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Archives mensuelles de “novembre, 2012”

Michel Martelly minimise le symbolisme du 18 Novembre


À peine rentré au bercail le dimanche 25 novembre d’une visite de neuf jours en Europe, visite loisir tout simplement, croit-on, puisque ne pouvant avoir des retombées positives pour la collectivité haïtienne, le président Michel Martelly, pigeon voyageur comme lui seul, a pris sa canne de pèlerin et s’est rendu à Cuba le 27 novembre pour parapher avec son vis-à-vis cubain Raùl Castro quelques accords bilatéraux.

Arrivé à la Havane, la capitale cubaine, le président haïtien a visité la Place de la Révolution pour rendre hommage au père de l’indépendance cubaine, Jose Martí, dont il a déposé une gerbe de fleurs au pied de la statue.

En fait, vu les sacrifices consentis par le peuple cubain et son gouvernement pour aider de manière désintéressée le peuple haïtien ; vu ce que représente Cuba pour les autres peuples de l’Amérique, victimes comme nous du colonialisme, nous ne croyons pas que ce soit un mauvais geste de la part du président Martelly. Cependant, ce qui nous peine et qui nous parait bizarre, c’est de voir le premier citoyen du pays aller rendre hommage à un héros cubain à Cuba, tandis qu’il avait choisi de boycotter la commémoration de la Bataille de Vertières le 18 novembre dernier en quittant le pays à la cloche de bois pour une visite loisir en Europe.

Martelly, avec l’arrogance qu’on le connait, prétendait faire un cours d’histoire d’Haïti aux journalistes qui ne l’avaient même pas interrogé sur la raison de son absence du pays le 18 novembre dernier. « Ces Messieurs n’ont pas fait le 18 Novembre pour que la population passe toute sa vie à se nourrir de terre et de la poussière. Ils ne l’ont pas fait pour le statu quo. Ils l’ont fait pour nous retirer de l’esclavage. Cela fait 208 ans que nous allons à Vertières alors que nous continuerons à faire marche arrière. Je me rendrai toujours à Vertières, mais je prioriserai la concrétisation des rêves que ces Messieurs avaient en tête. C’est ce qui est important. »

Mais comment la visite de Martelly est la concrétisation des rêves de ces « Messieurs », c’est-à-dire nos Héros ? Notre gros Jean répond : « Certaines gens se demandaient avec quoi je vais revenir. Je reviens avec des tennis neufs. » Voici comment notre écervelé de président a choisi de minimiser  nos aïeux et tout ce qu’ils ont fait de merveilleux au péril de leur vie pour nous léguer une nation qui s’appelle Haïti.

À moins qu’on soit de ceux qui errent encore dans le vide ou dont la saleté obstrue l’esprit, pour croire que Michel Martelly porte véritablement un atome d’haïtianité dans son « liquide rouge ».

Morisseau Lazarre kamoy3@optimum.net

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Les Haïtiens représenteraient 73% des étrangers étudiant dans les universités dominicaines, selon un rapport de la banque centrale dominicaine


Santo-Domingo, le 23 novembre 2012 – (AHP) -73% des étrangers étudiant  dans les universités dominicaines sont de nationalité haïtienne, révèle un rapport de la banque centrale dominicaine.
Ce rapport a été préparé dans le but de renforcer l’analyse, l’enregistrement et la couverture de la balance des paiements en République dominicaine. Après les Haïtiens, les étudiants de nationalité américaine sont les plus nombreux dans ce pays où ils représentent 20,1% de la population estudiantine étrangère.
Depuis le tremblement de terre de janvier 2010, le nombre d`Haïtiens ayant traversé la frontière pour faire des études universitaires, a considérablement augmenté. Une réalité qui s`explique en partie par la destruction de la plupart des infrastructures universitaires haïtiennes.
1.5% des étudiants étrangers dans les universités dominicaines sont des européens qui devancent légèrement les sud-américains qui représentent 1.3% de la population estudiantine étrangère.
La moitié de ces étudiants optent pour une carrière médicale, révèle le rapport, soulignant toutefois que le choix de la carrière médicale est en baisse par rapport aux données recueillies lors de la précédante enquête datant de 2009.
A cette époque, 55% de la population estudiantine étrangère en République Dominicaine avaient choisi les sciences médicales.
Selon la dernière enquête de la banque centrale dominicaine 9,7% des étudiants s’orientent vers la gestion des affaires, 3.9% les sciences économiques, 5.8% l`ingénierie, 3.4% les langues et 1.9% étudient le droits.
L`enquête a été menée par 20 étudiants enquêteurs dans 24 universités de la République dominicaine qui accueillent les étudiants étrangers.
Il s’agit entre autres, de l’Université autonome de Santo-Domigo, Unibe,  PUCMM, UNICARIBE et UNICDA. Entre 10.000 et 12. 000 Haïtiens étudieraient dans ces universités. En 2006, le vice-recteur d’alors aux affaires académiques de l’Université d’Etat d’Haïti, Wilson Laleau, avait estimé à  65 millions de dollars, l’an, le montant annuel depensé par les etudiants.
Le nombre  total d’Haïtiens (dominico-haïtiens compris) vivant en République dominicaine est d’environ 1 million, alors que les Dominicains en Haïti seraient aujourd’hui environ 10.000. Par ailleurs, les Dominicains exportent pour plus de 1 milliard 100 millions de dollars l’an en Haïti, contre quelque 50 millions  pour Haïti, un déséquilibre jugé scandaleux.

Port-au-Prince, le 22 novembre 2012 – (AHP)-L’avocat de l’homme d’affaire Stanley Handal présenté comme un des chefs de l’association de malfaiteurs que dirigeait Clifford Brandt dément les informations selon lesquelles il y auraitdes liens entre les deux hommes


Port-au-Prince, le 22 novembre 2012 – (AHP)-L’avocat de l’homme d’affaire Stanley Handal présenté comme un des chefs de l’association de malfaiteurs que dirigeait Clifford Brandt dément les informations selon lesquelles il y auraitdes liens entre les deux hommes
Me Frizto Canton a fait savoir que Brandt  et Handal n’ont aucune relation contrairement à ce qui se dit dans la presse ces derniers jours.
Ils ne sont ni amis ni partenaires et mon client, Stanley Handal, est prêt à s’appauvrir pour laver son honneur, a-t-il tenté de convaincre, estimant que la dignité de son client a été injustement salie
Frizto Canton a aussi dénoncé ce qu’il appelle le comportement malhonnête du RNDDH (Réseau National de Défense de Droits Humains) pour avoir fait savoir que M. Handal est un membre de la bande à Brandt.
« Ce sont des dénonciations malhonnêtes, a dit l’avocat, faisant remarquer qu’en tant organisme de défense de droits humains, le RNDDH se devait d’approfondir ses recherches pour se rendre compte qu’il n’y a aucun lien entre les deux hommes.

La police avait procédé le 23 août 2005 à l’arrestationde M. Handal et de 3 co-inculpés dans le cadre d’une enquête ouverte autour de la disparition d’un employé de la UNIBANK, Nathael Aléus Génélus, après une interpellation au Sous commissariat de police de Delmas 62.

Il devait  bénéficier d’une ordonnance de remise en liberté en date du 30 décembre 2005 rendue par le juge Jean Pérez Paul

Selon Me Canton, son client avait commencé à avoir des problèmes avec la justice quand il a voulu connaitre les auteurs de l’enlèvement de sa mère en 2005.
Joint au téléphone , un responsable du RNDDH s’est refusé à toute réáction pour l’instant aux déclarations de Me Canton.

