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Archives mensuelles de “juin, 2013”

POUR L’HISTOIRE: François Duvalier n’était pas un nationaliste (suite)


La politique, comme nous le savons, est le sujet de prédilection des Haïtiens qui se rencontrent dans les restaurants et les salons de coiffure. En effet, une vive discussion s’est élevée entre deux compatriotes il y a quelques jours dans un restaurant haïtien très fréquenté à Brooklyn où l’on débattait sur les déclarations de François-Nicolas Duvalier le 21 avril dernier dans un hommage rendu à feu son grand-père François Duvalier.

Tandis que l’un des protagonistes fustigeait Nicolas Duvalier et Me Osner Févry qui avait pris aussi la défense du monstre en cette occasion, l’autre de vociférer de toute la force de ses poumons que le peuple haïtien est ingrat et insensé, qu’il partage les points de vue de Nicolas Duvalier et Me Févry, car François Duvalier fut un grand nationaliste qui mérite sa place au Panthéon national. Mais le premier se sentait vexé et de déclarer que non, Duvalier ne possédait pas un atome de nationalisme, et qu’il avait travaillé au détriment de la nation. Par conséquent, il ne mérite pas l’estime du peuple. Façon de dire que sa place se trouve dans les poubelles de l’histoire.

Ce compatriote a tout à fait raison, car compte tenu des différents actes posés par François Duvalier depuis son ascension à la magistrature suprême jusqu’à son décès, on doit être un fanatique (le fanatisme est aveugle et souvent dépourvu de bon sens) pour oser dire qu’il avait un brin de nationalisme chez lui.

En fait, voici quelques informations que nous avons tirées du fameux ouvrage Papa Doc et les Tontons Macoutes de Bernard Diederich et Al Burt pour démontrer que Papa Doc n’était pas un nationaliste.

Les Marines foulaient une nouvelle fois le sol haïtien selon les vœux de Duvalier

« Lorsqu’il semble certain que les Marines vont arriver, Duvalier entreprend de faire un peu de ménage. On serre un peu plus la vis aux gens d’affaires. Un décret du 13 octobre 1958 interdit à toute entreprise de fermer ses portes ou même de faire faillite sans en avoir d’abord reçu permission. « il est de notre devoir d’empêcher tout ce qui pourrait compromettre la vie économique du pays. Dans certains cas, la fermeture d’établissements indusriels, commerciaux ou agricoles peut constituer un moyen de provoquer l’agitation sociale e politique. » Alors que l’économique du pays vacille, les faillites se font de plus en plus nombreuses. On laissera les portes ouvertes cependant, même si elles ne sont franchies que par des créanciers.

« (…) Faisant suite aux conversations qu’a eues Wieland, les Marines délèguent une mission temporaire dirigée par le major James T. Breckenridge. Celle-ci est chargée de mener à bien un projet pilote. Selon ses termes les recrues de l’armée haïtienne doivent recevoir un entraînement d’une durée de trois mois dispensé par les instructeurs américains. Ces derniers sont au nombre de dix. Au printemps précédent, une mission d’étude des Marines avait conclu qu’un tel projet était réalisable. On va donc essayer de traduire l’idée en pratique. Lors de la célébration du cent trente-huitième anniversaire de la fonction des Marines, Phillip Williams, le chargé d’affaires américain, fait remarquer à ses hôtes que la requête du gouvernement haïtien démontre la haute estime dans laquelle celui-ci tient leur corps d’élite (souligné par nous).

« (…) Au bout d’un mois, le général Mangrum arrive des États-Unis en voyage d’inspection. Il veut se rendre compte des progrès réalisés par les instructeurs. On fait donc évoluer les troupes haïtiennes qui font une démonstration de leur science nouvellement acquise en présence de leurs officiers, des Marines et aussi d’une foule de curieux attirés par l’événement. Après quoi c’est le général Flambert qui décore personnellement le général Mangrum, le colonel Croizart, le major Breckenridge et le capitaine Williams. Chacun se voit conférer l’ordre du Mérite militaire, fondé par Dessalines (souligné par nous). L’ironie du geste n’échappe pas aux Haïtiens. La haine légendaire du libérateur de la patrie à l’égard des Blancs est immortalisée dans une marche militaire : Dessalines pas vlé ouè Blancs (Dessalines ne peut pas voir les Blancs), et c’est cette même marche qui sera jouée pendant la parade.

« (…) Pendant que les exilés haïtiens se pressent se pressent vers la Havane on manifeste quelque inquiétude aux États-Unis sur l’opportunité d’envoyer de nouveau des instructeurs. Le chef de file de la majorité du Sénat, Mike Mansfield, engage vivement l’administration à « y aller doucement » en ce qui concerne la mission.

« Les Marines, quant à eux, ont déjà débarqué. A bord du S. S. Ancon est arrivé un détachement de quatre officiers et quatre  sous-officiers menés par le colonel Robert Debs Heinl Jr. Briqué à neuf selon la tradition, ce dernier a l’air martial d’un officier de l’armée des Indes.

« William Wieland, du State Department, lequel a été le conseiller du gouvernement pour les affaires cubaines, avise Heinl que Washington a décidé de soutenir Duvalier et que lui, Heinl, doit faire de son mieux pour suivre le même cours.

« Le jour qui suit son arrivée, ce dernier est présenté au palais par l’ambassadeur Drew. Duvalier entreprend d’expliquer à Heinl avec quelle rapidité la tension politique est en train de tomber. Il ajoute que le rôle principal des Marines – on a rebaptisé leur mission pour ne pas raviver de vieux souvenirs ; officiellement c’est une mission de la marine américaine – sera d’aider à maintenir l’armée haïtienne en dehors des querelles politiques. Duvalier fera également exercer une stricte surveillance sur ses hôtes.

« Le colonel Heinl va trouver une source précieuse de renseignements en la personne de Barbot, le chef tout-puissant des Tontons Macoutes devenu maintenant secrétaire particulier de Duvalier. C’est lui qui rappellera sèchement à l’ordre un membre du haut éta-major, lequel avait omis de déguiser son hostilité à l’égard des Marines. Six mois ne s’écouleront pas avant que l’homme soit rayé des effectifs . Les Américains vont devenir une cible commode pour les critiques de l’opposition. On commence à les appeler le Tontons Macoutes blancs. »

Le Môle-Saint-Nicolas offert aux États-Unis d’Amérique

« (…) Une fois l’agitation étudiante retombée, Duvalier accueille Victor Anfuso, membre new-yorkais du parti démocrate et député. Il donne une réception à la résidence en l’honneur de ce dernier et lui déclare qu’il est prêt à offrir aux États-Unis un port situé dans la partie nord-ouest de l’île. Il s’agit du Môle-Saint-Nicolas, que Washington a obstinément cherché à obtenir au cours du dix-neuvième siècle. Ce port, dit Duvalier, pourra être utilisé avantageusement en remplacement de Guantanamo à Cuba comme station de repérage de missiles et base navale. Ainsi donc, Duvalier, le féroce nationaliste et défenseur du sol haïtien, à l’entendre du moins, prend l’initiative bizarre de proposer un établissement permanent à une force armée étrangère. Cette attitude est en contradiction flagrante avec celle des personnages de l’histoire nationale qu’il salue du nom de patriotes. Dans l’intimité, les militaires américains avouent que la configuration de la baie se prête mal à l’établissement d’une base navale moderne. Quelques jours plus tard, les États-Unis annoncent qu’ils donnent à Duvalier 500 000 dollars pour améliorer les chaussées de la capitale dont les rues sont qualifiées de dangereuses pour la circulation. »

Alors, n’est-ce pas vrai que l’ancien boucher François Duvalier n’était pas un nationaliste ?

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

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Le double jeu et l’insanité de Washington mènent le monde à la 3ème guerre mondiale


Paul CRAIG ROBERTS

Au XXIème siècle, la propagande vieille de plus de 200 ans qui dit que le peuple étasunien contrôle son gouvernement a été complètement pulvérisée. Les deux régimes de Bush et d’Obama ont rendu parfaitement clair que ce peuple n’a aucune influence, encore moins de contrôle, sur le gouvernement. Pour ce qui est de Washington, le peuple n’est rien d’autre que fétus de paille dans le vent.

Les sondages récents montrent que 65% de la population étasunienne est opposée à une intervention en Syrie. Malgré cette claire indication de la volonté du peuple, le régime Obama pousse sa propagande pour plus d’armement des mercenaires de Washington envoyés en Syrie pour renverser le gouvernement séculier syrien et pour établir une “zone d’exclusion aérienne” au dessus de la Syrie qui, si nous nous fions à l’exemple libyen, veut dire des attaques de l’aviation étasunienne ou de l’OTAN sur l’armée syrienne au sol, servant ainsi de force d’appui aérien pour les mercenaires importés de Washington, nommés par doux euphémisme “les rebelles syriens”.

Washington a récemment déclaré que la “ligne rouge” qui provoquerait une action des EU serait que le gouvernement d’Assad utilise des armes chimiques de destruction massive contre les mercenaires de Washington. Une fois cette annonce faite, tout ceux ayant encore un cerveau, ont immédiatement su que Washington allait fabriquer de faux rapports de renseignement disant qu’Assad avait utilisé des armes chimiques, tout comme Washington avait présenté aux Nations-Unies le mensonge intentionnel, via le ministre des affaires étrangères de l’époque Colin Powell, selon lequel Saddam Hussein en Irak avait des armes de destruction massive. Vous rappelez-vous l’image utilisée par la conseillère à la sécurité Condoleeza Rice du “champignon au dessus des villes étasuniennes” ? Les mensonges propagandistes étaient à l’ordre du jour de Washington.

Et ils le sont toujours. Maintenant Washington a fabriqué de fausses preuves et le président obama a annoncé sans sourciller que la Syrie d’Al-Assad avait utilisé du gaz sarin en plusieurs occasions et qu’entre 100 et 150 personnes “de son propre peuple”, doux euphémisme pour les mercenaires soutenus par les États-Unis, avaient été tuées par l’arme de destruction massive.

Pensez-y une minute. Aussi malencontreuse que soit la mort due à la guerre, est-ce que la mort de 100-150 personnes est une “destruction massive” ? D’après des estimations très prudentes, l’invasion de la Syrie par des mercenaires à la solde des États-Unis, a coûté environ 93 000 vies. Ces 150 vies représentent donc 0,0016 d’entre elles.

En d’autres termes : 92 850 vies perdues n’ont pas franchi la “ligne rouge”, mais ces 150 supposées là.. oui…

Oui je sais… La position de Washington n’a aucun sens. Mais a-t-elle jamais eu un sens ?

Poussons le bouchon un peu plus loin. Assad sait au sujet de la “ligne rouge” de Washington. Ceci a été rabâché encore et toujours plus afin de marteler dans les esprits du public étasunien distrait qu’il y avait une raison véritable et valide d’attaquer la Syrie. Pourquoi donc Assad utiliserait-il des armes de destruction massive prohibées pour tuer quelques 150 mercenaires alors que son armée balaie ces mercenaires étasuniens sans l’utilisation de gaz et alors qu’Assad sait très bien que l’utilisation d’une telle arme amènerait l’armée américaine contre lui ?

Comme le gouvernement russe l’a clairement exprimé, les accusations de Washington ne sont pas crédibles. Aucune personne informée ne peut y croire. Pas de doute, quelques Étasuniens portant leur patriotisme à fleur de peau seront convaincus du dernier mensonge de Washington, mais personne d’autre dans le monde ne le sera. Même les marionnettes de l’OTAN alliées de Washington, appelant à une attaque de la Syrie, savent que la justification de celle-ci est un mensonge. Pour les marionnettes de l’OTAN, l’argent de Washington dépasse leur intégrité, qualité qui rapporte peu.

Les Russes savent très certainement que Washington ment. Le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a déclaré : “Le gouvernement Assad, comme l’opposition le dit ouvertement, a obtenu de grands succès militaires sur le terrain. Le régime Assad n’est pas le dos au mur. Quel sens cela a-t-il pour lui d’utiliser des armes chimiques, de surcroi en si petite quantité.”

