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Archives mensuelles de “août, 2012”

L’ARTISTE


       L’artiste
  Je suis un vieil artiste
Qui a chanté sur une guitare
Bien de chansons progressistes
Dans l’Haïti des avatars
 
J’ai inventé des parodies
Pour les damnés de tous les temps
Fous des délices du paradis
Comme les oiseaux du printemps
 
Guitare o ma guitare qui chatouille les oreilles
Ah combien tu fais de moi un artiste sans pareil
 
J’ai proposé de simples idées
Que l’on disait  offensives
Parce qu’elles feraient déborder
La conscience collective
 
J’ai vénéré les va-nu-pieds
Qui libéraient mes grands-parents
De la géhenne des meurtriers
Où naissaient de braves enfants
 
Guitare o ma guitare qui chatouille les oreilles
Ah combien tu fais de moi un artiste sans pareil
 
J’ai loué  Dessalines le grand
Ce prodige incontesté
Dont les propos contre les blancs
Firent trembler l’humanité
 
J’ai fustigé les apatrides
Les faux prophètes et apôtres
Toute la faune perfide
Encore ā la solde de l’autre
 
Guitare o ma guitare qui chatouille les oreilles
Ah combien tu fais de moi un artiste sans pareil
 
J’ai propagé de belles paroles
Des notes souvent harmonisées
Pareilles à celles des rossignols
Pour apaiser les cœurs brisés
 
J’ai clamé la Dessalinienne
L’hymne aux rimes exaltées
Toute la longueur de mon haleine
Dans le vieux monde déchiqueté
 
Guitare o ma guitare qui chatouille les oreilles
Ah combien tu fais de moi un artiste sans pareil
 
J’ai chanté pour changer ce monde
De toute la force de ma voix
Sur fond de douleur profonde
Mais vainement malgré ma foi
 
Je continuerai de chanter
Toujours avec effronterie
Tant que ne sera éclatée
L’aurore sur Haïti chérie
 
Guitare o ma guitare qui chatouille les oreilles
Ah combien tu fais de moi un artiste sans pareil
 
 
                    P. William Pierre
 
 
         

 

Turie au Colorado: résultat d’une culture de violence (3è partie)


La guerre, cette forme extrême de violence. L’homme est un loup pour l’homme, dit l’autre. L’instinct de conservation chez l’homme force même celui au tempérament le plus doux de se batrre pour empêcher que l’autre, même le plus fort, lui arrache son victum, c’est-à-dire ses moyens d’existence, donc son droit à la vie. Surviennent alors les querelles qui ont pour corollaire la guerre, qui traine toujours derrière elle un Himalaya de victimes. Et, puisque dans cette jungle qu’est la société universelle, la raison du plus fort est toujours la meilleure, la loi, qu’on a corrompue, se tait, se bouche les oreilles et devient subitement aveugle parce que la déraison veut que le plus faible renonce sans rechigner à son victum. C’est dommage! mais c’est dans cette ignomigneuse réalité qu’évolue l’homme depuis la nuit des temps.

Ceci dit, nous pouvons avancer que le capitalisme moderne, dont les États-Unis d’Amérique se font les chantres, est la continuation de cet état de chose sous la forme la plus sauvage, il est vrai, mais plus subtile et ultra sophistiquée. Les dirigeants américains ont  méticuleusement, disons mieux, minutieusement, tout mis en oeuvre pour s’assurer que la continuité du système soit garantie per fas et nefas car, il y va de la survie même de la nation. Alors pas de raison de s’étonner que le pays étoilé, dont les dirigeants, dans leur farandole de discours, disent pourtant aimer la paix, soit en guerre perpétuelle, non seulement contre les plus faibles et les plus vulnérables, pour s’accaparer de leurs richesses et les dominer, mais encore contre tous ceux suspectés d’avoir l’intention manifeste ou cachée de rivaliser avec lui.