Impressions de Gaza (Noam Chomsky était en visite à Gaza du 25 au 30 octobre 2012)


Noam Chomsky
Même une seule nuit en prison suffit à donner une idée de ce que veut dire le fait de se trouver sous le contrôle absolu de la même force extérieure. Et il faut à peine plus d’une journée à Gaza pour commencer à apprécier ce à quoi doit ressembler tenter de survivre dans la plus grande prison en plein air du monde, où un million et demi de personnes, dans la région la plus densément peuplée du monde, sont constamment soumises à la terreur générale, souvent sauvage et aux châtiments arbitraires qui n’ont souvent pour but que d’humilier et avilir, ainsi que de faire en sorte que les espoirs palestiniens d’un avenir décent soient anéantis et que soit réduit à zéro le soutien mondial majoritairement favorable à un arrangement diplomatique censé accorder ces droits.

L’intensité de cet engagement de la part des dirigeants politiques israéliens a été dramatiquement illustrée ces quelques derniers jours encore, quand ils ont prévenus qu’ils allaient « devenir fous » si l’ONU reconnaissait les droits des Palestiniens, ne serait-ce que de façon limitée. On est loin d’un nouveau départ. La menace de « devenir fous » (« nishtagea ») est profondément enracinée, elle remonte même aux gouvernements travaillistes des années 1950, ainsi que le fameux « complexe de Samson » qui s’y rattache : nous abattrons les murailles du Temple si on les franchit. C’était une menace vaine à l’époque. Ce ne l’est plus aujourd’hui.

L’humiliation intentionnelle n’est pas nouvelle non plus, bien qu’elle adopte continuellement de nouvelles formes. Il y a trente ans, les dirigeants politiques, y compris certains des faucons les plus notoires, avaient soumis au Premier ministre Begin un compte rendu choquant et détaillé sur la façon dont, régulièrement, les colons recourent à la violence contre les Palestiniens et ce, de la façon la plus vile et en toute impunité. L’éminent commentateur militaro-politique Yoram Peri avait écrit avec dégoût que la tâche de l’armée ne consistait pas à défendre l’État, mais « à détruire les droits de personnes innocentes tout simplement parce qu’elles étaient des Araboushim (« bicots », « métèques ») vivant dans les territoires que Dieu nous avait promis ».

Les Gazaouis ont été choisis pour recevoir un châtiment particulièrement cruel. C’est presque un miracle que des gens puissent supporter ce genre d’existence. La façon dont ils y arrivent a été décrite il y a trente ans dans un mémoire éloquent rédigé par Raja Shehadeh (The Third Way – La troisième voie) et s’appuyant sur son travail d’avocat engagé dans la tâche désespérée de tenter de protéger les droits élémentaires au sein d’un système juridique destiné à assurer l’échec de cette même tâche, ainsi que sur son expérience personnelle en tant que  samid, (une personne inébranlable), qui voit sa maison transformée en prison par des occupants brutaux et qui ne peut rien faire d’autre que de « subir », d’une façon ou d’une autre.

Depuis ce témoignage de Shehadeh, la situation a grandement empiré. Les accords d’Oslo, célébrés avec beaucoup de faste en 1993, ont déterminé que Gaza et la Cisjordanie étaient une seule et même entité territoriale. À l’époque, les États-Unis et Israël avaient déjà lancé leur programme visant à les séparer complètement d’une de l’autre, de façon à bloquer tout arrangement diplomatique et à punir les Araboushim des deux territoires.

Le châtiment infligé aux Gazaouis fut encore plus sévère en janvier 2006, quand ils commirent un crime majeur : ils votèrent « de la mauvaise manière » lors des premières élections libres du monde arabe, choisissant le Hamas. Démontrant leur « désir passionné de démocratie », les États-Unis et Israël, soutenus par la timide Union européenne, imposèrent aussitôt à Gaza un siège brutal, accompagné d’attaques militaires intenses. Les États-Unis aussi recouraient tout de suite à un processus d’opération standardisé quand l’une ou l’autre population désobéissante optait pour le mauvais gouvernement : ils préparaient un coup d’État militaire afin de rétablir l’ordre.

Les Gazaouis commirent un crime encore bien pire un an plus tard en contrant la tentative de coup d’État, ce qui aboutit à une intensification rapide du siège et des attaques militaires. Celles-ci culminèrent au cours de l’hivers 2008-2009, avec l’Opération Plomb durci, l’une des utilisations les plus lâches et violentes de la force militaire de l’histoire récente, quand une civile population sans défense, piégée sans aucune possibilité de sortie, fut soumise à une agression sans pitié par l’un des systèmes militaires les plus perfectionnés au monde se servant d’un armement américain et protégé par la diplomatie américaine. Un compte rendu inoubliable de cette boucherie – un « infanticide », pour reprendre leurs termes – fut rédigé par deux courageux médecins norvégiens qui travaillaient dans le principal hôpital de Gaza durant cette impitoyable agression, Mads Gilbert et Erik Fosse, dans leur remarquable ouvrage intitulé Eyes in Gaza (Des yeux à Gaza).

Le président élu Obama fut incapable de proférer le moindre mot, hormis le fait qu’il réitéra sa cordiale sympathie pour les enfants soumis à cette agression – et ce, dans la ville israélienne de Sderot. L’attaque soigneusement planifiée fut mené à bien juste avant son entrée en fonction, de sorte qu’il put dire que, désormais, il était temps de regarder vers l’avant, et non vers l’arrière, ce qui constitue l’échappatoire classique des criminels.

Bien sûr, il y eut des prétextes – il y en a toujours. Le prétexte habituel, ressassé à l’envi chaque fois que le besoin s’en fait sentir, est la « sécurité ». Dans ce cas, il s’agissait des roquettes artisanales lancées à partir de Gaza. Comme c’est habituellement le cas, le prétexte était dénué de la moindre crédibilité. En 2008, une trêve ait été instaurée entre Israël et le Hamas. Le gouvernement israélien reconnaît officiellement que le Hamas l’observa rigoureusement. Pas une seule roquette du Hamas ne fut tirée jusqu’au moment où Israël viola la trêve, sous couvert des élections américaines du 4 novembre 2008, en envahissant Gaza sous des prétextes ridicules et en tuant une demi-douzaine de membres du Hamas. Les hauts responsables des services de renseignement israéliens conseillèrent leur gouvernement en lui disant que la trêve pouvait être renouvelée en desserrant le blocus criminel et en mettant un terme aux attaques militaires. Mais le gouvernement d’Ehud Olmert, à la réputation de « colombe », rejeta ces choix, préférant tirer parti de son énorme avantage comparatif, sur le plan de la violence, et ce fut l’Opération Plomb durci. Les faits principaux ont été passés en revue une fois de plus par le commentateur de politique étrangère Jerome Slater dans le dernier numéro du journal du MIT (Harvard), International Security.

La méthode de bombardement utilisée lors de Plomb durci fut soigneusement analysée par le défenseur gazaoui des droits de l’homme, Raji Sourani, un homme remarquablement bien informé et internationalement respecté. Il fait remarquer que les bombardements se concentrèrent sur le nord, visant les civils sans défense des zones les plus densément peuplées et sans qu’il y ait eu le moindre prétexte militaire possible. Le but des Israéliens, suggère-t-il, peut avoir été de pousser la population intimidée vers le sud, à proximité de la frontière égyptienne. Mais les Samidin ne bougèrent pas, malgré l’avalanche de terreur américano-israélienne.

Un autre but peut avoir été de les repousser au-delà de cette frontière. Quand on remonte aux débuts de la colonisation sioniste, il était beaucoup question, parmi le vaste ensemble des Juifs, que les Arabes n’avaient aucune raison d’être en Palestine ; ils pourraient être tout aussi heureux ailleurs et devraient s’en aller – « être transférés » avec égards, suggéraient les colombes. Ce n’est certainement pas une inquiétude mineure en Égypte et c’est peut-être une raison pour laquelle l’Égypte n’ouvre pas sa frontière librement aux civils ou aux marchandises dont les Gazaouis ont si désespérément besoin.