Lavrov est une personne relativement civilisée dans le rôle du diplomate principal russe. Mais d’autres officiels russes peuvent être plus acerbes dans leur réfutation des derniers mensonges flagrants de Washington. Youri Ouchakov, aide du président Poutine a déclaré : “Les Étasuniens ont essayé de nous présenter des informations sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime du président Al-Assad, mais franchement nous avons pensé que tout cela n’était pas convaincant. Nous ne voudrions pas invoquer le tristement célèbre mensonge de Colin Powell (à l’ONU, expliquant l’existence des ADM irakiennes), mais les faits ne paraissent pas convaincants à nos yeux.” Alexeï Pouchkov, le président du comité des affaires étrangères de la Douma (parlement russe) a lui coupé court : “Les données concernant l’utilisation par Assad d’armes chimiques sont fabriquées par la même entreprise qui avait fabriquée les mensonges à propos des ADM de Saddam Hussein. Obama marche sur le chemin de George W. Bush.”

Ici aux États-Unis, personne ne tiendrait une telle ligne de parole et de pensée au sein de la “ pressetituée ” [jeu de mot sur press et prostituée].

Le double langage orwellien est dorénavant le langage du gouvernement des États-Unis. Le ministre des affaires étrangères John Kerry a, d’un côté, condamné Assad pour avoir torpillé “les discussions de paix”, tandis que les États-Unis arment de l’autre côté les mercenaires en Syrie.

Le double-langage de Washington est maintenant évident pour tout le monde. Non seulement Assad, mais aussi les Russes, les Chinois, les Iraniens et tous les États marionnettes à la solde des États-Unis incluant les nations de l’OTAN et le Japon, sont parfaitement au courant que Washington est en train de mentir une fois de plus comme un arracheur de dents. Les Russes, les Chinois et les Iraniens essaient d’éviter la confrontation avec Washington, car la guerre avec les armes modernes nucléaires voudrait dire la destruction de toute vie sur terre. Ce qui est stupéfiant, c’est que malgré le lavage de cerveaux s’opérant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 par les prostituées, une grande majorité de la population américaine est opposée à la guerre d’obama en Syrie.

Ceci est une bonne nouvelle. Cela veut dire que plus d’Américains développent une capacité de penser indépendamment des mensonges dont Washington les gave quotidiennement.

Ce que les nazis néo-conservateurs, les régimes Bush/Obama assistés de leur “ pressetituée ” ont clairement exprimé, c’est que Washington va pousser l’agenda de son hégémonie mondiale jusqu’au point de commencer la Troisième Guerre mondiale, ce qui veut bien sûr dire, la fin de la vie sur terre.

La Russie et la Chine, chacune ayant la capacité de détruire les États-Unis, ont appris que le gouvernement étasunien ment et ne peut en aucun cas être cru, ceci impliquant un niveau de confiance zéro. La politique de “L’exclusion aérienne” au dessus de la Libye avec laquelle les Russes et les Chinois avaient été d’accords, s’est transformée en une attaque aérienne de l’OTAN sur l’armée libyenne de façon à ce que les mercenaires de la CIA au sol puissent l’emporter.

La Russie et la Chine, ayant retenu la leçon, protestent contre l’attaque de Washington contre la Syrie, attaque qualifiée par Washington de “guerre civile”. Si la Syrie tombe, la Russie et la Chine savent que l’Iran est le prochain pays sur la liste.

L’Iran est une partie sensible pour la Russie et pour la Chine. L’Iran représente plus de 20% de ses importations énergétiques. Les gouvernements russe et chinois savent également que si l’Iran tombe, alors tous deux sont les suivants sur la liste. On ne saurait expliquer autrement pourquoi Washington encercle la Russie avec des bases de missiles et la Chine avec des bases navales et aériennes.

La Russie et la Chine se préparent toutes deux à une guerre qu’elles perçoivent comme inévitable. La folle poussée, la démence de Washington vers une hégémonie mondiale est en train d’amener les citoyens américains insouciants contre deux pays qui ont une capacité thermo-nucléaire et dont les populations combinées représentent cinq fois la population étasunienne. Dans un tel conflit… tout le monde meurt.

Considérant l’insanité avérée des gouvernants de Washington, si la vie humaine existe toujours au delà de l’année 2020, ce sera un vrai miracle. Tous les soucis au sujet du Medicare, de la sécurité sociale, des retraites etc. n’ont plus aucun sens, ni intérêt.

Il n’y aura plus personne pour toucher la moindre prestation…

Paul Craig Roberts

Addendum : Si le rapport de RT ci-dessous est correct, il paraît évident que les imbéciles ignorants et malfaisants de Washington emmènent le monde vers la 3ème guerre mondiale. http://rt.com/news/iran-troop-deployment-syria-782/

Addendum : La Russie dit qu’elle ne permettra pas de “zone d’exclusion aérienne” au-dessus de la Syrie.

http://www.informationclearinghouse.info/article35318.htm

Addendum : Une fois de plus, Washington démontre qu’il est l’endroit des plus gros idiots sur terre

Source: Le Grand Soir

Crash d’un avion dans une localité tout près de Jéremie: 2 morts mais la provenance et la destination de l`appareil de même que l’identité des victimes ne sont toujours pas connues


(AHP) – Au moins deux personnes ont été tuées tôt ce mardi dans le crash d`un petit avion dans la localité Prévilé à 25 kilomètres de la ville de Jérémie, chef-lieu du département de la Grand-Anse (Sud-ouest).

Aucune information n`était disponible en fin de journée sur la provenance et la destination de l`appareil , pas plus que sur l`identité des deux victimes.
Ces dernieres étaient si méconnaissables qu`elles n`ont pu être transportées à la morgue, a rapporté un correspondant de AHP sur place.

Le délégué départemental a promis de rencontrer la presse ce mercredi en vue de faire certaines précisions autour de ce \ crash qui suscite pas mal d`interrogations et commentaires  dans la communauté.

Des habitants de la région ont même evoqué la possibilité qu’il s`agisse d`un avion qui transportait de la drogue.

