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Archives mensuelles de “décembre, 2012”

LIBERTE OU LA MORT! LIBERTE OU LAMORT!


 BERNIER ARCHILLE
Liberté ou la mort! Liberté ou la mort! C’était le cri des esclaves de Saint Domingue pour parvenir à se libérer du joug de l’esclavage. Vivre libre ou mourir est un concept , une décision sans commune mesure qui donne la force et la détermination de lutter contre les colons esclavagistes et de briser les chaines de cette exploitation de l’homme par l’homme.Les va-nu-pieds, ayant à leur tête le général en chef Jeann Jacques Dessalines, avaient imposé une résistance farouche à leurs oppresseurs dans une longue bataille révolutionnaire et proclamé l’indépendance d’Haiti, le 1er janvier 1804.
 Ainsi fut faite la premère révolution anti-esclavagiste de l’histoire de l’humanité pour créer cette nation libre et indépendante. Le rêve des indigènes était devenu une réalite: liberté générale pour les nouveaux et les anciens libres. Après la dernière bataille du 18 novembre 1803, à Vertières , celle qui avait mis définitivement les troupes napoléonnienes en déroute, Dessalines ordonna à Boisrond Tonnerre de rédiger l’acte de l’indépendance , celui-ci répondit: «Pour rédiger l’acte de l’indépendance, il nous faut la peau d’un blanc pour parchemin , son crâne pour écritoire , son sang pour encre et une baïonnette pour plume. » Ce qui revient à dire que nos ancêtres avaient acquis et défendu, au péril de leur vie, leur liberté,  armes à la main.
Ce 1er janvier 2013  marque le 209e anniverssaire de cette grande épopée dans l’histoire de l’humanité. Cependant la terre de Dessalines,  mère de la liberté, est aujourd’ui méconnaissable, tenant compte de l’idéal dessalinien qui voulait le partage équitable des richesses du pays entre tous ses fils. Cet idéal avait incité les traîtres à perpétrer le premier coup d’État sanglant et crapuleux, suivi de 32 autres dans l’histoire du pays, en assassinant l’Empereur, pour accaparer les richesses du pays. Le triomphe de la révolution rendait hostiles les vautours de ce monde inégal envers Haiti et les Haïtiens et s’acharnaient à la détruire coûte que coûte. C’est dans cet esprit et dans ce contexte que le 32e président des États-Unis , Franklyn Delano Roosevelt declara: «Il nous faut constamment soulever les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures de s’entredechirer les uns les autres, c’est la seule facon pour nous d’avoir une prédominance continue sur ce pays de nègres qui a conquis son indépendance par les armes, ce qui est un mauvais exemple pour les 28 millions de noirs d’Amérique.» Cette formule de diviser pour régner demeure la stratégie insensée appliquée par tous les présidents américaisn qui se sont succédé à Roosevelt afin de mettre Haiti à genoux devant la communauté des nations. Pourtant c’est à la faveur de l’indépendance d’Haiti que le territoire des États-Unis est devenu si grand. Lorsque Napoléon Bonaparte réalisa qu il ne pouvait pas rétablir l’esclavage dans la colonie, alors il décida de céder le territoire de la Louisiane aux États-Unis pour une pitance, soit 15 millions de dollars.
Depuis que la France avait essuyé cet échec de la honte, aucun dirrigeant francais n’avait eu le culot de fouler le sol des indigènes. Cependant après le séisme dévastateur de 2010, l’ancien président français Nicolas Sarkozy avait eu l’insigne audace de visiter cette terre de feu , terre de la liberté Et c’est justement quand l’assassin revient sur le lieu du crime. Pourtant Barack Obama, premier président noir dans l’histoire des États-Unis et prix Nobel de la « paix  »  ne pensait visiter Haiti dans ce moment de douleur. Et cela se comprend dans la mesure où le pays d’Obama est le maitre d’oeuvre dans le sous-développement d’Haïti. Mais on parie qu’il le fera un jour, quand il ne sera plus président, car il connait très bien l’histoire de notre pays, et à ce moment, Bill Clinton lui aura passé l’échappe de pro-consul et de gouverneur.
Le succès de la révolution haïtienne avait poussé les puissances étrangès, ennemies jurées d’Haïti, à toutes sortes de manoeuvres, quitte à aliéner le pays, et à saboter tout effort entrepris par les dirigeants haïtiens pour mettre Haiti sur les rails du developpement . Berthony Dupont, dans son ouvrage Jean Jacques Dessalines: itinéraire d’un révolutionnaire, dit : « La révolution haitienne symbolisait un espoir pour les autres peuples , leur annoncant qu’il pouvait se libérer de leur oppresseur. C’est pourquoi cette indépendance a créé beaucoup de problèmes aux puissances étrangères. C’est la classe des esclaves qui a accompli cette prouesse de se libérer de ses maitres et oppresseurs, elle a emporté tout un système toute une une classe sociale. Cette indépendance fut une gifle pour les pays capitalistes. ainsi s’explique leur volonté de garder le silence sur ce haut fait historique en utilisant tous les moyens, toutes les manoeuvres pour le discréditer. Ils ne s’attendaient pas à ce genre de révolution car à leurs yeux, ces hommes qui avaient fait 1804 étaient seulement nés pour etre soumis. »
    Il n’y a pas et il n’y aura jamais de formule magique pour effacer de la mémoire du peuple haitien cette prousse. Malgré toutes les tractations entreprises par les ennemis d’Haïti en soudoyant les dirrigeants haïtiens pour leur livrer le pays pieds et poingts liés,  les masses populaires et toutes les forces patriotiques du pays qui rêvent de liberté, doivent suivre l’exemple de l’armée indigène pour faire ce qui est nécessaire, afin de crier comme nos ancêtres: liberté ou la mort! liberté ou la mort!  Il faut se rappeler, cependant, que la révolution est le résultat d’un lent et long processus.