Sourani et d’autres bien documentées font remarquer que la discipline des Samidin cache un baril de poudre qui peut exploser à tout moment, de façon inattendue, comme le fit la première Intifada à Gaza, en 1989, après des années d’oppression misérable qui n’avait suscité aucune remarque ou inquiétude.

Pour ne mentionner qu’un des innombrables cas, peu avant le déclenchement de l’Intifada, une jeune Palestinienne, Intissar al-Atar, fut tuée par balle dans la cour d’une école par un habitant d’une colonie juive toute proche. L’homme était l’un des plusieurs milliers de colons israéliens amenés à Gaza en violation des lois internationales et protégés par une énorme présence militaire. Ces colons s’étaient emparés d’une grande partie des terres et de l’eau déjà rare dans la bande de Gaza et ils vivaient « luxueusement dans vingt-deux colonies au beau milieu de 1,4 million de Palestiniens démunis », pour reprendre les termes de la description de l’intellectuel israélien Avi Raz. Le meurtrier de l’écolière, Shimon Yifrah, fut arrêté, puis rapidement relâché sous caution quand le tribunal décida que « le délit n’était pas suffisamment grave » pour justifier la détention. Le juge expliqua Yifrah avait uniquement l’intention d’impressionner la fille en tirant dans sa direction, dans la cour de l’école, et non pas de la tuer, de sorte qu’« il ne s’agit pas d’un cas de criminel devant être puni ou dissuadé d’agir de la sorte et à qui il convient de donner une leçon en l’emprisonnant ». Yifrah reçut sept mois avec sursis et les colons massés dans la salle d’audience se mirent à chanter et à danser. Et l’habituel silence régna de nouveau. Après tout, c’était la routine.

Et c’est ainsi que vont les choses. Quand Yifrah fut relaxé, la presse israélienne rapporta d’une patrouille de l’armée tira dans la cour d’une école pour enfants de six à douze ans, dans un camp de réfugiés de Cisjordanie, blessant ainsi cinq d’entre eux, avec sans doute l’intention de « les impressionner ». Il n’y eut pas de plainte et l’incident n’attira pas non plus l’attention. Ce n’était qu’un autre épisode parmi tant d’autres dans le programme de « l’analphabétisme en tant que punition », rapporta la presse israélienne, programme comprenant la fermeture d’écoles, le recours à des bombes à gaz, le tabassage d’étudiants à coups de crosse, l’interdiction de passage de l’aide médicale pour les victimes ; et, au-delà des écoles, le règne d’une brutalité pire encore, avec une surenchère de la sauvagerie pendant l’Intifada, et le tout sous les ordres du ministre de la Défense Yitzhak Rabin, une autre colombe très admirée.

Mon impression initiale, après une visite de plusieurs jours, était l’étonnement, non seulement pour cette capacité de continuer à vivre, mais aussi pour l’allant et la vitalité dont faisaient preuve les jeunes, particulièrement à l’université, où je passai une bonne partie de mon temps dans une conférence internationale. Mais, là aussi, on peut détecter des signes de ce que la pression peut devenir trop pénible à supporter. Des rapports révèlent que, parmi les jeunes, il y a une frustration qui couve, une prise de conscience de ce que, sous l’occupation israélienne, l’avenir n’a rien à leur offrir. Il n’y a que ce que des animaux en cage peuvent endurer et il peut y avoir une éruption, susceptible de revêtir des formes vilaines – offrant ainsi une occasion aux apologistes israéliens et occidentaux de condamner hypocritement des gens qui sont culturellement arriérés, comme l’a expliqué Mitt Romney avec toute sa perspicacité.

Gaza a l’aspect d’une société typiquement du tiers monde, avec des poches de prospérité entourée d’une pauvreté affreuse. Elle n’est toutefois pas « sous-développée ». Elle a plutôt été « dé-développée », et de façon très systématique, en plus, pour emprunter la terminologie de Sara Roy, la principale spécialiste universitaire à propos de Gaza. La bande de Gaza aurait pu être une région méditerranéenne prospère, avec une agriculture riche et une industrie florissante de la pêche, des plages merveilleuses et, comme on l’a découvert voici une décennie, des bonnes perspectives concernant les larges réserves de gaz naturel qui se trouvent sous ses eaux territoriales.

Coïncidence ou pas, c’est à ce moment qu’Israël a intensifié son blocus, refoulant les bateaux de pêche vers le littoral, les confinant actuellement à trois nautiques et moins.

Les perspectives favorables avortèrent en 1948, quand la bande de Gaza dut absorber une marée de réfugiés palestiniens fuyant la terreur ou expulsés par la force de ce qui allait devenir Israël et, dans certains cas, expulsés plusieurs mois après le cessez-le-feu officiel.

En fait, on en expulsa encore quatre ans plus tard, comme le rapportait Ha’aretz (25 décembre 2008), dans une étude minutieuse réalisée par Beni Tziper sur l’histoire de la ville israélienne d’Ashkelon remontant jusqu’aux Cananéens. En 1953, rapporte-t-il, « on calcula froidement qu’il était nécessaire de nettoyer la région des Arabes ». Le nom original de la ville, Majdal, avait déjà été « judaïsé » sous sa forme actuelle d’Ashkelon, selon la pratique habituelle.

C’était en 1953, alors qu’il n’y avait pas le moindre signe de nécessité militaire. Tziper lui-même est né en 1953 et, tout en se promenant dans ce qui reste du vieux secteur arabe, il pense : « Il est vraiment difficile pour moi, vraiment, de comprendre qu’alors que mes parents célébraient ma naissance, d’autres personnes étaient entassées sur des camions et chassées de leurs maisons. »

Il y eut les conquêtes israéliennes de 1967 et les coups qu’elles ont continué à asséner par la suite. Puis sont venus les crimes terribles déjà mentionnés et qui n’ont cessé de se poursuivre jusqu’à ce jour.

Il est facile d’en voir les signes, même au cours d’une brève visite. Depuis l’intérieur d’un hôtel à proximité du littoral, on peut entendre les tirs de mitrailleuse des canonnières israéliennes repoussant les pêcheurs des eaux territoriales de Gaza vers le littoral, de sorte qu’ils sont forcés de pêcher dans des eaux lourdement polluées du fait que les Américains et les Israéliens refusent d’autoriser la reconstruction des sites de traitement des déchets et des systèmes de production d’électricité qu’ils ont détruits.

Les accords d’Oslo ont établi les plans de deux sites de désalinisation, une nécessité, dans cette région aride. L’un, une installation de pointe, fut construit… en Israël. Le second est à Khan Yunis, dans le sud de Gaza. L’ingénieur chargé d’essayer d’obtenir de l’eau potable pour la population a expliqué que cette installation avait été conçue de telle façon qu’elle ne pouvait utiliser l’eau de mer, mais qu’elle devait travailler avec l’eau phréatique, un processus moins onéreux, qui continue à dégrader la nappe aquifère déjà réduite, ce qui promet de graves problèmes pour l’avenir. Même avec cette installation, l’eau est sévèrement rationnée. L’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), qui s’occupe des réfugiés (mais pas des autres Gazaouis), a publié récemment un rapport prévenant que les dégâts à la nappe aquifère pourraient très bientôt devenir « irréversibles » et que, si on n’entamait pas d’urgence des actions réparatrices, Gaza pourrait ne plus être un « endroit vivable » en 2020.

