moycorner

UN SITE POUR DESSILLER LES YEUX

Remémorons-nous la bataille épique du 18 novembre 1803, le dernier coup fatal porté aux esclavagistes pour l’indépendance d’Haïti


Le général français Donatien Rochambeau et sa horde de tyrans sans cœur et sans âme pensaient détenir seuls le secret et le monopole de la violence pour faire fléchir nos ancêtres sous leur férule afin de les remettre dans la géhenne de l’esclavage. Mais les enfants du soleil, épris de liberté et de justice, avaient juré de vivre libres ou mourir. Ils en avaient eu marre d’un système odieux, établi par les aristocrates de la peau pour déshumaniser, abêtir une catégorie d’hommes afin de satisfaire leurs caprices égoïstes. Alors, ayant eu rien à perdre et tout à gagner, nos valeureux ancêtres assénèrent le coup décisif aux esclavagistes de la plus puissante nation en ce temps-là, savoir la France, lors de ce que l’Histoire appelle « la Bataille de Vertières », pour arracher d’eux leur dignité humaine et créer une nouvelle nation qui s’appelle Haïti.

En 2004, à la suite du coup d’État/kidnapping contre l’ancien président Jean Bertrand Aristide et son gouvernement, le peuple haïtien avait été témoin du sacrilège commis à Vertières par des fils dénaturés du pays sans se sourciller aucunement de la portée historique de leur acte combien ignominieux .Ces stupides s’étaient rendus à la place des héros à Vertières et avaient remplacé le drapeau haïtien par ceux de la France et des États-Unis d’Amérique. À ces Conzé nous disons : bat chen-an, tann mèt li. Un jour ou l’autre, ils auront à répondre devant le tribunal de l’Histoire.

En attendant, que la jeunesse haïtienne sache qu’Haïti n’a pas produit seulement des Jean Baptiste Conzé, des Guy Philippe et toute la horde putride de traîtres et de lâches qui ont sali et avili l’épopée du 18 novembre 1803, mais aussi et surtout des Dessalines, Capois, Christophe, Romain, Cangé, Gabart, Daut, pour ne citer que ceux-là, qui se sont sacrifiés sur le champ de bataille pour nous léguer Haïti.

Enfin, remémorons-nous cette bataille épique du 18 novembre 1803 : la Bataille de Vertières, tirée de l’Histoire d’Haïti, cours supérieur, par J.- C. Dorsainvil, pages 130-135.

Morisseau Lazarre

Campagne de Dessalines dans le Nord

À la fin d’octobre 1803, le bilan de la domination française est simple : rien dans le Sud, rien dans l’Ouest, et, dans le Nord, le Cap seulement avec le Môle Saint-Nicolas.

Impatient d’en finir, Dessalines, après avoir confié à Pétion la deuxième division de l’Ouest, établit son quartier général aux Gonaïves. Après un court repos, les soldats eux-mêmes furent acheminés, par l’Artibonite, vers le Nord ; leur centre de ralliement était au Limbé. Seule, la division du Sud ne put s’y rendre. En route, Geffrard avait reçu l’ordre d’étouffer à Jacmel une révolte de Lamour Dérance.

Le 6 novembre, Dessalines quitta les Gonaïves, escorté de la cavalerie de Paul Prompt et Charlotin Marcadieu. Au Limbé, il passa en revue les vingt-sept mille hommes qui y étaient massés. Son regard magnétique, ses gestes vifs, sa parole enflammée excitèrent un enthousiasme délirant.

Depuis des semaines, il pleuvait dans le Nord. et pourtant, sur un simple signal de Dessalines, l’on vit ces hommes à chapeau de paille, au havresac de peau de cabri, vêtus de haillons informes souillés de boue, s’engager gaiement sur les routes défoncées du Cap et y traîner, en chantant, une nombreuse artillerie. Que chantaient-ils… Le mépris de la mort, car ils ne réclamaient qu’une chose : le droit de vivre libres ou de mourir.

Le plan de Dessalines contre le Cap

Pour réduire le cap, il fallait ce déploiement de forces et cet enthousiasme. La place était bien défendue, protégée à l’ouest et au nord par des hauteurs, et couverte, à sa principale entrée, par une série de fortifications : les forts Bréda, Pierre-Michel, Bel-Air, Jeannot, Champlain, Vertières, d’Estaing, et la butte de Charrier ; enfin, pour animer les défenseurs, le cruel mais brave Rochambeau.

Avec un adversaire si opiniâtre, Dessalines comprit qu’un siège conduit suivant les règles ordinaires, en énervant l’armée indigène, la disperserait ou la fondrait : il décida une offensive à outrance.