1er janvier 1804 – 1er janvier 2013 : deux cent neuf ans d’une nation déshonorée


Pour dénaturé et ingrat que puisse être un citoyen, il y a certaine date de son histoire qu’il ne peut s’en passer. Et c’est aussi simple que ça. Pour l’homme haïtien, la date du 1er Janvier est la plus importante de toutes les dates de son histoire. Car, le premier Janvier symbolise, premièrement, tout ce qu’il est en tant qu’individu transplanté de sa terre africaine en un lieu qui, quoiqu’il lui fût tout à fait étranger, est devenu, par la force des choses, son univers acquis et choyé ; deuxièmement, en tant que citoyen, bien qu’ayant subi l’osmose entre deux autres civilisations – française et américaine – il sait puiser son courage et sa puissance dans ses racines africaines, pour défier l’adversité et s’imposer face aux forces destructrices de l’homme sans cœur et sans âme, et prouver à tout l’univers que le comte de Gobineau et d’autres de son espèce appartiennent plutôt à un monde obscur, évoluant dans une autre galaxie ; troisièmement, en tant qu’un dieu, créateur et gardien de ses propres destinées, qui ose tout entreprendre pour assurer sa place parmi les hommes dignes de ce nom.

Néanmoins, depuis la dépossession officielle d’Haïti de sa souveraineté en 2004 par les trois puissances, créatrices de calamités, les dirigeants vassalisés, télécommandés d’Haïti, pour plaire à leurs maitres, ont tout fait pour minimiser sinon faire passer inaperçues certaines dates historiques du pays qui servent de miroirs de  grandeur et de dignité, afin d’empêcher que la génération montante s’estime fière de ses racines et s’inspire des valeurs patriotiques et héroïques de ces hommes et femmes qui ont su lutter, combattre jusqu’à la dernière goutte de leur sang, pour léguer à l’humanité et à nous en particulier, ce joyau de pays et la liberté comme héritage.

Sans  verser dans les détails, nous nous souvenons de ce qui s’était passé le 1er janvier 2004, lorsque la grande majorité du peuple haïtien s’apprêtait à célébrer avec faste le bicentenaire de l’indépendance du pays. Ce pan de la jeunesse haïtienne qui, soit par ignorance ou naïveté, soit par opportunisme ou cupidité, avait prêté ses services aux forces ennemies de la Nation pour la déshonorer, doit faire son mea culpa. Car, aujourd’hui, si le pays n’est que l’ombre de lui-même et devient la risée du monde, il partage la responsabilité. Si, aujourd’hui, la Nation est remise dans les chaines d’un esclavage virtuel, il en porte aussi le blâme, et il ne trouvera jamais l’absolution tant qu’il n’aura acquiescé aux paroles de l’Empereur, prononcées lors de la proclamation de l’Indépendance du pays, aux Gonaïves, le 1er janvier 1804 :

« Liberté ou la mort !

« Nous avons osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous-mêmes… Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves ?

« Jurons à l’univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

« De combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance de notre pays !

« Prête donc entre ses mains le serment de vivre libre et indépendant, et de préférer la mort à tout ce qui tendrait à te remettre sous le  joug.

« Jure enfin de poursuivre à jamais les traîtres et les ennemis de ton indépendance. »

Et voici à l’intention de tout un chacun et à l’intention de la jeunesse haïtienne, en particulier,   l’Acte de l’Indépendance et la Proclamation du général en chef ( la proclamation de l’Indépendance) , dans leur intégralité respective :

 LIBERTÉ  OU LA MORT

Acte de l’Indépendance

Armée Indigène

Gonaïves, le 1er janvier 1804, an 1er de l’Indépendance.

Aujourd’hui, premier janvier mil huit cent quatre, le Général en chef de l’armée indigène, accompagné des généraux, Chefs de l’armée, convoqués à l’effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays :

Après avoir fait connaitre aux généraux assemblés, ses véritables intentions, d’assurer à jamais aux indigènes d’Haïti un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude : ce qu’il a fait par un discours qui tend à faire connaitre aux puissances étrangères la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d’une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île ; et, après avoir recueilli les avis,, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu’au dernier soupir pour l’Indépendance.

Les généraux pénétrés de ces principes sacrés, après avoir donné d’une voix unanime leur adhésion au projet bien manifesté d’indépendance, ont tous juré à la postérité, à l’univers entier, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

Fait aux Gonaïves ce premier Janvier mil huit cent quatre, et le premier jour de l’Indépendance d’Haïti.

Signé : Dessalines, général en chef ; — Christophe, Pétion, Clerveaux, Geffrard, Vernet, Gabart, généraux de division ; — P. Romain, E Gérin, F. Capois, Daut, Jean-Louis Francçois, Férou, Cangé, L. Bazelais, Magloire Ambroise, J.-J. Herne, Toussaint Brave, Yayou, généraux de brigade ; — Bonnet, F. Papalier, Morelly, Chevalier, Marion, adjudants-généraux ; — Magny, Roux, chefs de brigade ; — Charéron, B. Loret, Macajoux, Dupuy, Carbonne, Diaquoi Ainé, Raphaël, Malet, Derenoncourt, officiers de l’armée ; — et Boisrond Tonnerre, secrétaire.

 

 LIBERTÉ OU LA MORT

PROCLAMATION DU GÉNÉRAL EN CHEF

Au peuple d’Haïti

Quartier-général des Gonaïves, le 1er janvier 1804, an 1er.

Citoyens,

Ce n’est pas assez d’avoir expulsé de votre pays les barbares qui l’ont ensanglanté depuis deux siècles ; ce n’est pas assez d’avoir mis un frein aux factions toujours renaissantes qui se jouaient tour à tour du fantôme de liberté que la France exposait à vos yeux ; il faut, par un dernier acte  d’autorité nationale, assurer à jamais l’empire de la liberté dans le pays qui nous a vus naître ; il faut ravir au gouvernement inhumain, qui tient depuis longtemps nos esprits dans la torpeur la plus humiliante, tout espoir de nous réasservir ; il faut enfin vivre indépendant ou mourir.

Indépendance ou la mort… Que ces mots sacrés nous rallient, et qu’ils soient le signal des combats et de notre réunion.

Citoyens, mes compatriotes, j’ai rassemblé dans ce jour solennel ces militaires courageux, qui, à la veille de recueillir les derniers soupirs de la liberté, ont prodigué leur sang pour la sauver ; ces généraux qui ont guidé vos efforts contre la tyrannie, n’ont point encore assez fait pour votre bonheur … Le nom français lugubre encore nos contrées.

Tout y retrace le souvenir des cruautés de ce peuple barbare : nos lois, nos mœurs, nos villes, tout porte encore l’empreinte française ; que dis-je ? il existe des Français dans notre île, et vous vous croyez libres et indépendants de cette république qui a combattu toutes les nations, il est vrai, mais qui n’a jamais vaincu celles qui ont voulu être libres.

Eh quoi ! victimes pendant quatorze ans de notre crédulité et de notre indulgence ; vaincus, non par des armées françaises, mais par la piteuse éloquence des proclamations de leurs agents ; quand nous lasserons-nous de respirer le même air qu’eux ? Sa cruauté comparée à notre patiente modération ; sa couleur à la nôtre ; l’étendue des mers qui nous séparent, notre climat vengeur, nous disent assez qu’ils ne sont pas nos frères, qu’ils ne le deviendront jamais et que, s’ils trouvent un asile parmi nous, ils seront les machinateurs de nos troubles et de nos divisions.

Citoyens indigènes, hommes, femmes, filles et enfants, portez les regards sur toutes les parties de cette île ; cherchez-y, vous, vos enfants, vous, vos maris, vous, vos frères, vous, vos sœurs ; que dis-je ? cherchez-y vos enfants, vos enfants à la mamelle ! Que sont-ils devenus ?… Je frémis de le dire… la proie de ces vautours. Au lieu de ces victimes intéressantes, votre œil consterné n’aperçoit que leurs assassins ; que les tigres encore dégouttant de leur sang , et dont l’affreuse présence vous reproche votre insensibilité et votre lenteur à les venger. Qu’attendez-vous pour apaiser leurs mânes ? songez que vous avez voulu que vos restes reposassent auprès de vos pères, quand vous avez chassé la tyrannie ; descendrez-vous dans la tombe sans les avoir vengés ? Non, leurs ossements repousseraient les vôtres.

Et vous, hommes précieux, généraux intrépides, qui insensibles à vos propres malheurs, avez ressuscité la liberté en lui prodiguant tout votre sang ; sachez que vous n’avez rien fait si vous ne donnez aux nations un exemple terrible, mais juste, de la vengeance que doit exercer un peuple fier d’avoir recouvré sa liberté, et jaloux de la maintenir ; effrayons tous ceux qui oseraient tenter de nous la ravir encore : commençons par les Français… Qu’ils frémissent en abordant nos côtes, sinon par le souvenir des cruautés qu’ils y ont exercées, au moins par la résolution terrible que nous allons prendre de dévouer à la mort quiconque, né français, souillerait de son pied sacrilège le territoire de la liberté.

Nous avons osé être libres, osons l’être par nous-mêmes et pour nous-mêmes ; imitons l’enfant qui grandit ; son propre poids brise la lisière qui lui devient inutile et l’entrave dans sa marche. Quel peuple a combattu pour nous ? Quel peuple voudrait recueillir les fruits de nos travaux ? Et quelle déshonorante absurdité que de vaincre pour être esclaves. Esclaves !… Laissons aux Français cette épithète qualificative : ils ont vaincu pour cesser d’être libres.

Marchons sur d’autres traces ; imitons ces peuples qui, portant leur sollicitude jusque sur l’avenir, et appréhendant de laisser à la postérité l’exemple de la lâcheté, ont préféré être exterminés que rayés du nombre des peuples libres.  

Gardons-nous cependant que l’esprit de prosélytisme ne détruise notre ouvrage ; laissons en paix respirer nos voisins, qu’ils vivent paisiblement sous l’empire des lois qu’ils se sont faites, et n’allons pas, boutefeux révolutionnaires, nous érigeant en législateurs des Antilles, faire consister notre gloire à trouver le repos des îles qui nous avoisinent : elles n’ont point , comme celle que nous habitons, été arrosées du sang innocent de leurs habitants ; elles n’ont point de vengeance à exercer contre l’autorité qui les protège.

Heureuses de n’avoir jamais connu les fléaux qui nous ont détruits, elles ne peuvent que faire des vœux pour notre prospérité. Paix à nos voisins ! mais anathème au nom français ! haine éternelle à la France ! voilà notre cri.

Indigènes d’Haïti, mon heureuse destinée me réservait à être la sentinelle qui dût veiller à la garde de l’idole à laquelle vous sacrifiez, j’ai veillé, combattu, quelquefois seul, et, si j’ai été assez heureux pour remettre en vos mains le dépôt sacré que vous m’avez confié, songez que c’est à vous maintenant à le conserver. En combattant pour votre liberté, j’ai travaillé à mon propre bonheur. Avant de la consolider par des lis qui assurent votre libre individualité, vos chefs que j’assemble ici, et moi-même, nous vous devons la dernière de notre dévouement.

Généraux, et vous, chefs, réunis ici près de moi pour le bonheur de notre pays, le jour est arrivé, ce jour qui doit éterniser notre gloire, notre indépendance. S’il pouvait exister parmi vous un cœur tiède, qu’il s’éloigne et tremble de prononcer le serment qui doit nous unir.

Jurons à l’univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.

De combattre jusqu’au dernier soupir pour l’indépendance de notre pays !