Israël autorise l’utilisation du béton dans les projets de l’UNRWA, mais pas pour les Gazaouis engagés dans d’énormes besoins de reconstruction. Les équipements lourds, déjà limités, traînent généralement sur place sans pouvoir être utilisés, puisque Israël n’autorise pas l’entrée de matériaux de réparation. Tout cela fait partie du programme général décrit par le haut fonctionnaire israélien Dov Weisglass, qui fut le conseiller du Premier ministre Ehud Olmert, après que les Palestiniens ne se conformèrent pas aux ordres lors des élections de 2006 : « L’idée », disait Weisglass, « consiste à mettre les Palestiniens au régime, mais pas de les laisser mourir de faim. » Cela aurait fait mauvais genre.

Et ce plan est scrupuleusement suivi. Sara Roy en a fourni des preuves très complètes dans ses savantes études. Récemment, après plusieurs années d’efforts, l’organisation israélienne des droits de l’homme Gisha est parvenue à obtenir un ordre du tribunal enjoignant au gouvernement de libérer ses archives détaillant les plans du fameux « régime » et la façon dont ces plans sont appliqués. Le journaliste Jonathan Cook, qui vit en Israël, les résume comme suit : « Les fonctionnaires de la santé ont fourni des calculs à propos du nombre minimal de calories nécessaires au million et demi d’habitants de Gaza afin d’éviter la malnutrition. Ces chiffres ont alors été traduits en camions de nourriture qu’Israël est censé permettre chaque jour (…). Une moyenne de 67 camions seulement – bien moins que la moitié du minimum requis – sont entrés à Gaza quotidiennement. Ceci comparé aux plus de 400 camions d’avant le début du blocus. » Et même cette estimation est exagérément généreuse, rapports les fonctionnaires de l’ONU chargés de l’aide.

De ce régime forcé, fait remarquer Juan Cole, spécialiste du Moyen-Orient, « il résulte qu’environ dix pour cent des enfants palestiniens de moins de cinq ans ont leur croissance retardée par la malnutrition (…). De plus, l’anémie est très répandue, affectant plus de deux tiers des enfants, 58,6 pour 100 des enfants qui vont à l’école et plus d’un tiers des femmes enceintes. » Les États-Unis et Israël veulent faire en sorte que rien au-delà de la simple survie ne soit possible.

« Il ne faut pas perdre de vue », fait remarquer Raji Sourani, « que l’occupation et l’enfermement absolu constituent une attaque permanente contre la dignité humaine de la population de Gaza en particulier et de tous les Palestiniens en général. C’est une dégradation, une humiliation, un isolement et une fragmentation systématiques du peuple palestinien. » La conclusion est confirmée par bien d’autres sources. Dans l’une des plus éminentes revues médicales de la planète, The Lancet, un médecin de Stanford en visite, horrifié par ce dont il avait été témoin, décrit Gaza comme « une sorte de laboratoire où l’on étudie l’absence de dignité », une situation qui a des effets « dévastateurs » sur le bien-être physique, mental et social. « La surveillance constante à partir du ciel, les punitions collectives via le blocus et l’isolement, l’intrusion dans les maisons et dans les communications et les restrictions imposées aux personnes qui essaient de voyager, cde se marier ou de travailler, font qu’ils est malaisé de mener une existence dans la dignité, à Gaza. » Il convient d’apprendre aux Araboushim à ne pas redresser la tête.

On pouvait espérer que le nouveau gouvernement Morsi, en Égypte, moins servile à l’égard d’Israël que la dictature de Moubarak soutenue par l’Occident, allait ouvrir le passage de Rafah, le seul accès à l’extérieur pour les Gazaouis enfermés qui ne soit pas soumis au contrôle direct d’Israël. Il y a eu une légère ouverture, mais pas plus. La journaliste Laila el-Haddad écrit que la réouverture sous Morsi ‘est tout simplement un retour au statu quo d’il y a plusieurs années : seuls les Palestiniens en possession d’une carte d’identité de Gaza approuvée par les Israéliens peuvent utiliser le passage de Rafah, ce qui exclut un grand nombre de Palestiniens, y compris la propre famille d’el-Haddad, dont un seul des conjoints possède une carte.

En outre, poursuit-elle, « le passage ne mène pas à la Cisjordanie, pas plus qu’il ne permet le passage des marchandises, qui sont limitées aux passages contrôlés par les Israéliens et sont soumis à des interdictions concernant les matériaux de construction et les exportations ». La limitation du passage de Rafah ne modifie en rien le fait que « Gaza reste sous un sévère état de siège, tant maritime qu’aérien et continue à être complètement isolée principales villes culturelles, économiques et universitaires palestiniennes du reste des territoires occupés, et ce, en violation des obligations imposées aux États-Unis et à Israël dans le cadre des accords d’Oslo ».

Les effets en sont douloureusement manifestes. À l’hôpital de Khan Yunis, le directeur, qui est également le chef du département chirurgical, décrit avec colère et passion à quel point même les médicaments font défaut pour soulager les patients qui souffrent, de même que les équipements chirurgicaux, ce qui laisse les médecins désemparés et les patients à l’agonie. Les récits personnels ajoutent un élément particulièrement frappant au dégoût général que l’on ressent face à l’obscénité d’une occupation brutale. Un exemple est le témoignage d’une jeune femme désespérée parce que son père, qui aurait été fier que sa fille eût été la première femme du camp de réfugiés à obtenir une qualification supérieure, « était décédé après six mois de combat contre un cancer, à l’âge de soixante ans. L’occupation israélienne lui avait refusé un permis pour aller se faire soigner dans les hôpitaux israéliens. J’ai dû suspendre mes études, mon travail et mon existence pour rester à son chevet. Nous tous, y compris mon frère médecin et ma sœur pharmacienne, étions impuissants et désespérés de le voir souffrir. Il est mort au cours du blocus inhumain de Gaza, durant l’été 2006, à une époque où l’accès aux services de santé était particulièrement restreint. Je pense que se sentir impuissant et désespéré est le sentiment le plus mortel qu’un être humain puisse avoir. Cela tue l’esprit et cela brise le cœur. On peut lutter contre l’occupation, mais on ne peut lutter contre son sentiment d’impuissance. C’est un sentiment qu’on ne peut même pas éliminer. »

Le dégoût face à une obscénité composée de culpabilité : il est en notre pouvoir de mettre un terme à la souffrance et de permettre aux Samidin de profiter de l’existence de paix et de dignité qu’ils méritent.

Noam Chomsky

SOURCE : http://www.pourlapalestine.be

Traduction  JM Flémal.

Origine : http://chomsky.info/articles/20121104.htm

Bain de sang à Gaza. Qui a commencé ? (Counterpunch)


                              Patrick HIGGINS
La réponse à la question de savoir si Israël a le droit d’exister est aussi facile que la réponse à la question de savoir si un colonialisme d’implantation meurtrier a le droit d’exister.

Depuis plusieurs jours, Israël lance des attaques aériennes sur Gaza, provoquant de nombreux morts et blessés. Les attaques font partie d’un tableau plus large et éminemment déprimant d’une colonie usurpatrice qui enferme une population entre les murs d’un ghetto et les bombarde au nom du Judaïsme et des Juifs.

Un article du New York Times, du 14 novembre, nous informe sur la mort du commandant militaire du Hamas, Ahmed Jabari, tué par une des récentes frappes « chirurgicales » (« chirurgicale », selon l’article). Bien entendu, l’article prend soin de ne pas mentionner les autres – dont des enfants – tués lors de la frappe. Une phrase dans l’article reflète la logique du gouvernement israélien en la matière : « la férocité des frappes aériennes, en réponse à ce qu’Israël appelle des attaques répétées par roquettes par des militants palestiniens basés à Gaza… »

L’article se poursuit en renforçant cette logique lorsqu’il aborde le fragile cessez-le-feu entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et Israël :

« Depuis (2008-2009), le Hamas a pour une grande partie respecté le cessez-le-feu informel, sinon vacillant, et a parfois tenté de le faire respecter par des groupes militants plus petits. Mais au cours des derniers mois, sous la pression d’une partie de la population de Gaza qui voulait venger les frappes meurtrières aériennes israéliennes, le Hamas a revendiqué des tirs de roquettes. »

Alors se pose la question : qui a commencé ? Lorsqu’on lit le texte ci-dessus, on a l’impression que le « commencement » de « tout ça » est un phénomène récent et que la réponse se trouve dans les événements récents de la semaine écoulée. La logique défendue par le gouvernement israélien et le « journal de référence » US est défendu aussi par – et je m’excuse par avance à l’absence de toute surprise ici – le gouvernement des Etats-Unis.