Dès le 10 novembre, de son quartier général sur l’habitation Lenormand de Mésy, il lança ses ordres :

1)      Les généraux Christophe et Romain, contournant le Cap, attaqueront « la Vigie » pour obliger Rochambeau et la garnison à rester dans la ville basse ;

2)      Capois, le plus entreprenant des généraux indigènes, devra, méprisant l’artillerie des forts, se glisser entre eux avec ses troupes et attaquer la Barrière-Bouteille. ;

3)      Des batteries seront placées aux endroits favorables, et, éteignant les feux des forts, préluderont à l’assaut général ;

4)      Clerveaux prendra le fort Bréda.

Vertières.—La butte de Charrier

Le 18 novembre 1803, à 4 heures du matin, on claironne la diane au champ français, quand soudain le général Clerveau ouvre le feu sur le fort Bréda. À l’instant, tous les forts du Cap tonnent et sèment la mort dans les rangs indigènes. Rochambeau, surpris, sort du Cap et prend position avec sa garde d’honneur dans les retranchements de Vertières.

Le soleil levant éclaire une bataille en pleine action. Christophe et Romain, ayant enlevé la position de d’Estaing , y ont dressé une batterie dont les boulets tombent dans la ville même du Cap. Capois vient de commencer sa manœuvre quand un contrordre l’arrête.

Dessalines, qui veut empêcher la  concentration des feux des forts sur un point unique du champ de bataille, ordonne à Clerveaux de contourner Bréda, et à Capois d’occuper la butte de Charrier, voisine de Vertières et plus élevée.

Pour atteindre Charrier, il faut passer par une route et sur un pont que Vertières domine. Capois part avec sa fidèle 9e demi-brigade. Fauchée par la mitraille, elle hésite ; mais, à la voix de son chef, elle resserre ses lignes et bondit en avant. Capois, à cheval, l’entraîne avec sa fougue ordinaire quand un boulet lui enlève son chapeau : « En avant ! en avant ! » crie-t-il quand même. Un second boulet renverse son cheval. L’intrépide Capois, prestement relevé, brandit son sabre et aux cris répétés de « En avant ! en avant ! » s’élance une fois de plus, à la tête de ses hommes.

Une bravoure si éclatante émeut la garde d’honneur de Rochambeau. Elle applaudit. Un roulement de tambour se fait entendre. Le feu cesse. Un hussard sort de Vertières, se dirige vers le front indigène. « Le capitaine général Rochambeau, déclare-t-il, envoie son admiration à l’officier général qui vient de se couvrir de tant de gloire ». Il se retire ensuite et la lutte recommence.

Malgré les charges furieuses et répétées de Capois, la bataille reste longtemps indécise ; les pertes des indigènes sont élevées. Dessalines appelle Gabart, le plus jeune divisionnaire de son armée (27 ans), et lui ordonne de passer sous les canons du fort Pierre-Michel et d’occuper coûte que coûte la butte de Charrier.

Gabart défile habilement sa troupe sous les arbres et, en un instant, occupe la position. Aidé de Jean-Philippe Daut, puis de Clerveaux, il s’y cramponne et y dresse une batterie qui ment à mal le fort de Vertières, contraignant les Français à évacuation. Ils se retirent en bon ordre, malgré une charge furieuse des dragons de l’Artibonite où Paul Prompt et Dominique trouvent la mort.

La butte de Charrier, par sa hauteur, domine tous les ouvrages de défense du Cap. Rochambeau lance jusqu’à sa garde d’honneur pour en déloger les indigènes ; sacrifices inutiles. Vers trois heures de l’après-midi, une pluie torrentielle suspend le combat. Rochambeau en profite pour abandonner les fortifications extérieures. Le lendemain, 19 novembre, il signe une convention qui livre le Cap à Dessalines.

Dix jours après (29 novembre), Rochambeau étant parti et déjà prisonnier des Anglais, l’armée indigène entrait triomphalement au Cap. Le 4 décembre enfin, les Français livrent aux indigènes le Môle Saint-Nicolas.

La glorieuse et sanglante guerre de l’Indépendance était terminée.

Publicités

Navigation dans un article

3 réflexions sur “Remémorons-nous la bataille épique du 18 novembre 1803, le dernier coup fatal porté aux esclavagistes pour l’indépendance d’Haïti

  1. My brother suggested I would possibly like this blog. He used to be entirely right. This submit truly made my day. You can not imagine just how so much time I had spent for this information! Thank you!

  2. Hi, Neat post. There’s a problem with your site in internet explorer, would check this… IE still is the market leader and a large portion of people will miss your great writing because of this problem.

  3. I just want to tell you that I am new to blogs and truly savored your web page. Almost certainly I’m planning to bookmark your blog post . You surely have exceptional article content. Kudos for sharing with us your webpage.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :