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POUR L’HISTOIRE: François Duvalier n’était pas un nationaliste


Comme nous savons, la politique est le sujet de prédilection des Haïtiens qui se rencontrent dans les restaurants et les salons de coiffure. En effet, une vive discussion s’est élevée entre deux compatriotes il y a quelques jours dans un restaurant haïtien très fréquenté à Brooklyn où l’on débattait sur les déclarations de François-Nicolas Duvalier le 21 avril dernier dans un hommage rendu à feu son grand-père François Duvalier.

Tandis que l’un des protagonistes fustigeait Nicolas Duvalier et Me Osner Févry qui avait pris aussi la défense du monstre en cette occasion, l’autre de vociférer de toute la force de ses poumons que le peuple haïtien est ingrat et insensé, qu’il partage les points de vue de Nicolas Duvalier et Me Févry, car François Duvalier fut un grand nationaliste qui mérite sa place au Panthéon national. Mais le premier se sentait vexé et de déclarer que non, Duvalier ne possédait pas un atome de nationalisme, et qu’il avait travaillé au détriment de la nation. Par conséquent, il ne mérite pas l’estime du peuple. Façon de dire que sa place se trouve dans les poubelles de l’histoire.

Ce compatriote a tout à fait raison, car compte tenu des différents actes posés par François Duvalier depuis son ascension à la magistrature suprême jusqu’à son décès, on doit être un fanatique (le fanatisme est aveugle et souvent dépourvu de bon sens) pour oser dire qu’il avait un brin de nationalisme chez lui.

En fait, voici quelques informations que nous avons tirées du fameux ouvrage Papa Doc et les Tontons Macoutes de Bernard Diederich et Al Burt pour démontrer que Papa Doc n’était pas un nationaliste.

Duvalier voulait faire d’Haïti un autre Porto Rico :

« … (Duvalier) exhorte les autres candidats à se rallier à son administration et forme le vœu qu’Haïti devienne « l’enfant gâté » des États-Unis « à l’instar de Porto Rico » (souligné par nous)… Il ajoute qu’il sollicitera l’aide financière des États-Unis pour résoudre les problèmes fiscaux de l’État, promet de favoriser les investissements privés dans la branche du tourisme. Enfin, stupéfiant tout le monde, y compris ses propres partisans, il annonce qu’il va demander à Washington de lui expédier une mission militaire pour collaborer avec les forces armées de la République » (souligné par nous).

Duvalier décorait l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista, marionnette des É.U. :

 « … Duvalier vient donc de faire la paix avec Batista. Pour confirmer les bons sentiments qu’il nourrit à son égard, ce dernier lui envoie un autre visiteur, le docteur Rolando Masferrer, lequel assure Duvalier que Castro et sa bande vont bientôt chassés de leur repaire dans la Sierra Maestra. Celle-ci est située dans la province d’Oriente, la partie de Cuba la plus proche d’Haïti. Cet été-là Duvalier décore à son tour Batista. Le Cubain est fait grand-croix de l’Ordre de Toussaint Louverture, ordre fondé par Duvalier en personne. Batista est le premier à qui il soit conféré. »

Duvalier souhaitait des bases militaires des É.U. sur le territoire d’Haïti :

« …Un soir de couvre-feu, alors que l’ambassadeur américain, sa femme et ses deux petits-fils prennent place pour dîner, une vingtaine de coups de feu sont tirés en direction des bâtiments résidentiels, sans raison apparente. Apprenant la nouvelle, Duvigneaud convoque une conférence de presse. Il proteste de la bonne volonté du gouvernement  à l’égard des États-Unis et il promet que leur ambassade sera protégée efficacement. Duvigneaud déclare aux reporters qu’il n’a pas encore été établi si le tir dirigé contre la résidence de l’ambassadeur était intentionnel ou s’il s’agissait d’une erreur. De toute façon, on ne connaît pas les agresseurs. Il ajoute que le gouvernement a la situation intérieure bien en main et rend Déjoie responsable des incidents. Pour conclure il déclare qu’Haïti est disposé à offrir aux États-Unis « toutes facilités pour établir sur le territoire haïtien des bases de fusées, des champs d’expériences balistiques et des stations de repérage » (souligné par nous).L’Amérique entretient déjà un certain nombre de ces dernières en République Dominicaine.

« A la requête d’Haïti, le 18 mai 1958, débarque un détachement de huit Marines. Ils sont envoyés en mission d’études par Washington et représentent l’avant-garde d’une équipe d’instructeurs é venir. Les hommes sont sous le commandement du major général James P. Riseley, un dur, authentique « leatherneck » lui aussi. A l’époque de l’occupation du pays, il a commandé pendant six ans le district de Pétionville et il a appris le créole. Sont déjà sur place des missions de l’armée de l’air américaine et de la marine qui collaborent avec l’aviation haïtienne et les garde-côtes.

« La panique s’empare de l’opposition lorsqu’elle voit les Marines se ranger aux côtés de Duvalier. Il faut préciser qu’après vingt ans d’occupation les esprits étaient tellement échauffés qu’on avait interdit pendant de nombreuses années aux Marines de faction de porter leur uniforme standard. Et voici qu’à présent les mêmes Marines reviennent pour entraîner l’armée, sur l’invitation de Duvalier ! L’impact psychologique est considérable. Affichant le même sourire vague que d’habitude, le président ne fait pas l’effort de chercher à justifier sa décision. On l’entendra souvent marmonner plus tard que l’armée, déchirée par les dissensions depuis la crise de 1957, avait besoin d’être réorganisée. La vérité, c’est qu’il veut exhiber les Marines comme le symbole de l’appui que lui accordent les États-Unis et contenir en partie grâce à ses ennemis. »

A suivre

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

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