Agence Haïtienne de Presse

PARLEMENTAIRES POUR LE RENFORCEMENT INSTITUTIONNEL (PRI) : LETTRE OUVERTE A LA NATION


Port-au-Prince, le 24 juin 2013
PARLEMENTAIRES POUR LE RENFORCEMENT INSTITUTIONNEL (PRI)
LETTRE OUVERTE A LA NATION
Peuple haïtien,

Il est dans l’histoire des peuples de moments marqués à l’encre écarlate du sublime et d’autres cochés de la balafre méprisante du déshonneur. Comme il survient dans la chronique des régimes politiques des heures d’exaltation délirante et des jours de sombre déchéance.

La Nation haïtienne – et le monde entier par la magie de l’audio-visuel – viennent d’assister, le 14 mai 2013, à une effroyable imposture qui a rassemblé sur une estrade en plein air des thuriféraires législatifs défilant devant le pupitre de l’Exécutif comme devant une arche d’alliance de la désinvolture et du reniement de soi.

Quel patriote n’a pas ressenti la morsure lancinante de la honte à l’audition de certains élus du peuple bavant d’admiration et prodigues de louanges indues à l’endroit du Président avec qui ils partagent pourtant l’exercice de la souveraineté populaire ! Quel électeur jaloux de sa dignité et de son orgueil n’a pas rougi au spectacle de ce prosélyte se prosternant devant le fondateur de la religion nouvelle bâtie sur la démagogie, la manipulation de la crédulité des masses, la fatuité et le mensonge !

Le groupe PRI se sent profondément humilié devant cette démonstration scandaleuse de flagornerie publique des collègues qui se sont volontairement embauchés à la propagande d’un Pouvoir qui ne cache pas sa volonté de vassaliser le Parlement au profit d’une oligarchie engagée allègrement dans un détournement effréné des ressources de l’État et une ponction étourdie du sang du peuple.

Le groupe PRI ne se lasse pas d’agiter la sonnette d’alarme pour attirer l’attention sur les dérives et les dommages qui menacent la bonne santé du pays et de la République. II ne se lasse pas de rappeler aux Parlementaires que les projets exécutés dans leur département ou leur circonscription ne sont inscrits au budget que grâce à leur choix et à leur vote souverain. En aucun cas, cette enveloppe communale ne doit être perçue comme une obole du prince, ni constituer une monnaie d’échange ou la rançon de la trahison ou la facture d’une allégeance politicienne.

La République démocratique, qui s’instaure patiemment et douloureusement au pays de tous les arbitraires, est le haut lieu de l’équilibre des Pouvoirs, un équilibre fondé sur les principes immuables et inviolables de la séparation et de l’indépendance des Pouvoirs. Pas de délégation, ni d’abdication, ni de démission. C’est par le contrôle parlementaire que « le pouvoir arrête le pouvoir », que le Législatif peut bloquer les débordements de l’Exécutif enclin depuis quelque temps aux dépenses somptuaires au mépris de l’abyssale misère du peuple.

Le peuple souffrant peut-il espérer obtenir un contrôle rigoureux de la part de Parlementaires à ce point redevables envers le gouvernement qu’ils se sont avilis à en dresser un bilan flatteur, à le remercier d’avoir condescendu à leur accorder des faveurs particulières et même à s’agenouiller devant son autel pour recevoir sa bénédiction et une eucharistie de la connivence ou de la complicité ?

Il est encore temps pour nos honorables collègues de se ressaisir. Il est souhaitable, certes, en régime semi-parlementariste, que le gouvernement dispose d’une majorité pour supporter son programme et son agenda législatif. Mais il incombe impérieusement à cette majorité de cheminer dans cette alliance l’échine droite et la tête altière et, au besoin, de rappeler ses partenaires au respect de l’ordre républicain, chaque fois que ces derniers seraient tentés d’apprivoiser ou de domestiquer le Corps législatif par les fulminations grincheuses de l’intimidation ou par les flamboiements séduisants et perfides de la corruption.

En toutes circonstances, le Parlementaire se doit de rester digne et fier de son statut et fermement attaché à la défense des intérêts supérieurs de ses mandants et de la nation. En aucun cas, il ne doit renoncer à ses attributions au profit d’un autre pouvoir ; en aucun cas, il ne doit se ravaler à la propagande d’un Exécutif qui pratique l’autocratie dans toute sa splendeur, qui privilégie la théâtralité et la dimension ludique du pouvoir et qui refuse obstinément de se soumettre au contrôle parlementaire.

Le groupe PRI lance aujourd’hui un appel pathétique pour un sursaut de la conscience parlementaire et républicaine. Il espère que la barre de ce laisser-aller morbide sera redressée d’un côté comme de l’autre, en vue de reconquérir l’image de dignité du parlement haïtien et de recouvrer l’appréciation de ceux qui nous ont fait l’honneur de les représenter.

Que l’Éternel Dieu nous guide dans la bonne voie !

Sadrac Dieudonné Député Président
Clément Dupner Député Porte-parole

POUR L’HISTOIRE: François Duvalier n’était pas un nationaliste


Comme nous savons, la politique est le sujet de prédilection des Haïtiens qui se rencontrent dans les restaurants et les salons de coiffure. En effet, une vive discussion s’est élevée entre deux compatriotes il y a quelques jours dans un restaurant haïtien très fréquenté à Brooklyn où l’on débattait sur les déclarations de François-Nicolas Duvalier le 21 avril dernier dans un hommage rendu à feu son grand-père François Duvalier.

Tandis que l’un des protagonistes fustigeait Nicolas Duvalier et Me Osner Févry qui avait pris aussi la défense du monstre en cette occasion, l’autre de vociférer de toute la force de ses poumons que le peuple haïtien est ingrat et insensé, qu’il partage les points de vue de Nicolas Duvalier et Me Févry, car François Duvalier fut un grand nationaliste qui mérite sa place au Panthéon national. Mais le premier se sentait vexé et de déclarer que non, Duvalier ne possédait pas un atome de nationalisme, et qu’il avait travaillé au détriment de la nation. Par conséquent, il ne mérite pas l’estime du peuple. Façon de dire que sa place se trouve dans les poubelles de l’histoire.

Ce compatriote a tout à fait raison, car compte tenu des différents actes posés par François Duvalier depuis son ascension à la magistrature suprême jusqu’à son décès, on doit être un fanatique (le fanatisme est aveugle et souvent dépourvu de bon sens) pour oser dire qu’il avait un brin de nationalisme chez lui.

En fait, voici quelques informations que nous avons tirées du fameux ouvrage Papa Doc et les Tontons Macoutes de Bernard Diederich et Al Burt pour démontrer que Papa Doc n’était pas un nationaliste.

Duvalier voulait faire d’Haïti un autre Porto Rico :

« … (Duvalier) exhorte les autres candidats à se rallier à son administration et forme le vœu qu’Haïti devienne « l’enfant gâté » des États-Unis « à l’instar de Porto Rico » (souligné par nous)… Il ajoute qu’il sollicitera l’aide financière des États-Unis pour résoudre les problèmes fiscaux de l’État, promet de favoriser les investissements privés dans la branche du tourisme. Enfin, stupéfiant tout le monde, y compris ses propres partisans, il annonce qu’il va demander à Washington de lui expédier une mission militaire pour collaborer avec les forces armées de la République » (souligné par nous).

Duvalier décorait l’ancien dictateur cubain Fulgencio Batista, marionnette des É.U. :

 « … Duvalier vient donc de faire la paix avec Batista. Pour confirmer les bons sentiments qu’il nourrit à son égard, ce dernier lui envoie un autre visiteur, le docteur Rolando Masferrer, lequel assure Duvalier que Castro et sa bande vont bientôt chassés de leur repaire dans la Sierra Maestra. Celle-ci est située dans la province d’Oriente, la partie de Cuba la plus proche d’Haïti. Cet été-là Duvalier décore à son tour Batista. Le Cubain est fait grand-croix de l’Ordre de Toussaint Louverture, ordre fondé par Duvalier en personne. Batista est le premier à qui il soit conféré. »

Duvalier souhaitait des bases militaires des É.U. sur le territoire d’Haïti :

« …Un soir de couvre-feu, alors que l’ambassadeur américain, sa femme et ses deux petits-fils prennent place pour dîner, une vingtaine de coups de feu sont tirés en direction des bâtiments résidentiels, sans raison apparente. Apprenant la nouvelle, Duvigneaud convoque une conférence de presse. Il proteste de la bonne volonté du gouvernement  à l’égard des États-Unis et il promet que leur ambassade sera protégée efficacement. Duvigneaud déclare aux reporters qu’il n’a pas encore été établi si le tir dirigé contre la résidence de l’ambassadeur était intentionnel ou s’il s’agissait d’une erreur. De toute façon, on ne connaît pas les agresseurs. Il ajoute que le gouvernement a la situation intérieure bien en main et rend Déjoie responsable des incidents. Pour conclure il déclare qu’Haïti est disposé à offrir aux États-Unis « toutes facilités pour établir sur le territoire haïtien des bases de fusées, des champs d’expériences balistiques et des stations de repérage » (souligné par nous).L’Amérique entretient déjà un certain nombre de ces dernières en République Dominicaine.

« A la requête d’Haïti, le 18 mai 1958, débarque un détachement de huit Marines. Ils sont envoyés en mission d’études par Washington et représentent l’avant-garde d’une équipe d’instructeurs é venir. Les hommes sont sous le commandement du major général James P. Riseley, un dur, authentique « leatherneck » lui aussi. A l’époque de l’occupation du pays, il a commandé pendant six ans le district de Pétionville et il a appris le créole. Sont déjà sur place des missions de l’armée de l’air américaine et de la marine qui collaborent avec l’aviation haïtienne et les garde-côtes.

« La panique s’empare de l’opposition lorsqu’elle voit les Marines se ranger aux côtés de Duvalier. Il faut préciser qu’après vingt ans d’occupation les esprits étaient tellement échauffés qu’on avait interdit pendant de nombreuses années aux Marines de faction de porter leur uniforme standard. Et voici qu’à présent les mêmes Marines reviennent pour entraîner l’armée, sur l’invitation de Duvalier ! L’impact psychologique est considérable. Affichant le même sourire vague que d’habitude, le président ne fait pas l’effort de chercher à justifier sa décision. On l’entendra souvent marmonner plus tard que l’armée, déchirée par les dissensions depuis la crise de 1957, avait besoin d’être réorganisée. La vérité, c’est qu’il veut exhiber les Marines comme le symbole de l’appui que lui accordent les États-Unis et contenir en partie grâce à ses ennemis. »

A suivre

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

Nigeria: 16 femmes libérées d’une « usine à bébés »


Nigeria: 16 femmes libérées d'une 'usine à bébés'La police nigériane a anoncé jeudi avoir libéré seize femmes enceintes apparemment forcées à avoir des bébés destinés à être vendus, au cours d’un raid dans une maison du sud du Nigeria.

Lors de l’opération, mardi, dans la ville d’Aba (Etat d’Abia), les policiers ont interpellé le propriétaire des lieux, Hyacinth Ndudim Orikara, qui avait déjà été arrêté il y a deux ans pour trafic d’êtres humains. On ignorait, depuis, pourquoi il avait été remis en liberté et ce qu’il était advenu de son dossier.

« Seize femmes enceintes agées de 17 à 37 ans ont été découvertes » dans la maison qui abritait une institution du nom de Cross Foundation, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la police de l’Etat, Geofrey Ogbonna.

« Le suspect est un trafiquant d’êtres humains en série. Il affirme être médecin. Je me souviens que le même homme avait été arrêté en mai 2011 et que 32 adolescentes avaient été sauvées à son domicile », a dit le porte-parole de la police.

Les jeunes filles avaient alors expliqué qu’on leur avait proposé de vendre leurs bébés 25. 000 à 30. 000 nairas (autour de 200 dollars) selon le sexe de l’enfant, a-t-il poursuivi.

Le dossier avait été confié à l’agence nationale chargée de la lutte contre le trafic d’êtres humains, a dit M. Ogbonna, qui n’a pu expliquer ce qui s’était ensuite passé. Mais, a-t-il relevé, le même suspect « a été de nouveau arrêté pour le même délit ».

