitalisme.

Bill Van Auken

(Article original paru le 16 septembre 2013)

* https://www.wsws.org/fr/articles/2013/sep2013/syri-s17.shtml
Source: Le Grand Soir

Jimmy Jean Louis remporte l’Oscar Africain du meilleur acteur à Washington


La star Hollywoodienne d’origine haïtienne, Jimmy Jean Louis, a reçu samedi soir à Washington DC le prix du meilleur acteur pour le film « One Night in Vegas » lors de la 3ème édition de la NAFCA (Nollywood & African Film Critics’ Award), a appris Haïti Press Network.

« One Night in Vegas » est un film du producteur africain Koby Maxwell, mettant en vedette Jimmy Jean Louis, Sarodj Bertin, Miss Haïti Univers 2010, et des artistes africains tels que John Dumelo, Yvonne Nelson, Van Vicker, Koby Maxwell, Michael Blackson et Sahndra Fon Dufe.

« On a eu la grande première du film en vendredi et la cérémonie de la NAFCA en samedi. J’ai reçu le prix du meilleur acteur pour ce film que le public avait vraiment très apprécié », a indiqué Jimmy à Haïti Press Network.

« Le film One Night in Vegas sera dans les mois à venir en projection dans des salles de cinéma au Ghana, Nigeria et Afrique du Sud, pour ensuite venir dans des salles ici aux Etats-Unis », a fait savoir Jimmy qui sera à l’affiche dès octobre dans une série américaine.

« Je joue un personnage clé dans la deuxième saison d’une série télévisée très appréciée aux Etats-Unis », avait révélé fin aout l’acteur à HPN.

« La série dans laquelle que je joue s’appelle « Arrow ». Je tiens un rôle important pour cette deuxième saison qui sortira en octobre aux Etats-Unis. J’incarne « The Captain », un méchant, dans cette série qui est un succès aux Etats-Unis et qui est classée comme la série No 2 la plus regardée en Chine », a déclaré Jimmy Jean Louis.

« J’ai déjà fini avec le tournage d’au moins trois épisodes pour Arrow. On continue encore de tourner », a-t-il poursuivi.

Fédrick Jean Pierre
fedrick.jp@hpnhaiti.com

Source: Haiti Press Network

La décision de Barak Obama de déclarer la guerre à la Syrie ne vient pas de nulle part. Voilà pourquoi les États-Unis veulent agresser la Syrie


Ghaleb KANDIL

Elle est le résultat d’une série de facteurs qui, du point de vue du président étasunien, constituent une dernière tentative pour éviter la fin de l’hégémonie unilatérale de l’empire américain sur le monde. L’impasse des États-Unis reflète aussi celle d’Israël, qui voit croitre, avec impuissance, la force de dissuasion régionale de l’axe de la résistance, dont le maillon central est la Syrie. C’est ce qui explique largement l’argument de la « sécurité nationale américaine », avancé par Obama pour vanter la guerre contre la Syrie.

Le premier de ces facteurs est l’échec de la guerre indirecte menée depuis deux ans pour détruire l’État syrien. Un échec d’autant plus retentissant que des moyens colossaux ont été mobilisés par les États-Unis et leurs agents pour atteindre cet objectif. Mais l’État syrien a résisté, sous le leadership de son président Bachar al-Assad, et toutes les tentatives se sont heurtées à la solidité de l’Armée arabe syrienne, qui a repris l’initiative sur le terrain et a absorbé puis repoussé les vagues successives lancées par des dizaines de milliers de mercenaires étrangers venus de 80 pays. La dernière vague venait de Jordanie, où le prince saoudien Bandar Ben Sultan, le véritable chef d’Al-Qaïda, a massé 20 000 extrémistes, entraînés pendant des mois par des troupes spéciales étasuniennes, françaises et britanniques.