A la fin de son mandat, George W. Bush a justifié l’opération Plomb Endurci – le massacre par Israël d’environ 1400 Palestiniens – en disant que c’est le Hamas qui avait commencé en violant le cessez-le-feu avec des tirs de roquette.

D’abord, c’est faux. Israël a violé le cessez-le-feu le 4 novembre 2008, lorsqu’il a envahi la bande de Gaza et tué six membres du Hamas. Le raid fut mentionné à l’époque par le quotidien The Guardian. L’incident ne fut pas vraiment mentionné dans la grande presse US, ce qui est révélateur de l’attitude de la presse dominante US envers Israël et Gaza.

Les défenseurs d’Israël vantent souvent comment Israël s’est « retiré » de Gaza, comme  si la transformation de Gaza d’un territoire formellement occupé en une prison à ciel ouvert constituait un geste de paix de la part d’Israël. Mais Israël viole le territoire de Gaza comme il l’entend et s’offusque lorsqu’il rencontre une résistance. Ceci n’a rien d’exceptionnel. Le parrain d’Israël, les Etats-Unis, pense aussi que tout lui appartient et qu’il peut faire ce qu’il veut où il veut. Pensez à ce vaste réseaux de drones, toujours occupé à assassiner des civils au Pakistan, au Yémen ou ailleurs.

Techniquement, le Hamas et d’autres factions palestiniennes à Gaza avaient offert une trêve à Israël, pas plus tard que le 12 novembre. Mais posons une question plus profonde : qui a commencé ?

La réponse est facile, mais la question doit être posée avec plus de précision : qui a commencé le colonialisme d’implantation meurtrier ? (« colonialisme d’implantation meurtrier » est un pléonasme, mais j’emploierai cette expression pour bien me faire comprendre).

C’est Israël, bien sûr. La question du colonialisme d’implantation est importante. Ca clarifie les choses. Après tout, le colonialisme d’implantation est un processus. En Palestine, c’est un processus en cours. Et chose plus importante encore à souligner, c’est un processus qui est toujours violent.

Au cœur du projet colonialiste d’implantation se trouve le plan de séparer les membres du peuple visé, de couper les individus de leurs communautés. Pour y parvenir, le présent de la population visée doit devenir son passé et son passé doit être effacé. Ce qui s’obtient par le vol et la destruction.

La destruction est un art qu’Israël a particulièrement bien apprise de son parrain, les Etats-Unis. Une des tâches entreprises par les colonisateurs US fut l’extermination massive des bisons (et, chose méconnue par la majorité, se poursuit encore de nos jours), et la modification radicale de la terre que les Amérindiens connaissaient si bien. De la même manière, Israël a depuis des années entrepris l’extermination en masse des oliviers, modifiant radicalement la terre que les Palestiniens connaissaient si bien.

Oui, les Etats-Unis et Israël partagent des valeurs. Ils partagent aussi des tactiques. Leur relation privilégiée est forgée dans une iconographie commune : l’image de la mort, illustrée par les innombrables cadavres de buffalos et d’oliviers, sans parler des innombrables cadavres de gens.

Le blocus contre Gaza est une des formes d’expression de la violence du colonialisme d’implantation. Aux Etats-Unis, ceci n’est généralement pas considéré comme une forme de violence. Après tout, les partisans de sanctions US contre l’Iran considèrent le plus souvent que les sanctions sont des alternatives à la violence.

En réalité, les sanctions sont d’une violence inouïe. Les 500.000 enfants irakiens assassinés par les sanctions de Bill Clinton dans les années 90 témoignent que ceux qui cherchent à « briser » des économies cherchent à affamer des enfants.

Il en va de même à Gaza. Un rapport de l’ONU a déclaré que l’endroit sera « invivable » d’ici 2020 si les conditions actuelles persistent. Dans ces conditions, des roquettes répétitives et féroces – fabriquées avec le peu de matériel disponible – constituent des actes de résistance, des déclarations de lutte, des promesses que la violence d’Israël ne sera pas acceptée à Gaza, malgré la puissance militaire des forces ligués contre lui.

En résumé, ceux qui voient la violence en Palestine et se sentent dans l’obligation de hurler aux Palestiniens qu’ils doivent reconnaître le droit à l’existence d’Israël sont soit incapables, soit refusent, de reconnaître un colonialisme d’implantation meurtrier.

Et cette autre question : Israël a-t-il le droit d’exister ?

Typiquement, il n’est jamais bon de répondre à une question par une autre, mais parce que cette question-ci est un piège, je n’aurai pas d’état d’âme. Alors voilà : Est-ce que « Israël » peut être dissocié du colonialisme d’implantation meurtrier auquel il se livre depuis sa fondation ?

Admettons que la réponse soit non. Je veux dire par là que le droit au retour des Palestiniens leur soit toujours refusé et que le système raciste israélien construit sur une paranoïa démographique persiste dans sa violence. Dans ce cas, la réponse à la question de savoir si Israël a le droit d’exister est aussi facile que la réponse à la question de savoir si un colonialisme d’implantation meurtrier a le droit d’exister.

La réponse est non.

Non.

En aucun cas.

Patrick Higgins

http://www.counterpunch.org/2012/11/15/bloodbath-in-gaza/

Traduction « en attendant de ré-ré-ré entendre tous les discours sionistes justificateurs dans tous les médias » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.

Remémorons-nous la bataille épique du 18 novembre 1803, le dernier coup fatal porté aux esclavagistes pour l’indépendance d’Haïti


Le général français Donatien Rochambeau et sa horde de tyrans sans cœur et sans âme pensaient détenir seuls le secret et le monopole de la violence pour faire fléchir nos ancêtres sous leur férule afin de les remettre dans la géhenne de l’esclavage. Mais les enfants du soleil, épris de liberté et de justice, avaient juré de vivre libres ou mourir. Ils en avaient eu marre d’un système odieux, établi par les aristocrates de la peau pour déshumaniser, abêtir une catégorie d’hommes afin de satisfaire leurs caprices égoïstes. Alors, ayant eu rien à perdre et tout à gagner, nos valeureux ancêtres assénèrent le coup décisif aux esclavagistes de la plus puissante nation en ce temps-là, savoir la France, lors de ce que l’Histoire appelle « la Bataille de Vertières », pour arracher d’eux leur dignité humaine et créer une nouvelle nation qui s’appelle Haïti.

En 2004, à la suite du coup d’État/kidnapping contre l’ancien président Jean Bertrand Aristide et son gouvernement, le peuple haïtien avait été témoin du sacrilège commis à Vertières par des fils dénaturés du pays sans se sourciller aucunement de la portée historique de leur acte combien ignominieux .Ces stupides s’étaient rendus à la place des héros à Vertières et avaient remplacé le drapeau haïtien par ceux de la France et des États-Unis d’Amérique. À ces Conzé nous disons : bat chen-an, tann mèt li. Un jour ou l’autre, ils auront à répondre devant le tribunal de l’Histoire.

En attendant, que la jeunesse haïtienne sache qu’Haïti n’a pas produit seulement des Jean Baptiste Conzé, des Guy Philippe et toute la horde putride de traîtres et de lâches qui ont sali et avili l’épopée du 18 novembre 1803, mais aussi et surtout des Dessalines, Capois, Christophe, Romain, Cangé, Gabart, Daut, pour ne citer que ceux-là, qui se sont sacrifiés sur le champ de bataille pour nous léguer Haïti.