Cependant, les tenants de l’establishment américain, qui ne sont pas à court d’imagination, pour arriver à ce stade sinistre et faire accepter l’inacceptable, ont recouru à toutes sortes de subterfuges pour parvenir au conditionnement dès le berceau des citoyens étasuniens. Par example, ils utilisent l’Église comme outil de prédilection pour mystifier les citoyens, gonflant leur subconscient de chimères superstitieuses, afin d’obtenir d’eux la soumission complète, pour ne pas dire aveugle, aux autorités étatiques, «oints par Dieu lui-même». Quand l’État étasunien lance une guerre d’agression, criminelle soit-elle, contre un autre État faible, sans défense, faisant pleuvoir sur lui la grêle de bombes biologiques et chimiques, l’Église, sous le fallacieux prétexte que c’est une guerre juste contre les «ennemis de la liberté», une guerre entre «le Bien et le Mal», commande aux citoyens de prier avec ferveur pour les autorités et les soldats et pour la «victoire» de leur pays, «choisi par Dieu pour être le leader du monde».

La tâche du conditionnement est aussi confiée à Hollywood, qui travaille en tandem avec les seigneurs de l’establishment. Aux États-Unis d’Amérique, les enfants sont introduits à une kyrielle de bandes dessinées violentes (cartoons), tels Spongebob Squarepants, Beavis and Butthead, Spiderman, Tom and Jerry, The Simpsons ect., qui captivent, subjuguent et transp0rtent les petits cerveaux en herbe dans le monde imaginaire où la violence est synonyme de morale. C’est pourquoi, tout petits, les garçonnets sont déjà si fascinés par les jouets de guerre. Citons parmi les plus populaires: pistolets, mitrailleuses, ceinture de balles, baïonnettes, véhicules de combat et autres, qui sont devenus les joujous préférés de ces petites âmes, pour jouer à la guerre. Et que dire de tous ces films ultra violents hollywoodiens qui promeuvent l’animalisation des êtres humains! Nous pouvons mentionnner parmi tant d’autres: The Wild Bunch,  Reservoir Dogs, Scarface, Rambo, Spiderman, Saving Private Ryan, Training Day, 300, A Clockwork Orange, Battle Royale. Sont inventés aussi des simulations et des jeux vidéo violents, auxquels les jeunes enfants s’adonnent à l’instar des toxicomanes à la drogue.

Le sport n’est pas également négligé. Pour enflammer les pulsions d’agressivité des jeunes citoyens américains, des jeux sportifs violents, comme le hockey, la lutte (wrestling) et le mal nommé football américain, tous, très populaires et très médiatisés, font partie des programmes scolaires aux États-Unis d’Amérique.

À suivre

INQUIÉTUDE D’UN OISEAU NOIR (poème)


INQUIÉTUDE D’UN OISEAU NOIR

Il a peur que le vent souffle trop fort

De crainte qu’il ne soit emporté

Dans le royaume des aristocrates de la peau

Il tremble à s’évanouir

Quand il entend l’ouragan

Souffler rageusement

Et voit les grands arbres se tordre

Les feuilles emportées désespérément

Par le grand géant de la nature

Ô très cher Jupiter!

Crie le p’tit oiseau noir

Parlez à vos bons dieux

Qu’ils fassent cesser le vent

Qui trouble le coeur d’un innocent

Ne me laissez pas enlevé

De ce pays où je suis né

Malgré cette carence de liberté

Qui pertube mon existence

Certes, je ne vis pas comme je veux

Mais dans le royaume des aristocrates de la peau

Ce sera pire

On m’en voudra tant

On dira trop de moi

Parce que je suis ce que je suis: un oiseau noir

Et, là-bas, on dit:

«Quand on est noir

On est noir

Et quand on est noir

Cela rime avec désespoir

Ô très cher Jupiter!

Puissent vos bons dieux

Dire: hola à ce démon

Et je vous peyerai mon tribut de reconnaissance

Et quand l’ouragan n’est plus

Le p’tit oiseau noir continue

Son perpétuel mironton

Au rythme de son coeur.