Les groupuscules d’Al-Qaïda en Syrie sont le principal outil des Étasuniens. Leur dernier plan consistait à opérer une percée à Damas. Mais les vagues de jihadistes-takfiristes se sont brisées sur le rempart de l’armée syrienne, qui a lancé un offensive préventive. autour de la capitale. Deuxième facteur : Il est clairement apparu que la résistance de l’État syrien tout ce temps a été le principal catalyseur pour l’émergence de nouveaux équilibres internationaux. Cette résistance a servi de levier aux pays opposés à l’hégémonie unilatérale des Etats-Unis, comme la Russie, la Chine et plus généralement les membres des brics, qui ont fait preuve de dynamisme. Lors des différents épisodes de l’agression contre la Syrie, Washington a dû se plier aux exigences d’un nouveau partenariat international en acceptant, du moins théoriquement, les arrangements conclus avec la Russie, notamment les accords de Genève 1 et 2. Mais très vite, les États-Unis ont tenté de vider de leurs contenus ces arrangements, avant d’essayer de les torpiller. L’agression directe contre la Syrie reste donc, pour les États-Unis, la seule et dernière voie pour tester leurs capacités de renverser la table, de protéger et de renouveler leur hégémonie unilatérale sur le monde, et de se retourner sur le partenariat qu’ils ont fait semblent d’accepter. Car la fin de l’hégémonie signifie la fin des privilèges et des intérêts que les Américains ont accumulé ce dernier quart de siècle, en tant que puissance unique sur la scène mondiale, depuis l’effondrement de l’Union soviétique.

Accepter un monde multipolaire conduira, forcément, à une révolution dans les rapports internationaux et à un changement de la structure des Nations unies, instrumentalisées toutes ces années par Washington pour servir ses intérêts. Troisième facteur : Le sort d’Israël et des États fantoches arabes se situe au cœur de l’agression contre la Syrie. En effet, l’alliance constituée par l’Occident, Israël, les pétromonarchies rétrogrades et la Turquie, sait pertinemment que la victoire de la Syrie et du président Bachar al-Assad va déclencher une vague nationaliste arabe hostile au mouvement sioniste et aux forces colonialistes dans la région. Cette victoire va renforcer la Syrie, l’Iran et les mouvements de résistance, qui ont déjà réussi à briser la force de dissuasion israélienne lors des guerres successives, notamment celle de juillet 2006, au Liban. C’est, d’ailleurs, le véritable objectif de l’agression contre la Syrie depuis mars 2011. Quatrième facteur : Une éventuelle victoire de la Syrie constituerait un danger stratégique pour les États-Unis et leurs auxiliaires, surtout à l’ère des changements décisifs qui sont en train de s’opérer en Égypte, après la chute retentissante des Frères musulmans. Une telle victoire resserrerait forcément l’étau sur Israël. Les États-Unis et leurs agents n’ont donc plus qu’une dernière carte à jouer : celle de l’intervention militaire directe en Syrie. Mais la Syrie n’est pas seule sur le terrain. Contrairement à l’Irak de Saddam Hussein et à la Libye de Moammar Kadhafi, elle est au cœur d’un axe régional qui a enregistré des victoires successives sur Israël depuis 1982 dans quatre guerres majeures, en plus de dizaines d’autres affrontements militaires et bras de fer politico-diplomatiques. Cet axe est aujourd’hui soutenu par une grande puissance, la Russie, longtemps humiliée par les États-Unis, et qui est aujourd’hui déterminée à retrouver sa place centrale sur la scène internationale. Dans ce nouveau bras de fer, imposé par Washington, l’axe de la résistance et ses alliés internationaux font preuve de solidité. C’est surtout la résistance de la Syrie, de son président, de son peuple et de son armée, qui les encourage à ne pas céder aux menaces des États-Unis. Et lorsque ces menaces se concrétiseront en acte, les États-Unis et leurs auxiliaires seront surpris par la capacité de riposte de cet axe qui s’étend de Téhéran à Moscou, en passant par Bagdad, Damas, Beyrouth et Pékin.

Ghaleb Kandil

* http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php++cs_INTERRO++news_id=111900
Source: Le Grand Soir

Un appel à la prudence de Russie (The New York Times)


Vladimir V. Poutine
Les récents événements autours de la Syrie m’ont invité à parler directement au peuple américain et à ses dirigeants politiques. Il est important de le faire au moment d’une communication insuffisante entre nos sociétés.

Les relations entre nous sont passées par différentes étapes. Nous étions les uns contre les autres pendant la guerre froide. Mais nous avons aussi été des alliés un temps, et avons vaincu les nazis ensemble. L’organisation internationale universelle – l’Organisation des Nations Unies – a ensuite été mise en place pour empêcher qu’une telle dévastation ne se reproduise jamais.