Enfin, remémorons-nous cette bataille épique du 18 novembre 1803 : la Bataille de Vertières, tirée de l’Histoire d’Haïti, cours supérieur, par J.- C. Dorsainvil, pages 130-135.

Morisseau Lazarre

Campagne de Dessalines dans le Nord

À la fin d’octobre 1803, le bilan de la domination française est simple : rien dans le Sud, rien dans l’Ouest, et, dans le Nord, le Cap seulement avec le Môle Saint-Nicolas.

Impatient d’en finir, Dessalines, après avoir confié à Pétion la deuxième division de l’Ouest, établit son quartier général aux Gonaïves. Après un court repos, les soldats eux-mêmes furent acheminés, par l’Artibonite, vers le Nord ; leur centre de ralliement était au Limbé. Seule, la division du Sud ne put s’y rendre. En route, Geffrard avait reçu l’ordre d’étouffer à Jacmel une révolte de Lamour Dérance.

Le 6 novembre, Dessalines quitta les Gonaïves, escorté de la cavalerie de Paul Prompt et Charlotin Marcadieu. Au Limbé, il passa en revue les vingt-sept mille hommes qui y étaient massés. Son regard magnétique, ses gestes vifs, sa parole enflammée excitèrent un enthousiasme délirant.

Depuis des semaines, il pleuvait dans le Nord. et pourtant, sur un simple signal de Dessalines, l’on vit ces hommes à chapeau de paille, au havresac de peau de cabri, vêtus de haillons informes souillés de boue, s’engager gaiement sur les routes défoncées du Cap et y traîner, en chantant, une nombreuse artillerie. Que chantaient-ils… Le mépris de la mort, car ils ne réclamaient qu’une chose : le droit de vivre libres ou de mourir.

Le plan de Dessalines contre le Cap

Pour réduire le cap, il fallait ce déploiement de forces et cet enthousiasme. La place était bien défendue, protégée à l’ouest et au nord par des hauteurs, et couverte, à sa principale entrée, par une série de fortifications : les forts Bréda, Pierre-Michel, Bel-Air, Jeannot, Champlain, Vertières, d’Estaing, et la butte de Charrier ; enfin, pour animer les défenseurs, le cruel mais brave Rochambeau.

Avec un adversaire si opiniâtre, Dessalines comprit qu’un siège conduit suivant les règles ordinaires, en énervant l’armée indigène, la disperserait ou la fondrait : il décida une offensive à outrance.

Dès le 10 novembre, de son quartier général sur l’habitation Lenormand de Mésy, il lança ses ordres :

1)      Les généraux Christophe et Romain, contournant le Cap, attaqueront « la Vigie » pour obliger Rochambeau et la garnison à rester dans la ville basse ;

2)      Capois, le plus entreprenant des généraux indigènes, devra, méprisant l’artillerie des forts, se glisser entre eux avec ses troupes et attaquer la Barrière-Bouteille. ;

3)      Des batteries seront placées aux endroits favorables, et, éteignant les feux des forts, préluderont à l’assaut général ;

4)      Clerveaux prendra le fort Bréda.

Vertières.—La butte de Charrier

Le 18 novembre 1803, à 4 heures du matin, on claironne la diane au champ français, quand soudain le général Clerveau ouvre le feu sur le fort Bréda. À l’instant, tous les forts du Cap tonnent et sèment la mort dans les rangs indigènes. Rochambeau, surpris, sort du Cap et prend position avec sa garde d’honneur dans les retranchements de Vertières.

Le soleil levant éclaire une bataille en pleine action. Christophe et Romain, ayant enlevé la position de d’Estaing , y ont dressé une batterie dont les boulets tombent dans la ville même du Cap. Capois vient de commencer sa manœuvre quand un contrordre l’arrête.

Dessalines, qui veut empêcher la  concentration des feux des forts sur un point unique du champ de bataille, ordonne à Clerveaux de contourner Bréda, et à Capois d’occuper la butte de Charrier, voisine de Vertières et plus élevée.

Pour atteindre Charrier, il faut passer par une route et sur un pont que Vertières domine. Capois part avec sa fidèle 9e demi-brigade. Fauchée par la mitraille, elle hésite ; mais, à la voix de son chef, elle resserre ses lignes et bondit en avant. Capois, à cheval, l’entraîne avec sa fougue ordinaire quand un boulet lui enlève son chapeau : « En avant ! en avant ! » crie-t-il quand même. Un second boulet renverse son cheval. L’intrépide Capois, prestement relevé, brandit son sabre et aux cris répétés de « En avant ! en avant ! » s’élance une fois de plus, à la tête de ses hommes.

Une bravoure si éclatante émeut la garde d’honneur de Rochambeau. Elle applaudit. Un roulement de tambour se fait entendre. Le feu cesse. Un hussard sort de Vertières, se dirige vers le front indigène. « Le capitaine général Rochambeau, déclare-t-il, envoie son admiration à l’officier général qui vient de se couvrir de tant de gloire ». Il se retire ensuite et la lutte recommence.

Malgré les charges furieuses et répétées de Capois, la bataille reste longtemps indécise ; les pertes des indigènes sont élevées. Dessalines appelle Gabart, le plus jeune divisionnaire de son armée (27 ans), et lui ordonne de passer sous les canons du fort Pierre-Michel et d’occuper coûte que coûte la butte de Charrier.

Gabart défile habilement sa troupe sous les arbres et, en un instant, occupe la position. Aidé de Jean-Philippe Daut, puis de Clerveaux, il s’y cramponne et y dresse une batterie qui ment à mal le fort de Vertières, contraignant les Français à évacuation. Ils se retirent en bon ordre, malgré une charge furieuse des dragons de l’Artibonite où Paul Prompt et Dominique trouvent la mort.

La butte de Charrier, par sa hauteur, domine tous les ouvrages de défense du Cap. Rochambeau lance jusqu’à sa garde d’honneur pour en déloger les indigènes ; sacrifices inutiles. Vers trois heures de l’après-midi, une pluie torrentielle suspend le combat. Rochambeau en profite pour abandonner les fortifications extérieures. Le lendemain, 19 novembre, il signe une convention qui livre le Cap à Dessalines.

Dix jours après (29 novembre), Rochambeau étant parti et déjà prisonnier des Anglais, l’armée indigène entrait triomphalement au Cap. Le 4 décembre enfin, les Français livrent aux indigènes le Môle Saint-Nicolas.

La glorieuse et sanglante guerre de l’Indépendance était terminée.

Dossier kidnapping: Le RNDDH met en garde contre toute tentation de court-circuiter le dossier Brandt et réclame le jugementt de tous les membres du gang


Port-au-Prince, le 14 novembre 2012 – (AHP) – Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a mis en garde  mercredi les autorités haïtiennes contre toutes démarches qui viseraient à  aboutir à la libération de Clifford H. BRANDT accusé d’implication dans un vaste dossier de kidnapping et en particulier dans l’enlèvement suivi de séquestration contre rançon, de Nicolas MOSCOSO et de Coralie MOSCOSO.

Dans un rapport daté du 13 novembre, le RNDDH, rappelle que le 22 octobre 2012, le richissime homme d’affaires Clifford H. BRANDT était  arrêté par des unités spécialisées de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), dans l’enceinte même de son entreprise, Compagnie Haïtienne de Moteurs,  à Delmas 2, suite à l’enlèvement le 16 octobre des deux jeunes gens par des hommes armés, vêtus d’uniformes de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

15 autres présumés complices dont Marc-Arthur PHEBE, Responsable de CAT Team au Palais National allaient par la suite être arrêtés.