Un porte-parole de l’agence de lutte contre le trafic d’être humains, la National Agency for Prohibition of Trafficking in Persons, a affirmé que le cas ne tombait pas sous sa juridiction et que le suspect avait été remis à la police.

Une série d' »usines à bébés » ont été découvertes ces dernières années au Nigeria, en particulier dans le Sud-Est du pays.

Le mois dernier, déjà, six adolescentes enceintes y avaient été libérées lors d’un raid dans une maison d’Enugu. Trois personnes ont été arrêtées pour avoir projeté de vendre les bébés.

Auparavant, la police avait libéré 17 adolescentes de 14 à 17 ans également enceintes ainsi que 11 jeunes enfants dans la ville d’Umuaka, dans l’Etat voisin d’Imo. Les jeunes femmes avaient dit avoir été mises enceintes par un même homme de 23 ans, arrêté, tandis que le propriétaire de la maison est en fuite.

Source: Jeune Afrique

Conflit des oeufs et des poulets: délegations techniques haitiennes et dominicaines envisagent de signer un mémorandum dans lequel la République dominicaine accepterait les exigences haitiennes, mais des secteurs dominicains voient dans l’intediction des produits, des manoeuvres du pouvoir haïtien face à la remontée de Fanmi Lavalas


(AHP) – Les membres des délegations  techniques haïtiennes et dominicaines qui se réunissent tous les jours  à Santo-Domingo depuis la rencontre de lundi entre les chanceliers des deux pays, devraient signer un memorandum dans lequel la République dominicaine accepterait les exigences haitiennes.

Les Domincains devraient entre autres  founir une certification pour les compagnies qui veulent exporter des oeufs et des poulets en Haïti, selon une source proche de la delegation technique conduite par le secrétaire d’Etat à la production animale, Michel Chancy.

Cette avancée fait dire à plusieurs secteurs qu’il y a bien plus de compréhension entre les technciens que les politiques, puisque la délégation haïitenne présidée par le chancelier Pierre-Richard Casimir n’etait parvenue à aucun accord avec la partie dominicaine.

Les 2 déleegations techniques  devraient mettre un terme  ce jeudi à cette série de discussions.

D’autre part, diffeerents secteurs dominicains continuent de fustiger les auorités haitiennes pour la mesure d’interdicion des oeufs et des poulets qu’ils jugent injuste et  interessée.

Delis Herasme, journaliste et ministre conseiller à l’Ambassade dominicaine en Haïti accuse les autorités haitiennes de voloir détourner par cette mesure l’attention de la population haïtienne.

Intervenant mercredi soir sur la chaine CORAL 39 dans le cadre du programme  » Tribunal de la tarde »il a fait savoir que comme cela se fait souvent en République dominicaine, le président Michel Matelly cherche  a « utiliser le dossier des produits avicoles,  pour tenter d’avoir le soutien de l’opinion publique face à la remontée fulgurante de l’organisation politique Fanmi Lavalas ».

 » La manoeuvre politique est evidente. M. Martelly tente de mobiliser l’opinion publique derrière lui pour essayer de réduire ls chances de lavalas de gagner les prochanies élections (muniicpales et locales), prévues pour la fin de l’année », a souligné M Herasme qui affirme que si les elections avaient lieu aujourd’hui, Fanmi Lavalas de l’ancien président Jean Bertrand Aristide les remporterait haut la main.

Agence Haïtienne de Presse

Nouvelles dimensions dans le conflit des oeufs et des poulets: le président Danilo Medina évoque à son tour un embargo sur les produits haïtiens: pas si vite, les Dominicains seraient les plus grands perdants, prévient l’économiste Eddy Labosssière


(AHP) –Après avoir joué la carte des négociations pour tenter d’obtenir des autorités haïtiennes la levée de l’embargo sur les produits avicoles dominicains, le président Danilo Medina brandi mardi  la menace d’empêcher à son tour les produits haïtiens de franchir la frontière dominicaine.

La décision de geler les importations de produits haïtiens en République dominicaine, viendrait en signe de représailles de la part des autorités voisines qui estiment que l’interdiction de l’importation de produits carnés dominicains  est motivée par des intérêts particuliers.

De hauts  fonctionnaires haitiens et dominicains  n’étaient pas parvenus lundi  à un accord sur le dossier de l’interdiction d’importation de produits avicoles de la République dominicaine, après plus de 4 heures de discussions.

Danilo Medina a redit  ce mecredi qu’il n’y a pas de grippe aviaire dans son pays et que  l’organisation panaméricaine de la santé (OPS) l’a certifié.
Du coup, il  menace à son tour d’interdire l’entrée de produits haïtiens sur le marché dominicain.

« La République dominicaine est en train de trouver une solution à ce problème. Ce mercredi, le ministre de l’Agriculture va rencontrer les producteurs de volailles dans le cadre de la recherche de cettte  solution », a-t-il dit.

« Plus facile à dire qu’à faire » a estimé l’économiste haïtien Eddy Labossière qui rappelle que les deux pays sont liés par des accords commerciaux.
Des mesures d’interdiction peuvent être appliquées seulement dans le cas où il y aurait des problèmes d’ordre sanitaire ou concernant la qualité des produits.

 

Sinon, a-t-il dit, Haïti pourrait porter plainte auprès de l’organisation mondiale du commerce (OMC) à laquelle les deux pays apartiennent. De plus, il rappelle que ce ne serait pas une stratégie gagnante pour Medina, rappelant que le volume d’exportation de produits haïtiens vers la République Dominicaine est pratiquement insignifiant par rapport à la quantité de produits dominicains qui sont écoulés sur le marché haïtien.

 

Alors que les producteurs dominicains exportent pour plus d’un milliard de dollars chaque année vers Haïti, nous autres haïtien nous exportons seulement pour 100 millions de dollars l’an, a-t-il dit, soulignant entre autres, qu’il s’agit de produits dont les dominicains ont réellement besoin.

 

Eddy Labossière croit par aileurs que les producteurs dominicains ont interêt à relocaliser en Haïti leurs usines de production pour ne pas à avoir tout le temps des problèmes d’exportation. Ils ne doivent pas vouloir s’accaparer à la fois du beurre et de l’argent du beurre, a dit l’économiste qui  a exprimé le  souhait que les autorités des deux pays donnent à la commission mixte haïtiano-dominicaine, les moyens de résoudre des problèmes liés aux relations entre haïtiens et dominicains.

 

Pour ce qui est de la décision du gouvernement haïtien d’interdire l’entrée de produits carnés dominicains sur le territoire haïtien, l’économiste Eddy Labossière déplore qu’aucune mesure n’ait été annoncée pour faire face à la rareté, et par ricochet à la hausse des prix, que cela devrait provoquer.

 

Il estime que le gouvernement aurait dû parallèlement à cette mesure  placer des commandes dans d’autres pays.

 

De son côté, le gouvernement haïtien a redit que la décision de maintenir l’interdiction sur l’importation d’œufs et de volailles dominicains est motivée uniquement par sa volonté de protéger la population.

Le ministre a i du commerce et de l’industrie Wilson Laleau a  indiqué que les mesures adoptées par le gouvernement haïtien concernant les rapports commerciaux avec la République Dominicaine sont des mesures simples qui, généralement, sont appliquées quand il y a un problème d’ordre sanitaire.
Agence Haïtienne de Presse

PRISM, le nouveau Big Brother


Christine ABDELKRIM-DELANNE

Le programme américain d’espionnage, PRISM, qui fait couler tant d’encre aujourd’hui, n’est pas nouveau.

Il a été lancé par George Bush en 2007. C’est Edward Snowden, 29 ans, ancien employé de la CIA avant d’être recruté à la NSA, (l’agence de sécurité nationale américaine), qui a révélé la réactivation du programme PRISM à une échelle plus vaste dans une interview accordée au Guardian on line, à Hong-Kong, le 9 juin.

Ce programme ultraconfidentiel consiste à prendre directement dans les serveurs de neuf compagnies internet, dont Microsoft, Apple Yahoo ! Google, Facebook et Skype, tout ce qui intéresse les services de renseignements américains. Courriels, chats, photos, vidéos et autres fichiers, voire mots de passe ou codes confidentiels sont mis à la disposition de ce Big Brother, version 21ème siècle. À noter, cependant, que Twitter, selon le New York Times, a refusé de collaborer avec la NSA.

Les compagnies visées ont-elles donné leur accord ? Sitôt l’information diffusée par le Washington Post et le Guardian, elles ont évidemment démenti formellement avoir fourni volontairement un accès à leurs serveurs au profit de la NSA (Agence américaine de sécurité nationale). Apple est allé jusqu’à nier connaître le programme Prism, ce qui paraît pour le moins étonnant. Le Washington Post a publié un mémo confidentiel de la NSA disant que « les compagnies sources doivent être protégées. Elles risqueraient de s’éloigner du programme si leur nom venait à être cité. » Cela laisse donc peut de doute sur la non implication des compagnies. Selon le New York Times, « on a demandé aux entreprises de créer une boîte aux lettres verrouillée et d’en donner la clé au gouvernement. Les données partagées sont ensuite autorisées par les avocats des entreprises qui vérifient la conformité par rapport au Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA, loi sur la surveillance du renseignement extérieur) et aux pratiques de la compagnie. Elles ne sont donc pas envoyées automatiquement ou en vrac et le gouvernement n’a pas un accès illimité aux serveurs des compagnies. » Ce système d’espionnage planétaire en est-il plus acceptable, pour autant ?

Si le programme n’est pas nouveau, ce qui l’est, en revanche, c’est son développement exponentiel avec l’accord de l’administration Obama. Selon les rapports diffusés par la presse, PRISM serait un « système informatique interne au gouvernement, utilisé pour faciliter » le traitement des informations qu’il reçoit à partir des serveurs sous la forme d’une « matière première » pour en faire un produit fini sous forme de rapports d’espionnages quotidiens à destination du Président. Selon le Guardian et les documents classifiés révélés dans ses colonnes, la NSA dispose d’une agence interne chargée de collecter des metadata, soit des informations brutes sur le volume de messages, à travers le monde entier. Cet « instrument » appelé Informant Boundless ou « Informateur sans frontière », permet « de sélectionner un pays sur une carte pour en évaluer les « metadata » et de sélectionner des données plus détaillées ». Selon le Guardian, la carte mondiale thermique top secret de la NSA, montrait, pour mars 2013, 97 milliards d’éléments puisés dans le réseau internet mondial. Au premier rang, l’Iran avec plus de 14 milliards, suivi par 13,5 milliards pour le Pakistan, 12,7 milliards pour la Jordanie, l’un des plus proches alliés arabes des Etats-Unis, l’Égypte avec 7,6 milliards et l’Inde avec 6,3 milliards.

Le programme ultra-secret jusqu’à ce jour, est-il légal ? Face au déchaînement de la presse internationale sur le sujet depuis les révélations du Washington Post et du Guardian, le directeur de la NSA, James Clapper, a dû répondre aux accusations. PRISM, dit-il, est un programme légal, développé sous l’autorité du Congrès américain. Il a bien reconnu que les agences de renseignement et espionnage américaines ont bien utilisé les fournisseurs en télécommunication mais que cette pratique n’avait donc rien d’illégale et était autorisée par les tribunaux, notamment sur la base du FISA.

Pour justifier le programme PRISM, James Clapper a précisé que la surveillance internet de citoyens américains dans le monde ou de citoyens étrangers vivant légalement sur le territoire américain, doit être dûment justifiée et documentées par les services de renseignement, et concerne la lutte contre le terrorisme, la prolifération des armes ou les cybermenaces. Il est clair que la NSA ne respecte pas cette loi et que le Congrès américain comme l’administration Obama en sont les complices actifs.