Les fondateurs de l’Organisation des Nations Unies ont compris que les décisions concernant la guerre et la paix devraient ne se prendre que par consensus, et avec le consentement de l’Amérique le droit de veto par les membres permanents du Conseil de sécurité a été inscrit dans la Charte des Nations Unies. La profonde sagesse de ceci a maintenu la stabilité des relations internationales pendant des décennies.

Personne ne veut que l’Organisation des Nations Unies subisse le sort de la Société des Nations, qui s’est effondré parce qu’il lui manquait une véritable influence. C’est possible si des pays influents contournent les Nations Unies et entreprennent une action militaire sans l’autorisation du Conseil de sécurité.

La frappe potentielle des États-Unis contre la Syrie, malgré la forte opposition de nombreux pays et les principaux responsables politiques et religieux, y compris le Pape, se traduira par plus de victimes innocentes et une escalade, propageant potentiellement le conflit au-delà des frontières de la Syrie. Une frappe augmentera la violence et déclenchera une nouvelle vague de terrorisme. Elle pourrait saper les efforts multilatéraux visant à résoudre le problème nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien et déstabiliser davantage le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. Elle pourrait rendre l’ensemble du système du droit et de l’ordre international hors d’équilibre.

La Syrie n’est pas témoin d’une bataille pour la démocratie, mais d’un conflit armé entre le gouvernement et l’opposition dans un pays multi religieux. Il y a peu de champions de la démocratie en Syrie. Mais il y a plus qu’assez de combattants d’al-Qaïda et d’extrémistes de tous bords qui luttent contre le gouvernement. Le Département d’Etat des Etats-Unis a déjà désigné al-Nusra et l’Etat islamique d’Irak et du Levant, combattant avec l’opposition, comme des organisations terroristes. Ce conflit interne, alimenté par des armes étrangères fournies à l’opposition, est l’un des plus sanglants dans le monde.

Des mercenaires de pays arabes luttent là-bas, et des centaines d’activistes en provenance des pays occidentaux et même de Russie, sont pour nous une source de profonde inquiétude. Ne pourraient-ils pas retourner dans nos pays avec l’expérience acquise en Syrie ? Après tout, après les combats en Libye, les extrémistes sont passés au Mali. Cela nous menace tous.

Dès le début, la Russie a prôné un dialogue pacifique permettant aux Syriens d’élaborer un plan de compromis pour leur propre avenir. Nous ne protégeons pas le gouvernement syrien, mais le droit international. Nous devons utiliser le Conseil de sécurité des Nations Unies et croire que la préservation de la loi et de l’ordre dans le monde complexe et turbulent d’aujourd’hui est l’une des rares façons d’empêcher les relations internationales de sombrer dans le chaos. La loi est toujours la loi, et nous devons la suivre que nous le voulions ou non. Selon le droit international actuel, la force n’est autorisée qu’en cas de légitime défense ou par la décision du Conseil de sécurité. Tout le reste est inacceptable en vertu de la Charte des Nations Unies et constituerait un acte d’agression.

Personne ne doute que du gaz toxique ait été utilisé en Syrie. Mais il y a tout lieu de croire qu’il a été utilisé non pas par l’armée syrienne, mais par les forces de l’opposition, afin de provoquer l’intervention de leurs puissants protecteurs étrangers, qui seraient du côté des fondamentalistes. Les rapports indiquant que des activistes se préparent une nouvelle attaque – cette fois contre Israël – ne peuvent pas être ignorés.

Il est alarmant de constater que l’intervention militaire dans des conflits internes de pays étrangers est devenue monnaie courante aux États-Unis. Est-ce dans l’intérêt à long terme de l’Amérique ? J’en doute. Des millions de personnes dans le monde voient de plus en plus l’Amérique non pas comme un modèle de démocratie, mais aussi comme s’appuyant uniquement sur la force brute, bricolant des coalitions réunies sous le slogan « vous êtes avec nous ou contre nous ».

Mais la force s’est révélée inefficace et inutile. L’Afghanistan chancelle, et personne ne peut dire ce qui se passera après que les forces internationales se seront retirées. La Libye est divisée en tribus et en clans. En Irak, la guerre civile se poursuit, avec des dizaines de morts chaque jour. Aux États-Unis, nombre d’entre vous établissent une analogie entre l’Irak et la Syrie, et se demandent pourquoi leur gouvernement voudrait répéter les erreurs récentes.

Peu importe à quel point les frappes seront ciblées ou à quel point les armes seront sophistiquées, des victimes civiles sont inévitables, y compris des personnes âgées et des enfants, que les frappes sont censées protéger.

Le monde réagit en demandant : si vous ne pouvez pas compter sur le droit international, alors vous devez trouver d’autres façons d’assurer votre sécurité. Ainsi, un nombre croissant de pays cherchent à acquérir des armes de destruction massive. Ce qui est logique : si vous avez l’arme nucléaire, personne ne va vous toucher. Nous sommes partis en parlant de la nécessité de renforcer la non-prolifération, alors qu’en réalité cela l’érode.

Nous devons cesser d’utiliser le langage de la force et reprendre le chemin du règlement diplomatique et politique civilisé.

Une nouvelle possibilité d’éviter une action militaire a émergé dans les derniers jours. Les Etats-Unis, la Russie et tous les membres de la communauté internationale doivent tirer parti de la volonté du gouvernement syrien de mettre son arsenal chimique sous contrôle international pour sa destruction ultérieure. A en juger par les déclarations du président Obama, les Etats- Unis voient cela comme une alternative à l’action militaire.

Je me réjouis de l’intérêt du président à poursuivre le dialogue avec la Russie sur la Syrie. Nous devons travailler ensemble pour maintenir cet espoir vivant, comme convenu lors de la réunion du G8 à Lough Erne en Irlande du Nord en juin, et réorienter le débat vers des négociations.

Si nous pouvons éviter la force contre la Syrie, cela permettra d’améliorer l’atmosphère dans les affaires internationales et de renforcer la confiance mutuelle. Ce sera notre réussite commune et ouvrira la porte à une coopération sur d’autres questions cruciales.

Ma relation professionnelle et personnelle avec le président Obama est marquée par une confiance croissante. J’apprécie cela. J’ai étudié attentivement son discours à la nation de mardi. Et je serais plutôt en désaccord avec une affirmation qu’il a faite sur l’exceptionnalisme américain, affirmant que la politique des États-Unis est « ce qui rend l’Amérique différente. C’est ce qui nous rend exceptionnels. » Il est extrêmement dangereux d’encourager les gens à se considérer comme exceptionnels, quelle que soit la motivation. Il y a de grands pays et de petits pays, riches et pauvres, ceux qui ont de longues traditions démocratiques et ceux à qui il reste encore à trouver leur chemin vers la démocratie. Leurs politiques diffèrent aussi. Nous sommes tous différents, mais quand nous demandons la bénédiction du Seigneur, nous ne devons pas oublier que Dieu nous a créés égaux.

Vladimir V. Poutine,
Président de la Russie

Le 11 septembre 2013.

Source : A Plea for Caution From Russia

Tiré de Le Grand Soir

Les membres du Congrès qui ont eu accès aux preuves classées secret défense sur la Syrie déclarent qu’elles ne prouvent rien du tout. (Washington’s Blog)


Washington’s Blog

Les preuves secrètes du dossier syrien ne parviennent pas à prouver qu’Assad a fait usage d’armes chimiques.

Le dossier de l’administration sur l’usage d’armes chimiques par le gouvernement syrien est extrêmement vague, et d’anciens agents du renseignement déclarent que les informations accessibles au public prouveraient plutôt que le gouvernement syrien n’a pas perpétré ces attaques aux armes chimiques.

L’administration Obama affirme que des documents classés secret défense prouvent que c’est bien le gouvernement Assad qui a perpétré ces attaques.

Mais de nombreux Congressistes qui ont pu lire les documents classés secret défense déclarent qu’ils ne valent pas mieux que la note de synthèse demandant l’intervention armée et… qu’ils ne prouvent rien du tout !

Justin Amash, membre du Congrès, a déclaré la semaine dernière : « En fait, ce que j’ai entendu lors de la réunion de présentation d’Obama m’a rendu encore plus sceptique sur certains aspects importants du discours Présidentiel en faveur d’une attaque. »

Il a observé hier, après avoir assisté à une autre réunion confidentielle et avoir examiné plus de documents secrets :

« Ai assisté à une autre réunion sur la Syrie et passé en revue d’autres documents. Maintenant je suis encore plus sceptique que jamais. Je ne peux croire que notre Président pousse à la guerre. »

And Ajourd’hui, Amash a écrit :

« Si les Américains pouvaient lire les documents classifiés, ils seraient encore plus opposés à une action contre la #Syrie. Les déclarations publiques de l’administration Obama sont pour le moins trompeuses. »

