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28 juillet 1915: nous n’oublierons jamais


Comme nous avions dit dans un précédent article, il y a des dates dans l’histoire d’un peuple qui ne peuvent pas être passées sous silence, quoi que fassent les fossoyeurs de la vérité. Et c’est aussi simple que ça.

Un an après l’éclatement de la première guerre mondiale, les États-Unis d’Amérique, qui n’ont jamais digéré et qui ne digèrent pas encore la présence d’une nation nègre dans l’hémisphère occidental, encore moins dans la Caraïbe, à proximité de leurs frontières, avaient décidé d’étendre leurs tentacules impérialistes sur Haïti, petit pays qui fit mordre la poussière aux troupes des aristocrates de la peau français.

En effet, le 28 juillet 1915, les marines américains foulèrent le sol sacré de Dessalines et y restèrent jusqu’en 1934. Selon des estimations concordantes, ces 19 ans d’occupation avaient fait plus de 11.000 victimes. Ce fut la plus cruelle des incursions de l’impérialisme étasunien dans les Caraïbes à l’époque.

Certains dénaturés, pour bafouer la vérité, ont évoqué les troubles politiques qui régnaient dans le pays, provoquant ainsi l’intervention des États-Unis pour y rétablir la paix et intégrer les « barbares » dans l’ordre de la modernité occidentale. Disons sèchement que c’est un des pires mensonges que nous devons démonter en pièces.

A part le facteur raciste de cette première occupation américaine en Haïti, il y eut le facteur stratégique. Dans son ouvrage L’occupation américaine d’Haïti, Suzy Castor relate qu’en 1847, le gouvernement  de James Polk, manifestait son intérêt pour la position stratégique d’Haïti. En 1904, la question ayant été soulevée au Sénat, le Sénateur de l’Idaho soutenait en ces termes la thèse de l’acquisition d’Haïti : « L’île d’Haïti est dans l’Océan, la terre la plus proche du Canal de Panama qui puisse être obtenue, sous certaines conditions, par le gouvernement américain. Elle est située directement sur la route qui mène à l’entrée du Canal. Ce pays peut assurer, à mi-chemin entre nos ports et le Canal, une base terrestre qui nous serait profitable de temps à autre pour protéger non seulement le Canal mais également notre petite possession de Puerto Rico, qui se trouve à côté. Chaque navire qui quitte les rivages de l’Atlantique doit passer directement par un étroit bras de mer entre l’île de Cuba et celle d’Haïti, si étroit que la portée des canons pourrait le traverser deux fois. »

Le gouvernement haïtien avait subi force pressions et menaces militaires en 1891de la part du gouvernement américain pour la cession du Môle Saint-Nicolas, afin d’y implanter une station de charbon. Et en 1913, sous la pression populaire, le président éphémère Michel Oreste refusa de livrer cette partie du territoire national aux Américains, pour lequel le président Wilson envoya deux officiels américains en Haïti chargés de négocier avec le Président haïtien.

Voyons maintenant le facteur économique. Toujours selon Suzy Castor, le président étasunien Thomas Woodrow Wilson avait déclaré en 1913 : « Notre devoir envers le peuple américain exige que nous apportions notre assistance légitime aux investisseurs américains en Haïti… » Et plusieurs investisseurs américains de déclarer sans ambages : « qu’ils investiraient immédiatement… si le gouvernement  américain assurait la direction des affaires en Haïti. »

Cela fut fait et nous connaissons la suite, tels le pillage furtif de 500.000 dollars à la Banque Nationale d’Haïti par les marines américains, le 17 décembre 1914, l’imposition à Haïti un traité pour le control des douanes, la dépossession des paysans de leurs terres, etc.

Conséquemment, l’occupation américaine avait causé à Haïti non seulement la perte de sa souveraineté, mais aussi la dégradation de l’environnement, la ruine économique, affectant toutes les couches de la population, surtout les paysans qui, pour la première fois dans l’histoire du pays, durent fuir en masse vers la république voisine et vers Cuba, afin de s’assurer un mieux-être. Et nous savons ce qui était advenu, car, en 1937, le méchant dictateur président dominicain Rafael Leonidas Trullio, haïtianophobe par excellence, avec la complicité d’une partie de la bourgeoisie de la République Dominicaine, ordonna sans  autre forme de procès, le massacre de plus 30.000 de nos compatriotes.

Autre conséquence : en 1934, quoique les marines eurent évacué physiquement le sol national, ils avaient toutefois pris soin de s’assurer de la continuité de l’occupation à travers la création de la Garde d’Haïti, devenue par la suite l’Armée d’Haïti, qui, comme nous le savons tous, a valu à la Nation la catastrophe duvaliérienne.

Alors, paradoxalement, en ce 28 juillet 2013, au lieu de rendre hommage aux victimes de la première occupation du pays, au lieu d’honorer la mémoire de tous ceux qui avaient combattu à leur manière l’occupant qui avait humilié la Nation, la saltimbanque de gouvernement Martelly/Lamothe, malgré les cris incessants et indignés de tous les citoyens du pays, a opté pour la désacralisation de la mémoire de nos héros, en servant le pays un énième carnaval dit des fleurs. Quel scandal ! et quell provocation !

Cependant, les forces vives et saines de la Nation tant à l’intérieur que dans la diaspora ont mis à part ce jour mémorable du 28 juillet pour saluer la mémoire des victimes, des soldats/cacos qui s’étaient ultimement sacrifiés pour sauver l’honneur du pays, réfléchir sur la portée historique de cette date qui avait porté honte à la Nation, comme celle du 29 février 2004 qui porte aujourd’hui encore honte au pays de Ismaël Codio, Antoine Pierre-Paul, Pradel, Amabel, Hilaire, Charlemagne Péralt et ses frères, Pierre Sully, entre autres, et dire : JAMAIS PLUS !

Abas l’impérialisme !

Abas la MINUSTAH

Abas l’occupation !

Abas le gouvernement de la honte Martelly/Lamothe !

Abas tous les Conzé !

Abas le Carnaval des Fleurs de Martelly/Lamothe !

Vive Haïti Libre, régénérée et prospère !

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

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