Et toi, peuple trop longtemps infortuné, témoin du serment que nous prononçons, souviens-toi que c’est sur ta constance et ton courage que j’ai compté quand je me suis lancé dans la carrière de la liberté pour y combattre le despotisme et la tyrannie contre lesquels tu luttais depuis quatorze ans. Rappelle-toi que j’ai tout sacrifié pour voler à ta défense, parents, enfants, fortune, et que maintenant je ne suis riche que de ta liberté ; que mon nom est en horreur à tous les peuples qui veulent l’esclavage, et que les despotes et les tyrans ne le prononcent qu’en maudissant le jour qui m’a vu naître ; et si jamais tu refusais ou recevais en murmurant les lois que le génie qui veille à tes destinées me dictera pour ton bonheur, tu mériterais le sort des peuples ingrats. Mais loin de moi cette affreuse idée. Tu seras le soutien de la liberté que tu chéris, l’appui du chef qui te commande.

Prête donc entre ses mains le serment de vivre et indépendant, et de préférer la mort à tout ce qui tendrait à te remettre sous le joug.

Fait au quartier général des Gonaïves, le 1er janvier 1804, l’an 1er de l’Indépendance.

 Source : Histoire d’Haïti, cours supérieur, par Dr J.-C. Dorsainvil

Des dizaines de milliers de zapatistes ont marché dans les rues de 5 grandes villes


Qui a dit qu’il ne c’était rien passé le 21 décembre ?

Le 21 décembre, des dizaines de milliers de zapatistes ont marché dans les rues de 5 grandes villes de l’état, Ocosingo, Palenque, Comitan, Las Margaritas et San Cristobal de Las Casas.

Durant la marche ce tract a été distribué.

Communiqué du Comité Clandestin Révolutionnaire indigène – Commandance Générale de l’armée Zapatiste de Liberation Nationale.

Mexique.

21 décembre 2012,

A qui de droit :

VOUS AVEZ ENTENDU ?

C’est le son de votre monde en train de s’effondrer,

C’est celui du notre qui resurgit.

Le jour qui était le jour, c’était la nuit,

Et nuit sera le jour qui sera le jour.

DÉMOCRATIE !

LIBERTÉ !

JUSTICE !

Depuis les Montagnes du Sud-Est Mexicain,
Pour le Comité Clandestin Rebel Indigène – Comandance Général de l’EZLN
Sous-commandant insurgé Marcos,

Mexique Décembre 2012

http://cocomagnanville.over-blog.com/article-communique-ezln…

Pourquoi tue-t-on aux États-Unis beaucoup plus qu’ailleurs ?


Michael MOORE
Michael Moore vient d’envoyer ce texte à sa liste (toujours à propos du massacre de Newtown). On notera que le bon Michael fait preuve d’un optimisme inébranlable, qu’il croit que certaines grandes valeurs finiront par l’emporter. Mais son constat est accablant. – Bernard Gensane

Après avoir regardé vendredi dernier la conférence de presse de la NRA, trompeuse et franchement dingue, il m’est apparu évident que la prophétie des Mayas s’était réalisée. A ceci près que le seul monde qui ait disparu était celui de la NRA. Son pouvoir brutal visant à déterminer la politique des armes dans notre pays, c’est terminé. Notre nation a été écœurée par le massacre du Connecticut.

Ces tueries ne vont pas cesser d’ici demain. Désolé de le dire. Mais au fond de nous-même, nous savons que c’est ainsi. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille cesser de lutter. Après tout, l’élan est de notre côté. Je sais bien que, moi y compris, nous aimerions tous voir le président et le Congrès voter des lois plus restrictives. Une interdiction des armes automatiques ET semi automatiques est nécessaire. Ainsi que celle de chargeurs comptant plus de sept balles. Il nous faut davantage de contrôles, d’examens de santé. Nous devons également pouvoir réglementer la vente des munitions.

Mais, mes amis, autant ce que je viens de suggérer contribuera à faire baisser le nombre de morts par balles (demandez au maire de New York, cette ville où il est pratiquement impossible de s’acheter une arme de poing : le nombre de meurtres par année est tombé de 2200 à moins de 400), autant cela ne mettra pas un terme aux tueries collectives et ne résoudra pas les problèmes fondamentaux qui nous font face. Le Connecticut avait l’un des arsenaux législatifs les plus contraignants en la matière.

Cela n’a pas empêché l’assassinat de vingt enfants en bas âge ce 14 décembre.

Concernant Newton, soyons clairs : le tueur avait un casier judiciaire vierge et n’avait jamais été référencé chez un marchand d’armes. Toutes les armes qu’il a utilisées avaient été achetées légalement. Le tueur avait certainement des problèmes psychiques, sa mère avait tenté de l’aider, mais sans résultat. Concernant les mesures de sécurité, l’école de Sandy Hook avait été fermée à double tour AVANT l’arrivée du tueur ce matin-là. Des exercices de simulation avaient eu lieu pour prévenir un tel épisode.

Il y a un petit point bien embêtant que nous les progressistes ne voulons pas aborder : le tueur ne mit un terme à son massacre que quand il vit les flics grouillant dans l’enceinte de l’école, donc quand il perçut des hommes armés. C’est alors qu’il arrêta le massacre et se supprima ; ces officiers de police en armes empêchèrent 20, 40 ou 100 morts. Parfois, les flingues, ça marche. Cela dit, il y avait un shérif adjoint à Columbine le jour du massacre et il ne put rien empêcher.

Je suis navré de soumettre ces éléments dans notre combat pour un changement radical de la législation sur les armes, une nouvelle législation nécessaire mais plutôt cosmétique.

Nos dirigeants approuvent et perpétuent des actions violentes à des fins la plupart du temps immorales. Nous envahissons des pays qui ne nous ont pas attaqués. Nous utilisons régulièrement des drones dans une demi douzaine de pays, en tuant souvent des civils. Pas vraiment de quoi être surpris puisque notre nation est née d’un génocide et qu’elle a été construite grâce à la sueur des esclaves. La Guerre de Sécession a fait 620 00 morts parmi nous. Nous avons « apprivoisé » le Far West avec le pistolet à six coups ; nous avons violé, battu et tué nos femmes, sans merci,  à un rythme sidérant : toutes les trois heures une femme est assassinée aux États-Unis, une fois sur deux par son compagnon ou par un ex ; une femme est violée toutes les trois minutes dans notre pays ; une femme est battue toutes les quinze secondes.