Tom Harkin, membre du Congrès a déclaré : « Je viens juste d’assister à une réunion confidentielle du Congrès sur la Syrie, et franchement, elle soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Ce que j’ai pu voir présenté par l’Administration m’apparait de seconde main. »

Michael Burgess, membre du Congrès, a déclaré «  oui, j’ai eu accès aux documents secrets. Il n’y a pas grand-chose. »

Le site d’informations Yahoo News rapporte :

A titre d’exemple, la députée démocrate du New Hampshire Carol Shea-Porter a quitté jeudi dernier une audience confidentielle en déclarant qu’elle était opposée à toute intervention « maintenant plus que jamais ». « Je pense que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour rendre ce dossier crédible » a-t-elle déclaré après la réunion. « Il semble que nous soyons tous très préoccupé et que la tendance soit au non. »

Le Sénateur Joe Manchin a annoncé qu’il voterait non pour des frappes en Syrie juste après avoir assisté à une réunion d’information confidentielle du renseignement.

Alan Grayson, membre du Congrès, attire l’attention dans le New York Times :

« Le dossier documentant l’attaque de la Syrie n’est constitué que de 2 documents : un résumé de 4 pages de renseignements non classifiés, et un résumé classifié de 12 pages. Le premier ne fait qu’énumérer des indices de preuves uniquement à charge en faveur d’une attaque. Je ne suis pas autorisé à vous dire ce qui figure dans le second, mais vous pouvez en tirer vos propres conclusions ; [c’est-à-dire que le second résumé n’est pas plus convaincant que le premier de 4 pages rendu public]

Jeudi dernier [5 septembre], j’ai demandé au personnel du Comité Parlementaire du Renseignement [House Intelligence Comittee] si il y avait d’autres documents à disposition, classés secrets ou non, et leur réponse a été négative.

Les notes de synthèse sur les armes chimiques syriennes se fondent sur des centaines de documents sous jacents du renseignement. La note accessible au public cite des interceptions d’appels téléphoniques, des posts sur les « réseaux sociaux » et d’autres documents de ce type, mais aucun de ces documents n’est joint ou même cité in extenso –même pas des reportages vidéo obtenus sur youtube. Quant à savoir si la note de synthèse confidentielle est du même type, bien sûr je ne peux pas la commenter, mais encore une fois, vous pouvez en tirer vos propres conclusions.

Et pourtant nous autres membres du Congrès sommes supposés accepter sans discussion, que les partisans d’une attaque de la Syrie ont correctement décrit les indices sous-jacents, même si ces partisans refusent de nous montrer le moindre d’entre eux, à nous comme au peuple américain. En fait, même pour simplement obtenir l’accès aux documents classés secrets, nous devons franchir une série d’obstacles au delà du raisonnable.

Nous devons descendre dans les entrailles du centre d’accueil des visiteurs du Capitole, jusqu’à une pièce au 4ème sous sol. En vertu d’instructions transmises par le Président du Comité du Renseignement, la prise de note est interdite (1).

Une fois que nous quittons les lieux, il nous est interdit de communiquer avec le public, les médias, nos administrés ou même d’autres membres [du Congrès] sur la note de synthèse classée secrète. Nous ne sommes même pas autorisés à faire quoi que ce soit pour vérifier la validité des informations qui nous ont été présentées. Et encore, ce n’est que la note de synthèse secrète. D’après ce que j’ai compris, le Comité du Renseignement a adressé une demande officielle de droit d’accès aux indices de preuve sous jacents il y a plusieurs jours. Je n’ai pas entendu parler d’une réponse à cette heure. Et franchement, je n’en espère aucune.

En refusant de divulguer les données sous jacentes même aux membres du Congrès, l’administration rend impossible pour quiconque souhaiterait le faire, de juger de façon indépendante si ces affirmations sont correctes ou non. »

En résumé : la course vers la guerre se fonde sur des renseignements biaisés, et rappelle beaucoup l’affaire irakienne.

SOURCE : http://www.washingtonsblog.com/2013/09/classified-intelligence-doesnt-…

Traduction bluerider

(1) Ndt. Comme l’était celle des équipes qui ont tenté de rassembler en quelques mois la documentation sur les attentats du 11-9, relire Philip Shenon

Tiré de Le Grand Soir

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