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UN SITE POUR DESSILLER LES YEUX

Archives mensuelles de “août, 2013”

Mentir sur la Syrie, et les mensonges des menteurs qui mentent à propos de ce mensonge.


David SWANSON
À la une du Los Angeles Times, le titre suivant : « Les États-Unis se préparent à l’éventualité de frappes de représailles contre la Syrie », bien que la Syrie n’ait attaqué, ni les États-Unis, ni aucun de ses territoires occupés, ou aucune de ses forces impériales, et n’ait aucune intention de le faire.

Comme le dit l’article :

« Le Président n’a pris aucune décision, mais le sujet a été abordé à très haut niveau, tandis qu’au même moment le Pentagone reconnaissait avoir mis en place des forces armées dans la région ».

Je vous prie de m’excuser, mais qui, dans cette « situation normale, c’est le bordel », a pris la décision ?  Le commandant en chef a-t-il simplement voix au chapitre ?  Est-ce qu’il lui revient de faire des discours pour expliquer à quel point attaquer la Syrie constituerait une erreur terrible, d’avoir des réunions avec des officiers du plus haut niveau, qui en sortent pour préparer des attaques contre la Syrie, avant d’entrer dans l’histoire pour s’être désengagé de sa propre politique, voire s’y être opposé ?

Menacer d’attaquer la Syrie, et mettre une flotte en position de le faire, constituent des actes d’une grande portée, immoraux autant qu’illégaux.  Le Président peut bien déclarer que la décision d’appuyer sur le bouton n’était pas la sienne, il ne peut prétendre avoir aussi peu d’influence sur les préparatifs en cours pour le faire, que sur la météo. Ou plutôt, il ne pourrait pas, si les journaux faisaient leur travail.

(Illégaux, parfaitement.  Lisez la Charte des Nations Unies : Dans leurs relations internationales, tous les Membres s’abstiendront d’avoir recours à la menace d’utiliser, ou à l’utilisation de, la force, pour porter atteinte à l’intégrité territoriale, ou à l’indépendance politique d’un état, quel qu’il soit, ainsi qu’à tout autre procédé qui contreviendrait aux Objectifs poursuivis par les Nations Unies ».)

Le soi-disant Ministre de la Défense a déclaré : « Il est de la responsabilité du Ministère de la Défense, de proposer au Président plusieurs choix, afin qu’il puisse faire face à toutes les éventualités », mais est-ce qu’une seule de ces éventualités concerne la défense des États-Unis ?  Est-ce qu’une seule d’entre elles évoque la signature d’une paix ?  Si tel n’est pas le cas, n’est-il pas inexact de mentionner « toutes » les éventualités ?

En fait, Chuck Hagel détient cette « responsabilité », uniquement parce qu’Obama lui a donné pour instruction, non pas de lui proposer tous les choix, mais tous les choix militaires.

Les rebelles syriens comprennent que, dans le cadre de toutes les politiques que les États-Unis sont susceptibles de mener, ils ont de bonnes chances d’obtenir des armes s’ils simulent l’utilisation d’armes chimiques contre eux, tandis qu’il y a de fortes chances qu’on ignore leur existence, comme celle de Bahreïn (Ba-qui ?), s’ils décident d’adopter une stratégie de résistance non violente.

D’après le L.A. Times, « Obama a également appelé David Cameron, le Premier Ministre britannique, pour discuter des évènements syriens. Tous deux sont ‘unis’ dans leur opposition à l’utilisation d’armes chimiques, selon les termes d’une déclaration que la Maison Blanche a faite à la suite de la communication téléphonique ». Oui … à l’exception du phosphore blanc, ou encore du napalm.  Ces armes chimiques sont de gentilles armes chimiques, d’ailleurs le gouvernement est contre les méchantes armes chimiques, donc votre quotidien ne vous raconte aucun mensonge.

Qu’a déclaré Obama, sur C.N.N. jeudi dernier ?

« Il arrive qu’on accorde trop d’importance à l’idée selon laquelle les États-Unis pourraient résoudre, d’une manière ou d’une autre, à l’intérieur même de la Syrie, un problème complexe, motivé par le sectarisme ».

Nan, tu crois ?

Chris Cuomo (le fils de Mario), journaliste à C.N.N., plaida en faveur de la guerre :
« Plus on attend, plus il risque d’y avoir de morts, ne pensez-vous pas, monsieur le Président ? »

Obama répliqua qu’il continuait à vérifier les dernières conneries sur les armes chimiques.  Cuomo repoussa l’objection :

« Il existe des preuves solides qu’ils les ont déjà utilisées, même si c’était par le passé ».

Obama ne répondit pas à ce mensonge, se contentant de débiter une rhétorique inepte quelconque.

Cuomo, peut-être parce que sa soif de chair syrienne morte était un peu contrariée, se saisit du John McCainisme ordinaire.  Il déclara que le sénateur McCain pense que les États-Unis  perdraient leur ‘crédibilité’ si la Syrie n’est pas attaquée.  (Et si le gouvernement des États-Unis devait tout à coup déclarer n’être pas une institution ayant pour but le massacre, avant de joindre l’acte à la parole – qu’adviendrait-il alors de sa crédibilité ?).

Obama ne se laissa pas décourager, et commença à prêcher contre ce qu’il s’apprêtait à faire : « Parfois, on s’aperçoit que les gens exigent une action immédiate, ils démarrent au quart de tour, puis les choses tournent mal, nous nous retrouvons embourbés dans des situations délicates, ce qui a pour conséquence de nous entraîner dans des interventions coûteuses, économiquement autant qu’humainement, qui ne font qu’engendrer un ressentiment plus fort dans la région ».

Cuomo se mit à geindre, mais vous aviez promis que l’utilisation d’armes chimiques équivaudrait à franchir la Ligne Rouge !

Obama rétorqua qu’il fallait se soumettre à la législation internationale. (À l’intention des non-initiés : en fait, la législation internationale interdit que l’on attaque les gouvernements d’autres nations, pour les renverser – même celui de la Lybie). D’ailleurs, ainsi qu’Obama le fit remarquer, l’option militaire n’est pas la seule envisageable.

Ah bon ?!

J’ai remarqué que, dès qu’Obama commence à parler avec la voix de la raison, comme ici, cela veut dire qu’en réalité il part à toute allure dans la direction opposée.  Plus il passe de temps à expliquer à quel point une attaque contre la Syrie serait injuste, illégale, stupide, et immorale, plus vous pouvez être sûrs que c’est précisément ce qu’il s‘apprête à faire.

Telles que je les ai déjà publiées auparavant, voici les 10 raisons principales pour ne pas attaquer la Syrie, même dans le cas où les derniers mensonges en date sur l’utilisation d’armes chimiques seraient, en fait,  des vérités :

1. Un tel prétexte ne rend pas une guerre légale.  On ne le trouve, ni dans le Pacte Kellogg-Briand, ni dans la Charte des Nations Unies, ni même dans la Constitution des États-Unis.  Il figure, en revanche, dans la propagande de guerre des États-Unis, millésime 2002.  (Qui prétend que notre gouvernement ne fait pas campagne en faveur du recyclage ?).

2. Les États-Unis possèdent, et utilisent eux-mêmes, des armes que la législation internationale condamne, notamment le phosphore blanc, les bombes à fragmentation, et l’uranium appauvri.  Vous pouvez faire l’éloge de ces pratiques, éviter d’y penser, ou vous joindre à moi pour les condamner, peu importe, elles ne peuvent servir de justification, légale ou morale, à une nation étrangère quelconque pour nous bombarder, ou pour bombarder tout autre nation où l’armée des États-Unis effectue des opérations.  Tuer des gens, pour leur éviter d’être tués par le mauvais type d’armes, une telle politique ne peut provenir que d’une forme quelconque de dérangement mental.  Appelez le trouble de stress pré-traumatique.