Notre pays appartient à ce groupe illustre de nations (Corée du Nord, Arabie Séoudite, Chine, Iran) qui applique toujours la peine de mort. Nous n’avons que faire des dizaines de milliers de nos concitoyens qui meurent chaque année parce qu’ils n’ont pas de couverture sociale ou parce qu’ils n’ont pas accès à un médecin.

Pourquoi faisons-nous cela ? Une réponse simple est : parce qu’on le peut. Chez nous qui sommes aussi des gens animés de sentiments amicaux, il y a un degré d’arrogance qui nous pousse à croire bêtement qu’il y a quelque chose d’exceptionnel en nous qui nous différencie des « autres » pays. Il y a beaucoup de bonnes choses chez nous ; il en va de même en Belgique, en Nouvelle Zélande, en France, en Allemagne etc.

Nous pensons que nous sommes n° 1 dans tous les domaines alors que nos étudiants sont les 17e en sciences, les 25e en mathématiques et que notre espérance de vie est la 35e au monde. Nous croyons que nous sommes la plus grande démocratie de la planète alors que notre taux de participation aux élections est le plus bas de toutes les démocraties occidentales. Nous sommes les plus forts et les meilleurs dans tous les domaines et nous exigeons et prenons tout ce que nous voulons.

Parfois, nous devons nous conduire comme des f** de p** pour obtenir tout cela. Mais si l’un de nous pète les plombs et révèle la nature totalement psychotique et les conséquences brutales de notre violence à Newton, à Aurora ou à Virginia Tech, alors nous sommes « tristes », « nos sentiments vont aux familles des victimes » tandis que nos présidents promettent « des mesures significatives ». Peut-être que le président actuel est sincère cette fois. Il vaudrait mieux. Des millions de personnes en colère ne vont pas lâcher le morceau.

Je demande respectueusement que nous nous arrêtions un instant pour réfléchir à ce qui me semble être les trois circonstances atténuantes qui peuvent nous aider à comprendre pourquoi les Américains sont le peuple le plus violent de la terre :

1) LA PAUVRETE

S’il y a une chose qui nous différencie du reste du monde développé, c’est que 50 millions de nos concitoyens vivent dans la pauvreté. Un Étatsunien sur cinq souffre de la faim au moins une fois par an. La majorité de ceux qui ne sont pas pauvres n’ont plus rien à la fin du mois. A l’évidence, ceci engendre de plus en plus de comportements délictueux. Les emplois du type de ceux de la classe moyenne préviennent le crime et la violence. Si vous ne croyez pas à cela, posez vous simplement la question suivante : si mon voisin a un vrai boulot et gagne 50 000 dollars par an, y a-t-il un risque qu’il pénètre chez moi par effraction, qu’il me tue et embarque ma télé ? Bien sûr que non.

2) LA PEUR, LE RACISME

Nous sommes un peuple extrêmement peureux, si l’on veut bien considérer que, contrairement à la plupart des nations, nous n’avons jamais été envahis (non, 1812 ne fut pas une invasion, c’est nous qui avons commencé). Pourquoi diable avons-nous besoin de 300 millions d’armes chez nous ? Je comprends que les Russes puissent avoir un peu les jetons puisque 20 millions d’entre eux sont morts pendant le Deuxième Guerre mondiale. Mais quelle est notre excuse ? A-t-on peur que les Indiens qui travaillent dans les casinos reprennent le sentier de la guerre ? On a peur que les Canadiens rachètent trop de cafétérias Tim Horton des deux côtes de la frontière ?

Non. La raison est que trop de Blancs ont peur des Noirs. Un point c’est tout. La grande majorité des armes sont achetées par des Blancs qui vivent dans les banlieues résidentielles ou à la campagne. Quand nous fantasmons que nous allons être victimes d’une agression ou d’un bris de clôture, quelle image de l’agresseur construisons-nous dans nos têtes ? Le môme à tache de rousseurs de la maison d’à côté ou quelqu’un qui, s’il n’est pas noir, est à tout le moins pauvre ?

Il serait bon de a) faire de notre mieux pour éradiquer la pauvreté et reconstruire la classe moyenne d’antan, et b) d’arrêter de promouvoir l’image du Noir croquemitaine qui sort de chez lui pour nous taper dessus. Calmez-vous les Blancs et débarrassez-vous de vos flingues.

3) LA SOCIETE DU « MOI-JE »

C’est cette éthique du chacun pour soi qui nous a mis dans une telle panade, et là est notre délitement. Je me débrouille par mes propres moyens ! C’est pas votre problème ! C’est le mien !

Assurément, nous ne sommes plus les gardiens de nos frères et de nos sœurs. Vous tombez malade et vous ne pouvez pas payer l’opération ? Pas mon problème. La banque a saisi votre maison ? Pas mon problème. Vous ne pouvez pas aller en fac ? Pas mon problème.

Et pourtant, un jour ou l’autre, cela devient notre problème, n’est-ce pas ? Enlevez trop de filets de protection et tout le monde finit par en ressentir l’effet. Vous voulez vivre dans ce type de société, une société où vous aurez à bon droit raison d’avoir peur ? Je ne le crois pas.

Je ne dis pas qu’ailleurs ce soit parfait, mais j’ai constaté, au cours de mes voyages, que d’autres pays civilisés estiment que s’occuper de tous et de chacun bénéficie à l’ensemble du pays. Des soins gratuits, des droits universitaires gratuits ou peu élevés, une assistance aux malades mentaux. Et je me pose la question : pourquoi nous, ne pouvons-nous pas réaliser cela ? Parce que dans de nombreux autres pays les gens ne se perçoivent pas comme des entités individuelles et solitaires mais comme les membres d’un groupe, sur le chemin de la vie, chacun existant comme la partie d’un tout. On aide les nécessiteux, on ne les punit pas parce qu’ils ont joui de malchance ou parce qu’ils sont dans une mauvaise passe.