Compte tenu de nombreux antécédants  où des individus arrêtés pour kidnaping ont pu fuir à l’étranger ou leur dossier classé sans suite, le RNDDH dit redouter que le dosisier Brandt connaise le même dénouement.

Et le fait de placer M. Brandt et 3 autres  présumés kidnappeurs à la Prison civile de la Croix des Bouquets a éveillé des soupçons supplémentaires au sein de l’ONG des droits de l’homme qui y voit une situation troublante (la prison de la Croix des bouquets se trouvant sur la route de la Frontière haïtiano dominicaine de Malpasse).

L’organisation estime également troublant que 3 jours après  l’enlèvement des Moscoso, l’Inspection Générale de la PNH, le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique et le Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique qui détenaient, selon elle, des informations relatives au cas, aient choisi de ne pas intervenir pour des raisons non élucidées et qu’il ait fallu « l’intervention d’une haute responsable de l’Administration Américaine, sollicitée par la famille des victimes, pour obtenir que le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) fournisse les informations relatives au dossier à la DCPJ et ordonne que suites nécessaires y soient données ».

Le RNDDH qui requiert la vigilance de tous les citoyens haïtiens,  recommande aux autorités judiciaires « de donner suite à l’enquête menée par la PNH, de démanteler une bonne fois pour toutes, le gang dirigé par Clifford H. BRANDT, qui serait impliquée aussi dans le trafic d’armes à feu, traduire par devant la juridiction de jugement tous les membres de ce gang ainsi que tous ceux qui sont impliqués dans l’enlèvement suivi de séquestration de Nicolas MOSCOSO et Coralie MOSCOSO.

D’autant que, selon le rapport, à aucun moment, Clifford H. BRANDT ne comptait libérer ses victimes de peur que ces dernières ne puissent fournir les informations sur leur enlèvement et le lieu de leur séquestration, et qu’il était planifié de les éliminer une fois la rançon empochée.

L’organisation réclame enfin l’instruction de tous les dossiers criminels équitablement et la fin de la pratique des activités parallèles des policiers actifs ».


Me Newton Saint-Juste et André Michel renouvellent leurs acusations de coruption contre la famille présidentielle, rentrés d’une tournée aux Etats-Unis


Port-au-Prince, le 12 novembre 2012 – (AHP) – Après une tournée aux Etats Unis, les avocats militants Newton Saint-Juste et André Michel reviennent en Haïti, décidés plus que jamais, on-ils dit, à obtenir que la famille présidentielle s’explique sur les accusations de corruption qui pèsent sur la première dame et son ainé .
Me André Michel se déclare satisfait des rencontres qu`il affirme avoir eues avec des responsables américains du département d`Etat, des membres d organisations internationales de droits humains et des Haïtiens vivant aux Etats Unis.
Nous leur avons expliqué la situation du pays, marquée, a-t-il dit, par une volonté de l’Exécutif de faire main mise sur la justice. Nous leur avons avons fait comprendre que les droits socio-économiques et culturels des Haïtiens sont constamment violés, car le gouvernement cherche à fragiliser les institutions démocratiques.
Nous avons également parlé de l’introduction du choléra dans le pays. Alors que différentes études internationales montrent clairement que ce sont des soldats de la mission onusienne en Haïti qui ont amené la maladie, le gouvernement haïtien ne semble pas décidé à appuyer la population dans sa quête de justice et réparation, a-t-il déploré.
Me Newton Saint-Juste à quant à lui renouvelé ses accusations contre la famille présidentielle notamment la première dame Sophia Saint-Rémy Martelly et le fils ainé du chef de l`Etat Olivier Martelly.
Il appelle le commissaire du gouvernement à assumer ses responsabilités en invitant les concernés à s`expliquer devant la justice. Se basant sur une déclaration faite récemment par un secrétaire d’Etat ayant  fait savoir que les fonds que dépensent Sphia et Olivier Martelly viennent su decteur privé, Me Saint-Juste a redit qu il y a un risque que de l argent sale soit utilisé et blanchi dans les structures étatiques. Une crainte qui s est renforcée, a-t-il dit, après l’arrestation du riche homme d affaires Clifford Brandt acusé d’implication dans un reseau de kidnapping. Lles avocats de la famille présidentielle  ainsi que des proches ont toujours rejeté et banalisé les accusations portées par les deux avocats.


Ouverture du 4ème sommet Wise sur l’Education à Doha, avec pour objectif de travailler sur la réforme du système éducatif mondial et bâtir un avenir dépourvu d’illétrisme


Doha, 13 novembre 2012- (AHP)- Le 4ème sommet de World Innovation summit for Education (Wise) s’est ouvert mardi à Doha au Qatar en présence de 1200 participants dont une centaine  de journalistes en provenance de tous les continents. Une délégation haïtienne de 8 membres participent à cette conférence.
L’objectif de ce sommet annuel est de promouvoir l’éducation, travailler sur un système éducatif uniformisé et bâtir un avenir dépourvu de tout illétrisme.
En ouvrant la conférence, la « chairperson » de la Fondation Qatar, Sheikha Moza Bint Nasser, a fait savoir que « nous sommes réunis pour consacrer la culture de l’education et que ces 3 jours de travail permettront de progresser énormement dans le domaine de l’éducation ».
Se félicitant de  l’importance de Wise dans le combat pour une éducation de qualité qui corresponde aux exigences de l’heure, elle a insisté sur le fait que c’est par l’éducation que les pays choisissent le progrès au lieu du retard. « C’est par l’éducation que nous choisissons la paix au lieu de la guerre, la richesse au lieu de la pauvreté », a-t-elle insisté, ajoutant que le monde a besoin de renouveau pour encourager l’innovation. Aux problèmes exceptionnels, des réponses exceptionnelles, a lancé Sheikha Moza, faisant savoir   que nous vivons auourd’hui une époque où aucun pays ne peut vivre en vase clos et n’a l’appanage de l’education.
« Si nous commençons à résoudre les graves problèmes de l’éducation, ce sera un premier pas vers la résolution des problèmes de développement.
775 millions d’analphabètes. dans le monde, cela n’est pas acceptable possible  au 21ème siècle, s’est-elle insurgée, assurant que Wise se dirige vers une nouvelle décennie sociale. Mais pour cela, nous devons croire au partenariat, car chacun et chaque entreprise dans un pays, peut commencer  à donner un élan au changement.
Le chairman de Wise, Abdullah Bin Ali al Thani, a , quant à lui insisté sur le fait qu’aucun pays ne peut se permettre de  faire fi de ce qui se pase aileurs.  « Le niveau actuel de l’education est à ce point inaceptable qu’il faut conjuguer tous les efforts mondiaux pour arriver à y opérer des changements.
Wise, a-t-il dit, a décelé en ce sens des îlots d’excellence dans le monde et qui participent aujourd’hui à ce somet. Il nous faut nous  inspirer de leurs efforts et experiences, etablir des alliances et des partenariats avec eux, a-t-il insisté, s’enorgueillissant que Wise est le seul parterre capable de reunir au temps de partenaires.
Abdullah Bin Ali a dit  que Wise est une institution institution orientée sur l’action, une organisaton qui, en 2010 apres le séisme, a fourni, a-t-il dit, une aide et un local au groupe Wise Haïti, pour lui permettre de travailler. Allant dans le même sens, la Directrice géneral de l’Unesco, Irina Bokova a fait savoir que  Wise, c’est la conférence par excellence sur l’éducation.Pour elle, l’éducation est plus qu’un droit de l’homme, c’est la dignité humaine. « L’education, c’est la clé qui déverrouille tout », a-t-elle souligné.
Pour sa partr, le représentant de la Russie , Andrey Fursenko, a averti que le problème de l’éducation est aujourd’hui  un problème mondial. « Nous ne sommes pas préparés pour l’economie de demain, a-t-il souligné, expliquant que l’economie d’aujourd’hui et demain sera nouvelle et unifiée. « C’est pourquoi, nous ne  pourrons plus confier notre devenir à des specialistes à mentalité étriquée et serons obligés de restructurer notre enseignement secondaire et universitaire ».
Andrey Fursenko a insisté sur la nécessité de mettre l’apprenant au coeur de toutes les entreprises de l’éducaton et créer des programmes de formation des maîtres et des programmes susceptibles de les retenir dans le système.
Irina Bokova estime urgent de trouver  l’adéquation entre l’apprentissage et l’acquisition des compétences et de cibler les objectifs prioritaires, car on ne peut pas tout atteindre d’un seul coup.
La délégation haïtienne à cette conférence comprend outre l’ancienne première ministre Michèle Pierre-Louis, le vice-président de la chambre franco-haïtienne de commerce et d’Industrie, Patrick Attié, l’économiste Kesner Pharel, le coordonnateur de l’Associaton des paysans de Vallue, Abner Septembre, ainsi qu’un représentant du Ministère de l’Education. C’est à la fin de cette première journée de travail que le prix Education wise 2012 a été attribué à l’Indien Madhav Chavan. Cet ancien professeur de chimie a souligné que tout comme , on a besoin d’air, d’eau, de nourriture, on a besoin d’education.
Dans son plan  2010-2015 sur la Refondation du Système éducatif haïtien, un goupe  Groupe de Travail  recommandait en 2011 la mise en place d’un dispositif de gestion intégré impliquant le secteur des affaires.
Quant à l’enseignement supérieur, les initiatives pour sa restructuration lui permettront d’être en capa- cité de fournir à la société haïtienne les compétences techniques et intellectuelles nécessaires à son développement et à sa pleine et entière intégration dans le monde contemporain.
Au nombre de ces initiatives figurent   la mise en place d’une structure de gouvernance coiffée par un ministère dédié à l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation;  la réforme de l’Université d’État d’Haïti, l’expansion de l’offre par le développement et la consolidation de réseaux publics d’universités autonomes en région; la création d’un fonds national pour, entre autres, la reconstruction des universités publiques détruites et; l’établissement d’un système d’incitations pour la recherche et l’innovation. Le Qatar, ce petit pays du golfe persique de   11 590  km2 (moins de la moitié d’Haïti) et qui dispose de pétrole et de gaz à profusion, et  qui connait de ce fait, une économie fulgurante depuis ces 12 dernières années (bien que seul 1% de ses terres soit cultivé), fait de l’éducation son leitmotiv pour émerger sur la scène internationale. AHP 13 novembre 2012   V. Remarais, Doha