3. Si la guerre s’intensifiait en Syrie, elle pourrait s’étendre à la région, voire au monde, et ses conséquences échapperaient à tout contrôle.  La Syrie, le Liban, l’Iran, la Russie, la Chine ; les États-Unis, les états du Golfe, les états de l’O.T.A.N., . . .  cela ressemble-t-il au type de conflit que nous appelons de nos vœux ?  À un conflit qui laissera des survivants ?  Pourquoi diable prendre un tel risque ?

4. La simple mise en place d’une « zone d’exclusion aérienne », ne s’effectuerait qu’au prix du bombardement de secteurs urbains, et donc, inévitablement, d’un grand nombre de morts.  C’est ce qui s’est produit en Lybie, et nous avons détourné le regard.  Mais en Syrie, cela se produirait sur une échelle bien plus grande, étant donnés les emplacements des sites destinés à être bombardés.  Créer une « zone d’exclusion aérienne » ne revient pas à faire une annonce, mais à lâcher des bombes.

5. En Syrie, les deux camps utilisent des armes épouvantables, commettent des atrocités épouvantables. Je suis sûr que, même ceux qui s’imaginent qu’on devrait tuer des gens pour leur éviter de se faire tuer par des armes différentes, sont capables de comprendre ce qu’il y a de dément à armer les deux camps, afin que ces deux camps se protègent l’un de l’autre.  Dès lors, pourquoi ne semble-t-il pas tout aussi dément, d’armer un camp dans un conflit au cours duquel les eux camps ont commis des exactions similaires ?

6. Si les États-Unis sont dans le camp de l’opposition syrienne, on leur imputera les crimes de cette opposition. En Asie Occidentale, la plupart des gens haïssent Al Qaïda, ainsi que les autres terroristes.  Ils en viennent également à haïr les États-Unis et leurs avions téléguidés, leurs missiles, leurs bases, leurs bombardements aériens nocturnes, leurs mensonges, leur hypocrisie.  Imaginez le niveau de haine auquel on parviendra, lorsque les États-Unis auront fait équipe avec Al Qaïda pour renverser le gouvernement syrien, avant de le remplacer par un enfer de type irakien.

7. D’habitude, lorsqu’une force étrangère appuie l’arrivée au pouvoir d’une rébellion impopulaire, cette dernière ne prend pas la forme d’un gouvernement stable.  En fait, il n’existe toujours pas un seul exemple avéré, d’une guerre humanitaire étatsunienne dont l’humanité ait tiré profit, ou d’une politique de construction d’une nation, ayant effectivement abouti à la construction d’une nation.  Pourquoi donc la Syrie, qui semble encore moins prometteuse que la plupart des cibles potentielles, constituerait-elle l’exception qui confirme la règle ?

8. Cette opposition ne s’intéresse pas à la mise en place d’une démocratie, d’ailleurs recevoir des ordres des États-Unis, ne l’intéresse pas plus.  Au contraire, avec de tels alliés, il y a tout lieu de s’attendre à un retour de flammes.  Tout comme nous aurions déjà dû retenir la leçon de nos mensonges sur les armes, cela fait bien longtemps que notre gouvernement aurait dû retenir la leçon que lui a enseignée le fait d’armer l’ennemi de l’ennemi.

9. Les précédents que constituent les autres actes des États-Unis, perpétrés en dehors de tout cadre légal, qu’il s’agisse de faire la guerre par procuration ou d’attaquer à découvert, donnent un exemple dangereux, au monde, mais aussi à ceux de Washington, pour lesquels l’Iran est le prochain nom sur la liste.

10. En dépit des efforts prodigués par les médias jusqu’à ce jour, une confortable majorité d‘américains s’opposent à la fourniture d’armes aux rebelles, ainsi qu’à l’entrée en guerre pure et simple. Au contraire, une majorité d’entre eux, toutes tendances politiques confondues, sont favorables à un apport d’aide humanitaire.

En somme, ce n’est pas en aggravant la situation du peuple syrien, que nous l’aiderons.

Mais – vous savez quoi ? – les preuves semblent indiquer, très clairement, que les dernières déclarations sur l’utilisation d’armes chimiques, sont tout aussi bidons que les précédentes.

Qui donc aurait pu le prédire ?

David Swanson

David Swanson est un activiste de longue date, qui œuvre pour la paix et la justice. Il est l’auteur de “War is a lie”.

Traduction : http://echoes.over-blog.com

Source: Le Grand Soir
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La note confidentielle au cœur de la crise financière mondiale (Vice.com)


Greg PALAST
Lorsqu’un petit oiseau a déposé la note confidentielle Fin de Partie (End Game memo) à ma fenêtre, son contenu était tellement explosif, tellement fou et diabolique que je n’arrivais pas à le croire.

La note confirme les délires conspirationnistes les plus fous : à la fin des années 90, de hauts responsables du Trésor US ont secrètement conspiré avec une petite cabale de gros banquiers pour détruire la régulation financière à travers la planète. Quand vous voyez 26,3 pour cent de chômage en Espagne, le désespoir et la faim en Grèce, les émeutes en Indonésie et Detroit en faillite, remontez à la note Fin de Partie qui est la genèse de tout ce sang et toutes ces larmes.

Le fonctionnaire du Trésor qui jouait secrètement à cette Fin de Partie des banquiers s’appelle Larry Summers. Aujourd’hui, Summers est le candidat favori de Barack Obama pour la présidence de la Réserve Fédérale américaine, la banque centrale du monde. Si la note confidentielle est authentique, alors Summers ne devrait pas siéger à la Réserve Fédérale mais moisir au fond d’un donjon réservé à tous ces aliénés criminels du monde de la finance.

La note est authentique.

J’ai du prendre l’avion pour Genève pour obtenir confirmation et obtenir une réunion avec le Secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Commerce, Pascal Lamy. Lamy, le généralissime de la mondialisation, m’a dit : « L’OMC n’a pas été créée par une cabale obscure de multinationales concoctant des complots contre le peuple … Il n’y a pas de riches banquiers fous qui négocient en fumant des cigares ».

Puis je lui ai montré la note.

La note commence avec le larbin de Larry Summers, Timothy Geithner, qui rappelle à son patron qu’il doit appeler les pontes de la Finance pour que ces derniers ordonnent à leurs armées de lobbyistes de se mettre en marche :

« Comme nous entrons dans la dernière ligne droite (ie fin de partie) des négociations sur les services financiers à l’OMC, je crois que ce serait une bonne idée pour vous de prendre contact avec les chefs d’entreprise … »

Pour éviter à Summers d’avoir à appeler son bureau pour obtenir les numéros de téléphone (qui, selon la loi américaine, doivent apparaître sur les annuaires publics), Geithner a énuméré les lignes privées de ceux qui étaient à l’époque les cinq dirigeants les plus puissants de la planète. Et les voici :

Goldman Sachs : John Corzine (212) 902-8281

Merrill Lynch : David Kamanski (212) 449-6868

Bank of America : David Coulter (415) 622-2255

Citibank : John Reed (212) 559-2732

Chase Manhattan : Walter Shipley (212) 270-1380

Lamy avait raison : ils ne fument pas des cigares. Il ne restait plus qu’à les appeler. Ce que j’ai fait, et bien sûr, j’ai obtenu un joyeux bonjour personnel de Reed – joyeux jusqu’à ce que je révèle que je n’étais pas Larry Summers. (note : les autres numéros ont été promptement débranchés. Et Corzine ne peut pas être joint tant qu’il fait l’objet d’une mise en accusation.)

Ce n’est pas la petite cabale des conciliabules tenues par Summers et les banksters qui est si troublante. L’horreur est dans l’objectif même de la « fin de partie ».

Je m’explique :

C’était en 1997. Le Secrétaire américain au Trésor, Robert Rubin, poussait fort pour déréglementer les banques. Ce qui nécessitait, en premier lieu, l’abrogation de la loi Glass-Steagall pour démanteler les barrières entre les banques commerciales et les banques d’investissement. C’était comme remplacer les coffres des banques par des roulettes de casino.

Deuxièmement, les banques voulaient obtenir le droit de jouer à un nouveau jeu à haut risque : « le commerce des produits dérivés ». JP Morgan à elle seule allait bientôt détenir $ 88 000 milliards de ces pseudo-titres inscrits dans ses livres comptables comme des « actifs ».

Le Secrétaire adjoint au Trésor, Summers (qui allait bientôt remplacer Rubin comme Secrétaire) s’est personnellement fermement opposé à toute tentative de contrôle sur les produits dérivés.

Mais quel intérêt de transformer les banques américaines en véritables casinos de produits dérivés si l’argent pouvait leur échapper et se réfugier dans des pays aux lois bancaires plus sûres ?

La réponse imaginée par la Big Bank Five fut la suivante : supprimer les contrôles sur les banques partout dans le monde – d’un seul coup. Le plan était aussi brillant qu’incroyablement dangereux.

Comment réussir ce coup de folie ? Le plan des banquiers et de Summers était d’utiliser l’Accord sur les Services Financiers (ASF), un additif abscons et bénin aux accords commerciaux internationaux gérés par l’Organisation Mondiale du Commerce.

Jusqu’à ce que les banquiers entament leur manoeuvre, les accords de l’OMC ne concernaient que le commerce des marchandises – c’est-à-dire, mes voitures en échange de vos bananes. Les nouvelles règles élaborées par Summers et les banques allaient obliger tous les pays à accepter le commerce d’actifs toxiques tels que les produits dérivés financiers.

Jusqu’à ce que les banquiers réécrivent l’ASF, chaque nation contrôlait les banques à l’intérieur de ses frontières. Les nouvelles règles du jeu allaient obliger tous les pays à ouvrir leurs marchés aux Citibank, JP Morgan et tous leurs « produits » dérivés .

Et tous les 156 pays de l’OMC allaient devoir démolir le mur qui séparait les banques d’épargne commerciales des banques d’investissement qui s’adonnaient aux produits dérivés.

C’est l’ASF qui allait servir de bélier et la tâche fut confiée à M. Geithner, qui fût nommé ambassadeur auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce.

Les banquiers se déchaînent.

Mais pourquoi un pays accepterait-il de laisser son système bancaire arraisonné et saisi par des pirates financiers comme JP Morgan ?

La réponse, dans le cas de l’Equateur, était les bananes. L’Équateur était véritablement une république bananière. Le fruit jaune était une source vitale de devises fortes. Si l’Equateur refusait de signer le nouveau ASF, il ne lui resterait plus qu’à donner ses bananes aux singes et se retrouver en faillite. Alors l’Équateur a signé.

Et ainsi de suite – tous les pays furent intimidés à signer.

Tous les pays, sauf un. Le nouveau Président du Brésil, Inacio Lula da Silva, a refusé. Selon une autre note confidentielle que j’ai obtenue, le Brésil, en représailles, fût menacé avec un embargo sur ses produits par le Commissaire au commerce de l’Union européenne, un certain Peter Mandelson. Mais le refus obstiné de Lula a finit par payer pour le Brésil qui, seul parmi les pays occidentaux, a survécu et prospéré pendant la crise bancaire de 2007-2009.

La Chine a signé – mais a obtenu sa livre de chair en retour. Elle a entre-ouvert son secteur bancaire en échange de l’accès et le contrôle du marché des pièces détachés automobiles aux États-Unis ainsi qu’à d’autres marchés. (Rapidement, deux millions d’emplois aux États-Unis furent délocalisés en Chine.)

Le nouveau ASF ouvrit dans le monde entier la boîte de Pandore du commerce des produits dérivés. Parmi les transactions notoires légalisées : Goldman Sachs (où le secrétaire au Trésor Rubin avait été co-président) a monté un swap secret en euro-dérives avec la Grèce qui a fini par détruire le pays. L’Equateur, avec son propre secteur bancaire déréglementé et détruit, a explosé en émeutes. Argentine a du vendre ses compagnies pétrolières (aux Espagnols) et son eau (à Enron), tandis que ses enseignants fouillaient les poubelles pour se nourrir. Ensuite, Les Banquiers Déchaînés de la Zone Euro ont plongé tête la première dans la mare aux dérivés sans savoir nager – et le continent est actuellement vendu par petits bouts au rabais à l’Allemagne.

Bien sûr, ce ne sont pas seulement les menaces qui ont réussit à faire adopter l’ASF, il y avait aussi la tentation. Après tout, tout mal commence par une pomme offerte par un serpent. La pomme, c’était les piles étincelantes de trésors cachés dans l’ASF pour les élites locales. Le serpent, lui, s’appelait Larry.

Est-ce que tous ces malheurs et douleurs proviennent d’une seule note confidentielle ? Bien sûr que non : le mal était dans le Jeu lui-même, joué par la clique de banquiers. La note, elle, ne fait que révéler la stratégie employée.

Et la note révèle aussi beaucoup de choses sur Summers et Obama.

Alors que des milliards d’âmes désolées souffrent encore de la catastrophe mondiale provoquée par les banquiers, Rubin et Summers ne s’en sont pas trop mal tirés. La déréglementation des banques par Rubin a permis la création d’une monstruosité financière appelée « Citigroup ». Quelques semaines après avoir quitté ses fonctions, Rubin fût nommé directeur, puis président de Citigroup – qui a fait faillite tout en parvenant à payer Rubin un total de 126 millions de dollars.

Puis Rubin a pris un autre poste : celui de contributeur principal de la campagne électorale d’un jeune sénateur, Barack Obama. Quelques jours seulement après son élection à la présidence, Obama, sur l’insistance de Rubin, a nommé Summers au poste étrange de « Tsar Economique » des Etats-Unis et nommé Geithner au poste de Tsarine (c’est-à-dire Secrétaire du Trésor). En 2010, Summers a abandonné ses atours royaux pour devenir « consultant » auprès de Citibank et d’autres créatures de la déréglementation bancaire dont les émoluments ont fait grimper la valeur nette de la fortune de Summers de 31 millions de dollars depuis la note « fin de partie ».

Qu’Obama choisisse Summers, à la demande de Robert Rubin, à la tête du conseil d’administration de la Réserve Fédérale signifie que nous sommes malheureusement  encore loin de la fin de la partie.

Greg Palast

Source : http://www.vice.com/en_uk/read/larry-summers-and-the-secret-end-game-memo

Un grand merci à l’expert Mary Bottari de Bankster USA www.BanksterUSA.org sans qui notre enquête n’aurait pas pu débuter.

Le film de ma rencontre avec le chef de l’OMC Pascal Lamy a été créé à l’origine pour Ring of Fire, animée par Mike Papantonio et Robert F. Kennedy Jr.

La suite de la discussion sur les documents que j’ai présentés à Lamy se trouve dans “The Generalissimo of Globalization,” (Le généralissime de la mondialisation), chapitre 12 de « La pique-nique des Vautours » de Greg Palast (Constable Robinson 2012).

Traduction « Le Lamy de mes ennemis n’est pas mon ami » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Tiré de Le Grand Soir

Tragédie dans une famille haïtienne à Brooklyn, New York


Carlos AlcisMonsieur Carlos Alcis, père de huit enfants, un immigrant haïtien qui vit à New York depuis 13 ans, a trouvé la mort dans des circonstances tragiques et révoltantes, à cause de la méchanceté des policiers et la négligence des services de secourisme.

Il était 5:30 AM, le jeudi 16 août 2013, quand une jeune fille de 21 ans a été frappée en plein visage par une brute qui lui a volé son iPhone. Et cela s’est passé dans le quartier de Brownsville à Brooklyn, plus précisément aux environs de Rockaway Parkway et Kings Highway.

Alertés, des policiers sont arrivés sur les lieux. Un témoin oculaire qui suivait les manœuvres du coupable jusqu’à l’immeuble où il allait se terrer, a communiqué  aux policiers les informations nécessaires visant à appréhender celui-ci qui, ajoutait le témoin, portait un pantalon rouge. Sur ces entrefaites, les policiers se lançaient aux trousses du voleur et ont pénétré dans l’immeuble indiqué par le témoin, où ils allaient de porte en porte chercher le coupable. C’est ainsi qu’ils ont défoncé avec violence, selon des voisins, la porte de l’appartement de sous-sol où habitent les Alcis, une famille haïtienne.

« Tout le monde dormait quand les policiers, comme un ouragan, ont pénétré dans notre appartement », a déclaré Lissage Alcis, 21 ans. « Mon père ne cessait de demander ‘qu’est-ce qui a ? Et pourquoi êtes-vous ici’ », a-t-il poursuivi.

Emmanuel Alcis, âgé de 16 ans, qui portait un short de basketball rouge à ce moment-là, a été tiré de son lit sans autre forme de procès, pour être conduit dans la cour, afin qu’il soit identifié par la jeune fille.

« ‘Est-ce lui’ ?ont demandé les policiers à la jeune fille. Elle a répondu que non »,a dit Emmanuel, qui était permis de rentrer chez lui.

Tandis que les policiers mettaient l’appartement sens dessus dessous à la recherche de l’objet volé, malgré la réponse de la jeune victime, Monsieur Carlos Alcius, n’ayant pu contenir ses émotions, tomba raide mort d’un arrêt cardiaque. Et c’est alors qu’il pissait du sang par la bouche que l’un des officiers a finalement décidé de prendre son pouls, et demandé à Emmanuel d’insuffler de l’air dans les poumons de son père par la bouche, pendant qu’il y performait des compressions thoraciques.

Mais hélas ! c’était déjà trop tard, d’autant plus que les services de secourisme avaient pris au moins 30 minutes pour arriver sur les lieux, parce qu’ils s’étaient trompés d’adresse.

« Mon frère jouissait d’une bonne santé et n’avait pas d’antécédents de troubles cardiaques », a rappelé par la suite le frère du défunt, Rudy Alcis, 40 ans.

« C’est une mort injustifiée qui n’aurait pas dû se produire », a dit l’avocat de la famille Alcis, Sanford Rubenstein.

Alors que le procureur de Brooklyn a lancé une investigation sur la mort de Monsieur Carlos Alcis, il est rapporté que la police a traqué celui qui avait volé le iPhone ; il répond au nom de Stephon Foster, un adolescent de 16 ans.

Monsieur Carlos Alcis avait laissé Haïti en 2000 et est mort à l’âge de 43 ans. Il travaillait au grand magasin de Bobby (Bobby’s department store). Il laisse dans la peine et la douleur huit enfants, sa femme, ses parents et certainement des proches, à qui nous souhaitons nos plus sincères condoléances.

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

UNE BELLE PAGE D’HISTOIRE D’HAITI : La Présidence de Cincinnatus Leconte ou un cas rarissime d’une saine gestion des Trésors Publics


Illustration. Dans l’histoire d’Haïti, trouver un président qui est au-dessus de tout soupçon dans la gestion des Trésors Publics, c’est comme chercher à cueillir des étoiles. Et le président actuel Michel Martelly n’ose faire exception à la règle, car il est la personnification même de la corruption la plus révoltante érigée en système de gouvernement dans le pays. Pourtant incroyable mais vrai, l’Histoire retient le nom de l’ancien président CINCINNATUS LECONTE, auquel elle rend justice pour son honnêteté et son respect des deniers publics. Malheureusement, son règne a duré seulement l’espace d’un cillement et Haïti ne pouvait pas continuer d’en bénéficier trop longtemps pour son redressement. Sur ce, nous invitons nos lecteurs à lire l’histoire de la présidence de CINCINNATUS LECONTE qui a fait honneur à la Nation. Cette page d’histoire est tirée de l’ouvrage « Quand la nation demande des comptes », écrit par l’historien Alain Turnier.

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

La Présidence de Cincinnatus Leconte

Proclamé Chef du Pouvoir Exécutif, Cincinnatus Leconte, par décret en date du 10, alloua la somme de 5000,000.00 gourdes à la population de Ouanaminthe mise à sac par l’armée d’Antoine Simon, et la même valeur aux généraux et soldat de la Révolution, à titre de récompense . Les dettes contractées par l’insurrection étaient reconnues par la nation (Le Moniteur, 16-19 août 1917).

Le compte de l’Etat haïtien à la Banque Nationale de République  d’Haïti, « Recettes et Paiements », accusait alors un débit de 206,267.10 gourdes. Et il allait faire face au paiement des salaires publics et services courants, du million de gourdes prévu par le décret du 10 août, de frais extraordinaires : ration de l’armée révolutionnaire, secours aux forces que le Président Antoine Simon avait jetées dans le Nord et qui, abandonnées de leurs chefs, refluaient à la Capitale par bandes nombreuses et pitoyables.

Elu le 14 août, le Président Cincinnatus Leconte fit voter le 22 août un emprunt intérieur de 2,500,000.00 gourdes pour répondre à ces diverses obligations (Le Moniteur, 23-26 août 1911).

Les récompenses et libéralités accordées par Cincinnatus Leconte, dès son arrivée au Pouvoir, aux soldats de la révolution, les cacos, appellation souvent associée au brigandage, son recours immédiat à l’emprunt intérieur, inévitables certes, mais source d’abus, de prévarication, eurent pour effet de renforcer les appréhensions. Si dans sa proclamation au peuple, il fustigea les détrousseurs des finances publiques et demanda à  tous de l’aider à assurer le respect du bien public, pareilles déclarations devenues comme une routine à l’inauguration de chaque mandat présidentiel, ne pouvaient être convaincantes. Seule une succession ininterrompue d’actes vertueux était susceptible de lui amener un peu de confiance.

Conscient du défi, Cincinnatus Leconte fit appel à des personnalités éminentes en leur assurant son appui total pour l’assainissement de l’Administration Publique : Tertullien Guilbaud, comme Ministre de l’Instruction Publique et de la Justice, Edmond Lespinasse, comme Ministre des Finances, Jacques Nicolas Léger, comme Ministre des Travaux Publics. Rapportant un entretien avec le Chef de L’Etat, le Ministre américain à Port-au-Prince, Furniss, écrivit au Département d’Etat : « Il a l’intention de laisser les détails de l’administration aux chefs des différents Départements » (Heinl & Heinl, Written in Blood. p. 362).

Une réforme en profondeur fut entreprise dans tous les services publics, particulièrement au Département des Finances. A ce sujet, le Ministre américain écrivait encore : « Les collecteurs de douane que vient de nommer le Président sont sans exception des hommes qui ont la réputation d’être honnêtes », (ibid). Grâce à une nouvelle convention budgétaire signée avec la Banque et à perception rigoureuse des impôts, le Gouvernement, sans recourir à de nouveaux  emprunts intérieurs, put faire face aux dépenses courantes, au service de la dette extérieure, au paiement à date fixe des salaires publics qui depuis environ quinze ans se faisait de façon irrégulière.