J’en viens à croire que la raison pour laquelle les meurtres par balles dans les autres pays sont si rares est que leurs citoyens ne sont pas affligés de la mentalité du loup solitaire. La plupart ont reçu durant leur éducation le sens du lien, voire d’une solidarité totale. Difficile alors de se tuer les uns les autres.

Voilà quelques réflexions avant de partir en vacances. N’oubliez pas de saluer votre beauf’ de droite pour moi. Même lui vous dira que si vous n’êtes pas capable de gauler un daim en trois balles, et que vous estimez qu’il vous en faut trente, vous n’êtes pas un vrai chasseur, mon pote, et vous n’avez aucun droit à posséder une arme.

Michael Moore

Source : http://bernard-gensane.over-blog.com/

Haïti-Viol-Affaire Josué Pierre-Louis : Des organisations de droits humains interpellent le CSPJ sur de graves menaces contre un juge d’instruction


Haïti-Viol-Affaire Josué Pierre-Louis : Des organisations de droits humains interpellent le CSPJ sur de graves menaces contre un juge d’instruction.

Haïti-Viol-Affaire Josué Pierre-Louis : Des organisations de droits humains interpellent le CSPJ sur de graves menaces contre un juge d’instruction


Honorables Membres du CSPJ

Les organisations de promotion et de défense des droits humains, signataires de la présente, soucieuses de l’indépendance du pouvoir judiciaire, s’empressent de porter à votre connaissance un fait qui nécessite votre plus urgente intervention.

En effet, Me Josué PIERRE-LOUIS, président du CEP contesté, est inculpé de viol sur la personne de Marie Danielle BERNADIN. Le Parquet près du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, saisi du dossier en date du 28 novembre 2012, l’a transféré au Cabinet d’Instruction pour enquête judiciaire. Choix a été fait du Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN, pour instruire l’affaire. A date, diverses étapes ont déjà été franchies dans le cadre de cette instruction notamment, l’audition de plusieurs personnes dont la victime ainsi qu’une interdiction de départ à l’encontre de Me Josué PIERRE-LOUIS.

Aujourd’hui, le Magistrat Joseph Jeudilien FANFAN fait l’objet de graves menaces de la part d’un autre Juge d’Instruction du Tribunal de Première Instance de Port-au- Prince, Me Ikenson EDUME. Ce dernier, frère de Me Josué PIERRE LOUIS, a entre autres, promis au Magistrat instructeur qu’il s’en prendrait à lui, s’il n’enterrait pas le dossier car, en aucune façon, il ne peut accepter que l’image de son frère soit ternie.

Devant la gravité des menaces proférées, le Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN a sollicité et obtenu du doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Me Raymond JEAN MICHEL, la convocation en urgence d’une Assemblée des Juges. Cette assemblée s’est tenue le 18 décembre 2012 avec la participation de vingt-six (26) Magistrats. Au cours de la rencontre, le Juge d’Instruction Ikenson EDUME a réitéré en présence de tous les Magistrats, ses menaces vis-à-vis du Magistrat instructeur Joseph Jeudilien FANFAN. Invité par le doyen à faire le retrait de ses graves propos contre un collègue Magistrat, le Juge Ikenson EDUME a catégoriquement refusé.

Dans l’après-midi du 18 décembre 2012, une délégation du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a rencontré le Magistrat instructeur Joseph Jeudilien FANFAN qui a confirmé les menaces dont il est l’objet, ce, depuis le lundi 17 décembre 2012.

Honorables Membres du CSPJ

Les organisations de promotion et de défense des droits humains tiennent à rappeler à votre attention que le Magistrat Ikenson EDUME est un ancien suppléant Juge de Paix de Delmas révoqué pour malversations le 5 août 2010 par l’ex-Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique Paul DENIS. En effet, ce Magistrat, par son fonctionnement, remplaçait le greffe. De plus, était impliqué dans le détournement, à Delmas, de corps du délit (bijoux volés, argent, volailles, etc.) et la libération de plusieurs prévenus contre des versements de pots de vin.

Mécontent, le Juge de Paix titulaire de Delmas d’alors, Me Al Duniel DIMANCHE, aujourd’hui Juge d’Instruction près le Tribunal de Première Instance de Port-au- Prince, demanda au Juge Ikenson EDUME de mettre fin à ces pratiques malsaines et de laisser le greffe jouer son rôle. Il s’en est suivi une altercation entre les deux (2) Magistrats et l’intervention du Parquet de Port-au-Prince à travers le substitut Commissaire du Gouvernement d’alors Berge O. SURPRIS.

Suite aux rapports reçus au Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique contre Me Ikenson EDUME, il a été décidé de le renvoyer pour malversations. Il est revenu dans le système en catimini en juillet 2012 à la faveur des nominations irrégulières réalisées par l’actuel Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique, Me Jean Renel SANON et a recommencé à travailler en octobre 2012.

Aujourd’hui, c’est ce Magistrat qui profère des menaces sur la personne du Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN en charge de l’affaire Marie Danielle BERNADIN contre Josué PIERRE-LOUIS.

Honorables Membres du CSPJ

Le cas du Magistrat Ikenson EDUME est prévu et puni par le Code Pénal haïtien. De plus, c’est sur la base de l’article 22 de la Loi créant le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire que les organisations de promotion et de défense des droits humains signataires de la présente saisissent votre organe. En effet, cet article stipule qu’« En matière disciplinaire, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire est saisi :

• Soit par le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique ;

• Soit par le Doyen du Tribunal Civil, en ce qui concerne les magistrats du siège en poste dans le ressort de son tribunal et pour les juges du 
Tribunal de Paix ;

• Soit par le Président de la Cour d’Appel, en ce qui concerne les 
magistrats du siège en poste dans le ressort de sa cour ;

• Soit, selon les modalités énoncées à l’article suivant, par toute personne estimant avoir été directement victime du comportement d’un magistrat susceptible d’engager sa responsabilité disciplinaire. »

De plus, le procès-verbal de l’assemblée générale des Juges du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince tenue le 18 décembre 2012 et relatant les menaces du Juge Ikenson EDUME contre le Juge d’Instruction Joseph Jeudilien FANFAN est un élément de preuve tangible, établissant les menaces susmentionnées.

Honorables Membres du CSPJ,

La justice, pour être efficace et crédible, doit être indépendante des pouvoirs exécutif et législatif ainsi que des parties et des forces sociopolitiques et économiques. La justice doit être aussi indépendante par rapport aux individus corrompus et aux délinquants, quels qu’ils soient.

Pourquoi, ayant pour mission principale d’enquêter, de dénoncer et de saisir les autorités compétentes sur les cas de violation de droits humains, les organisations de promotion et de défense des droits humains, signataires de la présente, portent, par devant vous, ces faits qui constituent un exemple des cas typiques de pressions et de menaces qui entravent généralement les enquêtes des Magistrats instructeurs.

Les organisations de promotion et de défense des droits humains signataires de la présente vous exhortent donc à prendre des mesures conservatoires à l’encontre du Magistrat Ikenson EDUME et vous encouragent vivement à porter le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique à prendre toutes les dispositions nécessaires et urgentes afin de garantir la sécurité du Juge et Juge d’instruction Me Joseph Jeudilien FANFAN. Espérant que prompte suite sera donnée à la présente, les organisations de promotion et de défense des droits humains signataires de la présente, vous prient de recevoir Honorables Membres du CSPJ, l’expression de leurs respectueux hommages.

Liste des Organisations signataires :

• Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

• Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH)

• Solidarite Fanm Ayisyèn (SOFA)

• Kay Fanm

Pour authentification :

Antonal MORTIME Secrétaire Exécutif POHDH

Le chef du Parquet de Port-au-Prince auditionne le militant politique René Civil après les déclarations jugées tendancieuses qu’il a faites suite à l’arrestation d’une vingtaine de manifestants dimanche


(AHP) –Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Lucmane Délille a auditionné mercredi le militant politique René Civil pour des déclarations jugées tendancieuses qu’il a faites suite à l’arrestation d’une vingtaine de citoyens après leur participation à la manifestation du 16 décembre dernier.
L’activiste membre de la base de Fanmi Lavalas, avait demandé la libération des personnes appréhendées et avait donné un délai de 24 heures à la justice pour les libérer sous peine de voir Lavalas reagir, a-t-il dit. Une déclaration que  le chef du Parquet Lucmane Délille a assimilée à une incitation à la violence.

Me Délille qui avait pris une part active aux manifestations anti-gouvernementales souvent violentes de 2004, a dit reconnaitre le droit à tout individu de manifester mais il a averti que la justice sévira avec la plus grande rigueur contre tout individu coupable d’actes répréhensibles dont des casses et des vols en marge des manifestations.

Nous avons fait comprendre cela à M. Civil et nous lui avons demandé de rester à la disposition de la justice. Il pourrait être à nouveau interrogé si d’aventure des actes de violences devaient se produire dans la capitale après ses déclarations, a dit le commissaire du gouvernement.

Pour sa part, M. Civil affirme qu’il n`entendait faire aucune  incitation à la violence mais qu’il voulait seulement défendre les militants arrêtés en marge de la manifestation et qu`il présente comme d’honnêtes gens.

J`ai fait une déclaration politique et je maintiens ma volonté de défendre les militants arrêtés en marge de la manifestation de dimanche dernier, a dit l`activiste qui se démarque à l’avance de tout acte de violence qui pourrait être enregistrés dans le pays, comprenant sans doute qu’un piège pourrait lui être tendu.

L’organisation politique  Fanmi Lavalas avait marqué l’ anniversaire des premières élections libres et democratiques du 16 décembre 1990 par une journée de réflexion qui a rassemblé des milliers de dirigeants, cadres et militants à Mirebalais (centre).

Dans une note de presse lue par la coordonnatrice du comité exécutif, le Dr Maryse Narcisse, l`organisation politique a rappelé que la date du 16 décembre, historique pour les haïtiens, a été célébrée dans un esprit pacifique et s’est du coup démarquée de toute déclaration tendancieuse qui pourrait être faite par des gens qui s’enveloppent dans le drapeau de Fanmi Lavalas.

L’organisation s’est déclarée cependant solidaire de tous citoyens  arrêtés arbitrairement dans l’exercice de leurs droits civiques.

Agence Haïtienne de Presse

Dany Toussaint hospitalisé après un accident cérébral


toussaintcriminal.gif (12973 bytes)L’ancien Sénateur Lavalas, chef de police et candidat à la Présidence connaît une nette amélioration après avoir frôlé le pire, confient ses proches.

L’ex-Sénateur Lavalas, officier de l’armée et candidat à la Présidence en 2006, Dany Toussaint, admis depuis lundi dans un hôpital privé de Port-au-Prince à la suite d’une attaque cérébrale, a vu son état de santé s’améliorer de façon significative, ont indiqué mardi ses proches à Radio Kiskeya.

Dimanche soir, M. Toussaint, qui vit depuis quelque temps au Cap-Haïtien (274 km au nord de Port-au-Prince), aurait été victime d’une crise d’apoplexie partielle avant de plonger dans le coma. Transporté d’urgence à l’hôpital Justinien où les premiers soins lui ont été prodigués, il a été transféré quelques heures plus tard à la capitale à bord d’un avion-ambulance.

Mardi soir, il n’était pas possible d’avoir l’avis de ses médecins sur l’état général de l’ancien leader du parti MODEREH totalement retiré de la vie politique et publique depuis son échec aux élections présidentielles de 2006.

Dans la deuxième ville du pays d’où il est originaire, Dany Toussaint dirige D-Corner, une entreprise de restauration rapide qui emploie une soixantaine de personnes.

Ancien allié de Jean-Bertrand Aristide avec qui il avait définitivement rompu en 2003, le major Toussaint -pourtant élu sous la bannière de Fanmi Lavalas lors des législatives contestées de 2000 -allait rallier le mouvement GNB à l’origine de la chute du Président Lavalas en 2004.

Récompensé pour sa loyauté envers Aristide lors du sanglant putsch de 1991, l’ancien officier des FAD’H fut placé à la tête de la police intérimaire constituée à la dissolution, en 1994-1995, de l’institution militaire.  spp/Radio Kiskeya

Un cousin du Président Martelly blessé par balle


Cible de bandits armés au cours d’une tentative de hold-up à Delmas 2, Lesly Martelly serait hors de danger, selon des sources officielles.

Lesly Martelly, cousin du chef de l’Etat, Michel Martelly, a été atteint de deux projectiles mardi après-midi à Port-au-Prince lors d’une tentative de hold-up, a appris Radio Kiskeya auprès des autorités.

L’incident s’est produit à Delmas 2 (centre-nord de la capitale) lorsque des bandits ont ouvert le feu sur la victime pour la déposséder de sa voiture.

Selon la même source, qui n’était pas en mesure de fournir des précisions, les jours de M. Martelly ne seraient pas en danger.

Admis d’urgence dans un hôpital de la capitale, il a dû subir une intervention chirurgicale.

La présidence ne s’était pas prononcée mardi soir sur cet incident survenu à la veille des fêtes de fin d’année généralement marquées  par une recrudescence de l’insécurité criminelle dans la région métropolitaine de Port-au-Prince .   spp/Radio Kiskeya

Un groupe vise à être un conduit pour les dons à WikiLeaks


David Carr
photo : Daniel Ellsberg, membre de la Freedom of the Press Foundation (Paul J. Richards/Agence France-Presse – Getty Images)
Un groupe prônant un gouvernement plus transparent a formé une organisation à but non lucratif appelée Freedom of the Press Foundation (Fondation pour la liberté de la Presse) pour servir de conduit pour les dons à des organisations comme WikiLeaks. L’objectif est d’isoler les collectes de fonds des groupes de pressions politiques et économiques.

En décembre 2010, Visa, MasterCard et PayPal ont annoncé qu’elles n’accepteraient plus les transactions pour WikiLeaks, le groupe de fuites en ligne qui a publié des milliers de documents secrets du gouvernement américain. Le passage au blocage des dons, survenu après une vive protestation contre les activités de l’organisation des membres du Congrès, ont éliminé la grande majorité des financements de WikiLeaks.

Les membres du conseil de la Fondation pour la liberté de la Presse comprennent Daniel Ellsberg, le dénonciateur qui a divulgué les Pentagon Papers, Glenn Greenwald, un journaliste qui écrit sur les libertés civiles pour The Guardian, John Perry Barlow, co-fondateur de l’Electronic Frontier Foundation, Xeni Jardin du site Boing Boing et John Cusack, un acteur qui est un opposant du secret gouvernemental.

La fondation a créé un site Web qui devait être en ligne dimanche soir, qui permettra aux visiteurs de faire un don anonyme à divers projets journalistiques et d’investigations. En acceptant des dons pour plus d’une organisation, le site espère éviter qu’aucune d’entre elles ne soit ciblée.

En plus de WikiLeaks, le site recueillera des dons pour MuckRock News, qui sert de proxy et un guide pour les personnes qui cherchent à faire des demandes d’accès à l’information ; The UpTake, un site de journalisme citoyen qui génère des informations vidéo en ligne, et le National Security Archive, un référentiel de documents gouvernementaux déclassifiés. Il y aura une liste tournante des organisations participantes en attente d’un financement.

« Nous croyons à l’ouverture du gouvernement, en toute transparence, et nous ne pensons pas que Wikileaks seul devrait avoir à supporter ce fardeau », a déclaré M. Barlow. « Nous espérons également soutenir d’autres organisations du même acabit, qui peuvent servir une fonction journalistique importante à un moment très important. »

M. Ellsberg a déclaré que l’avenir de WikiLeaks a été mis en doute parce que 95 % de ses dons avaient été effectivement bloqués. Il a dit qu’il espérait que la fondation aiderait à assurer la survie du site, qui a servi de référentiel pour les personnes cherchant à exposer des tractations secrètes par les gouvernements.

« WikiLeaks n’est pas parfait, mais quelles que soient les erreurs qu’il aurait pu faire, il remplit une fonction légitime et nécessaire en exposant une administration qui manque totalement de transparence », a déclaré M. Ellsberg.

Après que WikiLeaks a publié une énorme quantité de câbles secrets du Département d’Etat en novembre 2010 – dont un grand nombre a été publié dans The New York Times – il a été vivement critiqué par divers représentants du gouvernement.

Représentant Peter T. King, républicain de New York, a écrit une lettre à la secrétaire d’État, Mme Hillary Rodham Clinton, disant qu’il croyait que WikiLeaks correspond aux critères d’une organisation terroriste et qu’il présentait « un danger clair et présent pour la sécurité nationale des États-Unis ».

Peu de temps après, Visa, MasterCard et PayPal ont annoncé qu’ils n’accepteraient plus de dons pour WikiLeaks. Dans un communiqué, MasterCard a déclaré que ses règles « interdisent aux clients de prendre part directement ou indirectement ou de faciliter toute action qui est illégale. »

À l’époque, Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, a dénoncé Visa, MasterCard et PayPal comme des « instruments de la politique étrangère américaine ».

WikiLeaks a suspendu la publication de documents en 2011 en raison de ses difficultés financières, qui étaient le résultat de ce qu’il a appelé « un blocus bancaire. »

« Le blocage financier de WikiLeaks s’est produit sans aucune procédure judiciaire », a déclaré Trevor Timm, co-fondateur et directeur exécutif de la Fondation pour la Liberté de la Presse. « En crowdsourçant le financement d’une variété d’initiatives pour un  gouvernement ouvert, nous pouvons prévenir le genre de censure commerciale qui a eu lieu. »

David Carr

Source : http://mediadecoder.blogs.nytimes.com/2012/12/16/group-aims-to-be-a-conduit-for-wikileaks-donations/?smid=tw-share

Traduction par Romane

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