Présidentielles américaines : vote pour la race ou pour la classe ?


Un camarade de travail m’interrogeait il y a quelques semaines sur les prochaines élections présidentielles américaines et voulait savoir pour lequel des deux candidats à la présidence que je vais jeter mon bulletin. J’ai souri et lui ai répondu que ni l’un ni l’autre ne m’intéresse. Car, qu’il s’agisse du président démocrate Barack Obama ou son rival républicain Mitt Romney, c’est bonnet blanc et blanc bonnet ; deux faces d’une même médaille ; deux défenseurs d’une même cause : la pérennisation du capitalisme sauvage, l’hégémonie de l’oligarchie nationale et internationale. Je lui ai fait savoir que s’il existe une divergence entre les programmes de ces deux candidats, c’est dans la forme, mais pas dans le fond. D’ailleurs, au cours du débat sur la politique extérieure des États-Unis, le 22 octobre, Obama et son adversaire Romney ont projeté des points de vue identiques en ce qui a trait à la continuation de la guerre, des assassinats illégaux et l’intervention impérialiste à travers le globe.

À ces mots, mon interlocuteur, un homme de couleur et un démocrate, fut scandalisé et m’interrompit pour m’apprendre « doctement » que les programmes des deux candidats divergent comme le jour et la nuit dans la mesure où Obama favorise la classe moyenne et Romney les richissimes. Alors, je lui ai lancé cette question à la face : « Existe-il deux seules classes sociales aux États-Unis ? Qu’en est-il des prolétaires et des misérables ? Et toi et moi, de quelle classe sommes-nous ? » Il était comme pris par surprise et n’a pas pu répondre. Donc je lui ai dit que moi je suis un prolétaire et Obama ne défend pas la cause de la classe prolétarienne et n’oserait le faire d’ailleurs, sinon il n’aurait jamais accédé à la présidence des États Unis d’Amérique. Obama, à l’instar de son rival Romney, n’a jamais mentionné les pauvres dans ses multiples discours ; encore il serait accusé de promouvoir la lutte des classes s’il oserait le faire. D’ailleurs, sous la présidence d’Obama, les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches.

Mon camarade se sentait un peu embarrassé et a pris la tangente lorsque tout à coup il s’efforçait de m’expliquer combien nous devons être fiers d’avoir un des nôtres, c’est-à-dire un Noir, comme président du pays. « Si tu étais là au temps de l’esclavage, aujourd’hui tu comprendrais la signification du vote pour Obama », a-t-il ajouté, tout en essayant d’interpeller le côté sentimental, pour ne pas dire le côté naïf de ma conscience. Et moi de lui rétorquer qu’on ne doit pas voter pour la couleur de la peau, mais pour les intérêts de classe. Les citoyens bien avisés le savent. « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes », disait Karl Marx.

Malcom X, Martin Luther King Junior, avaient eu aussi des supporters blancs ; Jessie Jackson, Al Sharpton ont aussi des supporters blancs. Le représentant de l’État de l’Ohio Dennis J Kucinich, un blanc, deux fois candidat à la présidence aux États-Unis, ne sera jamais président à cause de son discours en faveur des prolétaires, des misérables et sa farouche opposition à la guerre. Alors que Colin Powell, Condoleezza Rice, Clerence Thomas, des noirs républicains, sont choyés par les blancs même les plus réactionnaires du pays pour leur excellent service au maintien du statu quo.

En 2008, alors que le prestige de l’Oncle Sam s’effritait de façon vertigineuse, la ploutocratie étasunienne a jeté son dévolu sur Barack Obama, un homme de couleur, pour stopper ou au moins ralentir cette glissade dangereuse. C’était tout simplement un calcul politique. Ainsi, Blancs, Noirs, Métis et  toutes classes confondues ont voté Obama. Son charme, son charisme, son intelligence et son programme Hope and Change (Espoir et Changement), plus ou moins libéral, avait séduit plus d’un, incluant même des progressistes naïfs. Néanmoins, arrivé au pouvoir, le premier acte d’Obama, c’était le décaissement de presqu’un trillion de dollars pour renflouer les grandes banques qui ont saboté l’économie étasunienne à cause de leur cupidité. Tandis qu’aucune mesure de sauvetage n’est prise jusqu’à présent pour aider les vraies victimes, les classes laborieuses et les pauvres, de la malfaisance des gloutons de banquiers. Cette décision avait piqué la colère des classes travailleuses et des supporteurs progressistes dObama. Et qu’est-ce qu’ont bénéficié de l’administration d’Obama les afro-américains qui sont si fiers de lui, sinon plus de marginalisation et plus d’oppression ?

Quel président qui a cautionné la destruction de la Libye, le joyau de l’Afrique ? N’est-ce pas Barack Obama, le premier président afro-américain ? Et il se vantait de son « exploit » lors du débat du 22 octobre dernier, en précisant pour son vis-à-vis que « j’étais déterminé d’en finir avec Kadhafi…m’assurer que nous finissions le travail ».

Alors, doit-on voter pour la couleur de la peau ou pour les intérêts de classse ?

Et mon camarade a souri et s’est tu.

Morisseau Lazarre

kamoy3@optimum.net

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