A l’honneur du Gouvernement, cette performance offrait un démenti aux détracteurs de la nation qui soutenaient que l’ordre administratif ne pouvait être établi par l’Haïtien, que seule la prise en charge de nos douanes par le Département d’Etat américain pouvait améliorer la condition haïtienne. En 1914, dans une lettre au Secrétaire américain, Bryan, le Vice-Président de la National City Bank, Farham, qui exerçait des pressions pour obtenir le contrôle de nos douanes, dut rendre  hommage à l’honnêteté de l’administration financière sous la Présidence de Leconte : « Sous l’administration du Président Leconte, un effort réel a été fait pour administrer honnêtement le pays. La direction de la Banque Nationale d’Haïti a estimé que pleinement 90% des revenus étaient effectivement perçus » (Alain Turnier, La Société des Baïonnetttes, p 167).

Les résultats immédiats de la réforme administrative et la grande modestie du Chef de l’Etat amenèrent la confiance populaire que le souvenir de la consolidation lui avait refusée à son avènement à la Présidence. Désormais l’évocation de ce souvenir lui apportait de préférence un hommage, un mérite. Selon l’expression de Dantès Bellegarde, « un homme nouveau était sorti épuré » de l’épreuve du grand procès (Dantès Bellegarde, Histoire du Peuple Haïtien, p. 233).

L’effort de redressement avait été entrepris avec détermination au risque de froisser de nombreux intérêts particuliers, dans la certitude même de mécontenter des secteurs influents. Dans son premier exposé de la situation, le Ministre Lespinasse déclarait : « La direction du Département des Finances est sur certains points une tâche ingrate. Pour réprimer les abus, ramener les habitudes de régularité, il importe à chaque moment de sacrifier l’intérêt privé à l’intérêt de tous. A semblable rôle, on perd la sympathie de ses amis, mais on sait être resté fidèle aux obligations qui naissent de la fonction occupée. Et même si le service n’est pas suffisamment apprécié, on a, du moins, le sentiment qui console du devoir accompli »

Le 8 août 1912, on le sait, le Président Cincinnatus Leconte disparaissait dans les flammes du Palais National. Peu avant la catastrophe, comme un funeste présage, des rumeurs avaient circulé concernant un mécontentement de proches collaborateurs du régime privés des sources habituelles de rapines par la discipline instaurée dans la gestion des finances publiques, une agitation des esprits dans le Nord et une révolte imminente des cacos (ibid, p. 236-237). Elles pouvaient être de simples palabres de propagandistes encouragés par les soubresauts incessants de la politique haïtienne, à jouer le rôle de Cassandre. Toutefois, le Chef de l’Etat lui-même, au cours d’un entretien avec Roger Farham, Vice-Président de la National City Bank, lui avait confié que selon des sources sérieuses sa vie était menacée du fait du contrôle rigoureux des rentrées fiscales ; certains collaborateurs lui avaient recommandé de relâcher ce contrôle sous peine de courir le risque d’être renversé (Roger Farham au Secrétaire d’Etat, William Bryan, cité par Heinl & Heinl, Written in Blood, p. 365). Il était fermement décidé à rester dans les voies difficiles de la vertu patriotique, prêt à affronter tous les périls pour la régénération morale et matérielle du peuple haïtien.

Ces sombres rumeurs et le vif émoi suscité par l’ampleur de la catastrophe inclinèrent un secteur de l’opinion à attribuer l’explosion du Palais à une action criminelle. De nos jours on pense généralement qu’elle est l’effet d’un accident : la déflagration naturelle d’un vieux lot de poudre emmagasiné dans des conditions non appropriées.

La nation affligée rendit hommage aux mérites exceptionnels de l’ancien consolidard, devenu un Chef d’Etat exemplaire, et lui fit des funérailles grandioses, « dignes des héros de la Grèce antique », selon l’expression d’un journaliste. Autour de ses restes carbonisés, Monseigeur Pichon, exprimant les regrets de tous, déclara :

« Comment, un homme parait, il y a juste un an, à une heure critique de notre histoire. A peine a-t-il pris en main les rênes du Pouvoir que l’ordre renait, la paix vient s’asseoir à tous les foyers, l’administration se réorganise, les finances redeviennent prospères, les plus grands desseins naissent, et les uns après les autres, se réalisent, et bientôt il n’est point d’espoirs qui ne nous soient permis. Et tout d’un coup cet homme puissant disparait. Un rien, une étincelle ou un choc malencontreux. Et de toutes ces espérances il ne nous reste que quelques débris douloureux, au fond d’un cercueil ! » (Alain Turnier, la Société des Baïonnettes).

N.B. – Dans sa proclamation au peuple à l’inauguration de son mandat, le successeur de Cincinnatus Leconte, le Président Tancrède Auguste, s’engagea à poursuivre l’œuvre de réorganisation entreprise par son prédécesseur qui « a droit à toute la reconnaissance nationales parce que dans les limites de sa tâche personnelle il a tout fait pour accroître la gloire et la prospérité du pays » (Ibid).

Egypte : Massacres avec l’appui étatsunien et saoudien


Frédéric DELORCA
Photo : AFP – Mohammed Abdel Moneim

Mercredi dernier, Le Caire a été le théâtre de violents affrontements : les forces de l’ordre ont dispersé deux campements partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi. Le dernier bilan [1] de la répression gouvernementale s’élèverait à plus de 600 morts et 4 000 blessés. Certains parlent déjà d’un Tiananmen [2] égyptien. Les manifestations se sont poursuivies ce 16 août dans le cadre d’un « vendredi de la colère ». Des dizaines de partisans des Frères musulmans ont été tués.

Les États-Unis ont officiellement condamné [3] les violences mais le président Obama a précisé que l’aide militaire à l’Égypte ne serait pas remise en cause. Le roi Abdallah d’Arabie saoudite qui a abondamment financé le nouveau régime militaire soutient ouvertement la répression. ll a déclaré vendredi, dans un message à la télévision, son ferme appui aux autorités égyptiennes dans leur lutte contre le « terrorisme » (Ria [4]). Les Émirats arabes unis [5] et le Bahrein (qui a lui même réprimé violemment sa population avec le soutien occidental) se sont aussi exprimés dans ce sens.

L’Égypte a annulé ses manœuvres navales avec la Turquie, prévues pour octobre prochain, en signe de protestation contre l’ »ingérence flagrante » d’Ankara dans les affaires intérieures du pays, ont annoncé vendredi les médias internationaux (Ria [6]).Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait précédemment appelé à convoquer d’urgence une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU à la suite des massacres du Caire. A Khartoum, Alger, Jérusalem, Aman, et au Maroc quelques centaines de manifestants se sont réunis en solidarité avec les Frères musulmans égyptiens en scandant des slogans hostiles au général Al-Sissi accusé d’être un instrument des États-Unis et d’Israël. Le Qatar,et la Tunisie ont quant à eux condamné la violence du pouvoir égyptien.Le Venezuela [7] a rappelé son ambassadeur pour dénoncer les massacres.

La logique de guerre civile qui s’installe en Égypte menace le pays de chaos et nuit entre autre à la minorité copte. Selon l’ONG Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), depuis le mercredi 14 août, au moins 25 églises ont été incendiées et des attaques ont visé de nombreuses écoles, maisons et échoppes coptes dans 10 des 27 provinces d’Égypte (Apic [8]).

Source: Le Grand Soir

La mort du juge Jean Serge Joseph: et si les maitres veulent protéger leurs commandeurs ?