La mise au point de James Clapper intervenait, en effet, deux jours après l’intervention de Barack Obama, lui-même, qui a réagi, pour la première fois, à ces « fuites » en expliquant aux Américains que les écoutes sont légales et nécessaires. « Personne n’écoute vos conversations, a-t-il déclaré. Ce que les services de renseignement font, c’est de regarder les numéros de téléphone et la durée des appels. Ils ne cherchent pas les noms des gens et n’examinent pas les contenus sans l’autorisation d’un juge. Pour ce qui est de l’internet et des courriels, cela ne s’applique pas aux citoyens américains, ni aux personnes vivant aux États-Unis. » Et qu’en est-il du reste de la planète, des milliards de citoyens cyberespionnés qui ne sont pas américains ou étrangers vivant sur le sol américain ? serait-on tentés de demander à Barack Obama, décidément très « impérialiste ».

Complice, également, le gouvernement britannique qui a utilisé, lui aussi, le programme PRISM pour sa propre collecte de renseignements. Le 10 juin, William Hague, ministre britannique des Affaires étrangères, sommé par l’opposition travailliste, a dû s’expliquer devant le Parlement. Bien sûr, il a tenu un discours rassurant et minimisé la portée de l’action des services secrets. Bien sûr, aussi, il s’est référé « au cadre légal très solide » dans lequel les services agissent « pour le bien et la sécurité de tous », en ne ciblant que le nécessaire. « Les services de renseignement ont besoin de récolter des informations de l’étranger, surtout pour la lutte contre le terrorisme, cela doit se faire dans un cadre légal, approuvé par le Parlement, de façon à pouvoir installer des garde-fous », a déclaré la travailliste Yvette Cooper.

C’est le ministre des Affaires étrangères qui, en Grande Bretagne a la responsabilité des services d’écoutes et du renseignement extérieur, le MI6. William Hague a reconnu l’échange de renseignements avec Washington. Selon le Guardian, en 2012, 197 rapports d’information sur des citoyens britanniques auraient été élaborés grâce aux informations fournies par PRISM. Le groupe britannique de défense des libertés civiles Big Brother Watch a décidé de poser des questions au plus haut niveau afin d’« établir si la vie privée de certains citoyens britanniques a été violée, sans respect de la procédure légale ». Ailleurs, des voix commencent à s’élever contre ce qui est considéré comme la violation du droit de l’homme au respect de sa vie privée.

Christine Abdelkrim-Delanne

Source: Le Grand Soir

Des intellectuels haïtiens et dominicains rendent hommage au poète et combattant Jacques Viau pour sa participation un mouvement de résistance contre l’occupation américaine lors de guerre d’Avril 1965


Des intellectuels haïtiens et dominicains ont rendu hommage au poète et combattant Jacques Viau, pour la première fois dans son pays natal, à l’occasion du 48e anniversaire de sa mort pendant la guerre  d’Avril 1965 à Santo Domingo.

Mateo Morrison, Prix National de Littérature et le poète Juan Freddy Armando, directeur du Centre culturel de la Banque centrale de la République dominicaine, avaient comme contrepartie haïtienne  l’historien Georges Michel et le journaliste Lionel Vieux, compagnon d’armes de Jacques Viau pour un panel très intéressant qui a fourni d’amples informations sur la contribution à la société dominicaine de l’illustre disparu.

Pour Morrison, le  geste de Viau de donner sa vie pour la souveraineté dominicaine surpasse toutes les pages d’hostilité entre les deux pays. » «C’est un geste de solidarité et d’amour pour notre peuple que les Dominicains avec un authentique sentiment progressiste n’oublieront jamais. »

Pour sa part,  Armando  a fait remarquer  que la solidarité de Jacques Viau avec le peuple dominicain va au-delà de la guerre, mais couvre aussi son dévouement à la promotion de la culture et la formation de la jeunesse dominicaine, apportant une contribution importante à la société. Après avoir récité un de ses poèmes ,il a  suggéré la publication d’une édition bilingue de son œuvre.

De même, Vieux, ancien exilé politique haïtien  sous la dictature des Duvalier à Cuba et en République dominicaine, a fourni des données sur le rôle et le comportement de Viau pendant la guerre, soulignant son intérêt à maintenir la discipline des troupes et particulièrement du « commando » auquel il appartenait dans l’utilisation correcte des armes et de munitions.

Pour sa part, Michel, après avoir expliqué les circonstances de l’arrivée de Viau en République Dominicaine, a souligné le caractère internationaliste de la trajectoire de cet homme considéré comme un héros en République Dominicaine mais peu connu chez lui, en exhortant « les Quisqueyens de l’Ouest et de l’Est à faire de sa tombe un lieu de pèlerinage afin d’inspirer les luttes d’aujourd’hui contre toute forme d’impérialisme « . Il a ajouté que la flamme de la solidarité dominicaine-haïtienne allumée par Jacques, ne s’éteindra jamais.

L’activité  organisée au plus important centre culturel  de la capitale haïtienne la -FOKAL  a attiré des dirigeants d’ONG, des représentants d’organisations internationales et des étudiants et universitaires. L’hymne national des deux pays, la sonnerie aux morts, et la participation artistique de Johanne Florent, qui a vecu en République dominicaine, ont donné un aspect très spécial à l’événement.

Cette manifestation a été organisée par la Fondation Zile (FZ), en coordination avec la Fondation Connaissance et Liberté (FOKAL), le Réseau Jacques Viau et l’Association des Dominicains vivant en Haïti. Caniris Joseph, secrétaire de cette organisation a exhorté les participants à «renforcer les liens de solidarité, de paix et d’harmonie entre les deux peuples de l’île. »

Pour sa part, Edwin Paraison, directeur exécutif de la FZ a indiqué que Jacques Viau est l’ haïtien le plus aimé en République dominicaine et l’une des figures les plus brillantes  de la diaspora haïtienne dans le monde. Il a proposé une célébration spéciale sur l’île pour le 50e anniversaire de sa mort en 2015.

Jacques Viau est un poète haïtien exilé qui s’est installé en République dominicaine avec son père et qui a rejoint des jeunes dominicains dans un mouvement de résistance contre l’occupation américaine lors de  guerre  d’Avril 1965. Il a été atteint  par un obus le 15 Juin. Il est mort  6 jours après. Il est considéré comme une icône de la solidarité entre les deux peuples de l’île Quisqueya.

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