Grenn pwonmennen


GRENN PWONMENNEN
Mwen rele grenn pwonmennen
Pirèd pase pye poudre
Mwen mache nenpòt lè m’vle
Lannwit tankou lajounen
M’pa pè baton ni tyòbòl
Madigra ki gaye tout kote
Lavalas boulèt kap tonbe
Tankou lagrèl sou do kay tòl
Se mwen ki konn sa m’tande
Ki pa janm fè dyòl alèlè
Ki toujou pale sa m’wè
Tanpri souple kite-m pale
Peyi-m fin dekonstonbre
Tout kote-w pase se rèl
Pa gen solèy ni lakansyèl
tout zetwal yo kraze raje
Tè sèk ape tann lawouze
Pye mayi paka boujonnen
Bon tè tonbe lanmen voryen
Pandan ti nèg ap betize
Se pa de fanmi k’ap soufri
Timoun paka bwè akasan
Gran moun ap fè move san
Gobe tè pou yo pa mouri
M’ta kontan kouwè moun fou
Si Ayiti ta resi chanje
Kote tout moun ka manje
Tout timoun al lekòl chak jou
Komès vwazen vale teren
Sou do pitimi san gadò
Pèpè gaye tribò babò
Politisyen pa di anyen
Si kè plen te kon touye moun
M’ta mouri dis fwa san fwa
Tèlman m’wè fatra ri Bònfwa
Lan Bisantnè tou pre Lakomin
Ay podyab site solèy
Zòt pase-l anba pla pye
Ki  mal li fè l’ap peye
Si se pa je vèt ki pè solèy
Kote lamizè ap donnen
Malfini te mèt sote ponpe
Ap toujou gen leve kanpe
Tèt kole pou kwape malandren
Tout sa k’kwè lan tonton nwèl
Kap bay peyi moso pa moso
Mwen di grenadye alaso
Yon jou konsa na pran nouvèl
M’ta kontan kouwè moun fou
Si Ayiti ta resi chanje
Kote tout moun  ka manje
Tout timoun al lekòl chak jou
Grenn pwonmennen di-w lale
Kenbe fèm yon lòt lè na pale
        P. William Pierre

Tuerie au Colorado: résultat d’une culture de violence (2ème partie)


À chaque fois qu’une action de fusillade fait vague dans la société étasunienne, la grande presse, la voix de l’establishment, saute dessus et la traite comme un cas isolé, et, parfois, comme un fait divers, selon son ampleur; et cela, bien sûr, fait partie du conditionnement des citoyens, à qui l’on enseigne la pensée unique et la soumission absolue et aveugle aux autorités établies. Comme nous avons pu constater, dans cette énième tuerie en masse au Colorado par  le forcené James Holmes, la voix des puissants du pays a bien fait le travail qui lui est échu, évitant, sinon, empêchant ainsi tout débat public sur les véritables causes de cet état de chose dans une société qui se doit civilisée. Pourquoi ces cas répétitifs de tuerie en masse aux États-Unis d’Amérique?

Une culture de violence

L’ascendance des États-Unis d’Amérique comme première puissance mondiale n’a rien à voir avec une quelconque intervention providentielle et n’est non plus un hasard de l’Histoire, comme certains dirigeants étasuniens, les fanatiques religieux et autres apologistes des États-Unis d’Amérique aiment ressasser. Car l’Histoire n’accepte ni l’un ni l’autre, puisque l’homme produit ses propres conditions, donc manipule l’histoire comme bon lui semble. Ce qui revient à dire que l’homme étasunien a créé des conditions, selon qu’il voit sa place dans l’univers et selon ses ambitions, pour parvenir à ses fins. Et l’une de ces conditions, c’es la violence. La violence sous toutes ses formes. La violence dans toute sa crudité.

En effet, qu’est-ce que la violence, Le lexicographe la définit ainsi: Caractère de ce qui se manifeste, se produit ou produit ses effets avec une force intense, extrême brutale. Par exemple, violence de la tempête. Caractère de quelqu’un qui est emporté, agression. Extrême véhémence, outrance dans les propos, le comportement… Faire violence à quelqu’un, c’est le contraindre par la force; on peut aussi faire violence à quelque chose, c’est-à-dire l’interpréter d’une manière forcée, le dénaturer.

Au sens juridique, la violence est définie comme un acte par lequel s’exprime la brutalité et l’agressivité de l’homme contre ses semblables leur infligeant des dommages physiques et/ou psychologiques.