Lors de l’émission de nouvelles Premye Okazyon, le 7 août dernier, présentée sur Radiotélévision Caraïbes par Robert Céliné et Guerrier Dieuseul, quelques impairs ont été commis  par lesdits journalistes, desquels je me suis inspiré pour écrire ces commentaires.

En effet, alors que jusqu’au tout début du scandale de la mort juge Jean Serge Joseph il s’ébruitait que celui-ci avait été empoisonné, Mr Robert Céliné et son confrère Dieuseul ne s’étaient pas érigés en moralistes pour faire la leçon à quiconque – qu’il s’agissait des membres de la famille du défunt ou du sénateur Moïse Jean-Charles – ayant divulgué la thèse de l’empoisonnement présumé du juge. Et aucune question n’avait été posée aux intéressés par les deux présentateurs sur la crédibilité et la véracité de leurs déclarations. Au contraire, nos journalistes dansaient allègrement au rythme des dires du Sénateur Moïse Jean-Charles qui, le premier, avait informé la nation sur l’empoisonnement présumé du Magistrat.

Pourtant, ce sont ces mêmes journalistes qui, le 7 août dernier, après avoir informé leurs auditeurs et téléspectateurs sur une note émanant du Bureau du Médecin légiste du Québec selon laquelle celui-ci dit maintenir pour le moment ce qu’avaient avancé les responsables de l’Hôpital Mevs, à savoir que le juge Jean Serge Joseph est mort de congestion cérébrale, s’étaient lancés dans une litanie d’ironie à l’endroit de tous ceux qui osent parler de l’empoisonnement du juge, les moralisant pour leur « malhonnêteté »… Et Robert Céliné, plus particulièrement, avait nommément accusé le Sénateur Moïse Jean-Charles comme étant celui qui a fait circuler cette « fausse information »  pouvant, disait-il, « avilir » le pays et patati et patata. En vérité, les bras m’en avaient tombé de constater cette position interlope de la part du journaliste. Quel pharisien de journaliste ! Avait-il reçu l’ordre de ses supérieurs ou d’autres forces d’effectuer ce virage de 180° ?

Néanmoins, on est fondé à penser que les deux présentateurs de « Premye Okazyon » ne sont pas assez cyniques ou cons, pour prétendre que le grand-frère du défunt, Mr Fritz Joseph, aurait monté une pièce tissée de mensonges lorsqu’il intervenait sur Radiotélévision Caraïbes, à l’émission « Ranmase », le samedi 27 juillet, disant que « l’autopsie pratiquée sur le cadavre de Serge prouve qu’il été empoisonné ». (Rappelons que, ce jour-là, Mr Fritz Joseph semblait tellement désolé, qu’il ne pouvait même pas parler, mais avait dû se confier à un médecin canadien pour donner lecture du résultat de l’autopsie confirmant la thèse de l’empoisonnement du juge Jean Serge Joseph. Et ce médecin de déclarer que « ce qui reste à faire maintenant, c’est de chercher la nature du poison).     

Quoi qu’il en soit, le soi-disant résultat partiel publié par le Bureau du Médecin légiste du Québec le 6 août 2013, loin de démentir la thèse de l’empoisonnement du juge Jean Serge Joseph, prouve au contraire, qu’il y a anguille sous roche et force le bon sens à des questionnements légitimes.

Premièrement, dans ce rapport que nous jugeons controversé et suspect à dessein, le Bureau du Médecin légiste a fait savoir que l’autopsie sur le cadavre du juge Jean Serge Joseph ne sera complète qu’en automne prochain. Alors, pourquoi une autopsie partielle en ce moment ? et qu’en est-il du premier résultat que Mr Fritz Joseph a dit détenir et qu’il a divulgué sur Radio Caraïbes, à l’émission « Ranmase » ?

Deuxièmement, Mr Fritz Joseph, aurait-il osé faire des déclarations aussi sérieuses, auxquelles il a associé le Bureau du Médecin légiste, sans être démenti sur-le-champ par le médecin lui-même ou par un porte-parole quelconque de l’institution ? Et, le médecin qui lisait le résultat pour Mr Fritz Joseph sur Radio Caraïbes, fût-il fou ou naïf, aurait-il accepté de se prêter à la « bêtise » de Mr Joseph ? Nous en doutons fort.

Troisièmement, qui a intérêt dans ce dossier de cacher la vérité, pour noyer le public, plus spécialement, le peuple haïtien dans la confusion ?

Quatrièmement, pourquoi la presse vassalisée de ces pays dits amis d’Haïti, (ces « amis » qui enchainent Haïti) qui généralement ne rate pas une occasion pour dénigrer le pays, le présenter comme étant une parodie d’état, un lamentable guignol, comme dirait l’autre, couvre-t-elle un tel scandale avec le drap du silence ? Une telle affaire, eût-elle éclaté dans l’un de ces pays, ou dans un état que gouvernent des dirigeants insoumis, imaginez comment cette presse l’aurait traitée !

Cinquièmement, et si les maitres veulent protéger leurs commandeurs ? Qu’est-ce que nous voulons dire par là ?

Les États-Unis d’Amérique, la France, le Canada, et, à un degré moindre, le Brésil, s’investissent énormément dans cette énième occupation illégale d’Haïti sous couvert humanitaire – hyperbole des néo colons, des pharisiens qui font de l’or leur dieu. Mais les vraies raisons, on les connait toutes déjà. Pour maintenir et ne pas perdre le contrôle de leur sale entreprise, il leur faut trouver les moins scrupuleux des citoyens de la Nation pour en faire des commandeurs. C’est ce qui explique la présence de Joseph Michel/MichaelMartelly et Co. au pouvoir aujourd’hui. Et, jusqu’à date, les néo colons ne se sont pas trompés et n’ont pas à se plaindre, car leurs chiens de garde nationaux leur obéissent à l’œil et au doigt, leur permettant de se conforter dans le pillage en catimini des richesses du pays. Jamais dans l’histoire de la nation haïtienne un gouvernement ne se montre aussi insensible à l’honneur national.

Alors, les maitres ne se doivent-ils pas de protéger à tout prix leurs vils commandeurs ? L’affaire du Député Arnel Bélizaire, la démission forcée de l’ancien Premier ministre Gary Conille, le scandale de la double nationalité du premier des commandeurs et de son alter ego, l’affaire Clifford Brandt, ne sont-ils pas tous des preuves palpables de la protection accordée par les néo colons, au mépris des lois du pays, à leurs minables commandeurs ? Ainsi donc, pourquoi ce serait différent aujourd’hui avec le scandale de la mort du juge Jean Serge Joseph ? Ces âmes mal nées, ont-elles jamais respecté la vie lorsqu’il s’agit de défendre leurs intérêts ? Quelles bornes n’auront-elles pas franchies pour étouffer la vérité et protéger leurs fidèles et zélés serviteurs qui ne jurent que par la MINUSTAH sur le sol de Dessalines ?

En conséquence, pour nous, le soi-disant résultat partiel de l’autopsie sur le cadavre du juge Jean Serge Joseph publié par Bureau du Médecin légiste canadien a pour objectifs de :

  1.  Désamorcer une bombe qui pour pourrait bien emporter les criminels commandeurs au pouvoir et secouer même les bases de l’occupation illégale du pays ;
  2. Faire passer le temps en attendant de venir avec une quelconque diversion, comme les élections virtuelles dont claironnent sur tous les toits maintenant les maitres et leurs commandeurs ;
  3. Miner l’ardeur et les attentes des opposants du régime honni en place, qui n’attendent que le résultat de l’autopsie confirmant la thèse de l’empoisonnement du juge, pour tout chambarder ;
  4. Discréditer tous ceux, incluant les parents du défunt, qui tiennent mordicus à la thèse de son empoisonnement;
  5. Récompenser à nouveau les commandeurs, tout en leur disant : voyez jusqu’à quel point nous vous protégeons ! Votre salut dépend de nous. Alors, continuez de nous livrer aveuglément le pays pieds et poings liés et ne vous inquiétez de rien.

