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FAUT-IL SE SOUVENIR DU 16 DÉCEMBRE


Par Bernier Achille

Lorsqu’en 1986 la mobilization populaire avait forcé le régime fasciste des Duvalier à quitter le pouvoir en Haiti, toutes les familles haitiennes, plus particulierèment celles issues des couches défavorisées , se sentaient libérées d’un lourd fardeau porté depuis près de trois décennies, et sur toutes les lèvres c’était la «deuxième indépendance» . Cependant la lutte ne faisait que commencer et l’intensification de la mobilisation s’accentuait sur des revendications justes. Il avait fallu cinq années de luttes acharnées pour qu’enfin le peuple eût pu imposer sa volonté de participer à la gestion de la chose publique. Ainsi vers la fin de l’année 1990, on avait eu gain de cause en élisant le prêtre Jean Bertrand Aristide à la suprême magistrature.

C’était un coup dur pour les nostalgiques du régime fasciste que Washington n’allait pas bien digérer. Les masses populaires se sentaient obligés de s’organiser beaucoup plus car cette victoire fut le résultat d’une bataille consciemment livrée et qui devait être protégée. Toutes les couches de la société s’en étaient réjoui et avaient serré les rang pour l’organisation de la société. L’espoir était si grand. Les jeunes avaient compris la nécessité — impérative de l’heure — de renforcer leur organisation de base du movement populaire. L’intérêt de cette lutte avait valu aux jeunes universitaires, étudiants , paysans , chomeurs d’être anti-fascistes et anti-impérialistes.  L’unité régnait parmi eux .

Le movement était si  large que le président  Jean B. Aristide le baptisait  LAVALAS. Dans notre langage vernaculaire, les Haïtiens sont  bien imbus de l’étymologie du mot lavalas. Dans cette optique , le mouvement  du 16 decémbre est l’oeuvre du peuple haïtien.

Le peuple avait jeté son dévolu sur Jean Bertrand Aristide pour diriger le mouvement parce que c’était, justement, la seule figure emblématique  d’alors , le seul leader charismatique pouvant représenter les aspirations politiques , sociales et économiques du peuple haïtien. Un prêtre qui dénonçait avec véhémence l’hypocrisie et l’ingérence flagrante du gouvernement américain dans les affaires internes du pays , les effets dévastateurs du capitalisme sauvage sur la population. Tandis que les organisations  populaires et  progressistes, elles, s’étaient mises à l’oeuvre dans la lutte pour changer  le mode de fonctionnement et l’orientation politiques et économiques de cet État capitaliste bourgeois.

Malheureusement, l’expérience n’avait duré que l’espace d’un cillement. Sept mois après, les opportunistes  de tout acabit au sein du gouvernement lavalas interrompaient avec fracas le processus et c’était la descente aux enfers du pays . l’appât de cette petite bourgeoisie opportuniste avait brisé ce rêve. Toutes les espérances du pays s’envolaient en fumée en un jour, emportant avec elle  un Himalaya de cadavres. L’assassin impérialiste avait aggressé, poignardé la conscience du peule. Une violence aveugle avait été exercée  sur les militants à cause de leur conviction politique et leur support à la jeune démocratie tant rêvée par le peuple haïtien.

Depuis lors , le pays fait face à toutes sortes  de déboires; la misère continue de faire rage sur la population.  Et, pour comble de nos malheurs, Washington met le pays  sous la coupe d’une occupation militaire onusienne. On se souvient du massacre de Cité Soleil où les jeunes qui résistaient encore, avaient été écrasés par la puissance de feu des troupe de l’ONU. Cela avait été réalisé avec l’approbation du président d’alors, René Preval. D’aucuns  pensent qu’il faisait partie de la gestapo des Duvalier et qu’il opérait comme un agent clandestin pour Washington, dans la mesure où il a joué un role déterminant et classique dans la mise à mort du movement populaire  et progressiste, et qu’il a également ouvert la voie pour favoriser la montée  du secteur rétrograde, anti-populaire, en accaparant vulgairement le pouvoir. Alors que René Préval, à ce que l’on croit, est un produit brut du movement lavalas.

Enfin, le pays se trouve aujourd’hui au bord de l’âbime. Et pour répéter quelqu’un,  «l’ennemi principale est  chez nous.» Mais, l’ennemi numéro un ce sont les impérialistes américain , francais et canadien qui livrent une guerre raciste, continuelle et sans merci contre Haiti.  Mais la resistance du peuple nègre d’Haïti leur rend enragés et acharnés dans leur détermination de détruire systématiquement l’homme haïtien.

Aucun haïtien, même le plus arriéré, ne saurait oublier 16 décembre 1990. Ce devrait être un jour de reflexions pour les progressistes haitiens de faire leurs autocritiques. Et nous ne saurions ne pas saluer  la mémoire de tous les camarades qui sont tombés au cours de cette lutt, nous leur disons qu’un autre 16 décembre est possible et ç’aura été réel cette fois avec un movement d’avant garde pour définitivement libérer le pays qui pourrait être baptisé: Movement Populaire pour la Libération Nationale(MPLN).

Bernier Achille

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