Et c’est à la lumière de cette définition juridique de la violence, qui nous paraît bien plus explicite, que nous allons diagnostiquer sans fard et sans zigzags ce mal institutionnalisé et institué en système politique par les dirigeants étasuniens.

La violence en système politique. Le capitalisme, dont les États-Unis d’Amérique sont les porte-étendards, la référence même, est un système politique basé sur l’exploitation à outrance de l’homme par l’homme tout en le déshumanisant. Et qui dit exploitation, dit violence sous toutes ses formes. D’où la guerre.

À suivre

Encore les séquelles de l’esclavage


Ce mardi matin 7 août, je suivais les informations sur Radio Caraïbes FM, et tout à coup je suis tombé des nues lorsque le présentateur principal Robert Céliné, critiquant de façon voilée Martelly et son alter ego Lamothe pour leur manque de parole, disait, par contre, que les autorités des autres pays sont de parole, c’est-à-dire qu’ils respectent leurs promesses.

Nous ne croyons pas, franchement, que ce discours est un lapsus linguae ou un fatras lâché par quelqu’un qui vit dans les nuages. C’est plutôt la façon de penser de bon nombre de compatriotes de toutes les couches sociales, à savoir, sanctifier les étrangers, pour ne pas dire les Blancs. Et, ce sont les séquelles de l’esclavage qui ont imprégné Robert Céliné de telle mentalité d’infériorité.

Il est grand temps que nous sachions que tous les hommes, de quelque race qu’ils appartiennent et sous quelques cieux qu’ils s’établissent, sont les mêmes à tous égards. Que nous allions en Europe, en Afrique, en Asie, en Océanie et en Amérique, nous y trouverons les mêmes vices comme les mêmes qualites. Donc attribuer le manque de parole uniquement aux autorités haïtiennes, est un non-sens et une insulte à la pensée.

Derrière La Bamboche Carnavalesque De Michel Martelly


Michel Joseph Martelly, dit Sweet Micky, forcé dans la gorge du peuple haïtien par les Clinton comme pésident d’Haïti, vient de prouver pour la énième fois, qu’il est un véritable admirateur de François Duvalier et qu’il entend marcher sur les traces de son admiré.

C’était bien l’ancien tyran, mégalomane et démagogue par excellence François Duvalier qui avait institué le Carnaval des Fleurs, pour justement saoûler, disons plutôt amadouer la jeunesse contestataire, hostile à son gouvernement qui traînait le pays dans l’abîme et le déshonneur. Il s’instruisait des observations de l’Oncle (Dr Jean Price Mars) qui disait que nous sommes «un peuple qui chante et qui souffre, qui peine et qui rit, un peuple qui rit, qui danse et se résigne…»

C’est divinement vrai. Alors ce n’est pas sans raison que Baby Doc Duvalier, encadré, ceinturé par les dinosaures duvaliéristes, a pérennisé l’oeuvre de son père, parce que, lui aussi, son régime dictatorial, rétrograde et catastrophique pour le pays était en butte aux contestations des citoyens éclairés et conscients du pays.

Maintenant c’est le tour du président Michel Martelly, cet adepte convaincu du duvaliérisme, d’appliquer cette démagogie duvaliérienne parmi tant d’autres, rien que pour faire diversion dans un pays au bord du précipice, dans un pays où la vie est synonyme de merde, dans un pays dont le peuple est livré aux chacals de tous les enfers.

Dans l’état désespérant, révoltant que se trouve Haïti, au lieu de se faire prende aux attrape-nigaux de Michel Martelly, la nation dans son intégralité devait se révolter contre ce jouisseur et cynique de président, qui prend un malin plaisir à gaspiller les maigres recettes de l »État, comme il vient de faire pour la énième fois, dans l’organisation d’un deuxième carnaval dans l’intervalle de cinq mois! Et, c’est ce même bambocheur, je-m’en-foutiste dont les naïfs et les flagorneurs chantent aveuglément les bonnes intentions!

Que les forces vives et saines du pays se ressaisissent enfin!

Tam-tam

ô tam-tam

pourquoi as-tu volé

l’âme de mon peuple?

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