Et qui a intérêt de concocter tout ça, sinon que les ennemis historiques d’Haïti qui cyniquement s’autoproclament « les amis d’Haïti » ? Oui, les maitres des vils commandeurs ?

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

Haïti-Justice/Décès du juge Jean Serge Joseph : L’épouse du défunt confirme la présence de Martelly et de Lamothe à une réunion précédant sa mort


Rachelle Acelat Joseph, l’épouse du défunt juge Jean Serge Joseph, confirme, sur les ondes de Radio Télé Kiskeya, la participation du président Joseph Michel Martelly et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe à une rencontre organisée dans l’après-midi du jeudi 11 juillet 2013, deux jours avant la mort du juge survenue le samedi 13 juillet 2013.

Martelly et Lamothe ont publiquement démenti leur présence à cette réunion dans les médias.

Des menaces de mort auraient été proférées contre le juge d’instruction Jean Serge Joseph, présent à cette rencontre organisée au cabinet de Me. Louis Garry Lissade et à laquelle prenait aussi part le ministre de la justice, Jean Renel Sanon, explique Acelat Joseph rapportant les informations qui lui ont été transmises par son mari.

Le juge a été emmené à cette rencontre par le doyen du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Raymond Jean Michel (un proche du pouvoir), précise-t-elle.

Cette rencontre a précédé la mort du juge, survenue, dans des circonstances non encore élucidées, le samedi 13 juillet 2013, à l’Hôpital Bernard Mevs, où il a été conduit d’urgence vers 1:00 am (5:00 gmt) le même jour.

Le juge Joseph aurait avalé une boisson à l’occasion de la rencontre du 11 juillet 2013, rapporte encore Rachelle Acelat Joseph à Radio Télé Kiskeya.

Après avoir prodigué les premiers soins au juge Jean Serge Joseph, après son admission, l’Hôpital Bernard Mevs aurait fait preuve d’une attitude apparemment hostile aux demandes de l’épouse du juge,  suivant les mêmes déclarations.

« Je croyais que vous (le doyen) m’aviez dit que vous aviez le contrôle du juge en charge du dossier » : tels auraient été les propos de Martelly, adressés à Me. Raymond Jean Michel en la circonstance, soulignés par l’épouse du juge défunt.

« Où voyez-vous une épouse du président en prison », avait lâché Martelly ironiquement à l’endroit du juge Joseph, toujours selon elle.

D’après la victime, ce dernier a répliqué en ces termes : « là où il y a un État de droit ».

Martelly aurait fait part au juge Joseph qu’il est offusqué par la mesure de justice prise dans cette affaire et qu’il n’arrive à dormir qu’après avoir ingurgité de la drogue », ajoute encore l’épouse du défunt Jean Serge Joseph.

Le juge Joseph était en charge de l’affaire opposant le ministère public aux nommés Sophia Saint Rémy Martelly, l’épouse du président, et Olivier Martelly, leur fils, accusés de corruption, de blanchiment, d’usurpation de fonction et dilapidation des fonds du trésor public.

Le mardi 2 juillet 2013, le juge d’instruction du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jean Serge Joseph, avait rendu un jugement, ordonnant la mise à disposition, pour la justice, du premier ministre, des ministres ainsi que de grands fonctionnaires conformément à l’article 398 du code d’instruction criminelle.

La participation du président de la République, Michel Martelly, et du premier ministre Laurent Salvador Lamothe aurait été confirmée à la rencontre du 11 juillet 2013, selon des informations disponibles.

La commission sénatoriale ad hoc d’enquête, sur le décès du juge Joseph, aurait recommandé la mise en accusation « pour crime de haute trahison » du président Martelly, du premier ministre Lamothe ainsi que du ministre de la justice Jean Renel Sanon dans le cadre de ce dossier.

Source: AlterPresse, 8 août 2013

Le NEHRO écrit au député John Conyers, Jr. pour lui demander d’intervenir auprès du Congrès Américain en faveur de Mes. André Michel et Newton Louis St Juste qui feraient l’objet de persécutions politiques et sur le dossier de feu juge Jean Serge Joseph


(AHP) –Le New England Human Rights Organization (NEHRO), organisation de défense des Droits de l’Homme basée à Boston, Massachusett,  a adressé une correspondance au Député américain John Conyers, Jr. (D-Mich.) pour lui demander d’intervenir auprès du Congrès Américains en faveur de Mes. André Michel et Newton Louis St Juste qui feraient de persécutions du Pouvoir Martelly.

L’Organisation de Droits de l’Homme sollicite l’intervetion du Député de Detroit-Michigan concernant des arrêtés qu’aurait pris  le Président Martelly, confiant plusieurs millions de dollars américains à son épouse Sophia Martelly et son fils Olivier Martelly, deux citoyens qu’elle présente comme des  américains, contrairement aux lois fiscales américaines.

Le NEHRO invite le Député John Conyers à également porter auprès de ses pairs, le dossier de la mort suspecte du Juge Serge Joseph qui était chargé du dossier « d’usurpation de fonction et de corruption de la famille présidentielle ».

Le Député de Detroit-Michigan est presenté comme une personnalité très sensible aux menaces qui pèsent sur Mes. André Michel et Newton Louis St Juste.

En octobre 2012, il avait déjà saisi le Département d’Etat Américain pour lui demander de garantir la sécurité et l’intégrité des jeunes avocats et de leur confrère Mario Joseph, « suite à l’ordre manifestement illégal donné au Commissaire du Gouvernement d’alors Me. Jean Renel Sénatus par le Ministre de la Justice Jean Renel Sanon de procéder à leur arrestation.

Voici la version française de cette correspondance datée du 2 aout 2013 :

« 2 Aout 2013
Honorable John Conyers Jr.
Deputé  Américain
1609 Longworth House Office Building
Washington DC 20515-2214

Honorable Député,
Je vous adresse cette lettre, au nom de New England Human Rights Organization (NEHRO), basé à Boston, Massachusetts, pour vous informer que des personnalités importantes sont menacées en Haïti sont par le Gouvernement de ce pays dirigé par Mr. Joseph Martelly, Président de la République.

Comme vous pouvez le savoir, Honorable Député, ce Président n’a jamais été démocrate et depuis son accession à la Magistrature suprême de l’Etat, il ne  fait qu’abuser de son pouvoir pour intimider ses adversaires et a même outrepassé ses limites constitutionnelles. A titre d’exemples, il avait ordonné l’arrestation d’un Député en exercice, Arnel Bélisaire, un élu comme lui. De plus, il provoque constamment la classe politique, utilise des propos peu orthodoxes et inappropriés contre les membres de la presse, etc. Par décret présidentiel, il a nomme sa femme et son fils Sophia Martelly et Olivier Martelly à la tête des Institutions du pays pour gérer plusieurs millions de dollars, alors que tous les deux sont citoyens Américains.

Pour ces raisons, deux jeunes avocats du pays notoirement connus pour leur engagement dans la défense des vulnérables, Mr. André Michel et Mr. Newton Louis St-Juste ont intenté une action en justice contre la famille Présidentielle pour malversation et corruption.
Le Magistrat en charge du dossier Mr. Jean Serge Joseph, avait ordonné à des membres du Gouvernement de comparaitre devant lui pour répondre des accusations de corruption portées contre la famille Présidentielle.

Honorable Député,

Mr. Jean Serge Joseph, Juge Instructeur chargé de poursuivre la famille présidentielle, est mort subitement et des investigations sont en cours pour déterminer les causes qui paraissent suspectes et au centre de ces investigations se trouvent le Président de la République, le Premier Ministre Haïtien, le Ministre de la Justice, et autres membres influents du pouvoir en place.

Honorable Député,
Nous vous saurions gré d’intervenir au nom de ces deux jeunes avocats, Mr. André Michel et Mr. Newton Louis St-Juste qui sont sous attaques constantes venant de la Présidence d’Haïti et du Gouvernement. Une fois de plus, Honorable Député,  leur vie est menacée!

En tant que Président du New England Human Rights Organization, en tant que haitiano-Américain, Je vous demande  d’utiliser votre leadership pour empêcher, et de fait, freiner ces attaques contre deux défenseurs de la justice et la démocratie en Haïti.

Sincèrement,

 

Josué Renaud, MS MED
President de NEHRO
Guy Apollon, MS MSW
Vice-President »
Source: Agence Haïtienne de Presse

Snowden quitte l’aéroport de Moscou, l’asile politique en poche


Apres des semaines d’attente, Edward Snowden a enfin quitté l’aéroport de Moscou, dans lequel il était bloqué depuis le 26 juin a annoncé jeudi son avocat russe, Anatoly Kucherena, précisant que son client s’est vu octroyer l’asile temporaire en Russie pour une durée d’un an.

L’horizon s’éclaircit pour Edward Snowden. l’Ex-espion de la CIA a en effet quitté l’aéroport de Moscou ce jeudi avec un certificat d’asile temporaire en poche. En revanche, aucune information n’a filtré sur son nouveau lieu de résidence. Son avocat refuse pour l’instant de révéler sa localisation, assurant simplement que M. Snowden était dans un « lieu sûr »« Le lieu où il se trouve ne sera pas divulgué pour des questions de sécurité car il est l’homme le plus recherché du monde », a ainsi précisé l’avocat.

C’est des journalistes du media russe Russie Today, qui ont vu l’ex-consultant de la NSA sortir de la zone de transit de l’aéroport. Ils ont également pu voir les papiers d’Edward Snowden.

Snowden veut rester en Russie

L’évolution du dossier était en bonne voie depuis une semaine déjà. Snowden avant en effet officiellement demandé un asile provisoire à la Russie le 12 juillet, et son avocat Anatoly Kucherena avait insisté sur le fait que son client avait « l’intention de s’installer en Russie, et de trouver un travail, faute de pouvoir rejoindre un des pays d’Amérique latine qui s’étaient déclarés prêts à l’accueillir.

L’avocat avait alors expliqué que le service des migrations devait lui fournir dans les sept jours suivant le dépôt de sa demande une attestation selon laquelle son dossier était recevable. Ce certificat lui donne désormais le droit de se déplacer en Russie.

CNN a par ailleurs révélé mercredi que M. Kurechena envisagerait de négocier avec l’administration américaine sur le cas de son client. Edward Snowden s’est refusé à retourner aux Etats-Unis, où il est accusé d’espionnage. Selon lui, il y serait torturé et risquerait la peine de mort. Des craintes que Washington a voulu démentir le 26 juillet, en insistant sur le fait qu’elles étaient « sans fondement » car « la torture est illégale aux Etats-Unis ».

Malgré les tensions russo-américaines nées de l’affaire Snowden, Moscou n’a reçu aucun signal de la part des Etats-Unis sur une possible annulation de la visite du président Barack Obama en Russie prévue pour septembre avant le sommet du G20. Cette affaire « est trop insignifiante pour influer sur les relations bilatérales », a souligné Iouri Ouchakov, conseiller du président russe. Mais Washington a, de son côté, laissé planer le doute sur le maintien de cette escale.

Source: l’Humanité 

Dossier Jean Serge Joseph: Me Madistin sera entendu au parquet, vague de dénonciations contre la tentative d’arrestation d’un avocat hostile au pouvoir, alors que le sénateur Moïse Jean-Charles maintient la thèse de l’empoisonnement


(AHP) – Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Lucmane Délile a confirmé lundi que l’avocat Samuel Madistin sera auditionné ce vendredi  dans le cadre de l’enquête ouverte par le Parquet pour faire la lumière sur le décès jugé sus[ect le 13 juillet dernier, du juge Jean serge Joseph.

Le magistrat enquêtait sur un dossier de corruption présumée dans lequel l’épouse et le fils ainé du president Michel Martelly sont accusés d’implication.

Me Lucmane Délile rappelle que c’est Samuel Madistin qui avait saisi le Parquet, lui demandant d’ouvrir une enquête criminelle pour élucider les zones d’ombre autour des causes de la mort du juge Joseph.

« Il est de notre devoir d’enquêter pour aboutir à la manifestation de la vérité, a dit Me Lucmane Délile qui s’est, une fois de plus présenté comme un ami du magistrat défunt. La société a droit à la vérité et nous allons faire notre travail sans mettre la charrue avant les bœufs, a-t-il indiqué.

De son côté, Me Newton Saint-Juste a assimilé à de la persecution politique, le mandat qui aurait été émis contre son confrère et partenaire André Michel. Ce dernier est l`un des défenseurs du citoyen Hénold Florestal, celui qui avait endossé la plainte contre la famille présidentielle, dossier sur lequel travaillait le juge Joseph.

Il soutient que le gouvernement est en train d’orchestrer un ensemble de manœuvres en vue de réduire au silence des individus concernés par la plainte déposée contre des membres de la famille présidentielle.

Il a laissé entendre qu’un petit groupe de juges, qu’il appelle des prédateurs des droits de l`homme, seraient prêts à exécuter des orders illégaux pour le compte des plus hautes hautes autorités de l’Exécutif.

Il a cité entre autres le doyen du tribunal civil de Port-au-Prince, celui dont on dit qu’il aurait conduit Jean Srge Joseph à la rencontre avec le president et son premier minisre, et le juge  Lamarre Bélizaire qui a émis le mandat d`arrêt contre Me Andre Michel.

Le président du Sénat Dieuseul Simon Desras a indiqué que la commission formée au grand corps pour enquêter sur le décès du juge Joseph a sollicité et obtenu une prorogation d`une semaine du délai imparti à ses travaux.

Dieuseul Simon Desras rappelle que la commission devra faire toute la lumière sur les circonstances du décès du magistrat.

Il a aussi dénoncé  la tentative d`arrestation de l’avocat André Michel, tout en démentant avoir aidé ce dernier à se mettre à couvert et condamnant le comportement du juge  Bélizaire.

Le sénateur Moïse Jean-Charles a déclaré de son côté que le president Martelly et le premier ministre Laurent Lamothe auraient de profonds désaccords suite au décès du juge Jean Serge Joseph.

Selon lui, les deux hommes seraient en train de se rejeter mutuellement la faute . Le sénateur continue de soutenir la thèse selon laquelle le juge Joseph a été victime d’empoisonnement lors d`une reunion convoquée, a-t-il dit, par le chef de l`État et le premier ministre.

Il a fait savir que les prochains jours lui donneront raison.

On apprend que le Bureau du coroner du Québec enquête sur la mort du juge Jean Serge Joseph, « un citoyen canadien d’origine haïtienne décédé à Port-au-Prince le 13 juillet ».

Des «informations indiquant qu’il pourrait s’agir d’un décès survenu dans des circonstances obscures» ont convaincu le coroner de fouiller le dossier, a indiqué la presse de Montréal.

Source: Agence Haïtienne de Presse

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